
La métallurgie du fer a-t-elle été inventée en Afrique subsaharienne, ou y est-elle arrivée depuis le nord ? Personne ne peut encore trancher.
C’est précisément ce qui rend la question passionnante.
Ce qui est certain
Des traces très anciennes de réduction du fer existent bel et bien en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.
- Au massif du Termit, au Niger, des fouilles ont livré des dates très hautes pour la métallurgie du fer — c’est de là que viennent les datations les plus anciennes du dossier.
- Au Nigeria, le site de Taruga a livré du fer et des fourneaux de réduction.
- Ailleurs en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, des installations semblables ont été fouillées.1
La production de fer en Afrique subsaharienne remonte à plus de deux mille cinq cents ans, et ces faits matériels ne font l’objet d’aucun débat.2
Ce qui fait débat
Les artisans africains ont-ils mis au point cette technique de manière autonome, ou l’ont-ils reçue par des réseaux venus du nord ?
L’histoire de ce débat est encore plus instructive que la réponse elle-même — et elle ne va pas dans le sens qu’on croit.
L’idée d’une invention africaine indépendante a plus d’un siècle. On la trouve déjà chez un savant allemand du XIXᵉ siècle, auteur d’une histoire du fer en cinq volumes, qui écrivait voir partout chez les peuples d’Afrique un art de produire le fer qui n’était pas importé mais original.3
Puis l’archéologie dominante du milieu du XXᵉ siècle a inversé cette position : la technique serait nécessairement venue du Nord.
Puis la datation au radiocarbone est arrivée. Elle a livré pour l’Afrique subsaharienne des dates aussi anciennes, sinon plus, que celles des régions supposées « donneuses », et l’hypothèse de débuts indépendants de la métallurgie du fer a refait surface.4
Où en est la recherche ?
Des chercheurs de plusieurs pays — africains, européens, américains — considèrent aujourd’hui l’invention locale comme le scénario le plus vraisemblable. La synthèse de référence sur le sujet le constate d’emblée : à en juger par les publications récentes, le long débat sur les origines de la métallurgie du fer en Afrique subsaharienne a été tranché en faveur de l’invention indépendante.5
Cette phrase mérite pourtant une lecture minutieuse, car elle contient un piège typographique. Voici ce qu’écrit exactement l’auteur : le débat « a été tranché… en faveur de ceux qui plaident l’invention indépendante ».6
Les trois points ne sont pas un hasard. Ils suspendent la phrase au milieu, juste avant la conclusion — et le reste de l’article, sur cinquante pages, démonte méthodiquement cette prétendue résolution.
Le titre dit d’ailleurs la même chose : « L’ont-ils inventé, ou non ? » Une question, pas une réponse.
La formule de Hamady Bocoum, qui a dirigé la synthèse de l’UNESCO sur le sujet, mérite d’être examinée de près :7
En l’état actuel des connaissances, le débat est clos faute de preuve probante accréditant l’un des chemins de transmission proposés depuis le Nord.8
Une seconde lecture s’impose. Elle ne dit pas qu’on a prouvé l’invention africaine. Elle dit qu’on n’a pas prouvé le contraire. Ce n’est pas la même chose, et c’est une nuance de méthode essentielle.
Un autre chercheur le formule d’une façon également prudente : l’hypothèse de l’invention indépendante est, à ce jour, la plus solide parmi toutes les hypothèses en présence — ce qui n’est pas non plus une démonstration.9
Quant aux datations les plus reculées parfois avancées, elles restent vivement contestées.10
Le métal ne voyage pas seul : les flux de matières premières
La question des origines masque souvent une réalité concrète : une technique métallurgique n’existe jamais en isolement.
L’adoption ou le développement du travail des métaux s’inscrit toujours dans des circuits de circulation plus larges. Avant même le fer, les sociétés humaines avaient structuré des réseaux d’échange au long cours pour d’autres ressources stratégiques :
- Le sel : minéral indispensable à la biologie et à la conservation, échangé contre de l’or ou des denrées vivrières à travers le Sahara et les bassins fluviaux.
- Le cuivre : travaillé avant le fer dans certaines zones (comme à Akjoujt en Mauritanie dès le Iᵉʳ millénaire av. J.-C.), circulant sous forme de lingots ou d’outils.
- L’obsidienne : verre volcanique dont l’empreinte chimique permet de tracer des routes commerciales sur des milliers de kilomètres dès le Néolithique (en Méditerranée et en Afrique de l’Est).
- L’ambre : résine fossile circulant depuis la Baltique jusqu’au sud de l’Europe, prouvant l’existence de réseaux interconnectés bien avant les routes commerciales historiques.11
Qu’il soit inventé sur place ou importé, le fer s’insère immédiatement dans ces circuits préexistants. La maîtrise du métal modifie en retour la valeur des autres biens d’échange : celui qui produit du fer contrôle l’outil agricole et l’arme, redistribuant les cartes du commerce régional.
Pourquoi cette nuance est capitale
Si ce texte refuse de trancher arbitrairement, c’est pour une raison d’éthique scientifique.
L’idée d’un fer systématiquement venu d’ailleurs découlait d’un préjugé colonial : l’incapacité supposée des sociétés locales à développer une technique complexe sans apport externe. Corriger ce biais est indispensable.
Mais remplacer une idée préconçue par un dogme inverse ne constitue pas une preuve.
Affirmer catégoriquement « le fer a été inventé en Afrique » flatterait nos convictions, mais devancerait ce que la science démontre. Le jour où cette affirmation serait nuancée par une découverte, c’est l’ensemble du discours historique qui s’en trouverait fragilisé.
Vérifier un fait qui plaît, ce n’est pas trahir une cause : c’est la protéger.
