Histoire et échanges 3.12

La décolonisation et les nouvelles souverainetés

Le saviez-vous ?

En 2011, un procès à Londres oblige le gouvernement britannique à reconnaître qu’il détient vingt mille dossiers de trente-sept anciennes colonies.

Un timbre orange et noir de la Gold Coast, portant le portrait d'une reine et la surcharge imprimée « Ghana Independence 6th March 1957 ».
Timbre de 1 shilling de la Gold Coast, sur lequel on a imprimé en 1957 « Ghana Independence » (indépendance du Ghana). Gouvernement britannique, Domaine public, source

En 2011, un procès à Londres oblige le gouvernement britannique à reconnaître qu’il détient vingt mille dossiers de trente-sept anciennes colonies.

Dans tout ce domaine, la même question revient : qui a écrit ce document, et pour qui ?

L’histoire qui suit est celle où cette question devient un événement.

Ce qui s’est passé au moment des indépendances

Quand un territoire colonisé devenait indépendant, l’administration qui partait laissait derrière elle des bureaux, des bâtiments — et des archives. Des décennies de registres, de rapports et de correspondance.

Elle n’a pas tout laissé.

Des fonctionnaires ont trié. Certains dossiers ont été laissés sur place. D’autres ont été emportés à Londres. D’autres ont été détruits.1

Cette opération portait notamment un nom dans l’Empire britannique : Operation Legacy.2

Les documents retrouvés depuis montrent que, au Kenya, l’administration a pris des mesures au moment de l’indépendance, en décembre 1963, pour retirer des dossiers, afin qu’ils ne soient pas remis au gouvernement kényan qui allait naître.3

Comment on l’a appris

Non par une découverte d’archiviste, mais par un procès.

En 2011, un procès se déroule devant la Haute Cour de Londres : cinq Kényans y accusent le gouvernement britannique de tortures subies à l’époque coloniale. On demande alors au ministère britannique des Affaires étrangères s’il détient des documents utiles à l’affaire. Il répond que non.4

Il en détenait.

Pressé par le tribunal, le ministère admet d’abord détenir illégalement quinze cents dossiers kényans dans un site appelé Hanslope Park. Puis vingt mille, concernant trente-sept anciennes colonies.5

Ces vingt mille dossiers ont ensuite été transférés aux Archives nationales, où chacun peut aujourd’hui les consulter. Ils y forment une série qui porte un nom d’apparence anodine : les « archives migrées » — comme si elles avaient dérivé toutes seules jusqu’aux sous-sols du ministère.6

Une précision importante va contre l’attente. Le contenu de ces dossiers est très mélangé : il couvre des sujets très divers de l’administration coloniale. Ce qui fait scandale n’est pas tant ce qu’ils contiennent que le fait de les avoir cachés.7

En 2013, le gouvernement britannique a exprimé des regrets devant le Parlement et accepté de verser une indemnité à 5 228 anciens détenus kényans — près de vingt millions de livres, frais de justice compris.8

Les mots employés méritent d’être pesés, puisque c’est le sujet de cette page. Le ministre déclare que son gouvernement « regrette sincèrement » que ces abus aient eu lieu. Regretter n’est pas s’excuser, et le texte précise par ailleurs que le gouvernement continue de contester sa responsabilité juridique.9

Il ajoute une phrase décisive : ce règlement ne constitue pas un précédent pour aucune autre ancienne administration coloniale britannique.10

Autrement dit : le règlement ne vaut que pour ce seul dossier. Une démarche comparable a pourtant suivi en 2019 : un règlement à l’amiable avec trente-trois Chypriotes qui disaient avoir été torturés.11

Deux détails

Ils n’ont rien d’anecdotique : ils révèlent quelque chose de la manière dont on conserve, ou non, les traces.

Le premier. En 2011, le ministère britannique des Affaires étrangères a publié un rapport officiel pour rendre compte de cette affaire et montrer sa nouvelle transparence. Le ministre promettait alors de rendre public « chaque partie de chaque document intéressant », sous la seule réserve des exceptions légales. Ce rapport était pourtant lui-même caviardé : certains de ses passages ont été masqués avant publication.12

Le second. Un petit lot de dossiers kényans n’a jamais été retrouvé. Une liste des années 1980 donne une série de boîtes du Kenya comme détruites, sans doute à Londres vers 1980-1981, selon l’archiviste Mandy Banton.13

Il faut ajouter que les vingt mille dossiers rendus publics ne sont qu’une part de ce que le ministère détenait. On a appris plus tard qu’il retenait aussi, illégalement, des centaines de milliers d’autres documents historiques, soustraits à la consultation publique.14

Ce que les nouveaux États ont fait de leur souveraineté

La décolonisation ne s’arrête pas au départ de l’ancien colonisateur. Les nouveaux gouvernements ont dû choisir immédiatement ce qu’ils conservaient, modifiaient ou inventaient.

  • Changer les noms et les symboles : Beaucoup de pays ont rebaptisé leurs villes et leur territoire pour effacer l’empreinte coloniale (la Rhodésie du Sud est devenue le Zimbabwe, Léopoldville est devenue Kinshasa, la Côte-de-l’Or est devenue le Ghana).
  • Conserver les outils administratifs : Pour éviter le chaos, la plupart des nouveaux États ont conservé la langue officielle, le découpage administratif et le droit issus de la colonisation.
  • Inventer de nouvelles histoires nationales : Il a fallu unifier des populations regroupées à l’intérieur de frontières artificielles en créant de nouveaux récits nationaux, des hymnes, des fêtes nationales et des programmes scolaires autonomes.

Un pouvoir face à ses propres traces

La tentation de contrôler les archives et le récit historique n’est pas l’exclusivité des anciennes puissances coloniales.

Après l’indépendance, plusieurs nouveaux États ont à leur tour restreint l’accès aux documents administratifs ou sélectionné les récits autorisés. Pour l’Algérie d’après 1962, l’historienne Malika Rahal décrit des archives devenues « très difficilement accessibles ». En France aussi, l’accès aux archives de la guerre d’Algérie a longtemps fait débat : ce n’est qu’à la fin de 2021 que l’État a ouvert ses archives relatives aux affaires judiciaires et aux enquêtes de police de cette période.15

Les mots pour le dire : l’exemple français

La manière dont une ancienne puissance coloniale nomme le passé évolue elle aussi au fil du temps.

