
Le plus ancien texte écrit que nous connaissions n’est ni un poème, ni une prière, ni une loi.1
C’est un compte. Quelqu’un a noté sur une tablette d’argile des quantités d’orge et des têtes de bétail, avec le nom de celui qui les devait ou les recevait.
Écrire, c’était d’abord compter
En Mésopotamie, vers 3200 avant notre ère, on invente le cunéiforme. C’est la seule écriture du monde dont on pense pouvoir remonter toute l’histoire, jusqu’à ses origines matérielles — une reconstitution largement admise, même si ses détails sont discutés.
Avant les signes, il y avait des jetons d’argile. De petites formes qu’on enfermait dans des enveloppes d’argile scellées pour représenter des marchandises : tant de jetons, tant de moutons. On imprimait alors sur l’extérieur des marques figurant le contenu, et les sceaux de ceux que l’affaire concernait — de sorte qu’on puisse vérifier sans briser l’enveloppe.2
Puis on a dessiné ces formes directement, et les dessins se sont stylisés en signes.
L’écriture ne descend donc pas du récit. Elle descend de la comptabilité.3
Une réserve s’impose toutefois. Cette filiation est largement admise, mais elle est discutée. Sur un site de Haute-Mésopotamie, on a exhumé plus d’un millier de petits objets d’argile de ce genre : leur étude détaillée conclut qu’ils ont bien servi à compter dans certains endroits précis, mais qu’on ne peut pas leur prêter partout ce rôle unique.4
Cette histoire est racontée en détail dans notre page sur les systèmes de numération.
Des jetons aux premières villes
Pourquoi ce besoin de compter est-il apparu à ce moment précis ? Parce que les humains inventaient alors la ville.
Des sites plus anciens comme Çatal Höyük, en Anatolie, regroupaient déjà des milliers de personnes, mais sans institutions centralisées ni administration. Avec Uruk ou Suse, vers 3500-3200 avant notre ère, on franchit un cap : la concentration d’habitants transforme la structure sociale et donne naissance à la première ville-État.
Pour la première fois, la majorité des gens ne produisent pas leur propre nourriture : il faut nourrir des artisans, des bâtisseurs, des administrateurs. Une ville administrative ne peut pas fonctionner sur la seule mémoire des hommes. Il faut centraliser les récoltes, redistribuer les rations, enregistrer qui a payé sa part et qui doit encore du travail.
L’écriture n’a pas créé la ville : c’est la ville, devenue trop grande pour la mémoire humaine, qui a rendu l’écriture indispensable.
Trois fois, ou quatre
Combien de fois l’écriture a-t-elle été inventée à partir de rien, sans que personne ne copie personne ?
Trois cas pourraient être des inventions indépendantes : la Mésopotamie, la Chine et la Mésoamérique. Trois régions du monde éloignées les unes des autres, où des sociétés auraient eu la même idée indépendamment — même si, pour la Chine, l’hypothèse d’une idée venue de l’ouest est parfois avancée.5
Le quatrième cas, l’Égypte, fait débat. Ce débat est éclairant.
L’écriture égyptienne apparaît à peu près en même temps que le cunéiforme mésopotamien — les plus anciennes étiquettes d’Abydos datent d’environ 3300 avant notre ère —, mais elle fonctionne très différemment. Certains chercheurs y voient une invention 100 % autonome. D’autres pensent que les Égyptiens ont appris par les routes commerciales qu’il était possible de fixer la parole et les comptes sur un support — et qu’ils ont alors conçu leur propre système.6
Cette seconde possibilité porte un nom : la diffusion de stimulus.7
On peut emprunter l’idée d’une technique sans en copier la forme. Il suffit de savoir qu’une chose est faisable pour se mettre à la réaliser à sa propre manière.
D’autres pages de ce site montrent déjà ce mécanisme à l’œuvre chez des tisserands indiens ou dans le choix du modèle scolaire japonais. Ici, le degré est supérieur : on ne reçoit même pas l’objet, seulement la nouvelle de son existence.
Ce qu’on ne lira jamais
Toutes les écritures anciennes ne se laissent pas déchiffrer.
Le linéaire A de Crète, le proto-élamite d’Iran, le méroïtique du Soudan (dont on sait prononcer les signes depuis le début du XXᵉ siècle, sans comprendre la langue), le rongorongo de l’île de Pâques, ou encore l’écriture de l’Indus (employée dans l’actuel Pakistan et le nord-ouest de l’Inde) gardent leurs secrets.8
Sur l’écriture de l’Indus, le problème est révélateur : sur une même surface, la plus longue inscription connue compte seulement dix-sept signes, et la moyenne est inférieure à cinq. (On lit parfois vingt-six signes — en additionnant les faces d’un même objet — ou trente-quatre, d’après une plaque de cuivre publiée en 2019 dont l’authenticité est discutée. Quel que soit le chiffre retenu, c’est la brièveté qui fait obstacle.)9
Certains chercheurs posent alors une question dérangeante : s’agit-il vraiment d’une écriture capable de transcrire des phrases ? Ou de simples marques de marchands, des emblèmes de familles ou des symboles religieux ?10
Il existe pourtant une manière d’essayer de trancher, sans lire un seul signe.
On mesure à quel point chaque signe permet de prévoir le suivant. Dans une langue, la succession des signes n’est ni totalement prévisible ni totalement aléatoire : il y a des règles, mais aussi une part de choix. Une équipe a avancé en 2009 que la suite des signes de l’Indus se comporte, de ce point de vue, comme une langue.11
La réplique a été immédiate : ce test, ont objecté d’autres chercheurs, ne sépare pas les vraies écritures des systèmes de symboles qui n’en sont pas.12
Le débat dure depuis vingt ans, entre gens qui disposent tous des mêmes quatre mille inscriptions et des mêmes quatre cents signes. Ce qui les sépare n’est pas ce qu’ils voient, c’est ce qu’ils acceptent comme preuve.13
Comme pour le nombre de langues dans le monde ou le seuil à partir duquel un village devient une ville : le nombre d’écritures recensées dépend strictement de la définition qu’on donne au mot « écriture ».14
Et ce qui a été détruit
Une autre raison explique que des textes nous manquent : la destruction systématique.
En Mésoamérique, on a identifié toute une série de systèmes d’écriture distincts avant l’arrivée des Européens. Plusieurs ne sont connus que par une unique inscription sur pierre.15
L’immense majorité des livres — les codex — a été détruite lors de la conquête espagnole. Au XVIᵉ siècle, au Yucatán, des codex mayas ont été brûlés sur ordre d’un religieux espagnol, qui a lui-même raconté la scène par écrit. Seuls trois codex mayas originaux ont survécu, quatre avec un manuscrit longtemps contesté.16
On ignore combien de bibliothèques ont ainsi disparu.
Ce qu’on appelle un État
Le mot revient sans cesse dans cette page, et il désigne quelque chose de précis. Un État, c’est une organisation qui exerce un pouvoir durable sur un territoire et sur ceux qui y vivent, au-delà des liens de parenté. C’est ce dernier point qui fait la différence : dans un village, on obéit à des proches ; dans un État, on obéit à des gens qu’on ne connaît pas et qu’on ne rencontrera jamais.
