
Dans un magasin de disques ou une application de musique, il existe un rayon « musiques du monde ».
On y trouve de la musique bulgare, malienne, cubaine, indienne, mongole, rangée ensemble.
Reste à savoir ce que ces musiques ont en commun.
Rien. Absolument rien, sauf une chose : elles ne viennent pas d’un petit groupe de pays.
Les arts : ce qu’on range, et sous quels noms
Avant d’examiner comment on range, il faut savoir ce que l’on range.
On appelle « arts » les activités par lesquelles les humains fabriquent des objets, des sons, des gestes ou des images destinés à être vus, écoutés ou vécus par d’autres. Toutes les sociétés connues en pratiquent, sans exception — mais aucune ne les découpe de la même façon, et c’est là que les difficultés commencent.
Le découpage courant en Europe distingue les arts visuels, la musique, la danse, le théâtre, l’architecture et la littérature. Cette liste paraît naturelle. Elle est pourtant datée, et l’on sait par qui elle a été établie. En 1746, l’abbé français Charles Batteux publie Les Beaux-Arts réduits à un même principe et propose de regrouper sous ce nom la musique, la poésie, la peinture, la sculpture et la danse — au motif qu’elles imitent la nature et visent le plaisir, alors que les arts mécaniques, eux, se rendent utiles. C’est ce livre qui fixe la catégorie.1
Deux siècles et demi plus tard, nous employons encore son classement sans savoir qu’il a un auteur.
Cette idée-là n’est pas universelle. Dans une grande partie du monde, un masque, un tapis, une poterie ou un chant ne sont pas séparés de leur usage : le masque sert à une cérémonie, le chant accompagne un travail ou une naissance. Les exposer sous verre dans une salle silencieuse revient à leur retirer précisément ce qui leur donnait leur sens.
La musique, et ce qu’elle assemble
Toute musique combine trois éléments, dans des proportions qui varient énormément d’une culture à l’autre.
- La hauteur : le fait qu’un son soit grave ou aigu, et la manière dont on découpe l’intervalle entre les deux. L’Europe utilise douze degrés par octave ; la musique indienne en distingue davantage, et la musique arabe emploie des intervalles que le piano ne peut pas jouer.
- La durée : le rythme, c’est-à-dire l’organisation des sons dans le temps. Certaines traditions le construisent sur des cycles de sept, neuf ou seize temps là où l’Europe privilégie trois et quatre.
- Le timbre : ce qui fait qu’une même note jouée par une flûte et par un violon ne se ressemble pas.
Les instruments se classent selon ce qui vibre : une corde, une colonne d’air, une peau tendue, ou le corps même de l’objet. Ce critère est dû au Belge Victor-Charles Mahillon, conservateur du musée du Conservatoire de Bruxelles, qui répartit les instruments en quatre groupes dans un essai de classification publié en 1880 — mais son classement partait surtout des instruments européens.2
En 1914, deux chercheurs, l’Autrichien Erich von Hornbostel et l’Allemand Curt Sachs, le reprennent et l’étendent pour qu’il puisse ranger les instruments de toutes les cultures du monde. C’est leur version qu’on emploie encore.3
Ces classements sont des outils, non des découvertes. Aucun ne se lit dans la nature des œuvres ; chacun a été fabriqué par quelqu’un, quelque part, pour un usage. La suite de cette page examine ce qui se produit quand on omet de le préciser.
Une case inventée un lundi de juin
Cette catégorie a une date de naissance : le 29 juin 1987, à l’Empress of Russia, dans le quartier d’Islington, à Londres.4
Des responsables de maisons de disques, des disquaires et des producteurs s’y sont réunis pour créer une nouvelle catégorie commerciale. On connaît même le compte rendu de la réunion : quelqu’un en avait gardé une copie.
Leur problème était très concret, et n’avait rien de malveillant. Des musiques venues de Bulgarie, du Mali, du Sénégal ou du Zimbabwe trouvaient de plus en plus d’acheteurs. Mais les magasins ne savaient pas dans quel rayon les mettre. On a donc fabriqué un rayon.5
Une précision s’impose, car on lit souvent que le mot a été inventé ce jour-là. Il n’en est rien : il existait depuis le début des années 1960, employé par un universitaire américain, Robert E. Brown, qui voulait faire connaître les musiques du monde à ses étudiants. Ce que la réunion de 1987 a créé, ce n’est pas le mot. C’est son usage commercial.6
Ce que cela enseigne
« Musique du monde » ne décrit aucune musique.