Second garde-fou : le précédent du bronze en Asie du Sud-Est
Ce risque de surinterprétation idéologique n’est pas propre à l’Afrique. On le retrouve dans l’histoire de l’archéologie en Asie du Sud-Est.
Dans les années 1970, les fouilles du site de Ban Chiang, en Thaïlande, ont livré des objets en bronze associés à des datations très hautes. Certains chercheurs en ont aussitôt conclu que l’Asie du Sud-Est avait inventé la métallurgie du bronze avant la Mésopotamie et la Chine, renversant la vision traditionnelle.12
Il a fallu des redatations systématiques, des décennies plus tard, pour constater une erreur de méthode : les premières dates venaient de morceaux de poterie, une matière difficile à dater de façon fiable. La chronologie la mieux étayée place aujourd’hui cette métallurgie bien plus tard — une autre équipe défend une date intermédiaire, mais plus personne ne soutient la date initiale.13
Leçon de ce détour régional : corriger le mépris historique envers une région ne doit jamais conduire à valider prématurément des datations exceptionnelles. Le doute méthodique protège l’histoire locale des retours de balancier dévastateurs.
La pluralité des foyers d’invention
Une question sous-jacente traverse cette encyclopédie : une technique majeure s’invente-t-elle une seule fois dans l’histoire humaine ?
La comparaison avec d’autres domaines apporte un éclairage utile :
| Innovation | Nombre d’inventions indépendantes identifiées | Exemples |
|---|---|---|
| Monnaie frappée | 3 fois | Lydie (estampage), Chine (fonte), Inde du Nord (poinçon) |
| Agriculture | Au moins 11 fois | Croissant fertile, Mésoamérique, Chine, Nouvelle-Guinée... |
| Écriture | 3 à 4 fois | Mésopotamie, Égypte, Chine, Mésoamérique |
Une précision, dans l’esprit de cette page. Le chiffre de onze pour l’agriculture vient d’une carte de référence publiée en 2014, fruit d’une rencontre entre vingt-cinq chercheurs de cinq disciplines différentes. Elle délimite onze foyers de domestication indépendante largement admis — et les auteurs écrivent « au moins onze », en précisant que d’autres ont été proposés. Mais les preuves n’ont pas la même solidité partout : dans certaines régions, la domestication n’est déduite que de plantes ou d’animaux retrouvés loin de leur région d’origine. Ces foyers-là restent moins bien établis que les autres.14
Ces parallèles ne prouvent rien pour le fer, mais ils invalident l’idée qu’une technique complexe ne pourrait émerger qu’en un unique point du globe. Et l’argument tient même si quelques foyers restent incertains : c’est la pluralité qui compte, pas le décompte exact.
L’impact social et environnemental du métal
Au-delà de la question des origines, la métallurgie implique des coûts sociaux et écologiques majeurs :
- Pression forestière : la réduction du minerai exige des températures extrêmement élevées, consommant des quantités massives de charbon de bois.
- Coût humain : l’extraction et le travail de la mine ont souvent reposé sur une main-d’œuvre contrainte, exécutant des tâches pénibles et dangereuses.
Chaque objet en métal représente autant une avancée technique qu’une forêt qui recule et du travail forcé.
Note 1
For Gérard Quéchon, the French archeologist to whom we owe very early dates for iron metallurgy from the Termit Massif in Niger, “indisputably, in the present state of knowledge, the hypothesis of an autochthonous invention is convincing.”
Pour Gérard Quéchon, l’archéologue français à qui l’on doit des dates très anciennes pour la métallurgie du fer au massif du Termit, au Niger, « incontestablement, en l’état actuel des connaissances, l’hypothèse d’une invention autochtone est convaincante ».
Alpern, Stanley B., « Did They or Didn’t They Invent It? Iron in Sub-Saharan Africa », History in Africa, vol. 32, 2005, p. 41-94
Quéchon reviews the research carried out at both Termit and Egaro and rightly notes the high recurrence of dates, which dispels any doubt as to the cultural contexts associated with the earliest iron objects in those regions. Copper and iron objects first appeared in 1500 B.C. in this region, where technical installations (forges) have been dated to 800 B.C.
Quéchon passe en revue les recherches menées au Termit comme à Egaro et relève à juste titre la forte récurrence des dates, qui dissipe tout doute sur les contextes culturels associés aux plus anciens objets en fer de ces régions. Les objets en cuivre et en fer apparaissent en 1500 av. J.-C. dans cette région, où des installations techniques (forges) ont été datées de 800 av. J.-C.
Bocoum, Hamady (dir.), The Origins of Iron Metallurgy in Africa: New Light on Its Antiquity. West and Central Africa, UNESCO Publishing, Paris, 2004
This happened in 1960 with the excavations at Taruga and the finding of iron, Nok terracottas and domestic debris in good association, dated to the late first millennium B.C. (Fagg, 1969). […] These early dates undoubtedly make the Taruga iron-smelting furnaces the earliest ones known in West Africa […]
Cela se produisit en 1960 avec les fouilles de Taruga et la découverte de fer, de terres cuites nok et de déchets domestiques en association sûre, datés de la fin du Iᵉʳ millénaire av. J.-C. (Fagg, 1969). […] Ces dates hautes font sans aucun doute des fourneaux de réduction du fer de Taruga les plus anciens connus en Afrique de l’Ouest […]
Jemkur, Joseph Fazing, « The Beginnings of Iron Metallurgy in West Africa », dans Bocoum, Hamady (dir.), The Origins of Iron Metallurgy in Africa: New Light on Its Antiquity. West and Central Africa, UNESCO Publishing, Paris, 2004
Note 2
Iron production has played a part in the history of Africa for more than 2,500 years.