Quatre traits reviennent partout où l’on en voit apparaître, du Nil à la vallée de l’Indus.
- Un prélèvement. L’État prend une part de ce qui est produit — grain, bétail, travail. C’est ce qui le nourrit, et c’est la raison pour laquelle il doit compter.
- Une hiérarchie de spécialistes. Ceux qui prélèvent, ceux qui enregistrent, ceux qui commandent, ceux qui célèbrent. Aucun d’eux ne cultive : ils vivent du prélèvement.
- Une force. Une capacité de contrainte — gardes, soldats — sans laquelle le prélèvement cesserait d’être accepté.
- Une trace écrite, ou un équivalent. Il faut garder mémoire de ce qui a été pris, de ce qui est dû, de ce qui a été promis — et la mémoire d’un seul homme n’y suffit pas quand le prélèvement porte sur des milliers de foyers.
Le mot « équivalent » a son importance. L’État inca a administré des millions de personnes sans écriture, au moyen de cordelettes à nœuds, les quipus, qui enregistraient des quantités et des comptes. Ce n’est pas de l’écriture au sens strict, puisqu’on n’y note pas de langue — mais cela remplit la même fonction : conserver l’information au-delà de ce qu’une mémoire individuelle peut retenir.
Ces quatre traits s’appellent l’un l’autre. Un prélèvement régulier suppose de savoir qui a payé ; le savoir suppose d’écrire ; écrire suppose des gens dont c’est le métier ; les entretenir suppose de prélever davantage. L’État, l’écriture et la ville n’apparaissent pas l’un après l’autre : ils apparaissent ensemble, parce qu’aucun des trois ne tient sans les deux autres.
C’est exactement ce que montre l’objet par lequel s’ouvre cette page. Le plus ancien texte connu n’est pas un poème : c’est un compte — la trace d’un prélèvement.
Ce que l’État écrit
Quand un État se forme, sa première réaction est de fixer des règles écrites : registres d’impôts, standards de mesure, annulations de dettes.
En Chine, l’empereur Qin Shi Huang unifie le pays au IIIᵉ siècle avant notre ère. Son acte fondateur le plus structurant n’est pas une bataille : c’est d’avoir unifié les mesures, l’écartement des essieux de chariots et les signes d’écriture dans tout l’empire.17
L’écartement des essieux mérite qu’on s’y arrête. Fixer cette mesure, c’est faire en sorte que tous les chariots roulent dans les mêmes ornières — donc que les routes de l’empire soient praticables partout. C’est la même idée que la caisse de dimensions convenues, dont parle notre page sur les transports, vingt-deux siècles plus tôt.
En Mésopotamie, les dettes enregistrées sur l’argile finissaient par étouffer les paysans. Régulièrement, à son avènement, un roi proclamait une « amnistie » (andurāru) : on annulait les dettes et on libérait ceux qui s’étaient vendus comme serviteurs pour rembourser.18
Précision importante : ces édits ne supprimaient pas l’esclavage. Ils libéraient ceux qui avaient été vendus ou mis en gage pour dettes, mais l’esclave né dans la maison était exclu de cette libération. Les détails figurent sur notre page consacrée aux structures sociales anciennes.19
Note 1
The development from tokens to script reveals that writing emerged from counting and accounting. Writing was used exclusively for accounting until the third millennium BC, when the Sumerian concern for the afterlife paved the way to literature by using writing for funerary inscriptions.
Le passage des jetons à l’écriture révèle que l’écriture est née du comptage et de la comptabilité. L’écriture n’a servi qu’à la comptabilité jusqu’au IIIᵉ millénaire av. J.-C., quand le souci sumérien de l’au-delà a ouvert la voie à la littérature en employant l’écriture pour des inscriptions funéraires.
Schmandt-Besserat, Denise, « The Evolution of Writing », dans Wright, James (dir.), International Encyclopedia of Social and Behavioral Sciences, Elsevier, 2014
Note 2
The direct antecedent of the Mesopotamian script was a recording device consisting of clay tokens of multiple shapes (Schmandt-Besserat 1996).
L’ancêtre direct de l’écriture mésopotamienne était un dispositif d’enregistrement fait de jetons d’argile de formes multiples (Schmandt-Besserat 1996).
Schmandt-Besserat, Denise, « The Evolution of Writing », dans Wright, James (dir.), International Encyclopedia of Social and Behavioral Sciences, Elsevier, 2014
sealed clay envelopes were used to contain the tokens, inscribed on the outside with marks representing the contents, and seals identifying those with a direct interest
on utilisait des enveloppes d’argile scellées pour contenir les jetons ; elles portaient à l’extérieur des marques représentant leur contenu, et des sceaux identifiant les personnes directement intéressées
Yeo, Geoffrey, Record-Making and Record-Keeping in Early Societies, Routledge, 2021, chapitres 2 et 3
Note 3
The earliest written records in Mesopotamia were made for much the same purposes as their unwritten predecessors; they served to account for the administration of commodities and economic resources.
Les plus anciens documents écrits de Mésopotamie furent produits à peu près aux mêmes fins que leurs prédécesseurs non écrits ; ils servaient à rendre compte de la gestion des denrées et des ressources économiques.
Yeo, Geoffrey, Record-Making and Record-Keeping in Early Societies, Routledge, 2021, chapitres 2 et 3
Note 4
Though likely used as counting tools in certain specific occupational areas and levels, the evidence does not suggest a singular universal role of geometric clay objects as mnemonic accounting devices. […] A filtered search of the Sabi Abyad finds database returns over 1,535 records fitting the definition (table 2).
Bien qu’ils aient probablement servi d’outils de comptage dans certaines zones d’activité et certains niveaux précis, les données ne suggèrent pas un rôle unique et universel des objets géométriques en argile comme aide-mémoire comptables. […] Une recherche filtrée dans la base des trouvailles de Sabi Abyad renvoie plus de 1 535 enregistrements répondant à la définition (tableau 2).
Bennison-Chapman, Lucy E., « Clay Objects as "Tokens"? Evidence for Early Counting and Administration at Late Neolithic Tell Sabi Abyad, Mesopotamia », Levant, vol. 50, n° 3, 2018, p. 305-337, en accès libre (version auteur, dépôt de l’université de Leyde)
Note 5
Writing may have been invented independently three times in different parts of the world: in the Near East, China and Mesoamerica.
L’écriture a peut-être été inventée indépendamment trois fois, dans différentes parties du monde : au Proche-Orient, en Chine et en Mésoamérique.
Schmandt-Besserat, Denise, « The Evolution of Writing », dans Wright, James (dir.), International Encyclopedia of Social and Behavioral Sciences, Elsevier, 2014
Writing may have been invented independently three times in different parts of the world: in the Near East, China and Mesoamerica
L’écriture a peut-être été inventée indépendamment trois fois, dans différentes parties du monde : au Proche-Orient, en Chine et en Mésoamérique
Schmandt-Besserat, Denise, « The Evolution of Writing », dans Wright, James (dir.), International Encyclopedia of Social and Behavioral Sciences, Elsevier, 2014
Bottéro also suggests that the idea of writing, although none of the actual details, is likely to have come to China from further West (259).
Bottéro suggère aussi que l’idée de l’écriture, mais aucun de ses détails concrets, est probablement venue en Chine depuis l’ouest (259).