En France, pendant des décennies, le vocabulaire officiel évitait le mot « guerre ». On parlait publiquement des « événements d’Algérie », et les textes officiels d’« opérations effectuées en Afrique du Nord ».16

Il a fallu attendre la loi du 18 octobre 1999 pour que l’État français reconnaisse officiellement l’appellation « guerre d’Algérie ».17

Ce qu’il faut en retenir

D’autres pages de ce site montrent que ce qui nous parvient du passé n’est pas représentatif. La pierre se conserve, le bois presque jamais. Les tablettes d’argile survivent aux incendies qui détruisent les palais. On appelle une époque « l’âge de la pierre » alors que ce nom décrit surtout l’état de nos poubelles archéologiques.

Tout cela relève du hasard des matériaux.

Ici, ce n’est pas le hasard. Il s’agit d’un tri, décidé par des personnes, organisé, et qui portait un nom.

C’est la troisième fois que cette encyclopédie rencontre une telle situation. En 1562, des livres mayas ont été brûlés sur ordre d’un religieux, Diego de Landa ; il ne reste aujourd’hui que trois livres mayas anciens, et un quatrième longtemps discuté. En 1936, l’homme qui avait eu l’idée du relais de la flamme olympique, chassé de son poste parce qu’il était juif, a vu son nom effacé du récit.18

Une question s’ajoute donc à celles que l’on pose déjà devant une lacune dans une histoire :

ce qui manque a-t-il disparu, ou a-t-il été retiré ?

Ce ne sont pas les mêmes questions, et elles n’appellent pas les mêmes recherches.

Reste enfin un point difficile. Ce qu’on a retrouvé, ce sont les dossiers qui avaient été déplacés. Ceux qui ont été détruits sur place, dans les territoires, sont perdus pour toujours — et ils étaient très nombreux.19

La carte du monde est récente

Un dernier point permet de prendre la mesure de la période.

En 1945, les Nations unies comptaient cinquante et un États membres.20

Elles en comptent cent quatre-vingt-treize depuis 2011, année de l’admission du Soudan du Sud.

Autrement dit, près des trois quarts des cent quatre-vingt-treize États membres n’en étaient pas membres en 1945. La carte étudiée à l’école n’est pas une carte ancienne. C’est une carte récente, et elle continue de bouger.

Note 1

Reasons for refusals to pass material to successor independent governments, and the underlying security concerns, are spelled out in the records; some indication of the volume of records destroyed or sent to London is given; methods of destruction and transmission are discussed;

Les raisons des refus de transmettre des documents aux gouvernements indépendants qui ont pris la suite, et les préoccupations de sécurité sous-jacentes, sont exposées dans les archives ; une indication du volume des documents détruits ou envoyés à Londres est donnée ; les méthodes de destruction et de transmission sont examinées ;

Banton, Mandy, « Destroy? "Migrate"? Conceal? British Strategies for the Disposal of Sensitive Records of Colonial Administrations at Independence », The Journal of Imperial and Commonwealth History, vol. 40, n° 2, 2012, p. 321-335

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Note 2

Operation Legacy

Banton, Mandy, « Destroy? "Migrate"? Conceal? British Strategies for the Disposal of Sensitive Records of Colonial Administrations at Independence », The Journal of Imperial and Commonwealth History, vol. 40, n° 2, 2012, p. 321-335

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Note 3

Prior to the hearing, it was revealed that the British government had removed some 1,500 ‘sensitive’ government files from Kenya at independence, many of these relating to alleged abuses carried out during the Emergency of the 1950s.

Avant l’audience, on a appris que le gouvernement britannique avait retiré du Kenya, à l’indépendance, quelque 1 500 dossiers gouvernementaux « sensibles », dont beaucoup concernaient des violences présumées commises pendant l’état d’urgence des années 1950.

Anderson, David M., « Mau Mau in the High Court and the "Lost" British Empire Archives: Colonial Conspiracy or Bureaucratic Bungle? », The Journal of Imperial and Commonwealth History, vol. 39, n° 5, 2011, p. 699-716

The British Government recognises that Kenyans were subject to torture and other forms of ill treatment at the hands of the colonial administration. The British government sincerely regrets that these abuses took place, and that they marred Kenya’s progress towards independence.

Le gouvernement britannique reconnaît que des Kényans ont été soumis à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements de la part de l’administration coloniale. Le gouvernement britannique regrette sincèrement que ces abus aient eu lieu et qu’ils aient entaché la marche du Kenya vers l’indépendance.

Hague, William, « Statement to Parliament on settlement of Mau Mau claims », Foreign and Commonwealth Office, GOV.UK, 6 juin 2013

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Note 4

Most recently, it is unfolding in the High Court of Justice in London where five Kenyans have filed a claim against the British government, alleging that they suffered acts of mistreatment and torture at the hands of British colonial and military personnel.

Plus récemment, elle se déroule devant la Haute Cour de justice de Londres, où cinq Kényans ont porté plainte contre le gouvernement britannique, affirmant avoir subi des mauvais traitements et des tortures de la part de personnels coloniaux et militaires britanniques.

Elkins, Caroline, « Alchemy of Evidence: Mau Mau, the British Empire, and the High Court of Justice », The Journal of Imperial and Commonwealth History, vol. 39, n° 5, 2011, p. 731-748

At the time, FCO officials denied having any relevant documents that might shed light on the crimes.

À l’époque, les responsables du ministère nièrent détenir le moindre document utile susceptible d’éclairer ces crimes.

Engelhart, Katie, « Here’s What the British Government Has Been Hiding », Vice, 1er septembre 2014

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Note 5

Only two years later, in 2011, did the FCO admit it was unlawfully holding 1,500 Kenya files at Hanslope Park.

Ce n’est que deux ans plus tard, en 2011, que le ministère reconnut détenir illégalement 1 500 dossiers kényans à Hanslope Park.

Engelhart, Katie, « Here’s What the British Government Has Been Hiding », Vice, 1er septembre 2014

Later, it confessed to possessing 20,000 undisclosed files from 37 former British colonies.

Plus tard, il avoua posséder 20 000 dossiers non divulgués provenant de 37 anciennes colonies britanniques.

Engelhart, Katie, « Here’s What the British Government Has Been Hiding », Vice, 1er septembre 2014

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Note 6

Snapshots from 2013 of the timetable for transferring these records to The National Archives are available in the UK Government Web Archive. […] Open unless otherwise stated

Des captures de 2013 du calendrier de transfert de ces documents aux Archives nationales sont disponibles dans les archives web du gouvernement britannique. […] Ouvert sauf mention contraire

The National Archives (Royaume-Uni), fonds FCO 141, « Colonial Administration Records (Migrated Archives) »

Foreign and Commonwealth Office and predecessors: Records of Former Colonial Administrations: Migrated Archives

Foreign and Commonwealth Office et administrations antérieures : archives des anciennes administrations coloniales : archives migrées

The National Archives (Royaume-Uni), fonds FCO 141, « Colonial Administration Records (Migrated Archives) »

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Note 7

The records cover a wide range of subject matter relating to colonial administration.

