Histoire et échanges 3.5

Grands ensembles politiques et philosophies

Le saviez-vous ?

Au IIIᵉ siècle, un prophète de l’empire perse nommé Mani a dressé la liste des quatre plus grandes puissances du monde.1

Une gravure ancienne en couleurs montre une haute stèle de pierre dressée dans un paysage, près d'une autre stèle tombée.
Une stèle debout et une stèle en ruine à Aksoum : gravure de Daniel Havell d’après Henry Salt, publiée en 1809. Daniel Havell / After Henry Salt, Domaine public, source

Au IIIᵉ siècle, un prophète de l’empire perse nommé Mani a dressé la liste des quatre plus grandes puissances du monde.1

La voici, transmise dans les Kephalaia :

« Il y a quatre grands royaumes dans le monde. Le premier est le royaume du pays de Babylone et de Perse ; le deuxième, le royaume des Romains ; le troisième, le royaume des Aksumites ; le quatrième, le royaume de Silis. Aucun ne les surpasse. »2

Trois de ces noms évoquent immédiatement des empires célèbres. Le quatrième, Silis, est plus incertain : beaucoup de chercheurs y reconnaissent la Chine, mais son identification est discutée.3

C’est le troisième qui nous intéresse ici. Il a longtemps été absent des récits historiques enseignés en Europe.

Le royaume oublié : la puissance d’Aksum

Aksum s’est épanoui à partir du Iᵉʳ siècle de notre ère dans la Corne de l’Afrique (territoires actuels de l’Éthiopie et de l’Érythrée).4

  • Une souveraineté monétaire rare : Aksum frappait sa propre monnaie d’or, d’argent et de bronze — un privilège réservé aux très grandes puissances de l’Antiquité. On a retrouvé de ces pièces très loin de leur lieu de frappe.
  • Un carrefour commercial : son port d’Adulis, sur la mer Rouge, reliait les routes maritimes de la Méditerranée et de l’océan Indien.
  • Une conversion précoce : au IVᵉ siècle, sous le règne du roi Ezana, Aksum adopte le christianisme comme religion d’État — parmi les tout premiers royaumes au monde à le faire, et avant que l’Empire romain n’en fasse sa religion officielle, en 380.5

Il ne faut pas pour autant en faire un royaume rêvé. Aksum était un empire conquérant : il a mené des campagnes d’expansion, jusqu’en Arabie du Sud, de l’autre côté de la mer Rouge. Son économie marchande reposait en partie sur la traite d’esclaves, et sa société était hiérarchisée.6

Réparer un oubli ne consiste pas à remplacer un récit flatteur par un autre.

La méthode historiographique : décentrer par les sources

Ce passage illustre une règle méthodique fondamentale :

Au lieu de déclarer a posteriori qu’il faut « rééquilibrer le récit historique », nous nous appuyons directement sur un témoin du IIIᵉ siècle.

Mani n’était ni européen ni africain. Il vivait dans l’empire perse, et il n’avait aucun motif politique moderne de rééquilibrage. Il décrivait le monde tel qu’on le voyait de là où il était.7

Reste ce que sa liste implique : s’il place Aksum au même rang que Rome et la Perse, c’est que le royaume était alors assez puissant pour qu’on le compte parmi les premiers, vu depuis l’Iran.

Ce n’est pas le regard contemporain qui décentre l’Histoire : c’est la source originale.

Un témoignage d’époque, formulé sans intention apologétique, a plus de force probante que les constructions théoriques ultérieures.

De la supposition aux preuves : le biais d’attribution externe

L’histoire de la recherche sur Aksum offre une leçon critique d’épistémologie.

Pendant plusieurs décennies, une hypothèse tenace affirmait qu’Aksum avait été fondé par un peuple venu d’Arabie, de l’autre côté de la mer Rouge. L’archéologie a infirmé cette thèse : les populations locales possédaient déjà une organisation complexe, et l’apport extérieur fut minoritaire.8

Ce cas rappelle un biais similaire identifié dans l’étude de la métallurgie (cf. Fiche 3.4) :

  1. La supposition préalable : Face à une innovation ou une structure politique complexe en Afrique subsaharienne, on supposait par défaut une origine extérieure (diffusionnisme du Nord ou de l’Orient).
  2. La correction par les données : Les datations radiocarbone et les fouilles stratigraphiques ont démontré que ces développements étaient endogènes.

Règle d’analyse : Face à l’affirmation qu’une technique ou une institution dérive d’un foyer externe, il faut toujours examiner la part de preuve matérielle et la part de postulat non vérifié.

Des empires contemporains aux visions du monde

Au IIIᵉ siècle, des ensembles politiques monumentaux coexistent à l’échelle du globe :

  • L’Occident et l’Orient méditerranéen : L’Empire romain.
  • L’Asie de l’Est : La dynastie Han (puis la période des Trois Royaumes).
  • L’Asie centrale et du Sud : l’empire Kouchan sur son déclin, l’empire sassanide naissant — et, au siècle suivant, l’empire Gupta.
  • La Corne de l’Afrique : Le royaume d’Aksum.
  • Les Amériques : Teotihuacan et les cités-états mayas de la période classique.

La question des interconnexions

Comment des sociétés si éloignées ont-elles développé simultanément des structures étatiques complexes sans contact direct ?

Rome et la Chine se connaissaient à peine. Leurs échanges s’effectuaient de proche en proche le long des Routes de la soie et des voies maritimes, par une chaîne complexe d’intermédiaires sassanides, indiens et aksumites. Leurs représentations mutuelles relèvent plus du mythe géopolitique que de la connaissance exacte.