Wright, Roger, compte rendu de Houston, Stephen D. (dir.), The First Writing: Script Invention as History and Process, Bryn Mawr Classical Review, 2005.07.12
Note 6
Of particular importance is tomb U-j with 12 chambers, archaeologically dated to Naqada IIIa2, which contained bone and ivory labels and pottery with inscriptions, so far the earliest evidence of hieroglyphic writing from Egypt. […] Using our measurements we can date Naqada IIIa2 to the middle of the 34th century BC […]
La tombe U-j, à douze chambres, datée archéologiquement du Nagada IIIa2, revêt une importance particulière : elle contenait des étiquettes d’os et d’ivoire et des poteries portant des inscriptions, à ce jour les plus anciens témoignages de l’écriture hiéroglyphique en Égypte. […] Nos mesures permettent de dater le Nagada IIIa2 du milieu du XXXIVᵉ siècle avant notre ère […]
Görsdorf, Jochen, Dreyer, Günter et Hartung, Ulrich, « New 14C Dating of the Archaic Royal Necropolis Umm el-Qaab at Abydos (Egypt) », Radiocarbon, vol. 40, n° 2, 1998, p. 641-647
In fact, scholars still debate whether the invention of writing in Egypt may have been inspired by people from Mesopotamia making their way to Egypt. […] Historians and archaeologists used to believe that writing originated in Mesopotamia and spread to Egypt through trade and sustained cultural contact.
En fait, les spécialistes débattent encore de la question de savoir si l’invention de l’écriture en Égypte a pu être inspirée par des gens venus de Mésopotamie jusqu’en Égypte. […] Historiens et archéologues pensaient autrefois que l’écriture était née en Mésopotamie et s’était répandue en Égypte par le commerce et des contacts culturels durables.
ISAC Museum (Institute for the Study of Ancient Cultures, University of Chicago), « Visible Language (Part II) », Google Arts & Culture, d’après Woods, Christopher (dir.), Visible Language: Inventions of Writing in the Ancient Middle East and Beyond, Oriental Institute Museum Publications 32, 2010
Note 7
In this case it is the idea of the complex or system which is accepted, but it remains for the receiving culture to develop a new content. This somewhat special process might therefore be called "idea-diffusion" or "stimulus-diffusion."
Dans ce cas, c’est l’idée du complexe ou du système qui est acceptée, mais il reste à la culture qui la reçoit à développer un nouveau contenu. Ce processus quelque peu particulier pourrait donc être appelé « diffusion d’idée » ou « diffusion de stimulus ».
Kroeber, Alfred L., « Stimulus Diffusion », American Anthropologist, vol. 42, 1940, p. 1-20
Note 8
L'écriture a été déchiffrée en 1911, mais la langue résiste encore à la traduction après un siècle d'investigations.
Rilly, Claude, « Ressusciter les mots. La patiente traduction des textes méroïtiques », colloque « Déchiffrement(s) : des hiéroglyphes à l’ADN », Collège de France, 20 octobre 2022
Note 9
One of many obvious pieces of evidence against the ''Indus script'' model has to do with the extreme brevity of all known 4-5000 Indus inscriptions. The longest is only 17 symbols long, and the average length of all inscriptions is under 4.6 signs long.
L’une des nombreuses preuves évidentes contre le modèle d’une « écriture de l’Indus » tient à l’extrême brièveté de toutes les 4 000 à 5 000 inscriptions connues de l’Indus. La plus longue ne compte que 17 symboles, et la longueur moyenne de toutes les inscriptions est inférieure à 4,6 signes.
Farmer, Steve, Sproat, Richard et Witzel, Michael, « The Collapse of the Indus-Script Thesis », Electronic Journal of Vedic Studies, vol. 11, n° 2, 2004, p. 19-57
Note 10
A comparison of Indus sign frequencies with those in ancient scripts confirms a deeper suggestion of this evidence: that the Indus system was neither able to (nor apparently meant to) record speech, contradicting 130 years of claims that Indus symbols were part of a true ‘script’.
Une comparaison des fréquences des signes de l’Indus avec celles des écritures anciennes confirme ce que ces indices laissent entrevoir plus profondément : le système de l’Indus n’était ni capable (ni apparemment destiné) d’enregistrer la parole, contrairement à 130 ans d’affirmations selon lesquelles les symboles de l’Indus faisaient partie d’une véritable « écriture ».
Farmer, Steve, Sproat, Richard et Witzel, Michael, « The Collapse of the Indus-Script Thesis », Electronic Journal of Vedic Studies, vol. 11, n° 2, 2004, p. 19-57
Note 11
Here, we present evidence for the linguistic hypothesis by showing that the script's conditional entropy is closer to those of natural languages than various types of nonlinguistic systems.
Nous présentons ici des éléments en faveur de l’hypothèse linguistique, en montrant que l’entropie conditionnelle de l’écriture est plus proche de celles des langues naturelles que de divers types de systèmes non linguistiques.
Rao, Rajesh P. N. et al., « Entropic Evidence for Linguistic Structure in the Indus Script », Science, vol. 324, 2009, p. 1165, accès payant
Note 12
Are statistical methods useful in distinguishing written language from nonlinguistic symbol systems? Some recent articles (Rao et al. 2009a, Lee et al. 2010a) have claimed so. […] Using a larger set of nonlinguistic and comparison linguistic corpora than were used in these and other studies, I show that none of the previously proposed methods are useful as published.
Les méthodes statistiques sont-elles utiles pour distinguer la langue écrite des systèmes de symboles non linguistiques ? Quelques articles récents (Rao et al. 2009a, Lee et al. 2010a) l’ont affirmé. […] En utilisant un ensemble de corpus non linguistiques et de corpus linguistiques de comparaison plus large que dans ces études et d’autres, je montre qu’aucune des méthodes proposées jusqu’ici n’est utile telle que publiée.
Sproat, Richard, « A Statistical Comparison of Written Language and Nonlinguistic Symbol Systems », Language, vol. 90, n° 2, 2014, p. 457-481
Note 13
The Indus script refers to the approximately 4,000 inscriptions […] The number of different symbols in the script is estimated to be about 400.
L’écriture de l’Indus désigne les quelque 4 000 inscriptions […] On estime à environ 400 le nombre de signes différents de cette écriture.
Rao, Rajesh P. N., Yadav, Nisha, Vahia, Mayank N. et al., « Entropy, the Indus Script, and Language: A Reply to R. Sproat », Computational Linguistics, vol. 36, n° 4, 2010, p. 795-805
Note 14
We assumed that what we had was a word/syllable script based on a Dravidian language. […] In my book Deciphering the Indus script, which was released in 1994, I developed the ideas from those early years further.
Nous supposions que nous avions affaire à une écriture mot/syllabe fondée sur une langue dravidienne. […] Dans mon livre Deciphering the Indus script, paru en 1994, j’ai développé plus avant les idées de ces premières années.
Parpola, Asko, « Solving the riddles of the Indus Civilization », 375 Humanists, Faculté des arts, Université d’Helsinki, 2014
Note 15
From the earliest attestations of this intellectual feat in the Late Preclassic period (c. 900 bc-ad 150), writing spread throughout Mesoamerica, developing and diversifying into a series of distinct and independent scripts. With the exception of the celebrated phonetic decipherments of Maya and Aztec writing, which are now well-documented and can be fully read, most Mesoamerican writing systems remain little studied and undeciphered.