Les documents couvrent un large éventail de sujets relatifs à l’administration coloniale.

The National Archives (Royaume-Uni), fonds FCO 141, « Colonial Administration Records (Migrated Archives) »

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Note 8

The British Government sincerely regret that these abuses took place and that they marred Kenya's progress towards independence.

Le gouvernement britannique regrette sincèrement que ces abus aient eu lieu et qu’ils aient entaché la marche du Kenya vers l’indépendance.

Hague, William, déclaration devant la Chambre des communes, 6 juin 2013, Hansard

The agreement includes payment of a settlement sum in respect of 5,228 claimants […] to the total value of £19.9 million

L’accord comprend le versement d’une somme transactionnelle au bénéfice de 5 228 requérants […] pour un montant total de 19,9 millions de livres

Foreign and Commonwealth Office, « Statement to Parliament on settlement of Mau Mau claims », déclaration de William Hague, 6 juin 2013, GOV.UK

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Note 9

The British Government recognise that Kenyans were subject to torture and other forms of ill treatment at the hands of the colonial administration. The British Government sincerely regret that these abuses took place

Le gouvernement britannique reconnaît que des Kényans ont subi la torture et d’autres formes de mauvais traitements de la part de l’administration coloniale. Le gouvernement britannique regrette sincèrement que ces abus aient eu lieu

Hague, William, déclaration devant la Chambre des communes, 6 juin 2013, Hansard

We continue to deny liability on behalf of the Government and British taxpayers today

Nous continuons aujourd’hui de contester toute responsabilité juridique au nom du gouvernement et des contribuables britanniques

Foreign and Commonwealth Office, « Statement to Parliament on settlement of Mau Mau claims », déclaration de William Hague, 6 juin 2013, GOV.UK

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Note 10

we do not believe that this settlement establishes a precedent in relation to any other former British colonial administration.

nous ne pensons pas que ce règlement constitue un précédent pour aucune autre ancienne administration coloniale britannique.

Hague, William, déclaration devant la Chambre des communes, 6 juin 2013, Hansard

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Note 11

About three dozen Cypriots who alleged they were tortured while in custody […] the 33 Cypriots see the out-of-court settlement as the British government's acknowledgement that they were tortured

Environ trois douzaines de Chypriotes qui affirmaient avoir été torturés pendant leur détention […] les 33 Chypriotes voient dans ce règlement à l’amiable la reconnaissance par le gouvernement britannique qu’ils ont été torturés

Associated Press, « Cypriots ’vindicated’ after UK settlement of torture claims », Arab News, 24 janvier 2019

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Note 12

That review was undertaken by the former British High Commissioner to Canada, Mr Anthony Cary. […] I have today deposited in the Libraries of both Houses the findings of that investigation. […] It is my intention to release every part of every paper of interest subject only to legal exemptions.

Cet examen a été mené par l’ancien haut-commissaire britannique au Canada, M. Anthony Cary. […] J’ai déposé aujourd’hui dans les bibliothèques des deux Chambres les conclusions de cette enquête. […] J’ai l’intention de rendre public chaque partie de chaque document intéressant, sous la seule réserve des exceptions légales.

Chambre des communes, « Public Records: Colonial Documents », déclaration écrite du Foreign and Commonwealth Office, 5 mai 2011, Hansard

A bleakly comic example of this is the 2011 Foreign Office report on the migrated archives affair. Intended to showcase its new spirit of openness, the published report was peppered with redactions.

Livsey, Tim, « Open secrets: the British “migrated archives”, colonial history, and postcolonial history », History Workshop Journal, vol. 93, n° 1, 2022, p. 95-116

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Note 13

But there is still a little batch of Kenya files that have never been found.

Mais il reste un petit lot de dossiers kényans qui n’ont jamais été retrouvés.

Engelhart, Katie, « Here’s What the British Government Has Been Hiding », Vice, 1er septembre 2014

The email references a list from the 1980s, which records Kenya boxes 668-678 as destroyed. […] The box numbers indicate to me that the files were originally held in London, and so were destroyed in London around 1980-81

Le courriel renvoie à une liste des années 1980, qui donne les boîtes kényanes 668 à 678 comme détruites. […] Les numéros des boîtes m’indiquent que les dossiers étaient à l’origine conservés à Londres, et qu’ils ont donc été détruits à Londres vers 1980-1981

Engelhart, Katie, « Here’s What the British Government Has Been Hiding », Vice, 1er septembre 2014

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Note 14

The Guardian revealed that Britain's Foreign & Commonwealth Office (FCO) had illegally withheld 1.2 million

Le Guardian a révélé que le ministère britannique des Affaires étrangères et du Commonwealth (FCO) avait illégalement retenu 1,2 million

Engelhart, Katie, « Here’s What the British Government Has Been Hiding », Vice, 1er septembre 2014

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Note 15

Outre la question des archives qui deviennent très difficilement accessibles

Rahal, Malika, « Comment faire l’histoire de l’Algérie indépendante ? », La Vie des idées, 13 mars 2012

ses archives relatives aux affaires judiciaires et aux enquêtes de police […] Ce texte qui empêche la déclassification automatique des archives de plus de 50 ans

Berkaoui, Héléna, « Archives de la guerre d’Algérie : “Il ne faut pas s’attendre à des découvertes fracassantes”, affirme l’historien Fabrice Riceputi », Public Sénat, 24 décembre 2021

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Note 16

Ce n’est qu’avec la loi du 18 octobre 1999 (1) que le caractère de guerre a été reconnu aux opérations militaires qui se sont déroulées en Algérie, en Tunisie et au Maroc entre 1952 et 1962. Auparavant qualifiés par des euphémismes tels que « pacification », « opérations de maintien de l’ordre » ou « événements », les combats de la guerre d’Algérie ont trop longtemps été occultés de notre mémoire collective. […] La meilleure preuve en est que les événements d’Algérie, comme on disait alors, ont failli entraîner à la fois la fin de la République et celle de ses institutions.

Néri, Alain, Rapport fait au nom de la commission des affaires sociales sur la proposition de loi relative à la reconnaissance du 19 mars comme journée nationale du souvenir et de recueillement, Sénat, rapport n° 60 (2012-2013), 17 octobre 2012

Il apparaît désormais nécessaire de faire un pas supplémentaire dans la prise en compte pleine et entière de la réalité des faits en substituant à l'expression trop imprécise d' « opérations effectuées en Afrique du Nord », celle réelle et juste de « guerre d'Algérie » au sein des dispositions de principe inscrites dans le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ainsi que dans le code de la mutualité.