La production du fer a joué un rôle dans l’histoire de l’Afrique depuis plus de 2 500 ans.
Robion-Brunner, Caroline, « What Is the Meaning of the Extreme Variability of Ancient Ironworking in West Africa? A Comparison between Four Case Studies », dans Duckworth, C. N., Cuénod, A. et Mattingly, D. J. (dir.), Mobile Technologies in the Ancient Sahara and Beyond, Cambridge University Press, 2020, p. 290-314
Note 3
The idea that sub-Saharan Africans independently invented iron is more than a century old. It goes back at least to a German scholar, Ludwig Beck, who published a five-volume history of iron between 1884 and 1903.
L’idée que les Africains subsahariens ont inventé le fer de façon indépendante a plus d’un siècle. Elle remonte au moins à un savant allemand, Ludwig Beck, qui publia une histoire du fer en cinq volumes entre 1884 et 1903.
Alpern, Stanley B., « Did They or Didn’t They Invent It? Iron in Sub-Saharan Africa », History in Africa, vol. 32, 2005, p. 41-94
we see everywhere an original art of producing iron among the numerous native tribes of Africa, which is in its entire essence not imported but original
nous voyons partout, chez les nombreuses tribus indigènes d’Afrique, un art original de produire le fer, qui dans toute son essence n’est pas importé mais original
Alpern, Stanley B., « Did They or Didn’t They Invent It? Iron in Sub-Saharan Africa », History in Africa, vol. 32, 2005, p. 41-94
Note 4
It is now becoming increasingly apparent that the diffusionist theory, as summarized above, tends to be simplistic and mostly lacks hard evidence to support it. In the light of recent archaeological work on the subject in Africa south of the Sahara, there is an emerging school of thought that argues for possible independent beginnings of ironworking technology for West Africa (and indeed in other centres of Africa south of the Sahara). […] The few dates available for ironworking in some parts of Africa south of the Sahara are as early as, if not earlier than, those obtained for the 'donor' areas. For example, apart from the Nok culture area where ironworking is known to have been established at least by the fourth or fifth century B.C., other early dates, of about the fifth century B.C., have come from Ethiopia at Matara, while radiocarbon dates point to the existence of ironworking in the Bahaya area of Lake Victoria by 500 B.C. (Schmidt and Avery, 1978).
Il apparaît de plus en plus clairement que la théorie diffusionniste, telle qu’elle a été résumée plus haut, tend à être simpliste et manque le plus souvent de preuves solides. À la lumière des travaux archéologiques récents sur le sujet en Afrique au sud du Sahara, une école de pensée émerge, qui plaide pour des débuts possiblement indépendants de la technique du fer en Afrique de l’Ouest (et même dans d’autres foyers de l’Afrique au sud du Sahara). […] Les quelques dates disponibles pour le travail du fer dans certaines parties de l’Afrique au sud du Sahara sont aussi anciennes, sinon plus, que celles obtenues pour les régions « donneuses ». Ainsi, outre la région de la culture Nok, où le travail du fer est établi au moins dès le IVᵉ ou le Vᵉ siècle av. J.-C., d’autres dates anciennes, vers le Vᵉ siècle av. J.-C., proviennent de Matara, en Éthiopie, tandis que des dates radiocarbone attestent le travail du fer dans la région des Bahaya, près du lac Victoria, dès 500 av. J.-C. (Schmidt et Avery, 1978).
Jemkur, Joseph Fazing, « The Beginnings of Iron Metallurgy in West Africa », dans Bocoum, Hamady (dir.), The Origins of Iron Metallurgy in Africa: New Light on Its Antiquity. West and Central Africa, UNESCO Publishing, Paris, 2004, p. 38
Note 5
the long-running debate over the origins of iron smelting in sub-Saharan Africa has been resolved… in favor of those advocating independent invention
le long débat sur les origines de la réduction du fer en Afrique subsaharienne a été tranché… en faveur des partisans de l’invention indépendante
Alpern, Stanley B., « Did They or Didn’t They Invent It? Iron in Sub-Saharan Africa », History in Africa, vol. 32, 2005, p. 41-94
Note 6
Judging from a number of recent publications, the long-running debate over the origins of iron smelting in sub-Saharan Africa has been resolved… in favor of those advocating independent invention.
À en juger par plusieurs publications récentes, le long débat sur les origines de la réduction du fer en Afrique subsaharienne a été tranché… en faveur des partisans de l’invention indépendante.
Alpern, Stanley B., « Did They or Didn’t They Invent It? Iron in Sub-Saharan Africa », History in Africa, vol. 32, 2005, p. 41-94
Note 7
Edited by Hamady Bocoum
Sous la direction de Hamady Bocoum
Bocoum, Hamady (dir.), The Origins of Iron Metallurgy in Africa: New Light on Its Antiquity. West and Central Africa, UNESCO Publishing, Paris, 2004
Note 8
in the present state of knowledge, the debate [over diffusion vs. independent invention] is closed for want of conclusive proof accrediting any of the proposed transmission channels [from the north]
dans l’état actuel des connaissances, le débat [entre diffusion et invention indépendante] est clos faute de preuve concluante accréditant l’une ou l’autre des voies de transmission proposées [depuis le nord]
Alpern, Stanley B., « Did They or Didn’t They Invent It? Iron in Sub-Saharan Africa », History in Africa, vol. 32, 2005, p. 41-94
Note 9
the hypothesis for independent invention is currently the most viable among the multitude of diffusionist hypotheses
l’hypothèse de l’invention indépendante est actuellement la plus solide parmi la multitude d’hypothèses diffusionnistes
Alpern, Stanley B., « Did They or Didn’t They Invent It? Iron in Sub-Saharan Africa », History in Africa, vol. 32, 2005, p. 41-94
Note 10
Challenging data, that may be accurate or not, are usually ignored or dismissed without serious consideration. […] Iron production activities are documented to have taken place as early as 3000–2500 BC.