C’est toute la musique de la planète, moins celle de quelques pays, rangée ensemble. C’est une catégorie définie par ce qu’elle n’est pas.
Une fois créée, la case se met à exister d’elle-même. Il existe des classements de musiques du monde, des présentoirs, des festivals, des prix. Un musicien malien et un musicien mongol se retrouvent voisins de rayon alors qu’ils n’ont ni la même langue, ni les mêmes instruments, ni le même public.
Le mécanisme ne concerne pas que la musique : face à une catégorie, il faut se demander qui l’a faite, quand, et pour résoudre quel problème. La réponse est souvent surprenante, et figure parfois dans un compte rendu de réunion.
Un objet, à présent
Au Nigeria, le royaume du Bénin — qui n’a rien à voir avec le pays qui porte aujourd’hui ce nom — a produit pendant des siècles des plaques, des têtes et des figures de métal d’une finesse extraordinaire. On les appelle les bronzes du Bénin. Ils sont dans les musées du monde entier.
Des travaux du XXIᵉ siècle ont établi deux faits, et aucun n’est celui qu’on attendrait.
Ce ne sont pas des bronzes. Ils sont, pour la plupart, en laiton, un alliage différent — cuivre et zinc, au lieu de cuivre et étain.7
Ce laiton venait d’Allemagne. On pensait déjà qu’il venait d’anneaux de métal européens, sans pouvoir le prouver. Une équipe a analysé, en 2023, soixante-sept manilles — ces anneaux de métal en forme de fer à cheval — repêchées dans cinq épaves de l’Atlantique et sur trois sites à terre. En comparant leurs éléments-traces et leurs isotopes de plomb à ceux des œuvres du Bénin et à ceux des minerais européens, ils ont identifié l’origine : la Rhénanie, entre Cologne et Aix-la-Chapelle, où l’on disposait à la fois du minerai de zinc et du plomb nécessaires.8
Le chercheur qui a dirigé l’étude le dit simplement : on croyait ce laiton britannique ou flamand ; il a été extrait dans la région du Rhin, entre l’Allemagne et la Belgique, puis expédié sur plus de six mille kilomètres.9
Or ces anneaux n’étaient pas de la simple matière première. C’était de la monnaie, celle du commerce atlantique — et ce commerce était celui des esclaves. Comme les coquillages dont l’histoire est racontée ailleurs sur ce site, les manilles servaient à payer des êtres humains.10
Autrement dit, le métal de ces œuvres est de l’argent fondu.
Ce qu’il ne faut pas en conclure
Deux conclusions viennent aussitôt à l’esprit, et toutes deux sont fausses.
Ce n’est pas un art européen. Ces objets ont été fondus au Bénin, par les fondeurs du royaume — le peuple edo —, avec leur technique et leur savoir-faire. Le métal ne fait pas l’œuvre, pas plus que le papier ne fait le livre.11
Mais ce fut un art ouvert. Ces fondeurs travaillaient avec ce que le commerce leur apportait, comme tous les artisans du monde depuis toujours.
La phrase juste est la troisième : ils ont pris le métal qui arrivait, et ils en ont fait autre chose.
Ce n’est pas la première fois que cette encyclopédie rencontre cette situation. Les tisserands indiens achètent le fil de la machine et continuent de tisser ; le Kenya fait d’un service britannique une pratique que personne d’autre n’a reproduite ; le Japon choisit un modèle d’école, puis en change. Chaque fois, le constat est le même : recevoir n’est pas subir.
Comment ces objets sont arrivés dans les musées
Ce point doit être dit, car c’est la partie que l’on passe souvent sous silence.
La plupart des pièces conservées aujourd’hui dans les musées d’Europe et des États-Unis proviennent d’une expédition militaire britannique menée en 1897 contre le royaume du Bénin.12
Elles n’ont pas été achetées. Elles ont été prises.
C’est aujourd’hui l’un des grands débats des musées : que faire de ces objets, et à qui appartiennent-ils ? Plusieurs en ont déjà rendu, et l’Allemagne a transféré au Nigeria la propriété d’un grand nombre de pièces.