Penser le monde : "Âge axial" et philosophies

Le terme « philosophies » rappelle qu’à cette pluralité politique répond une pluralité de systèmes de pensée :

  • Dépasser le mythe de l’exclusivité grecque : La pensée rationnelle et éthique s’est développée simultanément dans plusieurs foyers (Grèce, Inde, Chine, Perse).
  • Nuance historiographique : la notion d’« Âge axial », forgée par le philosophe Karl Jaspers au milieu du XXᵉ siècle pour désigner une simultanéité d’éveil spirituel dans plusieurs régions du monde, fait aujourd’hui l’objet de débats. On lui reproche de cantonner à une époque et à quelques régions des traits apparus des siècles plus tôt dans toute l’Afro-Eurasie.9

Note 1

The forefathers of Mani's father are said to have been from Hamadan and so perhaps of Iranian origin […] But he did win his favor to such a degree that he was authorized to propagate the new faith in the Iranian empire […] But Mani was also a man who underwent supernatural experiences from his early youth on and a prophet in the proper sense and in the Oriental tradition.

Les ancêtres du père de Mani seraient venus de Hamadan, et donc peut-être d’origine iranienne […] Mais il gagna sa faveur au point d’être autorisé à propager la nouvelle foi dans l’empire iranien […] Mais Mani fut aussi un homme qui connut des expériences surnaturelles dès sa prime jeunesse, et un prophète au sens propre, dans la tradition orientale.

Encyclopædia Iranica, « Mani », Encyclopædia Iranica Foundation, édition en ligne

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Note 2

There are four great kingdoms in the world. The first is the kingdom of the land of Babylon and Persia, the second is the kingdom of the Romans. The third is the kingdom of the Aksumites, the fourth is the kingdom of Silis; there is none that surpasses them.

Il y a quatre grands royaumes dans le monde. Le premier est le royaume du pays de Babylone et de Perse, le deuxième est le royaume des Romains. Le troisième est le royaume des Aksoumites, le quatrième est le royaume de Silis ; il n’en est aucun qui les surpasse.

Gardner, Iain (trad.), The Kephalaia of the Teacher: The Edited Coptic Manichaean Texts in Translation with Commentary, Brill, 1995

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Note 3

Gardner, Iain (trad.), The Kephalaia of the Teacher: The Edited Coptic Manichaean Texts in Translation with Commentary, Brill, 1995

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Note 4

Situé dans les montagnes du nord de l'Ethiopie, Axoum symbolise la richesse et l'importance de la civilisation de l'ancien royaume d’Axoum, qui a duré du Ier au VIIIe siècles après J.-C. Le royaume était au carrefour de trois continents, l'Afrique, l'Arabie et le monde gréco-romain, et il était l'Etat le plus puissant entre l'Empire romain d'orient et la Perse.

UNESCO, Centre du patrimoine mondial, « Axoum », Liste du patrimoine mondial, bien n° 15, valeur universelle exceptionnelle

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Note 5

secured an additional 18 gold, silver, and bronze Aksumite coins for Princeton's collection. […] The bronze coin is partially gilded—a feature unique to Aksumite coins—

a obtenu pour la collection de Princeton dix-huit monnaies aksoumites supplémentaires, d’or, d’argent et de bronze. […] La pièce de bronze est partiellement dorée — un trait propre aux monnaies aksoumites —

Princeton University, Department of Art and Archaeology, « Graduate Student Jenica Brown Helps Princeton Grow its Aksumite Coin Collection », 14 décembre 2023

In August 2018 a Saudi Arabian source provided us with photographs and some data about a small hoard of 16 late Roman solidi and 7 Aksumite gold coins, found on 29 July 2018 at an undetermined location in the Abyan Governorate of Yemen, northeast of the city of Aden.

En août 2018, une source saoudienne nous a fourni des photographies et quelques données sur un petit trésor de 16 solidi romains tardifs et de 7 monnaies d’or aksumites, découvert le 29 juillet 2018 en un lieu indéterminé du gouvernorat d’Abyan, au Yémen, au nord-est de la ville d’Aden.

Martínez Chico, David et González García, Alberto, « The Abyan Governorate Hoard of Late Roman Solidi and Aksumite Gold Coins », Numismatic Chronicle, vol. 179, 2019, p. 373-380

Adulis was the port town for the Aksumite Empire and one of the most prominent Red Sea ports during the Roman and Byzantine periods. […] Like the Egyptian ports of Berenike and Myos Hormos, Adulis was one of the most important ports in the Red Sea for trade between the Mediterranean and the Indian Ocean.

Adulis était le port de l’Empire aksumite et l’un des ports les plus en vue de la mer Rouge aux époques romaine et byzantine. […] Comme les ports égyptiens de Bérénice et de Myos Hormos, Adulis était l’un des ports les plus importants de la mer Rouge pour le commerce entre la Méditerranée et l’océan Indien.

Zazzaro, Chiara et Manzo, Andrea, « A preliminary assessment of the pottery assemblage from the port town of Adulis (Eritrea) », British Museum Studies in Ancient Egypt and Sudan, vol. 18, 2012, p. 233-246

Following his conversion, King Ezana (r. 320–350) had the crescent-and-disk of South Arabian polytheism removed from his coins and replaced with the Christian cross.

À la suite de sa conversion, le roi Ezana (r. 320-350) fit retirer de ses monnaies le croissant et le disque du polythéisme sud-arabique, remplacés par la croix chrétienne.

The Metropolitan Museum of Art, New York, Department of the Arts of Africa, Oceania, and the Americas, « Foundations of Aksumite Civilization and Its Christian Legacy (1st–8th Century) », Heilbrunn Timeline of Art History, octobre 2000

might it not be more accurate to start in AD 380 when the Emperor Theodosius (d. AD 395) presented himself […] issued the Edict of Thessalonica, Cunctos Populos, […] now making Catholic Christianity the official religion of the the Roman Empire.

ne serait-il pas plus exact de commencer en 380, lorsque l’empereur Théodose (mort en 395) se présenta […] promulgua l’édit de Thessalonique, Cunctos Populos, […] faisant désormais du christianisme catholique la religion officielle de l’Empire romain.