Néri, Alain, rapport n° 1672 fait au nom de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales sur la proposition de loi n° 1293, Assemblée nationale, 2 juin 1999

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Note 17

Ce principe politique excluait que les opérations militaires menées contre les mouvements nationalistes puissent être qualifiées de « guerre ». […] Telle est la portée de la loi n° 99-882 du 18 octobre 1999 relative au remplacement de l'expression « opérations effectuées en Afrique du Nord » par celle de « guerre d'Algérie ou combats en Tunisie et au Maroc ».

Secrétaire d’État à la Défense, chargé des Anciens combattants, réponse à la question écrite n° 35879 de Jean Bardet, Assemblée nationale, Journal officiel, 13 décembre 1999, p. 7127

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Note 18

Les datations, les analyses physico-chimiques de matériaux, l’entomologie, les études iconographiques et stylistiques récemment effectuées au Mexique sont venues confirmer en 2018 l’authenticité d’un quatrième, le codex Grolier, désormais appelé CódiceMaya de México. […] L’évêque du Yucatán, Diego de Landa, fit brûler plusieurs manuscrits lors d’un autodafé en 1562. […] Seuls subsistaient donc trois codex, ceux de Dresde, de Paris et de Madrid, du nom des villes où ils sont conservés.

« Codex mayas », Encyclopædia Universalis

Er geht auf eine Idee des Archäologen Alfred Schiff zurück, des persönlichen Beraters von Carl Diem. […] Schiff war jüdischen Glaubens. Aus diesem Grund wurde er 1933 seiner Funktion als Verwaltungsdirektor an der „Deutschen Hochschule für Leibesübungen“ enthoben.

Il est né d’une idée de l’archéologue Alfred Schiff, conseiller personnel de Carl Diem. […] Schiff était de confession juive. Pour cette raison, il fut démis en 1933 de ses fonctions de directeur administratif à la « Deutsche Hochschule für Leibesübungen » (École supérieure allemande d’éducation physique).

Bundesarchiv, « Der Olympische Fackellauf bei den Sommerspielen in Berlin 1936 », sans date, en accès libre

Seinen Olympianachlass übernahm Diem, der Schiff im Kontext des Fackellaufs nie erwähnte. Alfred Schiff aber blieb lange vergessen.

Ses archives olympiques furent reprises par Diem, qui ne mentionna jamais Schiff à propos du relais de la flamme. Alfred Schiff, lui, resta longtemps oublié.

Schäfer, Ralf, « Gestohlenes Feuer », Jüdische Allgemeine, 23 juillet 2012, en accès libre

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Note 19

A great many documents were destroyed on this basis, but others were returned to the UK.

Un très grand nombre de documents ont été détruits sur cette base, mais d’autres ont été renvoyés au Royaume-Uni.

The National Archives (Royaume-Uni), fonds FCO 141, « Colonial Administration Records (Migrated Archives) »

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Note 20

Original 51 Members (1945) […] 193 Members (2011)

51 membres d’origine (1945) […] 193 membres (2011)

Organisation des Nations unies, « Growth in United Nations membership »

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Notes et sources

  1. ↑

    Passage Des fonctionnaires ont trié. Certains dossiers ont été laissés sur place. D’autres ont été emportés à Londres. D’autres ont été détruits.

    Reasons for refusals to pass material to successor independent governments, and the underlying security concerns, are spelled out in the records; some indication of the volume of records destroyed or sent to London is given; methods of destruction and transmission are discussed;

    Traduction de la rédaction Les raisons des refus de transmettre des documents aux gouvernements indépendants qui ont pris la suite, et les préoccupations de sécurité sous-jacentes, sont exposées dans les archives ; une indication du volume des documents détruits ou envoyés à Londres est donnée ; les méthodes de destruction et de transmission sont examinées ;

    Source Banton, Mandy, « Destroy? "Migrate"? Conceal? British Strategies for the Disposal of Sensitive Records of Colonial Administrations at Independence », The Journal of Imperial and Commonwealth History, vol. 40, n° 2, 2012, p. 321-335, résumé.

    Accès payant · vérifié le 25 octobre 2026

  2. ↑

    Passage Cette opération portait notamment un nom dans l’Empire britannique : Operation Legacy.

    Operation Legacy

    Source Banton, Mandy, « Destroy? "Migrate"? Conceal? British Strategies for the Disposal of Sensitive Records of Colonial Administrations at Independence », The Journal of Imperial and Commonwealth History, vol. 40, n° 2, 2012, p. 321-335, désignation de l’opération dans la littérature spécialisée.

    Accès payant · vérifié le 9 septembre 2026

  3. ↑

    Passage au Kenya, l’administration a pris des mesures au moment de l’indépendance, en décembre 1963, pour retirer des dossiers

    Prior to the hearing, it was revealed that the British government had removed some 1,500 ‘sensitive’ government files from Kenya at independence, many of these relating to alleged abuses carried out during the Emergency of the 1950s.

    Traduction de la rédaction Avant l’audience, on a appris que le gouvernement britannique avait retiré du Kenya, à l’indépendance, quelque 1 500 dossiers gouvernementaux « sensibles », dont beaucoup concernaient des violences présumées commises pendant l’état d’urgence des années 1950.

    Source Anderson, David M., « Mau Mau in the High Court and the "Lost" British Empire Archives: Colonial Conspiracy or Bureaucratic Bungle? », The Journal of Imperial and Commonwealth History, vol. 39, n° 5, 2011, p. 699-716, résumé.

    Accès payant ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage la répression au Kenya

    The British Government recognises that Kenyans were subject to torture and other forms of ill treatment at the hands of the colonial administration. The British government sincerely regrets that these abuses took place, and that they marred Kenya’s progress towards independence.

    Traduction de la rédaction Le gouvernement britannique reconnaît que des Kényans ont été soumis à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements de la part de l’administration coloniale. Le gouvernement britannique regrette sincèrement que ces abus aient eu lieu et qu’ils aient entaché la marche du Kenya vers l’indépendance.

    Source Hague, William, « Statement to Parliament on settlement of Mau Mau claims », Foreign and Commonwealth Office, GOV.UK, 6 juin 2013, 5e paragraphe.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  4. ↑

    Passage En 2011, un procès se déroule devant la Haute Cour de Londres : cinq Kényans y accusent le gouvernement britannique de tortures subies à l’époque coloniale.

    Most recently, it is unfolding in the High Court of Justice in London where five Kenyans have filed a claim against the British government, alleging that they suffered acts of mistreatment and torture at the hands of British colonial and military personnel.