Les données qui dérangent, exactes ou non, sont d’ordinaire ignorées ou écartées sans examen sérieux. […] Des activités de production du fer sont attestées dès 3000-2500 av. J.-C.
Zangato, Étienne et Holl, Augustin F. C., « On the Iron Front: New Evidence from North-Central Africa », Journal of African Archaeology, vol. 8, n° 1, 2010, p. 7-23
Note 11
It is already known from Lambert's work in the south-west Sahara that copper was being mined and worked around Akjoujt in Mauritania by the middle of the first millennium B.C., or even earlier (Lambert, 1971, pp. 9–12). Evidence is now coming up from other parts of West Africa, especially Niger, pointing to the appearance of copper before iron.
On sait déjà, grâce aux travaux de Lambert dans le Sud-Ouest saharien, que le cuivre était extrait et travaillé autour d’Akjoujt, en Mauritanie, dès le milieu du Iᵉʳ millénaire av. J.-C., voire plus tôt (Lambert, 1971, p. 9-12). Des indices apparaissent désormais dans d’autres régions d’Afrique de l’Ouest, surtout au Niger, qui montrent que le cuivre est apparu avant le fer.
Jemkur, Joseph Fazing, « The Beginnings of Iron Metallurgy in West Africa », dans Bocoum, Hamady (dir.), The Origins of Iron Metallurgy in Africa: New Light on Its Antiquity. West and Central Africa, UNESCO Publishing, Paris, 2004
Note 12
From the 1974 sequence of 18 Carbon-14 determinations the oldest material from these basal phases dates back to 3600 B.C. […] In 1975, in direct association with a low-lying flexed burial, we recovered a well-made, cast and hammered bronze spearhead.
D’après la série de 18 datations au carbone 14 obtenues en 1974, le matériel le plus ancien de ces phases basales remonte à 3600 av. J.-C. […] En 1975, en association directe avec une sépulture en position fléchie, située bas, nous avons mis au jour une pointe de lance en bronze bien faite, coulée et martelée.
Gorman, Chester F. et Charoenwongsa, Pisit, « Ban Chiang: A Mosaic of Impressions from the First Two Years », Expedition, vol. 18, n° 4, 1976, p. 14-26
Note 13
Two conflicting theories put the introduction of bronze into Southeast Asia 1000 years apart, one (before China) at 2000 BC, the other at 1000 BC. Both were drawn from radiocarbon dates, the first of pottery, the second of bone. The authors cut the Gordian Knot by showing the earlier dates to be unreliable
Deux théories opposées placent l’arrivée du bronze en Asie du Sud-Est à 1000 ans d’écart, l’une (avant la Chine) vers 2000 av. J.-C., l’autre vers 1000 av. J.-C. Toutes deux reposaient sur des datations au radiocarbone, la première de poterie, la seconde d’os. Les auteurs tranchent le nœud gordien en montrant que les dates les plus anciennes ne sont pas fiables
Higham, Charles, Higham, Thomas et Kijngam, Amphan, « Cutting a Gordian Knot: The Bronze Age of Southeast Asia: Origins, Timing and Impact », Antiquity, vol. 85, 2011, p. 583-598
It will be proposed on both chronological and technological grounds that the first bronze metallurgy in Southeast Asia was derived from pre-Andronovo late third millennium BC Eurasian forest-steppe metals technology, and not from the second millennium, technologically distinctive, élite-sponsored bronze metallurgy of the Chinese Erlitou or Erligang Periods.
On proposera, pour des raisons à la fois chronologiques et techniques, que la première métallurgie du bronze en Asie du Sud-Est dérive de la technique des métaux des forêts-steppes eurasiennes, pré-Andronovo, de la fin du troisième millénaire av. J.-C., et non de la métallurgie du bronze du deuxième millénaire, techniquement distincte et patronnée par les élites, des périodes chinoises d’Erlitou ou d’Erligang.
White, Joyce C. et Hamilton, Elizabeth G., « The Transmission of Early Bronze Technology to Thailand: New Perspectives », Journal of World Prehistory, vol. 22, 2009, p. 357-397
Note 14
At least 11 regions of the Old and New World were involved as independent centers of origin, encompassing geographically isolated regions on most continents, but several more have been suggested (Fig. 1) […] Brown regions represent areas where, at present, the evidence for domestication is interpreted based upon the presence of domestic forms indigenous to these regions found outside of their native distributions.
Au moins 11 régions de l’Ancien et du Nouveau Monde ont été des foyers d’origine indépendants, couvrant des régions géographiquement isolées sur la plupart des continents, mais plusieurs autres ont été proposées (fig. 1) […] Les régions en brun sont celles où, pour l’instant, la domestication est déduite de la présence de formes domestiques originaires de ces régions retrouvées hors de leur aire naturelle.