Un détail en dit long sur la manière dont on débat : le chercheur qui a établi l’origine allemande du métal a fait remarquer que le débat sur les restitutions avait, jusque-là, tout simplement ignoré cette part de l’histoire.13
Note 1
Les autres ont pour objet le plaisir. […] on les appelle les beaux Arts par excellence. Tels sont la Musique, la Poësie, la Peinture, la Sculpture, & l'Art du geste ou la Danse.
Batteux, Charles, Les Beaux-Arts réduits à un même principe, Durand, Paris, 1746
Les uns ont pour objet les besoins de l'homme […] C'est de là que sont sortis les Arts mécaniques. Les autres ont pour objet le plaisir. […] Les lois du goût n'ont pour objet que l'imitation de la belle nature
Batteux, Charles, Les Beaux-Arts réduits à un même principe, Durand, Paris, 1746
Note 2
Le Catalogue du Musée instrumental du Conservatoire de Bruxelles, paru en 1880, a été épuisé en très peu de temps […] Tous les appareils sonores qui ont occupé le génie inventif de l'homme, se rangent en quatre classes : La première, où le son est entretenu par l'élasticité des corps eux-mêmes, est celle des instruments authophones. La deuxième, où le son est dû à la vibration de membranes devenues élastiques par tension, est celle des instruments à membranes. La troisième est celle des instruments à vent. […] Enfin, la quatrième, basée sur la vibration des cordes, corps filiformes qui, de même que les membranes, ne deviennent élastiques que par tension, est celle des instruments à cordes.
Mahillon, Victor-Charles, Catalogue descriptif & analytique du Musée instrumental du Conservatoire royal de musique de Bruxelles, vol. 1, 2ᵉ éd., Gand, A. Hoste, 1893
Note 3
Hornbostel- Sachs uses and expands Mahillon’s classification from thirty years earlier (Kartomi 1990), therefore perpetuating the radical changes of Mahillon’s scheme. […] Hornbostel-Sachs was developed in the early twentieth century by Austrian and German music theorists and scholars, Erich von Hornbostel and Curt Sachs (Katz 2001, Brown 2001). The scheme was first published in German in 1914 with the title of the scheme given as “Systematik der Musikinstrumente” (Hornbostel and Sachs 1914). […] The scheme drew upon developments in instrument classification, such as Mahillon’s division into four categories, while purposefully designing a scheme which moves away from single-culture, Western-centric structures of instrument classification.
Hornbostel-Sachs reprend et étend la classification de Mahillon, antérieure de trente ans (Kartomi 1990), perpétuant ainsi les changements radicaux du système de Mahillon. […] Hornbostel-Sachs a été élaboré au début du XXᵉ siècle par des théoriciens et savants de la musique autrichien et allemand, Erich von Hornbostel et Curt Sachs (Katz 2001, Brown 2001). Le système a été publié pour la première fois en allemand en 1914, sous le titre « Systematik der Musikinstrumente » (Hornbostel et Sachs 1914). […] Le système s’appuyait sur les avancées de la classification des instruments, comme la division de Mahillon en quatre catégories, tout en étant délibérément conçu pour s’éloigner des structures de classification des instruments propres à une seule culture et centrées sur l’Occident.
Lee, Deborah, « Hornbostel-Sachs Classification of Musical Instruments », Knowledge Organization, vol. 47, n° 1, 2020, p. 72-91, version acceptée
Note 4
For some reason I've kept all the minutes. At 7.00pm on Monday June 29th, 1987, what was initially described as an 'International Pop Label Meeting' was convened at the Empress Of Russia in St. John Street, Islington
Pour une raison ou une autre, j’ai gardé tous les comptes rendus. Le lundi 29 juin 1987 à 19 h, ce qui fut d’abord appelé une « réunion internationale de labels pop » se tint à l’Empress of Russia, dans St. John Street, à Islington
Anderson, Ian, « World Music History », fRoots, 2000
Note 5
the far more hip indie label 4AD had a mammoth seller with Les Mysteres De Voix Bulgares. But where the hell did you look in your High Street record shop for all this varied music that now had a burgeoning would-be buyer base but no obvious rack to browse?
le label indépendant 4AD, bien plus branché, avait eu un énorme succès de vente avec Le Mystère des voix bulgares. Mais où diable chercher, chez le disquaire de sa rue, toute cette musique variée qui avait désormais un public d’acheteurs en plein essor mais aucun bac évident où la trouver ?