Depuis les premières attestations de cette prouesse intellectuelle, au Préclassique récent (vers 900 av. J.-C.-150 apr. J.-C.), l’écriture s’est répandue dans toute la Mésoamérique, en se développant et en se diversifiant en une série d’écritures distinctes et indépendantes. À l’exception des célèbres déchiffrements phonétiques des écritures maya et aztèque, aujourd’hui bien documentées et entièrement lisibles, la plupart des systèmes d’écriture mésoaméricains restent peu étudiés et non déchiffrés.
Clemmensen, Mikkel Bøg et Helmke, Christophe (dir.), Western Mesoamerican Calendars and Writing Systems: Proceedings of the Copenhagen Roundtable, Archaeopress, 2023
Note 16
Hallamosles grande numero de libros destas sus letras, y porque no tenian cosa en que no uviesse superstición y falsedades del demonio se les quemamos todos, lo qual a maravilla sentían, y les dava pena.
Landa, Diego de, Relation des choses de Yucatan de Diego de Landa, texte espagnol et traduction française en regard, éd. et trad. Brasseur de Bourbourg, Bertrand, Paris, 1864
The Grolier Codex, an ancient document that is among the rarest books in the world, has been regarded with skepticism since it was reportedly unearthed by looters from a cave in Chiapas, Mexico, in the 1960s. […] Those codices, the Dresden, Madrid and Paris, all named for the cities in which they are now housed, were regarded from the start as genuine, the authors note. […] “A reasoned weighing of evidence leaves only one possible conclusion: four intact Mayan codices survive from the Precolumbian period, and one of them,” Houston and his colleagues wrote, “is the Grolier.”
Le codex Grolier, document ancien qui compte parmi les livres les plus rares du monde, est regardé avec scepticisme depuis qu’il aurait été exhumé par des pilleurs dans une grotte du Chiapas, au Mexique, dans les années 1960. […] Ces codex, ceux de Dresde, de Madrid et de Paris, qui portent tous le nom de la ville où ils sont aujourd’hui conservés, ont été tenus d’emblée pour authentiques, notent les auteurs. […] « Une pesée raisonnée des preuves ne laisse qu’une conclusion possible : quatre codex mayas intacts ont survécu de la période précolombienne, et l’un d’eux, ont écrit Houston et ses collègues, est le Grolier. »
Brown University, « 13th century Maya codex, long shrouded in controversy, proves genuine », communiqué, 7 septembre 2016
Note 17
il unifia les lois et les règles, les mesures de pesanteur et les mesures de longueur ; les chars eurent des essieux de dimensions identiques ; dans les écrits on se servit de caractères uniformes
Sima Qian, Shiji [Mémoires historiques], chap. 6, vers 90 av. J.-C., trad. Édouard Chavannes, Leroux, 1897
Note 18
L'avènement des rois, en Babylonie, s'accompagnait traditionnellement de la proclamation d'un édit décrit par le terme de mîšarum. […] Contrairement à ce qu'ont écrit certains assyriologues, le roi intervenait ainsi au-delà de son domaine propre : il annulait en effet les créances des particuliers.
Charpin, Dominique, « L’avènement de Samsu-iluna », cours « La Mésopotamie sous les successeurs de Hammu-rabi », Collège de France, 22 octobre 2018, résumé
L'un des instruments de la justice était l'andurârum, qu'il faut comprendre comme le « retour au statut d'origine » : cette mesure royale annulait les dettes, permettait aux vendeurs de récupérer leurs terres, etc.
Charpin, Dominique, « La justice : l’andurârum, retour à la situation d’origine », cours « Depuis ce jour, plus rien n’a été inventé ». Aux origines de la civilisation en Mésopotamie, Collège de France, 21 février 2022
Note 19
Note also that those pledged, as well as those sold for debt, qualified for release. Paragraph 21 provided an exception to the foregoing rule: […] A house-born slave was apparently not sufficiently a member of the family to qualify for the privileges of the release.
Notons aussi que les personnes mises en gage, comme celles vendues pour dettes, avaient droit à la libération. Le paragraphe 21 prévoyait une exception à la règle précédente : […] L’esclave né dans la maison n’était apparemment pas assez membre de la famille pour avoir droit aux privilèges de la libération.
Westbrook, Raymond, « Slave and Master in Ancient Near Eastern Law », Chicago-Kent Law Review, vol. 70, n° 4, 1995, p. 1631 et suivantes
Notes et sources
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Passage Le plus ancien texte écrit que nous connaissions […] C’est un compte.
The development from tokens to script reveals that writing emerged from counting and accounting. Writing was used exclusively for accounting until the third millennium BC, when the Sumerian concern for the afterlife paved the way to literature by using writing for funerary inscriptions.
Traduction de la rédaction Le passage des jetons à l’écriture révèle que l’écriture est née du comptage et de la comptabilité. L’écriture n’a servi qu’à la comptabilité jusqu’au IIIᵉ millénaire av. J.-C., quand le souci sumérien de l’au-delà a ouvert la voie à la littérature en employant l’écriture pour des inscriptions funéraires.
Source Schmandt-Besserat, Denise, « The Evolution of Writing », dans Wright, James (dir.), International Encyclopedia of Social and Behavioral Sciences, Elsevier, 2014, introduction, 1er paragraphe, phrases consécutives.
Accès libre, texte mis en ligne par l’autrice (University of Texas at Austin) ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage Avant les signes, il y avait des jetons d’argile.
The direct antecedent of the Mesopotamian script was a recording device consisting of clay tokens of multiple shapes (Schmandt-Besserat 1996).
Traduction de la rédaction L’ancêtre direct de l’écriture mésopotamienne était un dispositif d’enregistrement fait de jetons d’argile de formes multiples (Schmandt-Besserat 1996).
Source Schmandt-Besserat, Denise, « The Evolution of Writing », dans Wright, James (dir.), International Encyclopedia of Social and Behavioral Sciences, Elsevier, 2014, § 1 (« Tokens as Precursor of Writing »), 1re phrase.
Accès libre, texte mis en ligne par l’autrice (University of Texas at Austin) ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
Passage De petites formes qu’on enfermait dans des enveloppes d’argile scellées […] On imprimait alors sur l’extérieur des marques figurant le contenu, et les sceaux de ceux que l’affaire concernait — de sorte qu’on puisse vérifier sans briser l’enveloppe.
sealed clay envelopes were used to contain the tokens, inscribed on the outside with marks representing the contents, and seals identifying those with a direct interest
Traduction de la rédaction on utilisait des enveloppes d’argile scellées pour contenir les jetons ; elles portaient à l’extérieur des marques représentant leur contenu, et des sceaux identifiant les personnes directement intéressées
Source Yeo, Geoffrey, Record-Making and Record-Keeping in Early Societies, Routledge, 2021, chapitres 2 et 3, chapitre 2, « Marks of Ownership and Sealing ».
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage L’écriture ne descend donc pas du récit. Elle descend de la comptabilité.
