Histoire et échanges 3.10

Empires, plantations et résistances

Le saviez-vous ?

En trois cent soixante-six ans, environ 12,5 millions de personnes ont été embarquées de force d’Afrique vers les Amériques.1

Un plan ancien en noir et blanc montre un navire vu de dessus et en coupe, dont les ponts sont entièrement couverts de silhouettes humaines allongées serrées les unes contre les autres.
Plan du navire négrier britannique Brookes, imprimé en 1787 à Londres par James Phillips : les militants contre la traite l’ont diffusé pour montrer comment 609 captifs africains étaient entassés dans la cale. Printed by James Phillips, George Yard, Lombard Street, London, Domaine public, source

En trois cent soixante-six ans, environ 12,5 millions de personnes ont été embarquées de force d’Afrique vers les Amériques.1

Environ 10,7 millions ont été débarquées.

Plus de 1,8 million de personnes ne sont pas arrivées.2

Ce chiffre n’a pas été établi séparément : il est l’écart entre deux comptages, celui des personnes montées à bord et celui des personnes qui en sont descendues. Un chiffre compte toujours quelque chose de précis ; ici, la soustraction entre deux données est le fait historique lui-même.

Le système dont ces chiffres proviennent

Ces déportations ne relèvent pas d’un accident de l’histoire : elles alimentaient un système économique construit à cette fin, et qui a duré près de quatre siècles.

Un empire colonial est un ensemble de territoires conquis et administrés par un État lointain, à son profit. Entre le XVIᵉ et le XIXᵉ siècle, le Portugal, l’Espagne, l’Angleterre, la France et les Pays-Bas se partagent ainsi les Amériques, puis des parties de l’Afrique et de l’Asie. Une colonie n’est pas gouvernée pour elle-même : elle fournit à la métropole ce que celle-ci ne produit pas.

Une plantation est l’outil de cette fourniture. C’est une exploitation agricole de grande taille, consacrée à une seule culture destinée à l’exportation — le sucre d’abord, puis le tabac, le riz, l’indigo, le café. Ce qu’elle produit n’est pas destiné à nourrir ceux qui y travaillent, mais à être vendu au loin.3

Ce modèle n’a pas été inventé en Amérique. Il avait d’abord été mis en place sur des îles au large de l’Afrique, où les Portugais faisaient déjà cultiver la canne à sucre par des Africains réduits en esclavage. Les Amériques n’ont pas donné naissance au système : elles lui ont donné une échelle.4

Ce modèle exige une main-d’œuvre nombreuse, disponible toute l’année et dans l’impossibilité de partir. Les colons ont d’abord exploité les populations autochtones, décimées par les épidémies, puis des travailleurs européens sous contrat. C’est notamment l’insuffisance de ces deux solutions qui conduit à la déportation massive d’Africains réduits en esclavage — un statut héréditaire, et défini par la loi comme une propriété.5

Le circuit qui en résulte est souvent appelé commerce triangulaire : des marchandises d’Europe vers l’Afrique, des personnes d’Afrique vers les Amériques, des denrées coloniales des Amériques vers l’Europe. La formule est commode mais simplificatrice : le commerce réel était plus complexe, et une part de la traite s’est faite à l’intérieur même des Amériques.6

Le sucre est au cœur du dispositif. Denrée de luxe devenue produit de consommation courante en Europe, il exige une culture épuisante et une transformation immédiate sur place. C’est la culture qui exigeait le plus de travail, et c’est vers les colonies sucrières — Saint-Domingue, la Jamaïque, la Barbade, le Brésil — que la majorité des déportés ont été envoyés.7

Contre ce système, la résistance n’a jamais cessé : elle a pris les formes examinées plus loin, du ralentissement quotidien au marronnage et à la révolte armée.

Pourquoi ces nombres sont connus

Comment connaît-on ces chiffres avec autant de précision, alors que les estimations de la population des Amériques avant 1492 varient encore de plusieurs dizaines de millions ?8

Parce qu’il s’agissait d’un commerce.

Un commerce tient des comptes : livres de bord, papiers d’assurance, registres de port, comptabilités d’armateurs. On y note ce qu’on achète, ce qu’on transporte, ce qu’on vend, et ce qu’on perd en route.

Des chercheurs ont réuni des décennies de dépouillements d’archives au sein de deux bases majeures :

  • 36 000 traversées transatlantiques recensées ;
  • 10 000 trajets internes aux Amériques — car le commerce continuait après le débarquement.9

Pour chaque voyage, l’équipe a cherché à établir les dates, les propriétaires, le navire, le capitaine, les escales africaines, la destination américaine, le nombre de personnes embarquées et le nombre débarquées.10

Elle a retrouvé l’essentiel de ces informations pour environ 80 % de la traite transatlantique. Le reste a été estimé par calcul.11

Le point essentiel : ces données sont connues parce que les responsables en tenaient une comptabilité précise.

Répartition par pavillon

Répartition des personnes embarquées selon le pavillon des navires (estimations) :

PavillonPersonnes embarquées
Portugalenviron 5 850 000
Grande-Bretagneenviron 3 260 000
Franceenviron 1 380 000
Espagneenviron 1 060 000
Pays-Basenviron 550 000
États-Unisenviron 305 000
Danemarkenviron 111 000

Sources du tableau12

La démarche scientifique et les marges d’erreur

Les historiens de ce projet écrivent « environ », indiquent leur couverture — quatre expéditions sur cinq — et disent comment ils ont reconstitué le reste. Leur travail prolonge un premier recensement d’ensemble, publié par l’historien Philip Curtin.13

Loin de fragiliser la démonstration, cette démarche la renforce. Une équipe qui précise sa marge d’erreur distingue ce qu’elle sait de ce qu’elle déduit. C’est la démarche des scientifiques qui datent un fossile à 315 000 ans « à 34 000 ans près », comme le rapporte notre page sur les origines d’Homo sapiens.

Plus de quatre-vingt-dix mille noms

Une troisième base recense les noms de plus de quatre-vingt-dix mille personnes, avec le lieu d’embarquement, le sexe et l’origine.14

Mais la raison pour laquelle ces noms-là ont été conservés est significative. Ces personnes figurent dans les archives uniquement parce que leur navire a été intercepté par des patrouilles, après l’interdiction légale de ce commerce, et qu’elles ont alors été enregistrées une à une.15

Ce n’est donc pas leur histoire qui a fait conserver leur nom : c’est l’arraisonnement du navire. Et ces noms ne représentent qu’une fraction infime des douze millions et demi de personnes embarquées.16

Les formes de résistance

L’histoire de la traite ne se résume pas à ce qui a été subi. On s’y est opposé à chaque étape, individuellement et collectivement.