Meconi, David Vincent, « Introduction », dans Meconi, David Vincent (dir.), The Cambridge Companion to Augustine’s City of God, Cambridge University Press, 2021, p. 1-18

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Note 6

The Himyarite invasion of 525 CE by Kaleb of Aksum was a definitive war in the narrative of global religion and politics. […] Ethiopia from Ezana and his predecessors embarked on a regional expansion policy (cf. Bowersock 2013). These were imperialist ambitions; […]

L’invasion du Himyar [royaume d’Arabie du Sud] en 525 de notre ère par Kaleb d’Aksum fut une guerre décisive dans l’histoire de la religion et de la politique à l’échelle du monde. […] L’Éthiopie, depuis Ezana et ses prédécesseurs, s’engagea dans une politique d’expansion régionale (cf. Bowersock 2013). C’étaient des ambitions impérialistes ; […]

Rukuni, Rugare, « Religious statecraft: Constantinianism in the figure of Nagashi Kaleb », HTS Teologiese Studies / Theological Studies, vol. 76, n° 4, 2020

The kingdom of Aksum, in modern Ethiopia and Eritrea, was a trading nation and naval power in the first millennium AD (Fattovich 2019). According to the mid-first century merchant’s handbook, the Periplus Maris Erythraei (§6) and the Christian Topography of Cosmas Indicopleustes (§2.49) of c. AD 540/550 (Casson 1989; Wolska-Conus 1968), it exported ivory, rhinoceros horn, hippopotamus hides, turtle shell, monkeys and slaves to the Roman Empire and India in the first to seventh centuries.

Le royaume d’Aksum, dans l’actuelle Éthiopie et l’actuelle Érythrée, était une nation marchande et une puissance navale au Iᵉʳ millénaire de notre ère (Fattovich 2019). D’après le manuel de marchand du milieu du Iᵉʳ siècle, le Périple de la mer Érythrée (§ 6), et la Topographie chrétienne de Cosmas Indicopleustès (§ 2.49), vers 540/550 (Casson 1989 ; Wolska-Conus 1968), il exportait de l’ivoire, de la corne de rhinocéros, des peaux d’hippopotame, de l’écaille de tortue, des singes et des esclaves vers l’Empire romain et l’Inde, du Iᵉʳ au VIIᵉ siècle.

Then-Obłuska, Joanna, Phillips, Jacke et Tucker, Katie, « Imported ornaments of a Late Antiquity community in Christian Ethiopia », Azania: Archaeological Research in Africa, vol. 57, n° 2, 2022, p. 280-296

The custom was followed at several levels of Aksumite society, the elaborate (probably royal) examples described above being contrasted with shaft or simple pit-graves marked with plain or undressed smaller stelae. This funerary evidence for socio-economic stratification is paralleled by the domestic architecture.

Cette coutume était suivie à plusieurs niveaux de la société aksumite, les exemples élaborés (probablement royaux) décrits plus haut contrastant avec des tombes à puits ou de simples fosses marquées de petites stèles lisses ou non taillées. Ces indices funéraires d’une stratification socio-économique trouvent leur parallèle dans l’architecture domestique.

Phillipson, David W., « Aksum: An African Civilisation in its World Contexts », Proceedings of the British Academy, vol. 111, 2001, p. 23-59

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Note 7

A trustworthy Parthian hagiographic fragment makes it clear that Mani did not succeed in converting the king. But he did win his favor to such a degree that he was authorized to propagate the new faith in the Iranian empire (Sundermann, 1986a, p. 58, sub 11.2; cf. Sundermann, 1981, pp. 106-7).

Un fragment hagiographique parthe digne de foi montre clairement que Mani ne parvint pas à convertir le roi. Mais il gagna sa faveur au point d’être autorisé à propager la nouvelle foi dans l’empire iranien (Sundermann, 1986a, p. 58, sub 11.2 ; cf. Sundermann, 1981, p. 106-107).

Encyclopædia Iranica, « Mani », Encyclopædia Iranica Foundation, édition en ligne

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Note 8

The last millennium BC is seen as a time when northern Ethiopia and parts of Eritrea were inhabited by farming peoples whose ancestry may be traced far back into the local 'Late Stone Age'. Colonisation from southern Arabia, to which defining importance has been attached by earlier researchers, is now seen to have been brief in duration and small in scale, its effects largely restricted to élite sections of the community.

Le dernier millénaire av. J.-C. apparaît comme une époque où le nord de l’Éthiopie et une partie de l’Érythrée étaient habités par des peuples d’agriculteurs dont l’ascendance peut être suivie loin en arrière jusqu’au « Late Stone Age » local. La colonisation venue d’Arabie du Sud, à laquelle les chercheurs antérieurs avaient attaché une importance déterminante, apparaît désormais brève et de faible ampleur, ses effets étant largement limités aux élites de la communauté.

Phillipson, David W., Foundations of an African Civilisation: Aksum and the Northern Horn, 1000 BC – AD 1300, James Currey, 2012, présentation de l’éditeur

Beginning in the 3rd millennium BC, complex societies and states arose in the northern Horn of Africa. This process culminated with the development of the Kingdom of Aksum in northern Ethiopia and Eritrea in the 1st millennium AD.

À partir du IIIe millénaire av. J.-C., des sociétés complexes et des États sont apparus dans le nord de la Corne de l’Afrique. Ce processus a culminé avec le développement du royaume d’Aksoum, dans le nord de l’Éthiopie et en Érythrée, au Ier millénaire apr. J.-C.