The earliest written records in Mesopotamia were made for much the same purposes as their unwritten predecessors; they served to account for the administration of commodities and economic resources.
Traduction de la rédaction Les plus anciens documents écrits de Mésopotamie furent produits à peu près aux mêmes fins que leurs prédécesseurs non écrits ; ils servaient à rendre compte de la gestion des denrées et des ressources économiques.
Source Yeo, Geoffrey, Record-Making and Record-Keeping in Early Societies, Routledge, 2021, chapitres 2 et 3, chapitre 3 « Records, accounting, and the emergence of writing in ancient Mesopotamia », résumé du chapitre.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage Sur un site de Haute-Mésopotamie, on a exhumé plus d’un millier de petits objets d’argile de ce genre : leur étude détaillée conclut qu’ils ont bien servi à compter dans certains endroits précis, mais qu’on ne peut pas leur prêter partout ce rôle unique.
Though likely used as counting tools in certain specific occupational areas and levels, the evidence does not suggest a singular universal role of geometric clay objects as mnemonic accounting devices. […] A filtered search of the Sabi Abyad finds database returns over 1,535 records fitting the definition (table 2).
Traduction de la rédaction Bien qu’ils aient probablement servi d’outils de comptage dans certaines zones d’activité et certains niveaux précis, les données ne suggèrent pas un rôle unique et universel des objets géométriques en argile comme aide-mémoire comptables. […] Une recherche filtrée dans la base des trouvailles de Sabi Abyad renvoie plus de 1 535 enregistrements répondant à la définition (tableau 2).
Source Bennison-Chapman, Lucy E., « Clay Objects as "Tokens"? Evidence for Early Counting and Administration at Late Neolithic Tell Sabi Abyad, Mesopotamia », Levant, vol. 50, n° 3, 2018, p. 305-337, en accès libre (version auteur, dépôt de l’université de Leyde), résumé ; corps de l’article (tableau 2).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
- ↑
Passage Trois cas pourraient être des inventions indépendantes : la Mésopotamie, la Chine et la Mésoamérique.
Writing may have been invented independently three times in different parts of the world: in the Near East, China and Mesoamerica.
Traduction de la rédaction L’écriture a peut-être été inventée indépendamment trois fois, dans différentes parties du monde : au Proche-Orient, en Chine et en Mésoamérique.
Source Schmandt-Besserat, Denise, « The Evolution of Writing », dans Wright, James (dir.), International Encyclopedia of Social and Behavioral Sciences, Elsevier, 2014, introduction.
Accès libre, texte mis en ligne par l’autrice (University of Texas at Austin) ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
Passage Trois cas pourraient être des inventions indépendantes : […] Trois régions du monde éloignées les unes des autres, où des sociétés auraient eu la même idée indépendamment
Writing may have been invented independently three times in different parts of the world: in the Near East, China and Mesoamerica
Traduction de la rédaction L’écriture a peut-être été inventée indépendamment trois fois, dans différentes parties du monde : au Proche-Orient, en Chine et en Mésoamérique
Source Schmandt-Besserat, Denise, « The Evolution of Writing », dans Wright, James (dir.), International Encyclopedia of Social and Behavioral Sciences, Elsevier, 2014, texte de l’article, passage sur les inventions indépendantes.
Accès libre, texte mis en ligne par l’autrice (University of Texas at Austin) ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
Passage pour la Chine, l’hypothèse d’une idée venue de l’ouest est parfois avancée
Bottéro also suggests that the idea of writing, although none of the actual details, is likely to have come to China from further West (259).
Traduction de la rédaction Bottéro suggère aussi que l’idée de l’écriture, mais aucun de ses détails concrets, est probablement venue en Chine depuis l’ouest (259).
Source Wright, Roger, compte rendu de Houston, Stephen D. (dir.), The First Writing: Script Invention as History and Process, Bryn Mawr Classical Review, 2005.07.12, compte rendu, paragraphe sur les chapitres de Robert Bagley et Françoise Bottéro.
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Passage les plus anciennes étiquettes d’Abydos datent d’environ 3300 avant notre ère
Of particular importance is tomb U-j with 12 chambers, archaeologically dated to Naqada IIIa2, which contained bone and ivory labels and pottery with inscriptions, so far the earliest evidence of hieroglyphic writing from Egypt. […] Using our measurements we can date Naqada IIIa2 to the middle of the 34th century BC […]
Traduction de la rédaction La tombe U-j, à douze chambres, datée archéologiquement du Nagada IIIa2, revêt une importance particulière : elle contenait des étiquettes d’os et d’ivoire et des poteries portant des inscriptions, à ce jour les plus anciens témoignages de l’écriture hiéroglyphique en Égypte. […] Nos mesures permettent de dater le Nagada IIIa2 du milieu du XXXIVᵉ siècle avant notre ère […]
Source Görsdorf, Jochen, Dreyer, Günter et Hartung, Ulrich, « New 14C Dating of the Archaic Royal Necropolis Umm el-Qaab at Abydos (Egypt) », Radiocarbon, vol. 40, n° 2, 1998, p. 641-647, p. 641 (« Introduction », tombe U-j) et p. 644 (« Conclusion »).
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Passage Le quatrième cas, l’Égypte, fait débat […] D’autres pensent que les Égyptiens ont appris par les routes commerciales qu’il était possible de fixer la parole
In fact, scholars still debate whether the invention of writing in Egypt may have been inspired by people from Mesopotamia making their way to Egypt. […] Historians and archaeologists used to believe that writing originated in Mesopotamia and spread to Egypt through trade and sustained cultural contact.
Traduction de la rédaction En fait, les spécialistes débattent encore de la question de savoir si l’invention de l’écriture en Égypte a pu être inspirée par des gens venus de Mésopotamie jusqu’en Égypte. […] Historiens et archéologues pensaient autrefois que l’écriture était née en Mésopotamie et s’était répandue en Égypte par le commerce et des contacts culturels durables.
Source ISAC Museum (Institute for the Study of Ancient Cultures, University of Chicago), « Visible Language (Part II) », Google Arts & Culture, d’après Woods, Christopher (dir.), Visible Language: Inventions of Writing in the Ancient Middle East and Beyond, Oriental Institute Museum Publications 32, 2010, section « The Invention of Writing in Egypt », 1er paragraphe ; […] section « Why Did the Egyptians Invent Writing? ».
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage Cette seconde possibilité porte un nom : la diffusion de stimulus.
In this case it is the idea of the complex or system which is accepted, but it remains for the receiving culture to develop a new content. This somewhat special process might therefore be called "idea-diffusion" or "stimulus-diffusion."
Traduction de la rédaction Dans ce cas, c’est l’idée du complexe ou du système qui est acceptée, mais il reste à la culture qui la reçoit à développer un nouveau contenu. Ce processus quelque peu particulier pourrait donc être appelé « diffusion d’idée » ou « diffusion de stimulus ».
Source Kroeber, Alfred L., « Stimulus Diffusion », American Anthropologist, vol. 42, 1940, p. 1-20.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage le méroïtique du Soudan (dont on sait prononcer les signes depuis le début du XXᵉ siècle, sans comprendre la langue)
L'écriture a été déchiffrée en 1911, mais la langue résiste encore à la traduction après un siècle d'investigations.