  • Insurrections à bord : Des mutineries ont éclaté pendant les traversées ; des historiens ont recensé ces soulèvements et en étudient les causes.
  • Marronnage et communautés autonomes : Fuir la plantation a donné naissance à des communautés durables — quilombos au Brésil, palenques dans le monde hispanique, marronnage dans la Caraïbe. Elles ont développé leurs propres cultures, leurs agricultures et leurs systèmes de défense.
  • Révoltes dans les plantations : Grèves, sabotages et insurrections armées ont régulièrement enrayé le système, comme la révolte de la Jamaïque en 1760 ou la conspiration de La Escalera à Cuba.
  • La Révolution haïtienne (1791-1804) : À Saint-Domingue, l’insurrection partie des captifs a vaincu les armées coloniales. Elle aboutit à l’abolition de l’esclavage et à l’indépendance d’Haïti.
  • Autres circuits de traite : À côté de la traite transatlantique, les traites transsaharienne et de l’océan Indien ont également déporté des millions de captifs sur plusieurs siècles. Bien que moins documentées par des archives comptables centralisées, elles ont, elles aussi, suscité des résistances, du travail ralenti à la fuite et au sabotage.17

Note 1

in 366 years, slaving vessels embarked about 12.5 million captives in Africa, and landed 10.7 million in the New World

en 366 ans, les navires négriers ont embarqué environ 12,5 millions de captifs en Afrique et en ont débarqué 10,7 millions dans le Nouveau Monde

Slave Voyages: The Trans-Atlantic and Intra-American Slave Trade Databases, Rice University et consortium d’universités

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Note 2

a careful estimate that the Middle Passage took a toll of more than 1.8 million African lives

une estimation prudente selon laquelle la traversée de l’Atlantique a coûté la vie à plus de 1,8 million d’Africains

Slave Voyages: The Trans-Atlantic and Intra-American Slave Trade Databases, Rice University et consortium d’universités

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Note 3

to produce sugar, rice, indigo, tobacco, and, by the eighteenth century, coffee in the Americas.

pour produire dans les Amériques du sucre, du riz, de l’indigo, du tabac et, au XVIIIᵉ siècle, du café.

OpenStax, World History, vol. 2, chapitre « The Atlantic Slave Trade »

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Note 4

The Portuguese, already using enslaved Africans to grow sugar on islands off the coast of Africa,

Les Portugais, qui faisaient déjà cultiver le sucre par des Africains réduits en esclavage sur des îles au large de l’Afrique,

OpenStax, World History, vol. 2, chapitre « The Atlantic Slave Trade »

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Note 5

Indigenous people died in large numbers from infectious diseases, leaving too few to labor in the fields.

Les populations autochtones moururent en grand nombre de maladies infectieuses, et il resta trop peu de bras pour travailler dans les champs.

OpenStax, World History, vol. 2, chapitre « The Atlantic Slave Trade »

Thus, Europeans eager to extract a profit looked to Africa as the solution, and to slavery instead of indentured servitude.

Ainsi, les Européens avides de profit se tournèrent vers l’Afrique comme solution, et vers l’esclavage plutôt que vers l’engagement sous contrat.

OpenStax, World History, vol. 2, chapitre « The Atlantic Slave Trade »

in all the European colonies in the Americas, the child of an enslaved woman was born enslaved.

dans toutes les colonies européennes des Amériques, l’enfant d’une femme réduite en esclavage naissait esclave.

OpenStax, World History, vol. 2, chapitre « The Atlantic Slave Trade »

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Note 6

was a complex one, for purposes of simplification, it is often characterized as the triangular trade

était complexe ; pour simplifier, on le présente souvent comme le commerce triangulaire

OpenStax, World History, vol. 2, chapitre « The Atlantic Slave Trade »

The three databases below provide details of 36,000 trans-Atlantic slave voyages, 10,000 intra-American ventures, names and personal information.

Les trois bases ci-dessous détaillent 36 000 voyages de traite transatlantiques, 10 000 expéditions intra-américaines, ainsi que des noms et des informations personnelles.

Slave Voyages: The Trans-Atlantic and Intra-American Slave Trade Databases, Rice University et consortium d’universités

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Note 7

Sugar, the most valuable crop grown by enslaved people, also required the most labor,

Le sucre, la plus précieuse des cultures produites par des personnes réduites en esclavage, exigeait aussi le plus de travail,

OpenStax, World History, vol. 2, chapitre « The Atlantic Slave Trade »

The majority of Africans brought across the Atlantic were destined to labor on sugar plantations in the Caribbean and Brazil.

La majorité des Africains amenés de l’autre côté de l’Atlantique étaient destinés à travailler dans les plantations sucrières de la Caraïbe et du Brésil.

OpenStax, World History, vol. 2, chapitre « The Atlantic Slave Trade »

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Note 8

60.5 million (interquartile range, IQR 44.8–78.2 million)

60,5 millions (écart interquartile : de 44,8 à 78,2 millions)

Koch, Alexander, Brierley, Chris, Maslin, Mark M. et Lewis, Simon L., « Earth System Impacts of the European Arrival and Great Dying in the Americas after 1492 », Quaternary Science Reviews, vol. 207, 2019, p. 13-36

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Note 9

The three databases below provide details of 36,000 trans-Atlantic slave voyages, 10,000 intra-American ventures, names and personal information.

Les trois bases ci-dessous détaillent 36 000 voyages de traite transatlantiques, 10 000 expéditions intra-américaines, ainsi que des noms et des informations personnelles.

Slave Voyages: The Trans-Atlantic and Intra-American Slave Trade Databases, Rice University et consortium d’universités

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Note 10

For each voyage they sought to establish dates, owners, vessels, captains, African visits, American destinations, numbers of slaves embarked, and numbers landed.

Pour chaque voyage, ils ont cherché à établir les dates, les propriétaires, les navires, les capitaines, les escales africaines, les destinations américaines, le nombre d’esclaves embarqués et le nombre de débarqués.