    Traduction de la rédaction Plus récemment, elle se déroule devant la Haute Cour de justice de Londres, où cinq Kényans ont porté plainte contre le gouvernement britannique, affirmant avoir subi des mauvais traitements et des tortures de la part de personnels coloniaux et militaires britanniques.

    Source Elkins, Caroline, « Alchemy of Evidence: Mau Mau, the British Empire, and the High Court of Justice », The Journal of Imperial and Commonwealth History, vol. 39, n° 5, 2011, p. 731-748, résumé.

    Accès payant · vérifié le 9 septembre 2026

    Passage On demande alors au ministère britannique des Affaires étrangères s’il détient des documents utiles à l’affaire. Il répond que non. Il en détenait.

    At the time, FCO officials denied having any relevant documents that might shed light on the crimes.

    Traduction de la rédaction À l’époque, les responsables du ministère nièrent détenir le moindre document utile susceptible d’éclairer ces crimes.

    Source Engelhart, Katie, « Here’s What the British Government Has Been Hiding », Vice, 1er septembre 2014, récit de la procédure.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  5. ↑

    Passage le ministère admet d’abord détenir illégalement quinze cents dossiers kényans dans un site appelé Hanslope Park

    Only two years later, in 2011, did the FCO admit it was unlawfully holding 1,500 Kenya files at Hanslope Park.

    Traduction de la rédaction Ce n’est que deux ans plus tard, en 2011, que le ministère reconnut détenir illégalement 1 500 dossiers kényans à Hanslope Park.

    Source Engelhart, Katie, « Here’s What the British Government Has Been Hiding », Vice, 1er septembre 2014, récit de la divulgation.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

    Passage Puis vingt mille, concernant trente-sept anciennes colonies.

    Later, it confessed to possessing 20,000 undisclosed files from 37 former British colonies.

    Traduction de la rédaction Plus tard, il avoua posséder 20 000 dossiers non divulgués provenant de 37 anciennes colonies britanniques.

    Source Engelhart, Katie, « Here’s What the British Government Has Been Hiding », Vice, 1er septembre 2014, récit de la divulgation.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  6. ↑

    Passage Ces vingt mille dossiers ont ensuite été transférés aux Archives nationales, où chacun peut aujourd’hui les consulter.

    Snapshots from 2013 of the timetable for transferring these records to The National Archives are available in the UK Government Web Archive. […] Open unless otherwise stated

    Traduction de la rédaction Des captures de 2013 du calendrier de transfert de ces documents aux Archives nationales sont disponibles dans les archives web du gouvernement britannique. […] Ouvert sauf mention contraire

    Source The National Archives (Royaume-Uni), fonds FCO 141, « Colonial Administration Records (Migrated Archives) », description du fonds (histoire administrative ; conditions d’accès).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

    Passage Ils y forment une série qui porte un nom d’apparence anodine : les « archives migrées »

    Foreign and Commonwealth Office and predecessors: Records of Former Colonial Administrations: Migrated Archives

    Traduction de la rédaction Foreign and Commonwealth Office et administrations antérieures : archives des anciennes administrations coloniales : archives migrées

    Source The National Archives (Royaume-Uni), fonds FCO 141, « Colonial Administration Records (Migrated Archives) », catalogue Discovery, fiche de la série FCO 141, intitulé (« Title »).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  7. ↑

    Passage Le contenu de ces dossiers est très mélangé : il couvre des sujets très divers de l’administration coloniale.

    The records cover a wide range of subject matter relating to colonial administration.

    Traduction de la rédaction Les documents couvrent un large éventail de sujets relatifs à l’administration coloniale.

    Source The National Archives (Royaume-Uni), fonds FCO 141, « Colonial Administration Records (Migrated Archives) », description du fonds (portée et contenu).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  8. ↑

    Passage En 2013, le gouvernement britannique a exprimé des regrets devant le Parlement

    The British Government sincerely regret that these abuses took place and that they marred Kenya's progress towards independence.

    Traduction de la rédaction Le gouvernement britannique regrette sincèrement que ces abus aient eu lieu et qu’ils aient entaché la marche du Kenya vers l’indépendance.

    Source Hague, William, déclaration devant la Chambre des communes, 6 juin 2013, Hansard, débat Mau Mau Claims (Settlement), 6 juin 2013.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

    Passage accepté de verser une indemnité à 5 228 anciens détenus kényans — près de vingt millions de livres, frais de justice compris

    The agreement includes payment of a settlement sum in respect of 5,228 claimants […] to the total value of £19.9 million

    Traduction de la rédaction L’accord comprend le versement d’une somme transactionnelle au bénéfice de 5 228 requérants […] pour un montant total de 19,9 millions de livres

    Source Foreign and Commonwealth Office, « Statement to Parliament on settlement of Mau Mau claims », déclaration de William Hague, 6 juin 2013, GOV.UK, déclaration du 6 juin 2013.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  9. ↑

    Passage son gouvernement « regrette sincèrement » que ces abus aient eu lieu

    The British Government recognise that Kenyans were subject to torture and other forms of ill treatment at the hands of the colonial administration. The British Government sincerely regret that these abuses took place

    Traduction de la rédaction Le gouvernement britannique reconnaît que des Kényans ont subi la torture et d’autres formes de mauvais traitements de la part de l’administration coloniale. Le gouvernement britannique regrette sincèrement que ces abus aient eu lieu

    Source Hague, William, déclaration devant la Chambre des communes, 6 juin 2013, Hansard, débat Mau Mau Claims (Settlement), 6 juin 2013.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

    Passage le texte précise par ailleurs que le gouvernement continue de contester sa responsabilité juridique

    We continue to deny liability on behalf of the Government and British taxpayers today

    Traduction de la rédaction Nous continuons aujourd’hui de contester toute responsabilité juridique au nom du gouvernement et des contribuables britanniques

    Source Foreign and Commonwealth Office, « Statement to Parliament on settlement of Mau Mau claims », déclaration de William Hague, 6 juin 2013, GOV.UK, déclaration du 6 juin 2013.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  10. ↑

    Passage ce règlement ne constitue pas un précédent pour aucune autre ancienne administration coloniale britannique

    we do not believe that this settlement establishes a precedent in relation to any other former British colonial administration.

    Traduction de la rédaction nous ne pensons pas que ce règlement constitue un précédent pour aucune autre ancienne administration coloniale britannique.