Source Rilly, Claude, « Ressusciter les mots. La patiente traduction des textes méroïtiques », colloque « Déchiffrement(s) : des hiéroglyphes à l’ADN », Collège de France, 20 octobre 2022, présentation de la communication.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage sur une même surface, la plus longue inscription connue compte seulement dix-sept signes, et la moyenne est inférieure à cinq
One of many obvious pieces of evidence against the ''Indus script'' model has to do with the extreme brevity of all known 4-5000 Indus inscriptions. The longest is only 17 symbols long, and the average length of all inscriptions is under 4.6 signs long.
Traduction de la rédaction L’une des nombreuses preuves évidentes contre le modèle d’une « écriture de l’Indus » tient à l’extrême brièveté de toutes les 4 000 à 5 000 inscriptions connues de l’Indus. La plus longue ne compte que 17 symboles, et la longueur moyenne de toutes les inscriptions est inférieure à 4,6 signes.
Source Farmer, Steve, Sproat, Richard et Witzel, Michael, « The Collapse of the Indus-Script Thesis », Electronic Journal of Vedic Studies, vol. 11, n° 2, 2004, p. 19-57, résumé de l’article (notice ETANA).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage s’agit-il vraiment d’une écriture capable de transcrire des phrases ? Ou de simples marques de marchands, des emblèmes de familles ou des symboles religieux ?
A comparison of Indus sign frequencies with those in ancient scripts confirms a deeper suggestion of this evidence: that the Indus system was neither able to (nor apparently meant to) record speech, contradicting 130 years of claims that Indus symbols were part of a true ‘script’.
Traduction de la rédaction Une comparaison des fréquences des signes de l’Indus avec celles des écritures anciennes confirme ce que ces indices laissent entrevoir plus profondément : le système de l’Indus n’était ni capable (ni apparemment destiné) d’enregistrer la parole, contrairement à 130 ans d’affirmations selon lesquelles les symboles de l’Indus faisaient partie d’une véritable « écriture ».
Source Farmer, Steve, Sproat, Richard et Witzel, Michael, « The Collapse of the Indus-Script Thesis », Electronic Journal of Vedic Studies, vol. 11, n° 2, 2004, p. 19-57, p. 26.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
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Passage Une équipe a avancé en 2009 que la suite des signes de l’Indus se comporte, de ce point de vue, comme une langue.
Here, we present evidence for the linguistic hypothesis by showing that the script's conditional entropy is closer to those of natural languages than various types of nonlinguistic systems.
Traduction de la rédaction Nous présentons ici des éléments en faveur de l’hypothèse linguistique, en montrant que l’entropie conditionnelle de l’écriture est plus proche de celles des langues naturelles que de divers types de systèmes non linguistiques.
Source Rao, Rajesh P. N. et al., « Entropic Evidence for Linguistic Structure in the Indus Script », Science, vol. 324, 2009, p. 1165, accès payant, résumé de l’article.
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Passage ce test, ont objecté d’autres chercheurs, ne sépare pas les vraies écritures des systèmes de symboles qui n’en sont pas
Are statistical methods useful in distinguishing written language from nonlinguistic symbol systems? Some recent articles (Rao et al. 2009a, Lee et al. 2010a) have claimed so. […] Using a larger set of nonlinguistic and comparison linguistic corpora than were used in these and other studies, I show that none of the previously proposed methods are useful as published.
Traduction de la rédaction Les méthodes statistiques sont-elles utiles pour distinguer la langue écrite des systèmes de symboles non linguistiques ? Quelques articles récents (Rao et al. 2009a, Lee et al. 2010a) l’ont affirmé. […] En utilisant un ensemble de corpus non linguistiques et de corpus linguistiques de comparaison plus large que dans ces études et d’autres, je montre qu’aucune des méthodes proposées jusqu’ici n’est utile telle que publiée.
Source Sproat, Richard, « A Statistical Comparison of Written Language and Nonlinguistic Symbol Systems », Language, vol. 90, n° 2, 2014, p. 457-481, résumé de l’article.
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Passage gens qui disposent tous des mêmes quatre mille inscriptions et des mêmes quatre cents signes
The Indus script refers to the approximately 4,000 inscriptions […] The number of different symbols in the script is estimated to be about 400.
Traduction de la rédaction L’écriture de l’Indus désigne les quelque 4 000 inscriptions […] On estime à environ 400 le nombre de signes différents de cette écriture.
Source Rao, Rajesh P. N., Yadav, Nisha, Vahia, Mayank N. et al., « Entropy, the Indus Script, and Language: A Reply to R. Sproat », Computational Linguistics, vol. 36, n° 4, 2010, p. 795-805, section 2 « The Indus Script Debate », p. 795.
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Pour l’ensemble de cette partie
Passage la position adverse
We assumed that what we had was a word/syllable script based on a Dravidian language. […] In my book Deciphering the Indus script, which was released in 1994, I developed the ideas from those early years further.
Traduction de la rédaction Nous supposions que nous avions affaire à une écriture mot/syllabe fondée sur une langue dravidienne. […] Dans mon livre Deciphering the Indus script, paru en 1994, j’ai développé plus avant les idées de ces premières années.
Source Parpola, Asko, « Solving the riddles of the Indus Civilization », 375 Humanists, Faculté des arts, Université d’Helsinki, 2014, 2e paragraphe (« My brother, the Assyriologist Simo Parpola… ») ; 3e paragraphe (après la première légende).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage on a identifié toute une série de systèmes d’écriture distincts avant l’arrivée des Européens
From the earliest attestations of this intellectual feat in the Late Preclassic period (c. 900 bc-ad 150), writing spread throughout Mesoamerica, developing and diversifying into a series of distinct and independent scripts. With the exception of the celebrated phonetic decipherments of Maya and Aztec writing, which are now well-documented and can be fully read, most Mesoamerican writing systems remain little studied and undeciphered.
Traduction de la rédaction Depuis les premières attestations de cette prouesse intellectuelle, au Préclassique récent (vers 900 av. J.-C.-150 apr. J.-C.), l’écriture s’est répandue dans toute la Mésoamérique, en se développant et en se diversifiant en une série d’écritures distinctes et indépendantes. À l’exception des célèbres déchiffrements phonétiques des écritures maya et aztèque, aujourd’hui bien documentées et entièrement lisibles, la plupart des systèmes d’écriture mésoaméricains restent peu étudiés et non déchiffrés.
Source Clemmensen, Mikkel Bøg et Helmke, Christophe (dir.), Western Mesoamerican Calendars and Writing Systems: Proceedings of the Copenhagen Roundtable, Archaeopress, 2023, page de l’éditeur, présentation de l’ouvrage, 2ᵉ paragraphe.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage des codex mayas ont été brûlés sur ordre d’un religieux espagnol, qui a lui-même raconté la scène par écrit
Hallamosles grande numero de libros destas sus letras, y porque no tenian cosa en que no uviesse superstición y falsedades del demonio se les quemamos todos, lo qual a maravilla sentían, y les dava pena.
Source Landa, Diego de, Relation des choses de Yucatan de Diego de Landa, texte espagnol et traduction française en regard, éd. et trad. Brasseur de Bourbourg, Bertrand, Paris, 1864, texte espagnol, p. 316 (page indiquée par l’éditeur dans son avant-propos, p. IX : « ce qu’il avoue lui-même ingénument (page 316) »).