Slave Voyages: The Trans-Atlantic and Intra-American Slave Trade Databases, Rice University et consortium d’universités

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Note 11

They have been able to find much of this material for an estimated 80 percent of the entire transatlantic African slave trade. With corrections for missing voyages, the Project has estimated the entire size of the transatlantic slave trade

Ils ont pu retrouver une grande partie de ces informations pour environ 80 % de l’ensemble de la traite transatlantique. En corrigeant pour les voyages manquants, le projet a estimé l’ampleur totale de la traite transatlantique

Slave Voyages: The Trans-Atlantic and Intra-American Slave Trade Databases, Rice University et consortium d’universités

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Note 12

Portugal 5,848,266 | Great Britain 3,259,441 | France 1,381,404

Portugal 5 848 266 | Grande-Bretagne 3 259 441 | France 1 381 404

Slave Voyages: The Trans-Atlantic and Intra-American Slave Trade Databases, Rice University et consortium d’universités

Spain 1,061,524 | Netherlands 554,336 | United States 305,326 | Denmark 111,040

Espagne 1 061 524 | Pays-Bas 554 336 | États-Unis 305 326 | Danemark 111 040

Slave Voyages: The Trans-Atlantic and Intra-American Slave Trade Databases, Rice University et consortium d’universités

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Note 13

Beginning with works such as Philip Curtin’s The Atlantic Slave Trade: A Census(1969), a widely disbursed group of scholars has spent almost half a century collecting and coding the records of the transatlantic slave voyages that brought tens of millions of Africans to the New World. David Eltis, Stephen Behrendt and David Richardson played leading roles in amalgamating this data, and then producing software that would make it accessible to students and researchers across the world.

À commencer par des ouvrages comme The Atlantic Slave Trade: A Census (1969) de Philip Curtin, un groupe de chercheurs dispersés a passé près d’un demi-siècle à recueillir et à coder les archives des voyages négriers transatlantiques qui ont amené des dizaines de millions d’Africains dans le Nouveau Monde. David Eltis, Stephen Behrendt et David Richardson ont joué un rôle de premier plan dans la réunion de ces données, puis dans la création d’un logiciel qui les rende accessibles aux étudiants et aux chercheurs du monde entier.

Newman, Simon P., « Mapping the Transatlantic Slave Trade », compte rendu de l’Atlas of the Transatlantic Slave Trade d’Eltis et Richardson, Commonplace: The Journal of Early American Life

Using the patterns that have emerged in the huge amount of surviving data, the project authors have inferred places and imputed numbers, filling in the gaps in the records. […] The authors believe that the 34,934 voyages covered in this volume constitute “just over 80 percent of all the slave ventures that ever set out for Africa to obtain slaves from all locations around the Atlantic” (xxv). […] Absolute precision is an impossible goal […]

À partir des régularités qui se dégagent de l’énorme masse de données conservées, les auteurs du projet ont déduit des lieux et imputé des chiffres, comblant les lacunes des archives. […] Les auteurs estiment que les 34 934 voyages couverts par ce volume représentent « un peu plus de 80 % de toutes les expéditions négrières parties vers l’Afrique pour y acquérir des esclaves depuis tous les points de l’Atlantique » (xxv). […] La précision absolue est un but impossible […]

Newman, Simon P., « Mapping the Transatlantic Slave Trade », compte rendu de l’Atlas of the Transatlantic Slave Trade d’Eltis et Richardson, Commonplace: The Journal of Early American Life

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Note 14

contains information on 92,230 individuals including African names for almost all of them

contient des informations sur 92 230 personnes, dont le nom africain pour presque toutes

Domingues da Silva, Daniel, Eltis, David, Misevich, Philip et Ojo, Olatunji, « The Diaspora of Africans Liberated from Slave Ships in the Nineteenth Century », The Journal of African History, vol. 55, n° 3, 2014, p. 347-369

These records are sortable by name, gender origin, and place of embarkation.

Ces fiches peuvent être triées par nom, sexe, origine et lieu d’embarquement.

African Origins / African Names Database, dans Slave Voyages

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Note 15

Africans, bound for slavery in North and South America, but liberated after their ships were stopped

des Africains destinés à l’esclavage en Amérique du Nord et du Sud, mais libérés après l’arrêt de leurs navires

African Origins / African Names Database, dans Slave Voyages

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Note 16

Based on the assessment of extant data for more than 92,000 Liberated Africans whose information was copied in at times duplicate and triplicate form in both London- and Freetown-based registers, this essay explores the pitfalls and possibilities associated with using the Registers for Liberated Africans as sources for historical analysis of the slave trade.

À partir de l’examen des données conservées sur plus de 92 000 Africains libérés, dont les informations ont été copiées, parfois en double et en triple, dans des registres tenus à Londres et à Freetown, cet essai explore les écueils et les possibilités de l’usage des Registres des Africains libérés comme sources pour l’analyse historique de la traite.

Anderson, Richard et al., « Using African Names to Identify the Origins of Captives in the Transatlantic Slave Trade: Crowd-Sourcing and the Registers of Liberated Africans, 1808–1862 », History in Africa, vol. 40, 2013, p. 165-191

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Note 17

Historical insights—unlike moralizing rhetorical gestures, however valid and necessary—come from the close study of more modest quanta: fluctuations and cycles in traffic volumes, regional differences in captive gender ratios, or the frequency of African resistance aboard ship, for example. […] Richardson, for example, has explored the conditions under which slave rebellions were likely to occur on board ship.

Les vraies avancées historiques — à la différence des postures morales, si justes et nécessaires soient-elles — viennent de l’étude attentive de grandeurs plus modestes : fluctuations et cycles des volumes du trafic, différences régionales dans la proportion d’hommes et de femmes parmi les captifs, ou fréquence de la résistance africaine à bord, par exemple. […] Richardson, par exemple, a étudié les conditions dans lesquelles des révoltes d’esclaves avaient le plus de chances d’éclater à bord.