Fattovich, Rodolfo, « The Development of Ancient States in the Northern Horn of Africa, c. 3000 BC – AD 1000: An Archaeological Outline », Journal of World Prehistory, vol. 23, 2010, p. 145-175

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Note 9

Et c'est pourquoi, comme toute la suite de l'ouvrage va s'efforcer de le confirmer, cet axe doit être pensé non à partir de l'avènement d'une réalité unique, mais bien d'une conjonction de « choses extraordinaires »6 qui, en survenant toutes en une période relativement condensée de l'histoire de l'humanité, ont si fondamentalement pesé sur son devenir qu'elles en ont irrémédiablement déterminé le cours autant que l'enjeu. Plus que d'un axe, il s'agit bien dès lors de prendre acte d'une « période axiale [Achsenzeit] » : celle, située « entre 800 et 200 avant notre ère ». […] Bref, « la nouveauté de cette époque est que, dans les trois mondes, l'homme prend conscience de l'être dans sa totalité, de lui-même et de ses limites »7. C'est à cette époque, comme l'écrit à la suite Jaspers, que « furent engendrées les catégories fondamentales, selon lesquelles nous pensons encore aujourd'hui, ainsi que les grandes religions dont vivent les hommes jusqu'à aujourd'hui. En tous sens, le pas vers l'universel fut accompli »8.

Grosos, Philippe, « Trois penseurs de l’histoire au regard de la préhistoire », Revue de théologie et de philosophie, vol. 154, 2022, p. 157-169

Proponents of the Axial Age contend that parallel cultural developments between 800 and 200 BCE in what is today China, Greece, India, Iran, and Israel-Palestine constitute the global historical turning point towards modernity. While the Axial Age concept is well-known and influential, deficiencies in the historical evidence and sociological analysis available have thwarted efforts to evaluate the Axial Age concept's major global contentions. As a result, the Axial Age concept remains controversial.

Les partisans de l’Âge axial soutiennent que des évolutions culturelles parallèles survenues entre 800 et 200 avant notre ère dans ce qui est aujourd’hui la Chine, la Grèce, l’Inde, l’Iran et Israël-Palestine constituent le tournant historique mondial vers la modernité. Si la notion d’Âge axial est bien connue et influente, les lacunes des données historiques et de l’analyse sociologique disponibles ont empêché d’évaluer ses principales thèses à l’échelle mondiale. En conséquence, la notion d’Âge axial reste controversée.

Mullins, D., Hoyer, D., Collins, C., et al., « A Systematic Assessment of “Axial Age” Proposals Using Global Comparative Historical Evidence », American Sociological Review, vol. 83, 2018, p. 596-626

Our systematic investigation undercuts the notion of a specific 'age' of axiality limited to a specific geo-temporal localization. Critical traits offered as evidence of an axial transformation by proponents of the Axial Age concept are shown to have appeared across Afro-Eurasia hundreds and in some cases thousands of years prior to the proposed Axial Age.

Notre examen systématique met à mal l’idée d’un « âge » particulier de l’axialité, limité à une localisation géographique et temporelle précise. Les traits décisifs que les partisans de la notion d’Âge axial avancent comme preuves d’une transformation axiale apparaissent dans toute l’Afro-Eurasie des centaines, et dans certains cas des milliers d’années avant l’Âge axial proposé.

Mullins, D., Hoyer, D., Collins, C., et al., « A Systematic Assessment of “Axial Age” Proposals Using Global Comparative Historical Evidence », American Sociological Review, vol. 83, 2018, p. 596-626

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Notes et sources

  1. ↑

    Passage un prophète de l’empire perse nommé Mani

    The forefathers of Mani's father are said to have been from Hamadan and so perhaps of Iranian origin […] But he did win his favor to such a degree that he was authorized to propagate the new faith in the Iranian empire […] But Mani was also a man who underwent supernatural experiences from his early youth on and a prophet in the proper sense and in the Oriental tradition.

    Traduction de la rédaction Les ancêtres du père de Mani seraient venus de Hamadan, et donc peut-être d’origine iranienne […] Mais il gagna sa faveur au point d’être autorisé à propager la nouvelle foi dans l’empire iranien […] Mais Mani fut aussi un homme qui connut des expériences surnaturelles dès sa prime jeunesse, et un prophète au sens propre, dans la tradition orientale.

    Source Encyclopædia Iranica, « Mani », Encyclopædia Iranica Foundation, édition en ligne, sections « Childhood and youth », « The founding of the Manichean Church » et « Mani’s personality ».

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  2. ↑

    Passage Il y a quatre grands royaumes dans le monde. Le premier est le royaume du pays de Babylone et de Perse ; le deuxième, le royaume des Romains ; le troisième, le royaume des Aksumites ; le quatrième, le royaume de Silis. Aucun ne les surpasse.

    There are four great kingdoms in the world. The first is the kingdom of the land of Babylon and Persia, the second is the kingdom of the Romans. The third is the kingdom of the Aksumites, the fourth is the kingdom of Silis; there is none that surpasses them.

    Traduction de la rédaction Il y a quatre grands royaumes dans le monde. Le premier est le royaume du pays de Babylone et de Perse, le deuxième est le royaume des Romains. Le troisième est le royaume des Aksoumites, le quatrième est le royaume de Silis ; il n’en est aucun qui les surpasse.

    Source Gardner, Iain (trad.), The Kephalaia of the Teacher: The Edited Coptic Manichaean Texts in Translation with Commentary, Brill, 1995, chapitre 77.

    En bibliothèque · vérifié le 9 septembre 2026

  3. ↑

    Passage Le quatrième, Silis, est plus incertain : beaucoup de chercheurs y reconnaissent la Chine, mais son identification est discutée.