    Source Hague, William, déclaration devant la Chambre des communes, 6 juin 2013, Hansard, débat Mau Mau Claims (Settlement), 6 juin 2013, col. 1693.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  11. ↑

    Passage Une démarche comparable a pourtant suivi en 2019 : un règlement à l’amiable avec trente-trois Chypriotes qui disaient avoir été torturés.

    About three dozen Cypriots who alleged they were tortured while in custody […] the 33 Cypriots see the out-of-court settlement as the British government's acknowledgement that they were tortured

    Traduction de la rédaction Environ trois douzaines de Chypriotes qui affirmaient avoir été torturés pendant leur détention […] les 33 Chypriotes voient dans ce règlement à l’amiable la reconnaissance par le gouvernement britannique qu’ils ont été torturés

    Source Associated Press, « Cypriots ’vindicated’ after UK settlement of torture claims », Arab News, 24 janvier 2019, dépêche du 24 janvier 2019.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  12. ↑

    Passage le ministère britannique des Affaires étrangères a publié un rapport officiel […] Le ministre promettait alors de rendre public « chaque partie de chaque document intéressant », sous la seule réserve des exceptions légales.

    That review was undertaken by the former British High Commissioner to Canada, Mr Anthony Cary. […] I have today deposited in the Libraries of both Houses the findings of that investigation. […] It is my intention to release every part of every paper of interest subject only to legal exemptions.

    Traduction de la rédaction Cet examen a été mené par l’ancien haut-commissaire britannique au Canada, M. Anthony Cary. […] J’ai déposé aujourd’hui dans les bibliothèques des deux Chambres les conclusions de cette enquête. […] J’ai l’intention de rendre public chaque partie de chaque document intéressant, sous la seule réserve des exceptions légales.

    Source Chambre des communes, « Public Records: Colonial Documents », déclaration écrite du Foreign and Commonwealth Office, 5 mai 2011, Hansard, déclaration écrite « Public Records: Colonial Documents » (passages non contigus).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage Ce rapport était pourtant lui-même caviardé : certains de ses passages ont été masqués avant publication.

    A bleakly comic example of this is the 2011 Foreign Office report on the migrated archives affair. Intended to showcase its new spirit of openness, the published report was peppered with redactions.

    Source Livsey, Tim, « Open secrets: the British “migrated archives”, colonial history, and postcolonial history », History Workshop Journal, vol. 93, n° 1, 2022, p. 95-116, dernière partie de l’article (après le séparateur « * * * »), note renvoyant à « Cary report, p. 13 ».

    Accès libre (CC BY 4.0) ouvrir la source · vérifié le 28 octobre 2026

  13. ↑

    Passage Un petit lot de dossiers kényans n’a jamais été retrouvé.

    But there is still a little batch of Kenya files that have never been found.

    Traduction de la rédaction Mais il reste un petit lot de dossiers kényans qui n’ont jamais été retrouvés.

    Source Engelhart, Katie, « Here’s What the British Government Has Been Hiding », Vice, 1er septembre 2014, réponse de Mandy Banton sur les dossiers kényans.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage Une liste des années 1980 donne une série de boîtes du Kenya comme détruites, sans doute à Londres vers 1980-1981, selon l’archiviste Mandy Banton.

    The email references a list from the 1980s, which records Kenya boxes 668-678 as destroyed. […] The box numbers indicate to me that the files were originally held in London, and so were destroyed in London around 1980-81

    Traduction de la rédaction Le courriel renvoie à une liste des années 1980, qui donne les boîtes kényanes 668 à 678 comme détruites. […] Les numéros des boîtes m’indiquent que les dossiers étaient à l’origine conservés à Londres, et qu’ils ont donc été détruits à Londres vers 1980-1981

    Source Engelhart, Katie, « Here’s What the British Government Has Been Hiding », Vice, 1er septembre 2014, réponse de Mandy Banton sur le dossier FCO 141/19933.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  14. ↑

    Passage On a appris plus tard qu’il retenait aussi, illégalement, des centaines de milliers d’autres documents historiques

    The Guardian revealed that Britain's Foreign & Commonwealth Office (FCO) had illegally withheld 1.2 million

    Traduction de la rédaction Le Guardian a révélé que le ministère britannique des Affaires étrangères et du Commonwealth (FCO) avait illégalement retenu 1,2 million

    Source Engelhart, Katie, « Here’s What the British Government Has Been Hiding », Vice, 1er septembre 2014, début de l’article (chiffre révisé ensuite à 600 000 documents).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  15. ↑

    Passage Pour l’Algérie d’après 1962, l’historienne Malika Rahal décrit des archives devenues « très difficilement accessibles ».

    Outre la question des archives qui deviennent très difficilement accessibles

    Source Rahal, Malika, « Comment faire l’histoire de l’Algérie indépendante ? », La Vie des idées, 13 mars 2012, sur l’histoire de l’Algérie après 1962.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

    Passage En France aussi, l’accès aux archives de la guerre d’Algérie a longtemps fait débat : ce n’est qu’à la fin de 2021 que l’État a ouvert ses archives relatives aux affaires judiciaires et aux enquêtes de police de cette période.

    ses archives relatives aux affaires judiciaires et aux enquêtes de police […] Ce texte qui empêche la déclassification automatique des archives de plus de 50 ans

    Source Berkaoui, Héléna, « Archives de la guerre d’Algérie : “Il ne faut pas s’attendre à des découvertes fracassantes”, affirme l’historien Fabrice Riceputi », Public Sénat, 24 décembre 2021, article du 24 décembre 2021 (l’arrêté couvre 1954-1966 ; l’instruction IG 1300).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  16. ↑

    Passage le vocabulaire officiel évitait le mot « guerre ». On parlait publiquement des « événements d’Algérie »

    Ce n’est qu’avec la loi du 18 octobre 1999 (1) que le caractère de guerre a été reconnu aux opérations militaires qui se sont déroulées en Algérie, en Tunisie et au Maroc entre 1952 et 1962. Auparavant qualifiés par des euphémismes tels que « pacification », « opérations de maintien de l’ordre » ou « événements », les combats de la guerre d’Algérie ont trop longtemps été occultés de notre mémoire collective. […] La meilleure preuve en est que les événements d’Algérie, comme on disait alors, ont failli entraîner à la fois la fin de la République et celle de ses institutions.

    Source Néri, Alain, Rapport fait au nom de la commission des affaires sociales sur la proposition de loi relative à la reconnaissance du 19 mars comme journée nationale du souvenir et de recueillement, Sénat, rapport n° 60 (2012-2013), 17 octobre 2012, p. 5 (exposé général) et p. 25 (intervention de Ronan Kerdraon en commission).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage les textes officiels d’« opérations effectuées en Afrique du Nord »

    Il apparaît désormais nécessaire de faire un pas supplémentaire dans la prise en compte pleine et entière de la réalité des faits en substituant à l'expression trop imprécise d' « opérations effectuées en Afrique du Nord », celle réelle et juste de « guerre d'Algérie » au sein des dispositions de principe inscrites dans le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ainsi que dans le code de la mutualité.