Williford, James, « Gross Injustice: The Slave Trade by the Numbers », Humanities, National Endowment for the Humanities, vol. 31, n° 5, septembre-octobre 2010

Usually called palenques in the Spanish colonies and mocambos or quilombos in Brazil, they ranged from tiny bands that survived less than a year to powerful states encompassing thousands of members and enduring for generations or even centuries. […] In Brazil, Colombia, Cuba, Ecuador, Hispaniola, Jamaica, Mexico, Panama, Peru, Suriname, and Venezuela, for example, the whites reluctantly offered treaties granting Maroon communities their freedom […]

Généralement appelées palenques dans les colonies espagnoles et mocambos ou quilombos au Brésil, elles allaient de petites bandes qui survécurent moins d’un an à des États puissants comptant des milliers de membres et durant des générations, voire des siècles. […] Au Brésil, en Colombie, à Cuba, en Équateur, à Hispaniola, en Jamaïque, au Mexique, au Panama, au Pérou, au Suriname et au Venezuela, par exemple, les Blancs offrirent à contrecœur des traités qui accordaient la liberté aux communautés marronnes […]

Price, Richard, « Maroons in the Americas: Heroic Pasts, Ambiguous Presents, Uncertain Futures », Cultural Survival Quarterly, vol. 25, n° 4, décembre 2001

In 1760, some fifteen hundred enslaved black men and women […] to stage a massive uprising in Jamaica […]

En 1760, quelque mille cinq cents hommes et femmes noirs réduits en esclavage […] pour déclencher un vaste soulèvement en Jamaïque […]

Brown, Vincent (dir.), Slave Revolt in Jamaica, 1760-1761: A Cartographic Narrative, Harvard University et Axis Maps, carte narrative en ligne

At dawn on June 29, 1844, a firing squad in Havana executed ten accused ringleaders of the Conspiracy of La Escalera, an alleged plot to abolish slavery and colonial rule in Cuba. […] Scholars have debated the existence of the Conspiracy of La Escalera for over a century, yet little is known about how those targeted by the violence responded.

À l’aube du 29 juin 1844, un peloton d’exécution fusilla à La Havane dix meneurs présumés de la conspiration de La Escalera, un complot supposé visant à abolir l’esclavage et la domination coloniale à Cuba. […] Les historiens débattent depuis plus d’un siècle de l’existence de la conspiration de La Escalera, mais on sait peu de chose de la manière dont réagirent ceux que visa la violence.

Reid-Vazquez, Michele, The Year of the Lash: Free People of Color in Cuba and the Nineteenth-Century Atlantic World, University of Georgia Press, 2011, présentation de l’éditeur

In 1791, freed and enslaved Africans and other islanders of African descent rebelled under the leadership of Toussaint Louverture and Jean-Jacques Dessalines, both of whom had been born enslaved on local plantations. […] By January 1804, through successful guerrilla tactics, Black revolutionaries had decimated the French army, already suffering an outbreak of yellow fever, to create the Haitian nation.

En 1791, des Africains libres et esclaves et d’autres insulaires d’ascendance africaine se soulevèrent sous la conduite de Toussaint Louverture et de Jean-Jacques Dessalines, tous deux nés esclaves sur des plantations de l’île. […] En janvier 1804, grâce à une guérilla victorieuse, les révolutionnaires noirs avaient décimé l’armée française, déjà frappée par une épidémie de fièvre jaune, et fondé la nation haïtienne.

Kordas, Ann, Lynch, Ryan J., Nelson, Brooke et Tatlock, Julie, World History, Volume 2: from 1400, OpenStax, 2022, section 8.1 « Revolution for Whom? »

The British withdrew from Haiti in 1798, having been been defeated by the revolutionary army of formerly enslaved people led by Toussaint Louverture.

Les Britanniques se retirèrent d’Haïti en 1798, vaincus par l’armée révolutionnaire d’anciens esclaves menée par Toussaint Louverture.

Royal Museums Greenwich, Pechon, J., Plan de la baye et du Mole St. Nicolas partie du Nord de St. Domingue, carte manuscrite, 1794, National Maritime Museum, G245:8/4, notice de collection

The most authoritative estimates by leading scholars in the field suggest that around 5 million people were trafficked from Sub-Saharan Africa during the period from the 16th to the 19th century.

Les estimations les plus autorisées des grands spécialistes du domaine indiquent qu’environ 5 millions de personnes ont été déportées d’Afrique subsaharienne entre le XVIᵉ et le XIXᵉ siècle.

Rönnbäck, Klas, « The Slave Trades out of Africa », dans The History of African Development, manuel en ligne, African Economic History Network

This book provides a series of pioneering studies, by experts in the field, on resistance to forms of bondage in Africa, Asia and the Indian Ocean world. It analyses the causes, duration and structure of resistance, from go-slows to flight, and theft to sabotage.

Ce livre réunit une série d’études pionnières, dues à des spécialistes, sur la résistance aux formes de servitude en Afrique, en Asie et dans le monde de l’océan Indien. Il analyse les causes, la durée et la structure de la résistance, du travail ralenti à la fuite, du vol au sabotage.

Routledge, présentation de Alpers, Edward A., Campbell, Gwyn et Salman, Michael (dir.), Slavery and Resistance in Africa and Asia: Bonds of Resistance, 2005

A series of revolutionary uprisings in Saint Domigue (Haiti) between 1791 and 1804 led to Haiti achieving independence on 1st January 1804, and becoming the first country to permanently ban slavery.

Une série de soulèvements révolutionnaires à Saint-Domingue (Haïti) entre 1791 et 1804 conduisit Haïti à l’indépendance le 1ᵉʳ janvier 1804 et en fit le premier pays à interdire définitivement l’esclavage.

Royal Museums Greenwich, Pechon, J., Plan de la baye et du Mole St. Nicolas partie du Nord de St. Domingue, carte manuscrite, 1794, National Maritime Museum, G245:8/4, notice de collection

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Notes et sources

  1. ↑

    Passage En trois cent soixante-six ans, environ 12,5 millions de personnes ont été embarquées de force […] Environ 10,7 millions ont été débarquées.

    in 366 years, slaving vessels embarked about 12.5 million captives in Africa, and landed 10.7 million in the New World

    Traduction de la rédaction en 366 ans, les navires négriers ont embarqué environ 12,5 millions de captifs en Afrique et en ont débarqué 10,7 millions dans le Nouveau Monde

    Source Slave Voyages: The Trans-Atlantic and Intra-American Slave Trade Databases, Rice University et consortium d’universités, présentation des estimations.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  2. ↑

    Passage Plus de 1,8 million de personnes ne sont pas arrivées.

    a careful estimate that the Middle Passage took a toll of more than 1.8 million African lives

    Traduction de la rédaction une estimation prudente selon laquelle la traversée de l’Atlantique a coûté la vie à plus de 1,8 million d’Africains

    Source Slave Voyages: The Trans-Atlantic and Intra-American Slave Trade Databases, Rice University et consortium d’universités, présentation des estimations.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  3. ↑

    Passage une seule culture destinée à l’exportation — le sucre d’abord, puis le tabac, le riz, l’indigo, le café

    to produce sugar, rice, indigo, tobacco, and, by the eighteenth century, coffee in the Americas.