    Source Gardner, Iain (trad.), The Kephalaia of the Teacher: The Edited Coptic Manichaean Texts in Translation with Commentary, Brill, 1995, commentaire de l’éditeur sur l’identification du quatrième royaume.

    Titre en français Les Kephalaia du Maître

    En bibliothèque · vérifié le 9 septembre 2026

  4. ↑

    Passage Aksum s’est épanoui à partir du Iᵉʳ siècle de notre ère dans la Corne de l’Afrique

    Situé dans les montagnes du nord de l'Ethiopie, Axoum symbolise la richesse et l'importance de la civilisation de l'ancien royaume d’Axoum, qui a duré du Ier au VIIIe siècles après J.-C. Le royaume était au carrefour de trois continents, l'Afrique, l'Arabie et le monde gréco-romain, et il était l'Etat le plus puissant entre l'Empire romain d'orient et la Perse.

    Source UNESCO, Centre du patrimoine mondial, « Axoum », Liste du patrimoine mondial, bien n° 15, valeur universelle exceptionnelle, « Valeur universelle exceptionnelle », « Brève synthèse », 1ᵉʳ paragraphe, deux premières phrases.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  5. ↑

    Passage Aksum frappait sa propre monnaie d’or, d’argent et de bronze

    secured an additional 18 gold, silver, and bronze Aksumite coins for Princeton's collection. […] The bronze coin is partially gilded—a feature unique to Aksumite coins—

    Traduction de la rédaction a obtenu pour la collection de Princeton dix-huit monnaies aksoumites supplémentaires, d’or, d’argent et de bronze. […] La pièce de bronze est partiellement dorée — un trait propre aux monnaies aksoumites —

    Source Princeton University, Department of Art and Archaeology, « Graduate Student Jenica Brown Helps Princeton Grow its Aksumite Coin Collection », 14 décembre 2023, article d’actualité, paragraphe commençant par « With the help of funds from the Seeger Center », puis paragraphe sur la pièce de bronze dorée.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 28 octobre 2026

    Passage On a retrouvé de ces pièces très loin de leur lieu de frappe.

    In August 2018 a Saudi Arabian source provided us with photographs and some data about a small hoard of 16 late Roman solidi and 7 Aksumite gold coins, found on 29 July 2018 at an undetermined location in the Abyan Governorate of Yemen, northeast of the city of Aden.

    Traduction de la rédaction En août 2018, une source saoudienne nous a fourni des photographies et quelques données sur un petit trésor de 16 solidi romains tardifs et de 7 monnaies d’or aksumites, découvert le 29 juillet 2018 en un lieu indéterminé du gouvernorat d’Abyan, au Yémen, au nord-est de la ville d’Aden.

    Source Martínez Chico, David et González García, Alberto, « The Abyan Governorate Hoard of Late Roman Solidi and Aksumite Gold Coins », Numismatic Chronicle, vol. 179, 2019, p. 373-380, résumé.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage son port d’Adulis, sur la mer Rouge, reliait les routes maritimes de la Méditerranée et de l’océan Indien

    Adulis was the port town for the Aksumite Empire and one of the most prominent Red Sea ports during the Roman and Byzantine periods. […] Like the Egyptian ports of Berenike and Myos Hormos, Adulis was one of the most important ports in the Red Sea for trade between the Mediterranean and the Indian Ocean.

    Traduction de la rédaction Adulis était le port de l’Empire aksumite et l’un des ports les plus en vue de la mer Rouge aux époques romaine et byzantine. […] Comme les ports égyptiens de Bérénice et de Myos Hormos, Adulis était l’un des ports les plus importants de la mer Rouge pour le commerce entre la Méditerranée et l’océan Indien.

    Source Zazzaro, Chiara et Manzo, Andrea, « A preliminary assessment of the pottery assemblage from the port town of Adulis (Eritrea) », British Museum Studies in Ancient Egypt and Sudan, vol. 18, 2012, p. 233-246, p. 234, début des 1ᵉʳ et 2ᵉ paragraphes.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage au IVᵉ siècle, sous le règne du roi Ezana, Aksum adopte le christianisme

    Following his conversion, King Ezana (r. 320–350) had the crescent-and-disk of South Arabian polytheism removed from his coins and replaced with the Christian cross.

    Traduction de la rédaction À la suite de sa conversion, le roi Ezana (r. 320-350) fit retirer de ses monnaies le croissant et le disque du polythéisme sud-arabique, remplacés par la croix chrétienne.

    Source The Metropolitan Museum of Art, New York, Department of the Arts of Africa, Oceania, and the Americas, « Foundations of Aksumite Civilization and Its Christian Legacy (1st–8th Century) », Heilbrunn Timeline of Art History, octobre 2000, essai, passage sur Frumentius et la conversion d’Ezana.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage avant que l’Empire romain n’en fasse sa religion officielle, en 380

    might it not be more accurate to start in AD 380 when the Emperor Theodosius (d. AD 395) presented himself […] issued the Edict of Thessalonica, Cunctos Populos, […] now making Catholic Christianity the official religion of the the Roman Empire.

    Traduction de la rédaction ne serait-il pas plus exact de commencer en 380, lorsque l’empereur Théodose (mort en 395) se présenta […] promulgua l’édit de Thessalonique, Cunctos Populos, […] faisant désormais du christianisme catholique la religion officielle de l’Empire romain.

    Source Meconi, David Vincent, « Introduction », dans Meconi, David Vincent (dir.), The Cambridge Companion to Augustine’s City of God, Cambridge University Press, 2021, p. 1-18, résumé (« Summary ») affiché en accès libre sur la page du chapitre.