Anderson, Ian, « World Music History », fRoots, 2000
Note 6
To my knowledge, the origin of the term world music dates to the early 1960s at Wesleyan University, when I thought it up in order to distinguish a new Ph.D. program there from ethnomusicology programs already in existence.
À ma connaissance, l’origine de l’expression world music remonte au début des années 1960, à l’université Wesleyan, quand je l’ai imaginée pour distinguer un nouveau programme de doctorat de cette université des programmes d’ethnomusicologie qui existaient déjà.
Brown, Robert E., « World Music — Past, Present, and Future », College Music Symposium, vol. 29, forum « World Music and Ethnomusicology »
It wasn’t a new name, just one of many that had floated around in the preceding decades. But the logic set out by Roger Armstrong was that an established, unified generic name would give retailers a place where they could confidently rack otherwise unstockable releases […]
Ce n’était pas un nom nouveau, seulement l’un des nombreux qui avaient circulé au cours des décennies précédentes. Mais la logique exposée par Roger Armstrong était qu’un nom générique établi et unifié donnerait aux disquaires un endroit où ranger en toute confiance des disques autrement impossibles à classer […]
Anderson, Ian, « World Music History », fRoots, 2000
Note 7
Over 700 available chemical analyses of Benin Bronzes indicate that the majority are either brass or leaded brass, sometimes with small amounts of tin. […] Brass, as an alloy of copper and zinc frequently carries some lead that originates from the calamine ores, which generally are not lead-free.
Plus de 700 analyses chimiques disponibles des bronzes du Bénin indiquent que la majorité sont en laiton ou en laiton au plomb, parfois avec de petites quantités d’étain. […] Le laiton, alliage de cuivre et de zinc, contient souvent un peu de plomb qui provient des minerais de calamine, lesquels ne sont généralement pas exempts de plomb.
Skowronek, Tobias B. et al., « German Brass for Benin Bronzes: Geochemical Analysis Insights into the Early Atlantic Trade », PLOS ONE, vol. 18, n° 4, e0283415, 2023
Note 8
It is commonly believed that distinctive brass rings known as “manillas”, used as currency in the European trade in West Africa, also served as a metal source for the making of the Bronzes. However, prior to the current study, no research had conclusively connected the Benin artworks and the European manillas.
On pense couramment que des anneaux de laiton caractéristiques appelés « manilles », utilisés comme monnaie dans le commerce européen en Afrique de l’Ouest, ont aussi servi de source de métal pour fabriquer les Bronzes. Cependant, avant la présente étude, aucune recherche n’avait relié de façon concluante les œuvres du Bénin et les manilles européennes.
Skowronek, Tobias B. et al., « German Brass for Benin Bronzes: Geochemical Analysis Insights into the Early Atlantic Trade », PLOS ONE, vol. 18, n° 4, e0283415, 2023
we present the lead isotope ratios and trace element compositions of 67 manillas from five Atlantic shipwrecks and three terrestrial sites
nous présentons les rapports isotopiques du plomb et la composition en éléments traces de 67 manilles provenant de cinq épaves de l’Atlantique et de trois sites terrestres
Skowronek, Tobias B. et al., « German Brass for Benin Bronzes: Geochemical Analysis Insights into the Early Atlantic Trade », PLOS ONE, vol. 18, n° 4, e0283415, 2023
These data are then compared with those of relevant European ores and to those of the Benin Bronzes.
Ces données sont ensuite comparées à celles des minerais européens pertinents et à celles des bronzes du Bénin.