    Traduction de la rédaction pour produire dans les Amériques du sucre, du riz, de l’indigo, du tabac et, au XVIIIᵉ siècle, du café.

    Source OpenStax, World History, vol. 2, chapitre « The Atlantic Slave Trade », section sur les cultures d’exportation.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  4. ↑

    Passage Il avait d’abord été mis en place sur des îles au large de l’Afrique, où les Portugais faisaient déjà cultiver la canne à sucre par des Africains réduits en esclavage. […] Les Amériques n’ont pas donné naissance au système : elles lui ont donné une échelle.

    The Portuguese, already using enslaved Africans to grow sugar on islands off the coast of Africa,

    Traduction de la rédaction Les Portugais, qui faisaient déjà cultiver le sucre par des Africains réduits en esclavage sur des îles au large de l’Afrique,

    Source OpenStax, World History, vol. 2, chapitre « The Atlantic Slave Trade », passage sur les débuts de la traite vers le Brésil.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  5. ↑

    Passage Les colons ont d’abord exploité les populations autochtones, décimées par les épidémies

    Indigenous people died in large numbers from infectious diseases, leaving too few to labor in the fields.

    Traduction de la rédaction Les populations autochtones moururent en grand nombre de maladies infectieuses, et il resta trop peu de bras pour travailler dans les champs.

    Source OpenStax, World History, vol. 2, chapitre « The Atlantic Slave Trade », passage sur la main-d’œuvre autochtone.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

    Passage C’est notamment l’insuffisance de ces deux solutions qui conduit à la déportation massive d’Africains réduits en esclavage

    Thus, Europeans eager to extract a profit looked to Africa as the solution, and to slavery instead of indentured servitude.

    Traduction de la rédaction Ainsi, les Européens avides de profit se tournèrent vers l’Afrique comme solution, et vers l’esclavage plutôt que vers l’engagement sous contrat.

    Source OpenStax, World History, vol. 2, chapitre « The Atlantic Slave Trade », passage sur l’engagement de travailleurs européens.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

    Passage un statut héréditaire, et défini par la loi comme une propriété

    in all the European colonies in the Americas, the child of an enslaved woman was born enslaved.

    Traduction de la rédaction dans toutes les colonies européennes des Amériques, l’enfant d’une femme réduite en esclavage naissait esclave.

    Source OpenStax, World History, vol. 2, chapitre « The Atlantic Slave Trade », passage sur l’esclavage-marchandise.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  6. ↑

    Passage La formule est commode mais simplificatrice : le commerce réel était plus complexe

    was a complex one, for purposes of simplification, it is often characterized as the triangular trade

    Traduction de la rédaction était complexe ; pour simplifier, on le présente souvent comme le commerce triangulaire

    Source OpenStax, World History, vol. 2, chapitre « The Atlantic Slave Trade », discussion de l’expression « commerce triangulaire ».

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

    Passage une part de la traite s’est faite à l’intérieur même des Amériques

    The three databases below provide details of 36,000 trans-Atlantic slave voyages, 10,000 intra-American ventures, names and personal information.

    Traduction de la rédaction Les trois bases ci-dessous détaillent 36 000 voyages de traite transatlantiques, 10 000 expéditions intra-américaines, ainsi que des noms et des informations personnelles.

    Source Slave Voyages: The Trans-Atlantic and Intra-American Slave Trade Databases, Rice University et consortium d’universités, page d’accueil des bases.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  7. ↑

    Passage C’est la culture qui exigeait le plus de travail

    Sugar, the most valuable crop grown by enslaved people, also required the most labor,

    Traduction de la rédaction Le sucre, la plus précieuse des cultures produites par des personnes réduites en esclavage, exigeait aussi le plus de travail,

    Source OpenStax, World History, vol. 2, chapitre « The Atlantic Slave Trade », passage sur le sucre.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

    Passage c’est vers les colonies sucrières — Saint-Domingue, la Jamaïque, la Barbade, le Brésil — que la majorité des déportés ont été envoyés

    The majority of Africans brought across the Atlantic were destined to labor on sugar plantations in the Caribbean and Brazil.

    Traduction de la rédaction La majorité des Africains amenés de l’autre côté de l’Atlantique étaient destinés à travailler dans les plantations sucrières de la Caraïbe et du Brésil.

    Source OpenStax, World History, vol. 2, chapitre « The Atlantic Slave Trade », passage sur les destinations des captifs.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  8. ↑

    Passage les estimations de la population des Amériques avant 1492 varient encore de plusieurs dizaines de millions

    60.5 million (interquartile range, IQR 44.8–78.2 million)

    Traduction de la rédaction 60,5 millions (écart interquartile : de 44,8 à 78,2 millions)

    Source Koch, Alexander, Brierley, Chris, Maslin, Mark M. et Lewis, Simon L., « Earth System Impacts of the European Arrival and Great Dying in the Americas after 1492 », Quaternary Science Reviews, vol. 207, 2019, p. 13-36, résumé.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  9. ↑

    Passage 36 000 traversées transatlantiques recensées ; 10 000 trajets internes aux Amériques

    The three databases below provide details of 36,000 trans-Atlantic slave voyages, 10,000 intra-American ventures, names and personal information.

    Traduction de la rédaction Les trois bases ci-dessous détaillent 36 000 voyages de traite transatlantiques, 10 000 expéditions intra-américaines, ainsi que des noms et des informations personnelles.

    Source Slave Voyages: The Trans-Atlantic and Intra-American Slave Trade Databases, Rice University et consortium d’universités, page d’accueil des bases.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  10. ↑

    Passage Pour chaque voyage, l’équipe a cherché à établir les dates, les propriétaires, le navire, le capitaine, les escales africaines, la destination américaine, le nombre de personnes embarquées et le nombre débarquées.

    For each voyage they sought to establish dates, owners, vessels, captains, African visits, American destinations, numbers of slaves embarked, and numbers landed.

    Traduction de la rédaction Pour chaque voyage, ils ont cherché à établir les dates, les propriétaires, les navires, les capitaines, les escales africaines, les destinations américaines, le nombre d’esclaves embarqués et le nombre de débarqués.