    Accès payant, résumé en accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  6. ↑

    Passage Aksum était un empire conquérant : il a mené des campagnes d’expansion, jusqu’en Arabie du Sud

    The Himyarite invasion of 525 CE by Kaleb of Aksum was a definitive war in the narrative of global religion and politics. […] Ethiopia from Ezana and his predecessors embarked on a regional expansion policy (cf. Bowersock 2013). These were imperialist ambitions; […]

    Traduction de la rédaction L’invasion du Himyar [royaume d’Arabie du Sud] en 525 de notre ère par Kaleb d’Aksum fut une guerre décisive dans l’histoire de la religion et de la politique à l’échelle du monde. […] L’Éthiopie, depuis Ezana et ses prédécesseurs, s’engagea dans une politique d’expansion régionale (cf. Bowersock 2013). C’étaient des ambitions impérialistes ; […]

    Source Rukuni, Rugare, « Religious statecraft: Constantinianism in the figure of Nagashi Kaleb », HTS Teologiese Studies / Theological Studies, vol. 76, n° 4, 2020, résumé, 1ʳᵉ phrase ; section « Constantinianism and Ethiopianism themes », 5ᵉ paragraphe.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage Son économie marchande reposait en partie sur la traite d’esclaves

    The kingdom of Aksum, in modern Ethiopia and Eritrea, was a trading nation and naval power in the first millennium AD (Fattovich 2019). According to the mid-first century merchant’s handbook, the Periplus Maris Erythraei (§6) and the Christian Topography of Cosmas Indicopleustes (§2.49) of c. AD 540/550 (Casson 1989; Wolska-Conus 1968), it exported ivory, rhinoceros horn, hippopotamus hides, turtle shell, monkeys and slaves to the Roman Empire and India in the first to seventh centuries.

    Traduction de la rédaction Le royaume d’Aksum, dans l’actuelle Éthiopie et l’actuelle Érythrée, était une nation marchande et une puissance navale au Iᵉʳ millénaire de notre ère (Fattovich 2019). D’après le manuel de marchand du milieu du Iᵉʳ siècle, le Périple de la mer Érythrée (§ 6), et la Topographie chrétienne de Cosmas Indicopleustès (§ 2.49), vers 540/550 (Casson 1989 ; Wolska-Conus 1968), il exportait de l’ivoire, de la corne de rhinocéros, des peaux d’hippopotame, de l’écaille de tortue, des singes et des esclaves vers l’Empire romain et l’Inde, du Iᵉʳ au VIIᵉ siècle.

    Source Then-Obłuska, Joanna, Phillips, Jacke et Tucker, Katie, « Imported ornaments of a Late Antiquity community in Christian Ethiopia », Azania: Archaeological Research in Africa, vol. 57, n° 2, 2022, p. 280-296, p. 281, introduction, 1er paragraphe, 1re et 2e phrases.

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    Passage et sa société était hiérarchisée

    The custom was followed at several levels of Aksumite society, the elaborate (probably royal) examples described above being contrasted with shaft or simple pit-graves marked with plain or undressed smaller stelae. This funerary evidence for socio-economic stratification is paralleled by the domestic architecture.

    Traduction de la rédaction Cette coutume était suivie à plusieurs niveaux de la société aksumite, les exemples élaborés (probablement royaux) décrits plus haut contrastant avec des tombes à puits ou de simples fosses marquées de petites stèles lisses ou non taillées. Ces indices funéraires d’une stratification socio-économique trouvent leur parallèle dans l’architecture domestique.

    Source Phillipson, David W., « Aksum: An African Civilisation in its World Contexts », Proceedings of the British Academy, vol. 111, 2001, p. 23-59, p. 48, fin du paragraphe commençant par « Use of upright stones as grave-markers » et 1re phrase du paragraphe suivant.

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  7. ↑

    Passage Mani […] vivait dans l’empire perse

    A trustworthy Parthian hagiographic fragment makes it clear that Mani did not succeed in converting the king. But he did win his favor to such a degree that he was authorized to propagate the new faith in the Iranian empire (Sundermann, 1986a, p. 58, sub 11.2; cf. Sundermann, 1981, pp. 106-7).

    Traduction de la rédaction Un fragment hagiographique parthe digne de foi montre clairement que Mani ne parvint pas à convertir le roi. Mais il gagna sa faveur au point d’être autorisé à propager la nouvelle foi dans l’empire iranien (Sundermann, 1986a, p. 58, sub 11.2 ; cf. Sundermann, 1981, p. 106-107).

    Source Encyclopædia Iranica, « Mani », Encyclopædia Iranica Foundation, édition en ligne, rubrique « The founding of the Manichean Church », passage sur la présentation de Mani à la cour de Šābuhr Iᵉʳ.

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  8. ↑

    Passage une hypothèse tenace affirmait qu’Aksum avait été fondé par un peuple venu d’Arabie […] L’archéologie a infirmé cette thèse

    The last millennium BC is seen as a time when northern Ethiopia and parts of Eritrea were inhabited by farming peoples whose ancestry may be traced far back into the local 'Late Stone Age'. Colonisation from southern Arabia, to which defining importance has been attached by earlier researchers, is now seen to have been brief in duration and small in scale, its effects largely restricted to élite sections of the community.

    Traduction de la rédaction Le dernier millénaire av. J.-C. apparaît comme une époque où le nord de l’Éthiopie et une partie de l’Érythrée étaient habités par des peuples d’agriculteurs dont l’ascendance peut être suivie loin en arrière jusqu’au « Late Stone Age » local. La colonisation venue d’Arabie du Sud, à laquelle les chercheurs antérieurs avaient attaché une importance déterminante, apparaît désormais brève et de faible ampleur, ses effets étant largement limités aux élites de la communauté.

    Source Phillipson, David W., Foundations of an African Civilisation: Aksum and the Northern Horn, 1000 BC – AD 1300, James Currey, 2012, présentation de l’éditeur, présentation de l’ouvrage par l’éditeur (Cambridge Core), 2e paragraphe.