    Source Néri, Alain, rapport n° 1672 fait au nom de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales sur la proposition de loi n° 1293, Assemblée nationale, 2 juin 1999, introduction.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  17. ↑

    Passage Il a fallu attendre la loi du 18 octobre 1999 pour que l’État français reconnaisse officiellement l’appellation « guerre d’Algérie ».

    Ce principe politique excluait que les opérations militaires menées contre les mouvements nationalistes puissent être qualifiées de « guerre ». […] Telle est la portée de la loi n° 99-882 du 18 octobre 1999 relative au remplacement de l'expression « opérations effectuées en Afrique du Nord » par celle de « guerre d'Algérie ou combats en Tunisie et au Maroc ».

    Source Secrétaire d’État à la Défense, chargé des Anciens combattants, réponse à la question écrite n° 35879 de Jean Bardet, Assemblée nationale, Journal officiel, 13 décembre 1999, p. 7127, réponse ministérielle (JO du 13 décembre 1999, p. 7127), 4ᵉ phrase du 1er paragraphe et avant-dernière phrase du 2ᵉ paragraphe.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  18. ↑

    Passage En 1562, des livres mayas ont été brûlés sur ordre d’un religieux, Diego de Landa ; il ne reste aujourd’hui que trois livres mayas anciens, et un quatrième longtemps discuté.

    Les datations, les analyses physico-chimiques de matériaux, l’entomologie, les études iconographiques et stylistiques récemment effectuées au Mexique sont venues confirmer en 2018 l’authenticité d’un quatrième, le codex Grolier, désormais appelé CódiceMaya de México. […] L’évêque du Yucatán, Diego de Landa, fit brûler plusieurs manuscrits lors d’un autodafé en 1562. […] Seuls subsistaient donc trois codex, ceux de Dresde, de Paris et de Madrid, du nom des villes où ils sont conservés.

    Source « Codex mayas », Encyclopædia Universalis, partie en accès libre de l’article : paragraphe introductif, puis section « De multiples supports d’écriture ».

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

    Passage En 1936, l’homme qui avait eu l’idée du relais de la flamme olympique, chassé de son poste parce qu’il était juif

    Er geht auf eine Idee des Archäologen Alfred Schiff zurück, des persönlichen Beraters von Carl Diem. […] Schiff war jüdischen Glaubens. Aus diesem Grund wurde er 1933 seiner Funktion als Verwaltungsdirektor an der „Deutschen Hochschule für Leibesübungen“ enthoben.

    Traduction de la rédaction Il est né d’une idée de l’archéologue Alfred Schiff, conseiller personnel de Carl Diem. […] Schiff était de confession juive. Pour cette raison, il fut démis en 1933 de ses fonctions de directeur administratif à la « Deutsche Hochschule für Leibesübungen » (École supérieure allemande d’éducation physique).

    Source Bundesarchiv, « Der Olympische Fackellauf bei den Sommerspielen in Berlin 1936 », sans date, en accès libre, section « Der Ursprung des Fackellaufs ».

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 25 octobre 2026

    Passage a vu son nom effacé du récit.

    Seinen Olympianachlass übernahm Diem, der Schiff im Kontext des Fackellaufs nie erwähnte. Alfred Schiff aber blieb lange vergessen.

    Traduction de la rédaction Ses archives olympiques furent reprises par Diem, qui ne mentionna jamais Schiff à propos du relais de la flamme. Alfred Schiff, lui, resta longtemps oublié.

    Source Schäfer, Ralf, « Gestohlenes Feuer », Jüdische Allgemeine, 23 juillet 2012, en accès libre, corps de l’article (deux phrases consécutives, de part et d’autre d’un changement de paragraphe).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 25 octobre 2026

  19. ↑

    Passage Ce qu’on a retrouvé, ce sont les dossiers qui avaient été déplacés […] et ils étaient très nombreux.

    A great many documents were destroyed on this basis, but others were returned to the UK.

    Traduction de la rédaction Un très grand nombre de documents ont été détruits sur cette base, mais d’autres ont été renvoyés au Royaume-Uni.

    Source The National Archives (Royaume-Uni), fonds FCO 141, « Colonial Administration Records (Migrated Archives) », description du fonds (histoire administrative).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  20. ↑

    Passage En 1945, les Nations unies comptaient cinquante et un États membres. Elles en comptent cent quatre-vingt-treize aujourd’hui.

    Original 51 Members (1945) […] 193 Members (2011)

    Traduction de la rédaction 51 membres d’origine (1945) […] 193 membres (2011)

    Source Organisation des Nations unies, « Growth in United Nations membership », intitulés des années 1945 et 2011.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