Larson, Greger et al., « Current Perspectives and the Future of Domestication Studies », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, 2014, p. 6139-6146
At least 11 regions of the Old and New World were involved as independent centers of origin […] but several more have been suggested
Au moins 11 régions de l’Ancien et du Nouveau Monde ont été des centres d’origine indépendants […] mais plusieurs autres ont été proposées
Larson, Greger et al., « Current Perspectives and the Future of Domestication Studies », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, 2014, p. 6139-6146
In the spring of 2011, 25 scholars with a central interest in domestication representing the fields of genetics, archaeobotany, zooarchaeology, geoarchaeology, and archaeology met
Au printemps 2011, 25 chercheurs particulièrement intéressés par la domestication, représentant la génétique, l’archéobotanique, l’archéozoologie, la géoarchéologie et l’archéologie, se sont réunis
Larson, Greger et al., « Current Perspectives and the Future of Domestication Studies », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, 2014, p. 6139-6146
Notes et sources
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Passage Au massif du Termit, au Niger, des fouilles ont livré des dates très hautes pour la métallurgie du fer
For Gérard Quéchon, the French archeologist to whom we owe very early dates for iron metallurgy from the Termit Massif in Niger, “indisputably, in the present state of knowledge, the hypothesis of an autochthonous invention is convincing.”
Traduction de la rédaction Pour Gérard Quéchon, l’archéologue français à qui l’on doit des dates très anciennes pour la métallurgie du fer au massif du Termit, au Niger, « incontestablement, en l’état actuel des connaissances, l’hypothèse d’une invention autochtone est convaincante ».
Source Alpern, Stanley B., « Did They or Didn’t They Invent It? Iron in Sub-Saharan Africa », History in Africa, vol. 32, 2005, p. 41-94, ouverture de l’article (extrait visible sur Cambridge Core).
Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
Passage Au massif du Termit, au Niger, des fouilles ont livré des dates très hautes pour la métallurgie du fer
Quéchon reviews the research carried out at both Termit and Egaro and rightly notes the high recurrence of dates, which dispels any doubt as to the cultural contexts associated with the earliest iron objects in those regions. Copper and iron objects first appeared in 1500 B.C. in this region, where technical installations (forges) have been dated to 800 B.C.
Traduction de la rédaction Quéchon passe en revue les recherches menées au Termit comme à Egaro et relève à juste titre la forte récurrence des dates, qui dissipe tout doute sur les contextes culturels associés aux plus anciens objets en fer de ces régions. Les objets en cuivre et en fer apparaissent en 1500 av. J.-C. dans cette région, où des installations techniques (forges) ont été datées de 800 av. J.-C.
Source Bocoum, Hamady (dir.), The Origins of Iron Metallurgy in Africa: New Light on Its Antiquity. West and Central Africa, UNESCO Publishing, Paris, 2004, introduction de H. Bocoum, p. 25 (présentation des chapitres de G. Quéchon, « Iron Metallurgy Datings from Termit (Niger): Their Reliability and Significance », p. 109-118, et d’A. Person et G. Quéchon, p. 119-126).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
Passage Au Nigeria, le site de Taruga a livré du fer et des fourneaux de réduction.
This happened in 1960 with the excavations at Taruga and the finding of iron, Nok terracottas and domestic debris in good association, dated to the late first millennium B.C. (Fagg, 1969). […] These early dates undoubtedly make the Taruga iron-smelting furnaces the earliest ones known in West Africa […]
Traduction de la rédaction Cela se produisit en 1960 avec les fouilles de Taruga et la découverte de fer, de terres cuites nok et de déchets domestiques en association sûre, datés de la fin du Iᵉʳ millénaire av. J.-C. (Fagg, 1969). […] Ces dates hautes font sans aucun doute des fourneaux de réduction du fer de Taruga les plus anciens connus en Afrique de l’Ouest […]
Source Jemkur, Joseph Fazing, « The Beginnings of Iron Metallurgy in West Africa », dans Bocoum, Hamady (dir.), The Origins of Iron Metallurgy in Africa: New Light on Its Antiquity. West and Central Africa, UNESCO Publishing, Paris, 2004, p. 33 (chapitre de J. F. Jemkur).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage La production de fer en Afrique subsaharienne remonte à plus de deux mille cinq cents ans
Iron production has played a part in the history of Africa for more than 2,500 years.
Traduction de la rédaction La production du fer a joué un rôle dans l’histoire de l’Afrique depuis plus de 2 500 ans.
Source Robion-Brunner, Caroline, « What Is the Meaning of the Extreme Variability of Ancient Ironworking in West Africa? A Comparison between Four Case Studies », dans Duckworth, C. N., Cuénod, A. et Mattingly, D. J. (dir.), Mobile Technologies in the Ancient Sahara and Beyond, Cambridge University Press, 2020, p. 290-314, résumé du chapitre.
Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage L’idée d’une invention africaine indépendante a plus d’un siècle. On la trouve déjà chez un savant allemand du XIXᵉ siècle, auteur d’une histoire du fer en cinq volumes
The idea that sub-Saharan Africans independently invented iron is more than a century old. It goes back at least to a German scholar, Ludwig Beck, who published a five-volume history of iron between 1884 and 1903.
Traduction de la rédaction L’idée que les Africains subsahariens ont inventé le fer de façon indépendante a plus d’un siècle. Elle remonte au moins à un savant allemand, Ludwig Beck, qui publia une histoire du fer en cinq volumes entre 1884 et 1903.
Source Alpern, Stanley B., « Did They or Didn’t They Invent It? Iron in Sub-Saharan Africa », History in Africa, vol. 32, 2005, p. 41-94, § II.
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Passage qui écrivait voir partout chez les peuples d’Afrique un art de produire le fer qui n’était pas importé mais original
we see everywhere an original art of producing iron among the numerous native tribes of Africa, which is in its entire essence not imported but original
Traduction de la rédaction nous voyons partout, chez les nombreuses tribus indigènes d’Afrique, un art original de produire le fer, qui dans toute son essence n’est pas importé mais original
Source Alpern, Stanley B., « Did They or Didn’t They Invent It? Iron in Sub-Saharan Africa », History in Africa, vol. 32, 2005, p. 41-94, § II, citation de Beck.
Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage Puis la datation au radiocarbone est arrivée. Elle a livré pour l’Afrique subsaharienne des dates aussi anciennes, sinon plus, que celles des régions supposées « donneuses », et l’hypothèse de débuts indépendants de la métallurgie du fer a refait surface.
It is now becoming increasingly apparent that the diffusionist theory, as summarized above, tends to be simplistic and mostly lacks hard evidence to support it. In the light of recent archaeological work on the subject in Africa south of the Sahara, there is an emerging school of thought that argues for possible independent beginnings of ironworking technology for West Africa (and indeed in other centres of Africa south of the Sahara). […] The few dates available for ironworking in some parts of Africa south of the Sahara are as early as, if not earlier than, those obtained for the 'donor' areas. For example, apart from the Nok culture area where ironworking is known to have been established at least by the fourth or fifth century B.C., other early dates, of about the fifth century B.C., have come from Ethiopia at Matara, while radiocarbon dates point to the existence of ironworking in the Bahaya area of Lake Victoria by 500 B.C. (Schmidt and Avery, 1978).
Traduction de la rédaction Il apparaît de plus en plus clairement que la théorie diffusionniste, telle qu’elle a été résumée plus haut, tend à être simpliste et manque le plus souvent de preuves solides. À la lumière des travaux archéologiques récents sur le sujet en Afrique au sud du Sahara, une école de pensée émerge, qui plaide pour des débuts possiblement indépendants de la technique du fer en Afrique de l’Ouest (et même dans d’autres foyers de l’Afrique au sud du Sahara). […] Les quelques dates disponibles pour le travail du fer dans certaines parties de l’Afrique au sud du Sahara sont aussi anciennes, sinon plus, que celles obtenues pour les régions « donneuses ». Ainsi, outre la région de la culture Nok, où le travail du fer est établi au moins dès le IVᵉ ou le Vᵉ siècle av. J.-C., d’autres dates anciennes, vers le Vᵉ siècle av. J.-C., proviennent de Matara, en Éthiopie, tandis que des dates radiocarbone attestent le travail du fer dans la région des Bahaya, près du lac Victoria, dès 500 av. J.-C. (Schmidt et Avery, 1978).
Source Jemkur, Joseph Fazing, « The Beginnings of Iron Metallurgy in West Africa », dans Bocoum, Hamady (dir.), The Origins of Iron Metallurgy in Africa: New Light on Its Antiquity. West and Central Africa, UNESCO Publishing, Paris, 2004, p. 38, chapitre de J. F. Jemkur, section « The local connection », p. 38, 1er paragraphe (premières phrases, puis dernière phrase et début du paragraphe suivant).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage le long débat sur les origines de la métallurgie du fer en Afrique subsaharienne a été tranché en faveur de l’invention indépendante
the long-running debate over the origins of iron smelting in sub-Saharan Africa has been resolved… in favor of those advocating independent invention
Traduction de la rédaction le long débat sur les origines de la réduction du fer en Afrique subsaharienne a été tranché… en faveur des partisans de l’invention indépendante
Source Alpern, Stanley B., « Did They or Didn’t They Invent It? Iron in Sub-Saharan Africa », History in Africa, vol. 32, 2005, p. 41-94, ouverture de l’article.
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Passage le débat « a été tranché… en faveur de ceux qui plaident l’invention indépendante » […] Les trois points […] suspendent la phrase au milieu
Judging from a number of recent publications, the long-running debate over the origins of iron smelting in sub-Saharan Africa has been resolved… in favor of those advocating independent invention.
Traduction de la rédaction À en juger par plusieurs publications récentes, le long débat sur les origines de la réduction du fer en Afrique subsaharienne a été tranché… en faveur des partisans de l’invention indépendante.
Source Alpern, Stanley B., « Did They or Didn’t They Invent It? Iron in Sub-Saharan Africa », History in Africa, vol. 32, 2005, p. 41-94, p. 41, première phrase.
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Passage Hamady Bocoum, qui a dirigé la synthèse de l’UNESCO sur le sujet
Edited by Hamady Bocoum
Traduction de la rédaction Sous la direction de Hamady Bocoum
Source Bocoum, Hamady (dir.), The Origins of Iron Metallurgy in Africa: New Light on Its Antiquity. West and Central Africa, UNESCO Publishing, Paris, 2004, page de titre de l’édition anglaise (p. 3 du document UNESDOC).
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Passage En l’état actuel des connaissances, le débat est clos faute de preuve probante accréditant l’un des chemins de transmission proposés depuis le Nord.
in the present state of knowledge, the debate [over diffusion vs. independent invention] is closed for want of conclusive proof accrediting any of the proposed transmission channels [from the north]
Traduction de la rédaction dans l’état actuel des connaissances, le débat [entre diffusion et invention indépendante] est clos faute de preuve concluante accréditant l’une ou l’autre des voies de transmission proposées [depuis le nord]
Source Alpern, Stanley B., « Did They or Didn’t They Invent It? Iron in Sub-Saharan Africa », History in Africa, vol. 32, 2005, p. 41-94, citation de Hamady Bocoum.
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Passage l’hypothèse de l’invention indépendante est, à ce jour, la plus solide parmi toutes les hypothèses en présence
the hypothesis for independent invention is currently the most viable among the multitude of diffusionist hypotheses
Traduction de la rédaction l’hypothèse de l’invention indépendante est actuellement la plus solide parmi la multitude d’hypothèses diffusionnistes
Source Alpern, Stanley B., « Did They or Didn’t They Invent It? Iron in Sub-Saharan Africa », History in Africa, vol. 32, 2005, p. 41-94, citation de Peter R. Schmidt.
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Passage Quant aux datations les plus reculées parfois avancées, elles restent vivement contestées.