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Passage Seuls trois codex mayas originaux ont survécu, quatre avec un manuscrit longtemps contesté.
The Grolier Codex, an ancient document that is among the rarest books in the world, has been regarded with skepticism since it was reportedly unearthed by looters from a cave in Chiapas, Mexico, in the 1960s. […] Those codices, the Dresden, Madrid and Paris, all named for the cities in which they are now housed, were regarded from the start as genuine, the authors note. […] “A reasoned weighing of evidence leaves only one possible conclusion: four intact Mayan codices survive from the Precolumbian period, and one of them,” Houston and his colleagues wrote, “is the Grolier.”
Traduction de la rédaction Le codex Grolier, document ancien qui compte parmi les livres les plus rares du monde, est regardé avec scepticisme depuis qu’il aurait été exhumé par des pilleurs dans une grotte du Chiapas, au Mexique, dans les années 1960. […] Ces codex, ceux de Dresde, de Madrid et de Paris, qui portent tous le nom de la ville où ils sont aujourd’hui conservés, ont été tenus d’emblée pour authentiques, notent les auteurs. […] « Une pesée raisonnée des preuves ne laisse qu’une conclusion possible : quatre codex mayas intacts ont survécu de la période précolombienne, et l’un d’eux, ont écrit Houston et ses collègues, est le Grolier. »
Source Brown University, « 13th century Maya codex, long shrouded in controversy, proves genuine », communiqué, 7 septembre 2016, 1er paragraphe ; […] 13ᵉ paragraphe ; […] 24ᵉ paragraphe.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage Son acte fondateur le plus structurant n’est pas une bataille : c’est d’avoir unifié les mesures, l’écartement des essieux de chariots et les signes d’écriture dans tout l’empire.
il unifia les lois et les règles, les mesures de pesanteur et les mesures de longueur ; les chars eurent des essieux de dimensions identiques ; dans les écrits on se servit de caractères uniformes
Source Sima Qian, Shiji [Mémoires historiques], chap. 6, vers 90 av. J.-C., trad. Édouard Chavannes, Leroux, 1897, t. II, chap. VI, après le rassemblement des armes au palais impérial (Wikisource, Page:Sima_qian_chavannes_memoires_historiques_v2.djvu/150).
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Passage Régulièrement, à son avènement, un roi proclamait une « amnistie »
L'avènement des rois, en Babylonie, s'accompagnait traditionnellement de la proclamation d'un édit décrit par le terme de mîšarum. […] Contrairement à ce qu'ont écrit certains assyriologues, le roi intervenait ainsi au-delà de son domaine propre : il annulait en effet les créances des particuliers.
Source Charpin, Dominique, « L’avènement de Samsu-iluna », cours « La Mésopotamie sous les successeurs de Hammu-rabi », Collège de France, 22 octobre 2018, résumé, résumé du cours, 3ᵉ paragraphe.
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Passage (andurāru) : on annulait les dettes
L'un des instruments de la justice était l'andurârum, qu'il faut comprendre comme le « retour au statut d'origine » : cette mesure royale annulait les dettes, permettait aux vendeurs de récupérer leurs terres, etc.
Source Charpin, Dominique, « La justice : l’andurârum, retour à la situation d’origine », cours « Depuis ce jour, plus rien n’a été inventé ». Aux origines de la civilisation en Mésopotamie, Collège de France, 21 février 2022, présentation de la leçon, 1ʳᵉ phrase.
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Passage ces édits ne supprimaient pas l’esclavage. Ils libéraient ceux qui avaient été vendus ou mis en gage pour dettes, mais l’esclave né dans la maison était exclu de cette libération
Note also that those pledged, as well as those sold for debt, qualified for release. Paragraph 21 provided an exception to the foregoing rule: […] A house-born slave was apparently not sufficiently a member of the family to qualify for the privileges of the release.
Traduction de la rédaction Notons aussi que les personnes mises en gage, comme celles vendues pour dettes, avaient droit à la libération. Le paragraphe 21 prévoyait une exception à la règle précédente : […] L’esclave né dans la maison n’était apparemment pas assez membre de la famille pour avoir droit aux privilèges de la libération.
Source Westbrook, Raymond, « Slave and Master in Ancient Near Eastern Law », Chicago-Kent Law Review, vol. 70, n° 4, 1995, p. 1631 et suivantes, partie V (« Termination »), section C (« By Debt-Release »), commentaire des § 20-21 de l’édit d’Ammi-ṣaduqa.
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Références bibliographiques
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- Bennison-Chapman, Lucy E., « Clay Objects as "Tokens"? Evidence for Early Counting and Administration at Late Neolithic Tell Sabi Abyad, Mesopotamia », Levant, vol. 50, n° 3, 2018, p. 305-337, en accès libre, version auteur (plus d’un millier de « jetons » dont l’étude conclut à un usage de comptage local, sans rôle universel). https://doi.org/10.1080/00758914.2019.1658501
- Brown University, « 13th century Maya codex, long shrouded in controversy, proves genuine », communiqué, 7 septembre 2016, en accès libre (les trois codex mayas de Dresde, Madrid et Paris, et le codex Grolier, longtemps contesté, reconnu authentique par Coe, Houston, Miller et Taube). https://www.brown.edu/news/2016-09-07/mayacodex
- Charpin, Dominique, « L’avènement de Samsu-iluna », cours « La Mésopotamie sous les successeurs de Hammu-rabi », Collège de France, 22 octobre 2018, résumé, en accès libre (l’édit de mîšarum proclamé à l’avènement des rois de Babylone et l’annulation des créances). https://www.college-de-france.fr/fr/agenda/cours/la-mesopotamie-sous-les-successeurs-de-hammu-rabi/avenement-de-samsu-iluna
- Charpin, Dominique, « La justice : l’andurârum, retour à la situation d’origine », cours « Depuis ce jour, plus rien n’a été inventé ». Aux origines de la civilisation en Mésopotamie, Collège de France, 21 février 2022, en accès libre (l’andurârum, mesure royale qui annulait les dettes). https://www.college-de-france.fr/agenda/cours/depuis-ce-jour-plus-rien-ete-invente-aux-origines-de-la-civilisation-en-mesopotamie/la-justice-andurarum-retour-la-situation-origine
- Charpin, Dominique, « Les édits de "restauration" des rois babyloniens et leur application », dans Nicolet, Claude (dir.), Du pouvoir dans l’Antiquité, Droz, 1990, p. 13-24, en bibliothèque (les amnisties de dettes et ce qu’elles ne couvraient pas).
- Clemmensen, Mikkel Bøg et Helmke, Christophe (dir.), Western Mesoamerican Calendars and Writing Systems: Proceedings of the Copenhagen Roundtable, Archaeopress, 2023, en accès libre (la diversification de l’écriture mésoaméricaine en une série d’écritures distinctes, la plupart non déchiffrées). https://bcp.archaeopress.com/Archaeopress/Products/9781803274850
- Coe, Michael D., Breaking the Maya Code, Thames & Hudson, 2012, en bibliothèque (les systèmes d’écriture mésoaméricains et les codex conservés).