    Source Slave Voyages: The Trans-Atlantic and Intra-American Slave Trade Databases, Rice University et consortium d’universités, présentation du projet.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  11. ↑

    Passage Elle a retrouvé l’essentiel de ces informations pour environ 80 % de la traite transatlantique. Le reste a été estimé par calcul.

    They have been able to find much of this material for an estimated 80 percent of the entire transatlantic African slave trade. With corrections for missing voyages, the Project has estimated the entire size of the transatlantic slave trade

    Traduction de la rédaction Ils ont pu retrouver une grande partie de ces informations pour environ 80 % de l’ensemble de la traite transatlantique. En corrigeant pour les voyages manquants, le projet a estimé l’ampleur totale de la traite transatlantique

    Source Slave Voyages: The Trans-Atlantic and Intra-American Slave Trade Databases, Rice University et consortium d’universités, présentation du projet.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  12. ↑

    Passage Portugal […] environ 5 850 000 […] Grande-Bretagne […] environ 3 260 000 […] France […] environ 1 380 000

    Portugal 5,848,266 | Great Britain 3,259,441 | France 1,381,404

    Traduction de la rédaction Portugal 5 848 266 | Grande-Bretagne 3 259 441 | France 1 381 404

    Source Slave Voyages: The Trans-Atlantic and Intra-American Slave Trade Databases, Rice University et consortium d’universités, tableau de répartition par pavillon.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

    Passage Espagne […] environ 1 060 000 […] Pays-Bas […] environ 550 000 […] États-Unis […] environ 305 000 […] Danemark […] environ 111 000

    Spain 1,061,524 | Netherlands 554,336 | United States 305,326 | Denmark 111,040

    Traduction de la rédaction Espagne 1 061 524 | Pays-Bas 554 336 | États-Unis 305 326 | Danemark 111 040

    Source Slave Voyages: The Trans-Atlantic and Intra-American Slave Trade Databases, Rice University et consortium d’universités, tableau de répartition par pavillon.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  13. ↑

    Passage Leur travail prolonge un premier recensement d’ensemble, publié par l’historien Philip Curtin.

    Beginning with works such as Philip Curtin’s The Atlantic Slave Trade: A Census(1969), a widely disbursed group of scholars has spent almost half a century collecting and coding the records of the transatlantic slave voyages that brought tens of millions of Africans to the New World. David Eltis, Stephen Behrendt and David Richardson played leading roles in amalgamating this data, and then producing software that would make it accessible to students and researchers across the world.

    Traduction de la rédaction À commencer par des ouvrages comme The Atlantic Slave Trade: A Census (1969) de Philip Curtin, un groupe de chercheurs dispersés a passé près d’un demi-siècle à recueillir et à coder les archives des voyages négriers transatlantiques qui ont amené des dizaines de millions d’Africains dans le Nouveau Monde. David Eltis, Stephen Behrendt et David Richardson ont joué un rôle de premier plan dans la réunion de ces données, puis dans la création d’un logiciel qui les rende accessibles aux étudiants et aux chercheurs du monde entier.

    Source Newman, Simon P., « Mapping the Transatlantic Slave Trade », compte rendu de l’Atlas of the Transatlantic Slave Trade d’Eltis et Richardson, Commonplace: The Journal of Early American Life, 2ᵉ paragraphe du compte rendu.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage Les historiens de ce projet écrivent « environ », indiquent leur couverture — quatre expéditions sur cinq — et disent comment ils ont reconstitué le reste.

    Using the patterns that have emerged in the huge amount of surviving data, the project authors have inferred places and imputed numbers, filling in the gaps in the records. […] The authors believe that the 34,934 voyages covered in this volume constitute “just over 80 percent of all the slave ventures that ever set out for Africa to obtain slaves from all locations around the Atlantic” (xxv). […] Absolute precision is an impossible goal […]

    Traduction de la rédaction À partir des régularités qui se dégagent de l’énorme masse de données conservées, les auteurs du projet ont déduit des lieux et imputé des chiffres, comblant les lacunes des archives. […] Les auteurs estiment que les 34 934 voyages couverts par ce volume représentent « un peu plus de 80 % de toutes les expéditions négrières parties vers l’Afrique pour y acquérir des esclaves depuis tous les points de l’Atlantique » (xxv). […] La précision absolue est un but impossible […]

    Source Newman, Simon P., « Mapping the Transatlantic Slave Trade », compte rendu de l’Atlas of the Transatlantic Slave Trade d’Eltis et Richardson, Commonplace: The Journal of Early American Life, paragraphes commençant par « The maps and the calculations », « As new datasets appear » et « The maps in this volume are therefore » (citation de l’Atlas, p. xxv).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  14. ↑

    Passage Plus de quatre-vingt-dix mille noms

    contains information on 92,230 individuals including African names for almost all of them

    Traduction de la rédaction contient des informations sur 92 230 personnes, dont le nom africain pour presque toutes

    Source Domingues da Silva, Daniel, Eltis, David, Misevich, Philip et Ojo, Olatunji, « The Diaspora of Africans Liberated from Slave Ships in the Nineteenth Century », The Journal of African History, vol. 55, n° 3, 2014, p. 347-369, section « Size and Distribution ».

    Accès payant ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

    Passage avec le lieu d’embarquement, le sexe et l’origine

    These records are sortable by name, gender origin, and place of embarkation.

    Traduction de la rédaction Ces fiches peuvent être triées par nom, sexe, origine et lieu d’embarquement.

    Source African Origins / African Names Database, dans Slave Voyages, présentation de la base des noms.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  15. ↑

    Passage Ces personnes figurent dans les archives uniquement parce que leur navire a été intercepté par des patrouilles, après l’interdiction légale de ce commerce

    Africans, bound for slavery in North and South America, but liberated after their ships were stopped

    Traduction de la rédaction des Africains destinés à l’esclavage en Amérique du Nord et du Sud, mais libérés après l’arrêt de leurs navires

    Source African Origins / African Names Database, dans Slave Voyages, présentation de la base des noms.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  16. ↑

    Pour l’ensemble de cette partie

    Passage la constitution de cette base et ses limites

    Based on the assessment of extant data for more than 92,000 Liberated Africans whose information was copied in at times duplicate and triplicate form in both London- and Freetown-based registers, this essay explores the pitfalls and possibilities associated with using the Registers for Liberated Africans as sources for historical analysis of the slave trade.