Challenging data, that may be accurate or not, are usually ignored or dismissed without serious consideration. […] Iron production activities are documented to have taken place as early as 3000–2500 BC.
Traduction de la rédaction Les données qui dérangent, exactes ou non, sont d’ordinaire ignorées ou écartées sans examen sérieux. […] Des activités de production du fer sont attestées dès 3000-2500 av. J.-C.
Source Zangato, Étienne et Holl, Augustin F. C., « On the Iron Front: New Evidence from North-Central Africa », Journal of African Archaeology, vol. 8, n° 1, 2010, p. 7-23, résumé.
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Passage Le cuivre : travaillé avant le fer dans certaines zones
It is already known from Lambert's work in the south-west Sahara that copper was being mined and worked around Akjoujt in Mauritania by the middle of the first millennium B.C., or even earlier (Lambert, 1971, pp. 9–12). Evidence is now coming up from other parts of West Africa, especially Niger, pointing to the appearance of copper before iron.
Traduction de la rédaction On sait déjà, grâce aux travaux de Lambert dans le Sud-Ouest saharien, que le cuivre était extrait et travaillé autour d’Akjoujt, en Mauritanie, dès le milieu du Iᵉʳ millénaire av. J.-C., voire plus tôt (Lambert, 1971, p. 9-12). Des indices apparaissent désormais dans d’autres régions d’Afrique de l’Ouest, surtout au Niger, qui montrent que le cuivre est apparu avant le fer.
Source Jemkur, Joseph Fazing, « The Beginnings of Iron Metallurgy in West Africa », dans Bocoum, Hamady (dir.), The Origins of Iron Metallurgy in Africa: New Light on Its Antiquity. West and Central Africa, UNESCO Publishing, Paris, 2004, p. 37 (chapitre de J. F. Jemkur).
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Passage les fouilles du site de Ban Chiang, en Thaïlande, ont livré des objets en bronze associés à des datations très hautes
From the 1974 sequence of 18 Carbon-14 determinations the oldest material from these basal phases dates back to 3600 B.C. […] In 1975, in direct association with a low-lying flexed burial, we recovered a well-made, cast and hammered bronze spearhead.
Traduction de la rédaction D’après la série de 18 datations au carbone 14 obtenues en 1974, le matériel le plus ancien de ces phases basales remonte à 3600 av. J.-C. […] En 1975, en association directe avec une sépulture en position fléchie, située bas, nous avons mis au jour une pointe de lance en bronze bien faite, coulée et martelée.
Source Gorman, Chester F. et Charoenwongsa, Pisit, « Ban Chiang: A Mosaic of Impressions from the First Two Years », Expedition, vol. 18, n° 4, 1976, p. 14-26, paragraphe commençant par « The lowest levels of Ban Chiang, Phases I and II ».
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Passage les premières dates venaient de morceaux de poterie, une matière difficile à dater de façon fiable […] La chronologie la mieux étayée place aujourd’hui cette métallurgie bien plus tard
Two conflicting theories put the introduction of bronze into Southeast Asia 1000 years apart, one (before China) at 2000 BC, the other at 1000 BC. Both were drawn from radiocarbon dates, the first of pottery, the second of bone. The authors cut the Gordian Knot by showing the earlier dates to be unreliable
Traduction de la rédaction Deux théories opposées placent l’arrivée du bronze en Asie du Sud-Est à 1000 ans d’écart, l’une (avant la Chine) vers 2000 av. J.-C., l’autre vers 1000 av. J.-C. Toutes deux reposaient sur des datations au radiocarbone, la première de poterie, la seconde d’os. Les auteurs tranchent le nœud gordien en montrant que les dates les plus anciennes ne sont pas fiables
Source Higham, Charles, Higham, Thomas et Kijngam, Amphan, « Cutting a Gordian Knot: The Bronze Age of Southeast Asia: Origins, Timing and Impact », Antiquity, vol. 85, 2011, p. 583-598, résumé.
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Passage une autre équipe défend une date intermédiaire
It will be proposed on both chronological and technological grounds that the first bronze metallurgy in Southeast Asia was derived from pre-Andronovo late third millennium BC Eurasian forest-steppe metals technology, and not from the second millennium, technologically distinctive, élite-sponsored bronze metallurgy of the Chinese Erlitou or Erligang Periods.
Traduction de la rédaction On proposera, pour des raisons à la fois chronologiques et techniques, que la première métallurgie du bronze en Asie du Sud-Est dérive de la technique des métaux des forêts-steppes eurasiennes, pré-Andronovo, de la fin du troisième millénaire av. J.-C., et non de la métallurgie du bronze du deuxième millénaire, techniquement distincte et patronnée par les élites, des périodes chinoises d’Erlitou ou d’Erligang.
Source White, Joyce C. et Hamilton, Elizabeth G., « The Transmission of Early Bronze Technology to Thailand: New Perspectives », Journal of World Prehistory, vol. 22, 2009, p. 357-397, résumé.
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Passage Le chiffre de onze pour l’agriculture vient d’une carte de référence […] Mais les preuves n’ont pas la même solidité partout : dans certaines régions, la domestication n’est déduite que de plantes ou d’animaux retrouvés loin de leur région d’origine.
At least 11 regions of the Old and New World were involved as independent centers of origin, encompassing geographically isolated regions on most continents, but several more have been suggested (Fig. 1) […] Brown regions represent areas where, at present, the evidence for domestication is interpreted based upon the presence of domestic forms indigenous to these regions found outside of their native distributions.