- Dreyer, Günter, Umm el-Qaab I. Das prädynastische Königsgrab U-j und seine frühen Schriftzeugnisse, Philipp von Zabern, 1998, en bibliothèque (les plus anciennes étiquettes inscrites d’Abydos).
- Farmer, Steve, Sproat, Richard et Witzel, Michael, « The Collapse of the Indus-Script Thesis », Electronic Journal of Vedic Studies, vol. 11, n° 2, 2004, p. 19-57, en accès libre (l’écriture de l’Indus est-elle une écriture ? la brièveté des inscriptions).
- Görsdorf, Jochen, Dreyer, Günter et Hartung, Ulrich, « New 14C Dating of the Archaic Royal Necropolis Umm el-Qaab at Abydos (Egypt) », Radiocarbon, vol. 40, n° 2, 1998, p. 641-647, en accès libre. https://journals.uair.arizona.edu/index.php/radiocarbon/article/download/3738/3163
- Houston, Stephen D. (dir.), The First Writing: Script Invention as History and Process, Cambridge University Press, 2004, en bibliothèque (les inventions indépendantes ; le cas égyptien et la diffusion de stimulus).
- ISAC Museum (Institute for the Study of Ancient Cultures, University of Chicago), « Visible Language (Part II) », Google Arts & Culture, d’après Woods, Christopher (dir.), Visible Language: Inventions of Writing in the Ancient Middle East and Beyond, Oriental Institute Museum Publications 32, 2010, en accès libre (le débat sur l’origine de l’écriture égyptienne : invention autonome ou idée venue de Mésopotamie par le commerce). https://artsandculture.google.com/story/4AXR09XM5lg0hw
- Keightley, David N., Sources of Shang History: The Oracle-Bone Inscriptions of Bronze Age China, University of California Press, 1978, en bibliothèque (l’invention chinoise de l’écriture).
- Kroeber, Alfred L., « Stimulus Diffusion », American Anthropologist, vol. 42, 1940, p. 1-20, en accès libre (l’origine du concept). https://escholarship.org/uc/item/0qn3s0z7
- Landa, Diego de, Relación de las cosas de Yucatán, éd. et trad. Tozzer, Peabody Museum, 1941, en bibliothèque (la destruction des livres mayas, racontée par celui qui l’ordonna).
- Landa, Diego de, Relation des choses de Yucatan de Diego de Landa, texte espagnol et traduction française en regard, éd. et trad. Brasseur de Bourbourg, Bertrand, Paris, 1864, domaine public (le récit, par Landa lui-même, des livres mayas brûlés). https://archive.org/details/relationdeschose00land
- Nissen, Hans J., Damerow, Peter et Englund, Robert K., Archaic Bookkeeping: Early Writing and Techniques of Economic Administration in the Ancient Near East, University of Chicago Press, 1993, en bibliothèque (les tablettes d’Uruk : des comptes de rations, d’orge et de bétail).
- Parpola, Asko, « Solving the riddles of the Indus Civilization », 375 Humanists, Faculté des arts, Université d’Helsinki, 2014, en accès libre (l’auteur de Deciphering the Indus Script y tient les signes de l’Indus pour une écriture mot/syllabe notant une langue dravidienne). https://375humanistia.helsinki.fi/en/asko-parpola/solving-the-riddles-of-the-indus-civilization
- Parpola, Asko, Deciphering the Indus Script, Cambridge University Press, 1994, en bibliothèque (la position adverse sur l’écriture de l’Indus).
- Rao, Rajesh P. N. et al., « Entropic Evidence for Linguistic Structure in the Indus Script », Science, vol. 324, 2009, p. 1165, accès payant (le test d’entropie conditionnelle) ; Farmer, Steve, Sproat, Richard et Witzel, Michael, « The Collapse of the Indus-Script Thesis », Electronic Journal of Vedic Studies, vol. 11, 2004, en accès libre (la thèse d’un système non linguistique, fondée sur la brièveté des inscriptions). https://doi.org/10.1126/science.1170391
- Rao, Rajesh P. N., Yadav, Nisha, Vahia, Mayank N. et al., « Entropy, the Indus Script, and Language: A Reply to R. Sproat », Computational Linguistics, vol. 36, n° 4, 2010, p. 795-805, en accès libre (environ 4 000 inscriptions et environ 400 signes différents). https://aclanthology.org/J10-4016.pdf
- Rilly, Claude, « Ressusciter les mots. La patiente traduction des textes méroïtiques », colloque « Déchiffrement(s) : des hiéroglyphes à l’ADN », Collège de France, 20 octobre 2022, en accès libre (l’écriture méroïtique déchiffrée, la langue toujours pas traduite). https://www.college-de-france.fr/fr/agenda/grand-evenement/dechiffrements-des-hieroglyphes-adn/ressusciter-les-mots-la-patiente-traduction-des-textes-meroitiques
- Rilly, Claude, La Langue du royaume de Méroé, Champion, 2007, en bibliothèque (le méroïtique : des signes qu’on sait prononcer sans comprendre la langue).
- Schmandt-Besserat, Denise, « The Evolution of Writing », dans Wright, James (dir.), International Encyclopedia of Social and Behavioral Sciences, Elsevier, 2014, en accès libre, texte mis en ligne par l’autrice (l’écriture peut-être inventée indépendamment trois fois : Proche-Orient, Chine, Mésoamérique). https://sites.utexas.edu/dsb/tokens/the-evolution-of-writing/
- Schmandt-Besserat, Denise, Before Writing, University of Texas Press, 1992, en bibliothèque (la filiation des jetons de comptage aux premières tablettes).
- Sima Qian, Shiji [Mémoires historiques], chap. 6, vers 90 av. J.-C., trad. Édouard Chavannes, Leroux, 1897, domaine public (l’unification de l’écriture, des essieux et des mesures par Qin Shi Huang).
- Sproat, Richard, « A Statistical Comparison of Written Language and Nonlinguistic Symbol Systems », Language, vol. 90, n° 2, 2014, p. 457-481, accès payant, résumé en accès libre (la réfutation du test d’entropie). https://research.google/pubs/a-statistical-comparison-of-written-language-and-nonlinguistic-symbol-systems/
- Westbrook, Raymond, « Slave and Master in Ancient Near Eastern Law », Chicago-Kent Law Review, vol. 70, n° 4, 1995, p. 1631 et suivantes, en accès libre. https://scholarship.kentlaw.iit.edu/cklawreview/vol70/iss4/12
- Wright, Roger, compte rendu de Houston, Stephen D. (dir.), The First Writing: Script Invention as History and Process, Bryn Mawr Classical Review, 2005.07.12, en accès libre (Baines sur l’Égypte ; Bottéro sur l’idée de l’écriture peut-être venue de l’ouest en Chine). https://bmcr.brynmawr.edu/2005/2005.07.12/
- Yeo, Geoffrey, Record-Making and Record-Keeping in Early Societies, Routledge, 2021, en accès libre (les enveloppes d’argile scellées, les marques et les sceaux permettant de vérifier sans briser ; l’émergence de l’écriture à partir de la comptabilité ; les régions où elle apparaît indépendamment). https://doi.org/10.4324/9780429054686
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