Skowronek, Tobias B. et al., « German Brass for Benin Bronzes: Geochemical Analysis Insights into the Early Atlantic Trade », PLOS ONE, vol. 18, n° 4, e0283415, 2023
large quantities of manillas were produced in the German Rhineland industries between Cologne and Aachen that relied on the rich occurrences of calamine (the zinc-ore necessary to produce brass) and nearby lead sources
de grandes quantités de manilles étaient produites dans les industries de la Rhénanie allemande, entre Cologne et Aix-la-Chapelle, qui s’appuyaient sur les riches gisements de calamine (le minerai de zinc nécessaire pour fabriquer le laiton) et sur des sources de plomb voisines
Skowronek, Tobias B. et al., « German Brass for Benin Bronzes: Geochemical Analysis Insights into the Early Atlantic Trade », PLOS ONE, vol. 18, n° 4, e0283415, 2023
Note 9
Finally, we can prove that the brass used for the Benin masterpieces, long thought to come from Britain or Flanders, was mined in the Rhine region between the borders of Germany and Belgium […] The Rhineland manillas were then shipped more than [3,900 miles] to Benin.
Enfin, nous pouvons prouver que le laiton utilisé pour les chefs-d’œuvre du Bénin, longtemps supposé venir de Grande-Bretagne ou de Flandre, a été extrait dans la région du Rhin, à la frontière entre l’Allemagne et la Belgique […] Les manilles rhénanes ont ensuite été expédiées à plus de [3 900 miles, environ 6 300 km] jusqu’au Bénin.
Kingsley, Sean, « What Shipwrecks Reveal About the Origins of the Benin Bronzes », Smithsonian Magazine, 5 avril 2023
Note 10
distinctive brass rings known as “manillas”, used as currency in the European trade in West Africa […] It is astonishing that early 16th century slave traders apparently recognized African needs for manillas of specific composition.
des anneaux de laiton caractéristiques appelés « manilles », utilisés comme monnaie dans le commerce européen en Afrique de l’Ouest […] Il est étonnant que les négriers du début du XVIe siècle aient apparemment reconnu les besoins africains en manilles d’une composition précise.
Skowronek, Tobias B. et al., « German Brass for Benin Bronzes: Geochemical Analysis Insights into the Early Atlantic Trade », PLOS ONE, vol. 18, n° 4, e0283415, 2023
During the Transatlantic slave trade manillas were a frequent medium of exchange for slaves.
Pendant la traite transatlantique, les manilles étaient un moyen d’échange fréquent contre des esclaves.
The British Museum, Londres, Manilla; currency, n° 2009,4092.1
Note 11
the renowned Benin Bronzes, produced by the Edo people of Nigeria
les célèbres bronzes du Bénin, produits par le peuple edo du Nigeria
Skowronek, Tobias B. et al., « German Brass for Benin Bronzes: Geochemical Analysis Insights into the Early Atlantic Trade », PLOS ONE, vol. 18, n° 4, e0283415, 2023
Reflecting this prominence, the brass casters are the highest-ranking guild of visual artists in Benin's palace societies. Casters use the lost-wax method, in which a precisely detailed wax model is formed over a clay core.
Signe de ce prestige, les fondeurs de laiton forment la plus haute des guildes d’artistes des sociétés du palais du Bénin. Les fondeurs emploient la méthode de la cire perdue, dans laquelle un modèle en cire minutieusement détaillé est façonné sur un noyau d’argile.
The Art Institute of Chicago, « Video: Lost Wax Brass Casting, Benin City, 2003, 2006 », site de l’exposition Benin—Kings and Rituals
Note 12
Central to the consideration of the 5246 Benin objects currently dispersed across the 131 museums brought together here is the question of their ties to the British colonial military campaign on Benin City, or the ‘punitive expedition’ of 1897[1]. […] Using provenance research to document the trajectories and ownership histories of the pieces contributes to identifying the royal treasures that were taken by members of the expedition. These make up most of the Benin objects presently in public collections.
Au cœur de l’examen des 5 246 objets du Bénin aujourd’hui dispersés entre les 131 musées réunis ici se trouve la question de leurs liens avec la campagne militaire coloniale britannique contre Benin City, ou « expédition punitive » de 1897[1]. […] La recherche de provenance, qui documente les trajectoires et l’histoire des propriétaires successifs des pièces, contribue à identifier les trésors royaux qui ont été pris par des membres de l’expédition. Ceux-ci forment la plupart des objets du Bénin aujourd’hui conservés dans des collections publiques.
Digital Benin, « Provenance », documentation du projet, 7 novembre 2022
Note 13
However, the extensive discussion surrounding the restitution of the stolen artworks completely ignored the historical data that explained the presence of German metals in the Bronzes.