Références bibliographiques

25
  • Anderson, David M., Histories of the Hanged: Britain’s Dirty War in Kenya and the End of Empire, Weidenfeld & Nicolson, 2005 ; Elkins, Caroline, Imperial Reckoning: The Untold Story of Britain’s Gulag in Kenya, Henry Holt, 2005, en bibliothèque (le contexte de la répression au Kenya).
  • Anderson, David M., « Mau Mau in the High Court and the "Lost" British Empire Archives: Colonial Conspiracy or Bureaucratic Bungle? », The Journal of Imperial and Commonwealth History, vol. 39, n° 5, 2011, p. 699-716, accès payant (le procès, Hanslope Park, les dossiers kényans manquants). https://doi.org/10.1080/03086534.2011.629082
  • Associated Press, « Cypriots ’vindicated’ after UK settlement of torture claims », Arab News, 24 janvier 2019, en accès libre (le règlement à l’amiable conclu avec trente-trois Chypriotes). https://www.arabnews.com/node/1441251
  • Banton, Mandy, « Destroy? "Migrate"? Conceal? British Strategies for the Disposal of Sensitive Records of Colonial Administrations at Independence », The Journal of Imperial and Commonwealth History, vol. 40, n° 2, 2012, p. 321-335, accès payant (la politique de tri des archives au moment des indépendances).
  • Berkaoui, Héléna, « Archives de la guerre d’Algérie : “Il ne faut pas s’attendre à des découvertes fracassantes”, affirme l’historien Fabrice Riceputi », Public Sénat, 24 décembre 2021, en accès libre (l’ouverture en décembre 2021 des archives judiciaires et policières de la guerre d’Algérie ; les restrictions antérieures). https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/archives-de-la-guerre-d-algerie-il-ne-faut-pas-s-attendre-a-des-decouvertes
  • Bundesarchiv, « Der Olympische Fackellauf bei den Sommerspielen in Berlin 1936 », sans date, en accès libre (l’idée du relais due à l’archéologue Alfred Schiff, conseiller de Carl Diem ; Schiff, juif, démis en 1933 de ses fonctions à la Deutsche Hochschule für Leibesübungen ; voir l’entrée 2.14). https://www.bundesarchiv.de/themen-entdecken/online-entdecken/themenbeitraege/der-olympische-fackellauf-bei-den-sommerspielen-in-berlin-1936/
  • Cary, Anthony, Cary Report on Release of the Colonial Administration Files, Foreign and Commonwealth Office, 2011, en accès libre (le rapport officiel sur l’affaire, lui-même caviardé). https://www.gov.uk/government/publications/cary-report-on-release-of-the-colonial-administration-files
  • Chambre des communes, « Public Records: Colonial Documents », déclaration écrite du Foreign and Commonwealth Office, 5 mai 2011, Hansard, en accès libre (le rapport d’Anthony Cary déposé au Parlement ; l’engagement de publier « every part of every paper of interest »). https://hansard.parliament.uk/html/commons/2011-05-05/WrittenStatements
  • « Codex mayas », Encyclopædia Universalis (les manuscrits mayas conservés et ce qu’on peut dire de leur destruction ; le quatrième codex, longtemps discuté). https://www.universalis.fr/encyclopedie/codex-mayas/
  • Elkins, Caroline, « Alchemy of Evidence: Mau Mau, the British Empire, and the High Court of Justice », The Journal of Imperial and Commonwealth History, vol. 39, n° 5, 2011, p. 731-748, accès payant (le rôle des historiens experts au procès).
  • Engelhart, Katie, « Here’s What the British Government Has Been Hiding », Vice, 1er septembre 2014, en accès libre (la dénégation du ministère, puis l’aveu des 1 500 dossiers kényans et des 20 000 dossiers de 37 colonies ; les documents historiques retenus illégalement ; le petit lot de dossiers kényans jamais retrouvé, donné pour détruit vers 1980-1981). https://www.vice.com/en/article/katie-engelhart-britains-secrets-mandy-banton-321/
  • Foreign and Commonwealth Office, « Statement to Parliament on settlement of Mau Mau claims », déclaration de William Hague, 6 juin 2013, GOV.UK, en accès libre (les 5 228 bénéficiaires, les 19,9 millions de livres, la responsabilité juridique contestée). https://www.gov.uk/government/news/statement-to-parliament-on-settlement-of-mau-mau-claims
  • Hague, William, « Statement to Parliament on settlement of Mau Mau claims », Foreign and Commonwealth Office, GOV.UK, 6 juin 2013, en accès libre. https://www.gov.uk/government/news/statement-to-parliament-on-settlement-of-mau-mau-claims
  • Hague, William, déclaration devant la Chambre des communes, 6 juin 2013, Hansard, en accès libre (les regrets exprimés et l’indemnisation des anciens détenus kényans). https://hansard.parliament.uk/
  • Livsey, Tim, « Open secrets: the British “migrated archives”, colonial history, and postcolonial history », History Workshop Journal, vol. 93, n° 1, 2022, p. 95-116, en accès libre (le rapport de 2011, censé montrer la nouvelle transparence du ministère, publié « parsemé de caviardages »). https://doi.org/10.1093/hwj/dbac002
  • Loi n° 99-882 du 18 octobre 1999 relative à la substitution, à l’expression « aux opérations effectuées en Afrique du Nord », de l’expression « à la guerre d’Algérie ou aux combats en Tunisie et au Maroc », Journal officiel, en accès libre (le titre même de la loi dit ce qu’elle fait : remplacer une périphrase administrative par le mot « guerre » ; le texte vise les faits survenus entre le 1er janvier 1952 et le 2 juillet 1962). https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000578132
  • The National Archives (Royaume-Uni), fonds FCO 141, « Colonial Administration Records (Migrated Archives) », en accès libre (les vingt mille dossiers de trente-sept territoires, consultables ; le nom donné au fonds ; la grande diversité de leur contenu ; les nombreux documents détruits au moment des indépendances). https://discovery.nationalarchives.gov.uk/
  • Néri, Alain, Rapport fait au nom de la commission des affaires sociales sur la proposition de loi relative à la reconnaissance du 19 mars comme journée nationale du souvenir et de recueillement, Sénat, rapport n° 60 (2012-2013), 17 octobre 2012, en accès libre. https://www.senat.fr/rap/l12-060/l12-0601.pdf
  • Néri, Alain, rapport n° 1672 fait au nom de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales sur la proposition de loi n° 1293, Assemblée nationale, 2 juin 1999, en accès libre (l’expression « opérations effectuées en Afrique du Nord » employée dans les textes officiels, que la loi remplace par « guerre d’Algérie »). https://www.assemblee-nationale.fr/11/rapports/r1672.asp
  • Organisation des Nations unies, « Growth in United Nations membership », en accès libre (51 membres d’origine en 1945, 193 membres depuis 2011). https://www.un.org/en/about-us/growth-in-un-membership
  • Organisation des Nations unies, « États Membres », liste officielle avec dates d’admission, en accès libre. https://www.un.org/fr/about-us/member-states
  • Rahal, Malika, « Comment faire l’histoire de l’Algérie indépendante ? », La Vie des idées, 13 mars 2012, en accès libre (les archives de l’Algérie indépendante, très difficilement accessibles). https://laviedesidees.fr/Comment-faire-l-histoire-de-l-Algerie-independante
  • Schäfer, Ralf, « Gestohlenes Feuer », Jüdische Allgemeine, 23 juillet 2012, en accès libre (Carl Diem tenu pour l’inventeur du relais ; Alfred Schiff, jamais mentionné par Diem, longtemps oublié ; voir l’entrée 2.14). https://juedische-allgemeine.de/juedische-welt/gestohlenes-feuer
  • Secrétaire d’État à la Défense, chargé des Anciens combattants, réponse à la question écrite n° 35879 de Jean Bardet, Assemblée nationale, Journal officiel, 13 décembre 1999, p. 7127, en accès libre (le refus officiel du mot « guerre » et sa reconnaissance par la loi du 18 octobre 1999). https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/11/questions/QANR5L11QE35879.pdf
  • Stora, Benjamin, La Gangrène et l’Oubli. La mémoire de la guerre d’Algérie, La Découverte, 1991, en bibliothèque (le vocabulaire officiel et ses évitements).

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