    Traduction de la rédaction À partir de l’examen des données conservées sur plus de 92 000 Africains libérés, dont les informations ont été copiées, parfois en double et en triple, dans des registres tenus à Londres et à Freetown, cet essai explore les écueils et les possibilités de l’usage des Registres des Africains libérés comme sources pour l’analyse historique de la traite.

    Source Anderson, Richard et al., « Using African Names to Identify the Origins of Captives in the Transatlantic Slave Trade: Crowd-Sourcing and the Registers of Liberated Africans, 1808–1862 », History in Africa, vol. 40, 2013, p. 165-191, résumé.

    Accès payant ouvrir la source · vérifié le 25 octobre 2026

  17. ↑

    Passage Des mutineries ont éclaté pendant les traversées ; des historiens ont recensé ces soulèvements et en étudient les causes.

    Historical insights—unlike moralizing rhetorical gestures, however valid and necessary—come from the close study of more modest quanta: fluctuations and cycles in traffic volumes, regional differences in captive gender ratios, or the frequency of African resistance aboard ship, for example. […] Richardson, for example, has explored the conditions under which slave rebellions were likely to occur on board ship.

    Traduction de la rédaction Les vraies avancées historiques — à la différence des postures morales, si justes et nécessaires soient-elles — viennent de l’étude attentive de grandeurs plus modestes : fluctuations et cycles des volumes du trafic, différences régionales dans la proportion d’hommes et de femmes parmi les captifs, ou fréquence de la résistance africaine à bord, par exemple. […] Richardson, par exemple, a étudié les conditions dans lesquelles des révoltes d’esclaves avaient le plus de chances d’éclater à bord.

    Source Williford, James, « Gross Injustice: The Slave Trade by the Numbers », Humanities, National Endowment for the Humanities, vol. 31, n° 5, septembre-octobre 2010, corps de l’article, paragraphe commençant par « The slave trade was not » (3ᵉ paragraphe) et paragraphe commençant par « A quick survey of » (travaux de David Richardson).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage Fuir la plantation a donné naissance à des communautés durables — quilombos au Brésil, palenques dans le monde hispanique, marronnage dans la Caraïbe.

    Usually called palenques in the Spanish colonies and mocambos or quilombos in Brazil, they ranged from tiny bands that survived less than a year to powerful states encompassing thousands of members and enduring for generations or even centuries. […] In Brazil, Colombia, Cuba, Ecuador, Hispaniola, Jamaica, Mexico, Panama, Peru, Suriname, and Venezuela, for example, the whites reluctantly offered treaties granting Maroon communities their freedom […]

    Traduction de la rédaction Généralement appelées palenques dans les colonies espagnoles et mocambos ou quilombos au Brésil, elles allaient de petites bandes qui survécurent moins d’un an à des États puissants comptant des milliers de membres et durant des générations, voire des siècles. […] Au Brésil, en Colombie, à Cuba, en Équateur, à Hispaniola, en Jamaïque, au Mexique, au Panama, au Pérou, au Suriname et au Venezuela, par exemple, les Blancs offrirent à contrecœur des traités qui accordaient la liberté aux communautés marronnes […]

    Source Price, Richard, « Maroons in the Americas: Heroic Pasts, Ambiguous Presents, Uncertain Futures », Cultural Survival Quarterly, vol. 25, n° 4, décembre 2001, 3ᵉ paragraphe, 2ᵉ phrase, et 5ᵉ paragraphe (« In many cases… », traités de paix).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage la révolte de la Jamaïque

    In 1760, some fifteen hundred enslaved black men and women […] to stage a massive uprising in Jamaica […]

    Traduction de la rédaction En 1760, quelque mille cinq cents hommes et femmes noirs réduits en esclavage […] pour déclencher un vaste soulèvement en Jamaïque […]

    Source Brown, Vincent (dir.), Slave Revolt in Jamaica, 1760-1761: A Cartographic Narrative, Harvard University et Axis Maps, carte narrative en ligne, page d’accueil, « Project Description », 1re phrase.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage la conspiration de La Escalera à Cuba

    At dawn on June 29, 1844, a firing squad in Havana executed ten accused ringleaders of the Conspiracy of La Escalera, an alleged plot to abolish slavery and colonial rule in Cuba. […] Scholars have debated the existence of the Conspiracy of La Escalera for over a century, yet little is known about how those targeted by the violence responded.

    Traduction de la rédaction À l’aube du 29 juin 1844, un peloton d’exécution fusilla à La Havane dix meneurs présumés de la conspiration de La Escalera, un complot supposé visant à abolir l’esclavage et la domination coloniale à Cuba. […] Les historiens débattent depuis plus d’un siècle de l’existence de la conspiration de La Escalera, mais on sait peu de chose de la manière dont réagirent ceux que visa la violence.

    Source Reid-Vazquez, Michele, The Year of the Lash: Free People of Color in Cuba and the Nineteenth-Century Atlantic World, University of Georgia Press, 2011, présentation de l’éditeur, présentation de l’éditeur, 2e et 3e paragraphes.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage À Saint-Domingue, l’insurrection partie des captifs a vaincu les armées coloniales.

    In 1791, freed and enslaved Africans and other islanders of African descent rebelled under the leadership of Toussaint Louverture and Jean-Jacques Dessalines, both of whom had been born enslaved on local plantations. […] By January 1804, through successful guerrilla tactics, Black revolutionaries had decimated the French army, already suffering an outbreak of yellow fever, to create the Haitian nation.

    Traduction de la rédaction En 1791, des Africains libres et esclaves et d’autres insulaires d’ascendance africaine se soulevèrent sous la conduite de Toussaint Louverture et de Jean-Jacques Dessalines, tous deux nés esclaves sur des plantations de l’île. […] En janvier 1804, grâce à une guérilla victorieuse, les révolutionnaires noirs avaient décimé l’armée française, déjà frappée par une épidémie de fièvre jaune, et fondé la nation haïtienne.

    Source Kordas, Ann, Lynch, Ryan J., Nelson, Brooke et Tatlock, Julie, World History, Volume 2: from 1400, OpenStax, 2022, section 8.1 « Revolution for Whom? », section 8.1, sous-section « The Napoleonic Era », paragraphes sur Saint-Domingue.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage l’insurrection partie des captifs a vaincu les armées coloniales

    The British withdrew from Haiti in 1798, having been been defeated by the revolutionary army of formerly enslaved people led by Toussaint Louverture.