Cependant, la longue discussion autour de la restitution des œuvres volées a complètement ignoré les données historiques qui expliquaient la présence de métaux allemands dans les Bronzes.
Skowronek, Tobias, « New Publication Echoes from Benin by Associate Researcher Dr. Tobias Skowronek », Global Heritage Lab, Université de Bonn, 17 février 2025
Notes et sources
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Passage En 1746, l’abbé français Charles Batteux publie Les Beaux-Arts réduits à un même principe et propose de regrouper sous ce nom la musique, la poésie, la peinture, la sculpture et la danse
Les autres ont pour objet le plaisir. […] on les appelle les beaux Arts par excellence. Tels sont la Musique, la Poësie, la Peinture, la Sculpture, & l'Art du geste ou la Danse.
Source Batteux, Charles, Les Beaux-Arts réduits à un même principe, Durand, Paris, 1746, première partie, chapitre I, « Division & origine des Arts ».
Domaine public ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
Passage au motif qu’elles imitent la nature et visent le plaisir, alors que les arts mécaniques, eux, se rendent utiles
Les uns ont pour objet les besoins de l'homme […] C'est de là que sont sortis les Arts mécaniques. Les autres ont pour objet le plaisir. […] Les lois du goût n'ont pour objet que l'imitation de la belle nature
Source Batteux, Charles, Les Beaux-Arts réduits à un même principe, Durand, Paris, 1746, première partie, chapitre I, « Division & origine des Arts » ; titre d’un chapitre de la deuxième partie.
Domaine public ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
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Passage Ce critère est dû au Belge Victor-Charles Mahillon […] qui répartit les instruments en quatre groupes dans un essai de classification publié en 1880
Le Catalogue du Musée instrumental du Conservatoire de Bruxelles, paru en 1880, a été épuisé en très peu de temps […] Tous les appareils sonores qui ont occupé le génie inventif de l'homme, se rangent en quatre classes : La première, où le son est entretenu par l'élasticité des corps eux-mêmes, est celle des instruments authophones. La deuxième, où le son est dû à la vibration de membranes devenues élastiques par tension, est celle des instruments à membranes. La troisième est celle des instruments à vent. […] Enfin, la quatrième, basée sur la vibration des cordes, corps filiformes qui, de même que les membranes, ne deviennent élastiques que par tension, est celle des instruments à cordes.
Source Mahillon, Victor-Charles, Catalogue descriptif & analytique du Musée instrumental du Conservatoire royal de musique de Bruxelles, vol. 1, 2ᵉ éd., Gand, A. Hoste, 1893, préface de la 2ᵉ édition, p. [XII] (première page, non numérotée) ; puis « Essai de classification méthodique de tous les instruments anciens et modernes », p. 3.
Domaine public ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage En 1914, deux chercheurs, l’Autrichien Erich von Hornbostel et l’Allemand Curt Sachs, le reprennent et l’étendent pour qu’il puisse ranger les instruments de toutes les cultures du monde.
Hornbostel- Sachs uses and expands Mahillon’s classification from thirty years earlier (Kartomi 1990), therefore perpetuating the radical changes of Mahillon’s scheme. […] Hornbostel-Sachs was developed in the early twentieth century by Austrian and German music theorists and scholars, Erich von Hornbostel and Curt Sachs (Katz 2001, Brown 2001). The scheme was first published in German in 1914 with the title of the scheme given as “Systematik der Musikinstrumente” (Hornbostel and Sachs 1914). […] The scheme drew upon developments in instrument classification, such as Mahillon’s division into four categories, while purposefully designing a scheme which moves away from single-culture, Western-centric structures of instrument classification.
Traduction de la rédaction Hornbostel-Sachs reprend et étend la classification de Mahillon, antérieure de trente ans (Kartomi 1990), perpétuant ainsi les changements radicaux du système de Mahillon. […] Hornbostel-Sachs a été élaboré au début du XXᵉ siècle par des théoriciens et savants de la musique autrichien et allemand, Erich von Hornbostel et Curt Sachs (Katz 2001, Brown 2001). Le système a été publié pour la première fois en allemand en 1914, sous le titre « Systematik der Musikinstrumente » (Hornbostel et Sachs 1914). […] Le système s’appuyait sur les avancées de la classification des instruments, comme la division de Mahillon en quatre catégories, tout en étant délibérément conçu pour s’éloigner des structures de classification des instruments propres à une seule culture et centrées sur l’Occident.