Traduction de la rédaction Au moins 11 régions de l’Ancien et du Nouveau Monde ont été des foyers d’origine indépendants, couvrant des régions géographiquement isolées sur la plupart des continents, mais plusieurs autres ont été proposées (fig. 1) […] Les régions en brun sont celles où, pour l’instant, la domestication est déduite de la présence de formes domestiques originaires de ces régions retrouvées hors de leur aire naturelle.
Source Larson, Greger et al., « Current Perspectives and the Future of Domestication Studies », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, 2014, p. 6139-6146, Section « Spatial and Temporal Patterns of Domestication » et légende de la figure 1.
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Passage les auteurs écrivent « au moins onze », en précisant que d’autres ont été proposés
At least 11 regions of the Old and New World were involved as independent centers of origin […] but several more have been suggested
Traduction de la rédaction Au moins 11 régions de l’Ancien et du Nouveau Monde ont été des centres d’origine indépendants […] mais plusieurs autres ont été proposées
Source Larson, Greger et al., « Current Perspectives and the Future of Domestication Studies », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, 2014, p. 6139-6146.
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Passage fruit d’une rencontre entre vingt-cinq chercheurs de cinq disciplines différentes
In the spring of 2011, 25 scholars with a central interest in domestication representing the fields of genetics, archaeobotany, zooarchaeology, geoarchaeology, and archaeology met
Traduction de la rédaction Au printemps 2011, 25 chercheurs particulièrement intéressés par la domestication, représentant la génétique, l’archéobotanique, l’archéozoologie, la géoarchéologie et l’archéologie, se sont réunis
Source Larson, Greger et al., « Current Perspectives and the Future of Domestication Studies », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, 2014, p. 6139-6146.
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Références bibliographiques
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- Alpern, Stanley B., « Did They or Didn’t They Invent It? Iron in Sub-Saharan Africa », History in Africa, vol. 32, 2005, p. 41-94, accès payant (la synthèse du débat ; le constat que la question paraît tranchée, aussitôt suivi du doute ; les positions de Bocoum, Schmidt et des autres ; l’ancienneté de l’hypothèse d’une invention africaine). https://doi.org/10.1353/hia.2005.0003
- Bocoum, Hamady (dir.), Aux origines de la métallurgie du fer en Afrique. Une ancienneté méconnue : Afrique de l’Ouest et Afrique centrale, Éditions UNESCO, Paris, 2002, en bibliothèque (la synthèse africaine du dossier).
- Bocoum, Hamady (dir.), The Origins of Iron Metallurgy in Africa: New Light on Its Antiquity. West and Central Africa, UNESCO Publishing, Paris, 2004, en accès libre (les recherches et les datations de Gérard Quéchon et d’Alain Person au massif du Termit, p. 109-126). https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000133909
- Gorman, Chester F. et Charoenwongsa, Pisit, « Ban Chiang: A Mosaic of Impressions from the First Two Years », Expedition, vol. 18, n° 4, 1976, p. 14-26, en accès libre (les datations hautes d’origine).
- Higham, Charles, Higham, Thomas et Kijngam, Amphan, « Cutting a Gordian Knot: The Bronze Age of Southeast Asia: Origins, Timing and Impact », Antiquity, vol. 85, 2011, p. 583-598, accès payant (la chronologie révisée et l’erreur de méthode initiale).
- Jemkur, Joseph Fazing, « The Beginnings of Iron Metallurgy in West Africa », dans Bocoum, Hamady (dir.), The Origins of Iron Metallurgy in Africa: New Light on Its Antiquity. West and Central Africa, UNESCO Publishing, Paris, 2004, en accès libre (le cuivre extrait et travaillé à Akjoujt, en Mauritanie, dès le milieu du Iᵉʳ millénaire av. J.-C., d’après les travaux de Nicole Lambert, et apparu avant le fer ailleurs en Afrique de l’Ouest, surtout au Niger ; le fer et les fourneaux de réduction de Taruga, au Nigeria). https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000133909
- Killick, David, « What Do We Know about African Iron Working? », Journal of African Archaeology, vol. 2, n° 1, 2004, p. 97-112, accès payant (l’examen critique des datations les plus anciennes).
- Lambert, Nicole, « Les industries sur cuivre dans l’Ouest saharien », West African Journal of Archaeology, vol. 1, 1971, p. 9-21, en bibliothèque (le travail du cuivre avant celui du fer).
- Larson, Greger et al., « Current Perspectives and the Future of Domestication Studies », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, 2014, p. 6139-6146, en accès libre (les onze foyers de domestication et la solidité inégale de leurs datations). https://doi.org/10.1073/pnas.1323964111
- Robion-Brunner, Caroline, « What Is the Meaning of the Extreme Variability of Ancient Ironworking in West Africa? A Comparison between Four Case Studies », dans Duckworth, C. N., Cuénod, A. et Mattingly, D. J. (dir.), Mobile Technologies in the Ancient Sahara and Beyond, Cambridge University Press, 2020, p. 290-314, accès payant (la production de fer en Afrique depuis plus de 2 500 ans). https://doi.org/10.1017/9781108908047.010
- Tylecote, Ronald F., « Iron Smelting at Taruga, Nigeria », Journal of the Historical Metallurgy Society, vol. 9, 1975, p. 49-56, en bibliothèque (les fourneaux de Taruga).
- White, Joyce C. et Hamilton, Elizabeth G., « The Transmission of Early Bronze Technology to Thailand: New Perspectives », Journal of World Prehistory, vol. 22, 2009, p. 357-397, accès payant (la position adverse sur la chronologie de Ban Chiang).
- Zangato, Étienne et Holl, Augustin F. C., « On the Iron Front: New Evidence from North-Central Africa », Journal of African Archaeology, vol. 8, n° 1, 2010, p. 7-23, accès payant (les datations les plus hautes, contestées).
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