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    Passage les populations locales possédaient déjà une organisation complexe

    Beginning in the 3rd millennium BC, complex societies and states arose in the northern Horn of Africa. This process culminated with the development of the Kingdom of Aksum in northern Ethiopia and Eritrea in the 1st millennium AD.

    Traduction de la rédaction À partir du IIIe millénaire av. J.-C., des sociétés complexes et des États sont apparus dans le nord de la Corne de l’Afrique. Ce processus a culminé avec le développement du royaume d’Aksoum, dans le nord de l’Éthiopie et en Érythrée, au Ier millénaire apr. J.-C.

    Source Fattovich, Rodolfo, « The Development of Ancient States in the Northern Horn of Africa, c. 3000 BC – AD 1000: An Archaeological Outline », Journal of World Prehistory, vol. 23, 2010, p. 145-175, résumé.

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  9. ↑

    Passage la notion d’« Âge axial », forgée par le philosophe Karl Jaspers […] pour désigner une simultanéité d’éveil spirituel dans plusieurs régions du monde

    Et c'est pourquoi, comme toute la suite de l'ouvrage va s'efforcer de le confirmer, cet axe doit être pensé non à partir de l'avènement d'une réalité unique, mais bien d'une conjonction de « choses extraordinaires »6 qui, en survenant toutes en une période relativement condensée de l'histoire de l'humanité, ont si fondamentalement pesé sur son devenir qu'elles en ont irrémédiablement déterminé le cours autant que l'enjeu. Plus que d'un axe, il s'agit bien dès lors de prendre acte d'une « période axiale [Achsenzeit] » : celle, située « entre 800 et 200 avant notre ère ». […] Bref, « la nouveauté de cette époque est que, dans les trois mondes, l'homme prend conscience de l'être dans sa totalité, de lui-même et de ses limites »7. C'est à cette époque, comme l'écrit à la suite Jaspers, que « furent engendrées les catégories fondamentales, selon lesquelles nous pensons encore aujourd'hui, ainsi que les grandes religions dont vivent les hommes jusqu'à aujourd'hui. En tous sens, le pas vers l'universel fut accompli »8.

    Source Grosos, Philippe, « Trois penseurs de l’histoire au regard de la préhistoire », Revue de théologie et de philosophie, vol. 154, 2022, p. 157-169, p. 159, 1er et 2e paragraphes.

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    Passage fait aujourd’hui l’objet de débats.

    Proponents of the Axial Age contend that parallel cultural developments between 800 and 200 BCE in what is today China, Greece, India, Iran, and Israel-Palestine constitute the global historical turning point towards modernity. While the Axial Age concept is well-known and influential, deficiencies in the historical evidence and sociological analysis available have thwarted efforts to evaluate the Axial Age concept's major global contentions. As a result, the Axial Age concept remains controversial.

    Traduction de la rédaction Les partisans de l’Âge axial soutiennent que des évolutions culturelles parallèles survenues entre 800 et 200 avant notre ère dans ce qui est aujourd’hui la Chine, la Grèce, l’Inde, l’Iran et Israël-Palestine constituent le tournant historique mondial vers la modernité. Si la notion d’Âge axial est bien connue et influente, les lacunes des données historiques et de l’analyse sociologique disponibles ont empêché d’évaluer ses principales thèses à l’échelle mondiale. En conséquence, la notion d’Âge axial reste controversée.

    Source Mullins, D., Hoyer, D., Collins, C., et al., « A Systematic Assessment of “Axial Age” Proposals Using Global Comparative Historical Evidence », American Sociological Review, vol. 83, 2018, p. 596-626, résumé, 1re à 3e phrases.

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    Passage On lui reproche de cantonner à une époque et à quelques régions des traits apparus des siècles plus tôt dans toute l’Afro-Eurasie.

    Our systematic investigation undercuts the notion of a specific 'age' of axiality limited to a specific geo-temporal localization. Critical traits offered as evidence of an axial transformation by proponents of the Axial Age concept are shown to have appeared across Afro-Eurasia hundreds and in some cases thousands of years prior to the proposed Axial Age.

    Traduction de la rédaction Notre examen systématique met à mal l’idée d’un « âge » particulier de l’axialité, limité à une localisation géographique et temporelle précise. Les traits décisifs que les partisans de la notion d’Âge axial avancent comme preuves d’une transformation axiale apparaissent dans toute l’Afro-Eurasie des centaines, et dans certains cas des milliers d’années avant l’Âge axial proposé.

    Source Mullins, D., Hoyer, D., Collins, C., et al., « A Systematic Assessment of “Axial Age” Proposals Using Global Comparative Historical Evidence », American Sociological Review, vol. 83, 2018, p. 596-626, résumé, 5ᵉ et 6ᵉ phrases.