    Traduction de la rédaction Les Britanniques se retirèrent d’Haïti en 1798, vaincus par l’armée révolutionnaire d’anciens esclaves menée par Toussaint Louverture.

    Source Royal Museums Greenwich, Pechon, J., Plan de la baye et du Mole St. Nicolas partie du Nord de St. Domingue, carte manuscrite, 1794, National Maritime Museum, G245:8/4, notice de collection, notice de l’objet G245:8/4, description, dernier paragraphe.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage les traites transsaharienne et de l’océan Indien ont également déporté des millions de captifs sur plusieurs siècles

    The most authoritative estimates by leading scholars in the field suggest that around 5 million people were trafficked from Sub-Saharan Africa during the period from the 16th to the 19th century.

    Traduction de la rédaction Les estimations les plus autorisées des grands spécialistes du domaine indiquent qu’environ 5 millions de personnes ont été déportées d’Afrique subsaharienne entre le XVIᵉ et le XIXᵉ siècle.

    Source Rönnbäck, Klas, « The Slave Trades out of Africa », dans The History of African Development, manuel en ligne, African Economic History Network, p. 2, section 2 (« The Trans-Saharan, Red Sea and Indian Ocean slave trades »).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage elles ont, elles aussi, suscité des résistances, du travail ralenti à la fuite et au sabotage

    This book provides a series of pioneering studies, by experts in the field, on resistance to forms of bondage in Africa, Asia and the Indian Ocean world. It analyses the causes, duration and structure of resistance, from go-slows to flight, and theft to sabotage.

    Traduction de la rédaction Ce livre réunit une série d’études pionnières, dues à des spécialistes, sur la résistance aux formes de servitude en Afrique, en Asie et dans le monde de l’océan Indien. Il analyse les causes, la durée et la structure de la résistance, du travail ralenti à la fuite, du vol au sabotage.

    Source Routledge, présentation de Alpers, Edward A., Campbell, Gwyn et Salman, Michael (dir.), Slavery and Resistance in Africa and Asia: Bonds of Resistance, 2005, présentation de l’éditeur, 1re et 2e phrases.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage Elle aboutit à l’abolition de l’esclavage et à l’indépendance d’Haïti.

    A series of revolutionary uprisings in Saint Domigue (Haiti) between 1791 and 1804 led to Haiti achieving independence on 1st January 1804, and becoming the first country to permanently ban slavery.

    Traduction de la rédaction Une série de soulèvements révolutionnaires à Saint-Domingue (Haïti) entre 1791 et 1804 conduisit Haïti à l’indépendance le 1ᵉʳ janvier 1804 et en fit le premier pays à interdire définitivement l’esclavage.

    Source Royal Museums Greenwich, Pechon, J., Plan de la baye et du Mole St. Nicolas partie du Nord de St. Domingue, carte manuscrite, 1794, National Maritime Museum, G245:8/4, notice de collection, notice de l’objet G245:8/4, « Contents Note », 3ᵉ phrase.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

Références bibliographiques

23
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  • Anderson, Richard et al., « Using African Names to Identify the Origins of Captives in the Transatlantic Slave Trade: Crowd-Sourcing and the Registers of Liberated Africans, 1808–1862 », History in Africa, vol. 40, 2013, p. 165-191, accès payant (la constitution de cette base et ses limites). https://doi.org/10.1017/hia.2013.3
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  • Brown, Vincent, Tacky’s Revolt: The Story of an Atlantic Slave War, Harvard University Press, 2020, en bibliothèque (la révolte de la Jamaïque au XVIIIᵉ siècle).
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  • Reid-Vazquez, Michele, The Year of the Lash: Free People of Color in Cuba and the Nineteenth-Century Atlantic World, University of Georgia Press, 2011, présentation de l’éditeur, en accès libre. https://ugapress.org/book/9780820335759/the-year-of-the-lash
  • Richardson, David, « Shipboard Revolts, African Authority, and the Atlantic Slave Trade », William and Mary Quarterly, vol. 58, n° 1, 2001, p. 69-92, accès payant (les insurrections à bord).
  • Rönnbäck, Klas, « The Slave Trades out of Africa », dans The History of African Development, manuel en ligne, African Economic History Network, accès libre (environ 5 millions de captifs déportés par les traites transsaharienne, de la mer Rouge et de l’océan Indien du XVIᵉ au XIXᵉ siècle). https://www.aehnetwork.org/wp-content/uploads/2020/05/Ronnback_Slave_Trades_out_of_Africa.pdf
  • Routledge, présentation de Alpers, Edward A., Campbell, Gwyn et Salman, Michael (dir.), Slavery and Resistance in Africa and Asia: Bonds of Resistance, 2005, en accès libre (la résistance à la servitude en Afrique, en Asie et dans le monde de l’océan Indien, du travail ralenti à la fuite et au sabotage). https://www.routledge.com/Slavery-and-Resistance-in-Africa-and-Asia-Bonds-of-Resistance/Alpers-Campbell-Salman/p/book/9780415875813
  • Royal Museums Greenwich, Pechon, J., Plan de la baye et du Mole St. Nicolas partie du Nord de St. Domingue, carte manuscrite, 1794, National Maritime Museum, G245:8/4, notice de collection en accès libre (l’armée d’anciens esclaves de Toussaint Louverture qui vainc les Britanniques, retirés en 1798 ; l’indépendance d’Haïti en 1804 et l’interdiction définitive de l’esclavage). https://www.rmg.co.uk/collections/objects/rmgc-object-540528
  • Slave Voyages: The Trans-Atlantic and Intra-American Slave Trade Databases, Rice University et consortium d’universités, en accès libre (36 000 traversées transatlantiques et 10 000 trajets intra-américains ; les données recherchées pour chaque voyage ; la couverture de 80 % et l’estimation du reste ; 12,5 millions d’embarqués, 10,7 millions de débarqués, plus de 1,8 million de morts ; la répartition par pavillon). https://www.slavevoyages.org
  • Williford, James, « Gross Injustice: The Slave Trade by the Numbers », Humanities, National Endowment for the Humanities, vol. 31, n° 5, septembre-octobre 2010, en accès libre (la base des voyages négriers et les travaux qu’elle permet, dont la fréquence des révoltes à bord et leurs conditions, étudiées par David Richardson). https://www.neh.gov/humanities/2010/septemberoctober/feature/gross-injustice

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