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Références bibliographiques

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  • Encyclopædia Iranica, « Mani », Encyclopædia Iranica Foundation, édition en ligne, en accès libre (Mani, prophète « dans la tradition orientale », d’ascendance peut-être iranienne, autorisé à prêcher dans l’empire iranien). https://www.iranicaonline.org/articles/mani-founder-manicheism
  • Fattovich, Rodolfo, « The Development of Ancient States in the Northern Horn of Africa, c. 3000 BC – AD 1000: An Archaeological Outline », Journal of World Prehistory, vol. 23, 2010, p. 145-175, accès payant (la formation des États dans la Corne de l’Afrique).
  • Gardner, Iain (trad.), The Kephalaia of the Teacher: The Edited Coptic Manichaean Texts in Translation with Commentary, Brill, 1995, en bibliothèque (le texte des quatre grands royaumes, dont le quatrième nommé Silis).
  • Grosos, Philippe, « Trois penseurs de l’histoire au regard de la préhistoire », Revue de théologie et de philosophie, vol. 154, 2022, p. 157-169, en accès libre (la « période axiale » de Jaspers, entre 800 et 200 avant notre ère). https://doi.org/10.47421/rthph154_2_157-169
  • Jaspers, Karl, Vom Ursprung und Ziel der Geschichte, Piper, 1949, en bibliothèque (la notion d’« Âge axial »). Traduction française : Origine et sens de l’histoire, Plon, 1954.
  • « Mani », Encyclopædia Iranica, édition en ligne, en accès libre (la vie de Mani dans l’empire sassanide). https://www.iranicaonline.org/articles/mani-founder-manicheism
  • Martínez Chico, David et González García, Alberto, « The Abyan Governorate Hoard of Late Roman Solidi and Aksumite Gold Coins », Numismatic Chronicle, vol. 179, 2019, p. 373-380, en accès libre, dépôt de l’université de Valence (un trésor de monnaies d’or aksumites et romaines découvert au Yémen, près d’Aden). https://hdl.handle.net/10550/76805
  • Meconi, David Vincent, « Introduction », dans Meconi, David Vincent (dir.), The Cambridge Companion to Augustine’s City of God, Cambridge University Press, 2021, p. 1-18, accès payant, résumé en accès libre (l’édit de Thessalonique de 380, qui fait du christianisme la religion officielle de l’Empire romain). https://www.cambridge.org/core/books/cambridge-companion-to-augustines-city-of-god/introduction/870EDB333A22E683E01978FB97FD96C3
  • Mullins, D., Hoyer, D., Collins, C., et al., « A Systematic Assessment of “Axial Age” Proposals Using Global Comparative Historical Evidence », American Sociological Review, vol. 83, 2018, p. 596-626, en accès libre (une notion d’Âge axial « controversée », mise à l’épreuve des données de la base Seshat). https://doi.org/10.1177/0003122418772567
  • Munro-Hay, Stuart, Aksum: An African Civilisation of Late Antiquity, Edinburgh University Press, 1991, en bibliothèque (la monnaie, Adulis, Ezana, les campagnes militaires, la place des esclaves dans le commerce).
  • Munro-Hay, Stuart et Juel-Jensen, Bent, Aksumite Coinage, Spink, Londres, 1995, en bibliothèque (la frappe d’or, d’argent et de bronze).
  • Phillipson, David W., « Aksum: An African Civilisation in its World Contexts », Proceedings of the British Academy, vol. 111, 2001, p. 23-59 (conférence Albert Reckitt, 2000), en accès libre (la stratification socio-économique de la société aksumite, visible dans les tombes et l’architecture domestique). https://www.thebritishacademy.ac.uk/documents/2486/111p023.pdf
  • Phillipson, David W., Foundations of an African Civilisation: Aksum and the Northern Horn, 1000 BC – AD 1300, James Currey, 2012, en bibliothèque (la réfutation de la thèse d’une fondation venue d’Arabie ; le peuplement antérieur).
  • Princeton University, Department of Art and Archaeology, « Graduate Student Jenica Brown Helps Princeton Grow its Aksumite Coin Collection », 14 décembre 2023, en accès libre (des monnaies aksoumites d’or, d’argent et de bronze, dont une pièce de bronze partiellement dorée). https://artandarchaeology.princeton.edu/whats/news/graduate-student-jenica-brown-helps-princeton-grow-its-aksumite-coin-collection
  • Rukuni, Rugare, « Religious statecraft: Constantinianism in the figure of Nagashi Kaleb », HTS Teologiese Studies / Theological Studies, vol. 76, n° 4, 2020, en accès libre (la politique d’expansion d’Aksum depuis Ezana et l’invasion du Himyar, en Arabie du Sud, par Kaleb en 525). https://doi.org/10.4102/hts.v76i4.5885
  • Tardieu, Michel, Le Manichéisme, PUF, « Que sais-je ? », 1997, en bibliothèque (Mani, sa vie dans l’empire perse, et le contexte de ses écrits).
  • The Metropolitan Museum of Art, New York, Department of the Arts of Africa, Oceania, and the Americas, « Foundations of Aksumite Civilization and Its Christian Legacy (1st–8th Century) », Heilbrunn Timeline of Art History, octobre 2000, en accès libre (le règne d’Ezana, 320-350, sa conversion et la croix sur ses monnaies). https://www.metmuseum.org/essays/foundations-of-aksumite-civilization-and-its-christian-legacy-1st-7th-century
  • Then-Obłuska, Joanna, Phillips, Jacke et Tucker, Katie, « Imported ornaments of a Late Antiquity community in Christian Ethiopia », Azania: Archaeological Research in Africa, vol. 57, n° 2, 2022, p. 280-296, en accès libre (les exportations d’Aksum, dont les esclaves, d’après le Périple et Cosmas). https://doi.org/10.1080/0067270X.2022.2078575
  • UNESCO, Centre du patrimoine mondial, « Axoum », Liste du patrimoine mondial, bien n° 15, valeur universelle exceptionnelle, en accès libre (le royaume d’Axoum, du Iᵉʳ au VIIIᵉ siècle, dans le nord de l’Éthiopie ; le port d’Adulis et le commerce de la mer Rouge). https://whc.unesco.org/fr/list/15/
  • Zazzaro, Chiara et Manzo, Andrea, « A preliminary assessment of the pottery assemblage from the port town of Adulis (Eritrea) », British Museum Studies in Ancient Egypt and Sudan, vol. 18, 2012, p. 233-246, en accès libre, dépôt de l’université de Naples « L’Orientale » (Adulis, port de l’Empire aksumite et relais du commerce entre la Méditerranée et l’océan Indien). https://unora.unior.it/retrieve/dfd1bedc-f91f-d55a-e053-3705fe0af723/Zazzaro_Manzo.pdf

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