Source Lee, Deborah, « Hornbostel-Sachs Classification of Musical Instruments », Knowledge Organization, vol. 47, n° 1, 2020, p. 72-91, version acceptée, § 2.2 (« Mahillon and the road to Hornbostel-Sachs »), § 2.3 (« The germination of Hornbostel-Sachs »), 1re et 2e phrases, et § 6 (« Conclusion »).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage le 29 juin 1987, à l’Empress of Russia, dans le quartier d’Islington, à Londres […] On connaît même le compte rendu de la réunion
For some reason I've kept all the minutes. At 7.00pm on Monday June 29th, 1987, what was initially described as an 'International Pop Label Meeting' was convened at the Empress Of Russia in St. John Street, Islington
Traduction de la rédaction Pour une raison ou une autre, j’ai gardé tous les comptes rendus. Le lundi 29 juin 1987 à 19 h, ce qui fut d’abord appelé une « réunion internationale de labels pop » se tint à l’Empress of Russia, dans St. John Street, à Islington
Source Anderson, Ian, « World Music History », fRoots, 2000, récit de la première réunion (29 juin 1987), au début du compte rendu des réunions.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
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Passage Des musiques venues de Bulgarie, du Mali, du Sénégal ou du Zimbabwe trouvaient de plus en plus d’acheteurs […] Mais les magasins ne savaient pas dans quel rayon les mettre.
the far more hip indie label 4AD had a mammoth seller with Les Mysteres De Voix Bulgares. But where the hell did you look in your High Street record shop for all this varied music that now had a burgeoning would-be buyer base but no obvious rack to browse?
Traduction de la rédaction le label indépendant 4AD, bien plus branché, avait eu un énorme succès de vente avec Le Mystère des voix bulgares. Mais où diable chercher, chez le disquaire de sa rue, toute cette musique variée qui avait désormais un public d’acheteurs en plein essor mais aucun bac évident où la trouver ?
Source Anderson, Ian, « World Music History », fRoots, 2000, passage sur le contexte commercial avant les réunions de 1987.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
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Passage il existait depuis le début des années 1960, employé par un universitaire américain, Robert E. Brown
To my knowledge, the origin of the term world music dates to the early 1960s at Wesleyan University, when I thought it up in order to distinguish a new Ph.D. program there from ethnomusicology programs already in existence.
Traduction de la rédaction À ma connaissance, l’origine de l’expression world music remonte au début des années 1960, à l’université Wesleyan, quand je l’ai imaginée pour distinguer un nouveau programme de doctorat de cette université des programmes d’ethnomusicologie qui existaient déjà.
Source Brown, Robert E., « World Music — Past, Present, and Future », College Music Symposium, vol. 29, forum « World Music and Ethnomusicology », partie « Origin and Background of the Terminology », 1er paragraphe.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
Passage Ce que la réunion de 1987 a créé, ce n’est pas le mot. C’est son usage commercial.
It wasn’t a new name, just one of many that had floated around in the preceding decades. But the logic set out by Roger Armstrong was that an established, unified generic name would give retailers a place where they could confidently rack otherwise unstockable releases […]
Traduction de la rédaction Ce n’était pas un nom nouveau, seulement l’un des nombreux qui avaient circulé au cours des décennies précédentes. Mais la logique exposée par Roger Armstrong était qu’un nom générique établi et unifié donnerait aux disquaires un endroit où ranger en toute confiance des disques autrement impossibles à classer […]
Source Anderson, Ian, « World Music History », fRoots, 2000, paragraphe qui suit la liste des participants, 1re et 2ᵉ phrases.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage Ils sont, pour la plupart, en laiton, un alliage différent — cuivre et zinc, au lieu de cuivre et étain.
Over 700 available chemical analyses of Benin Bronzes indicate that the majority are either brass or leaded brass, sometimes with small amounts of tin. […] Brass, as an alloy of copper and zinc frequently carries some lead that originates from the calamine ores, which generally are not lead-free.
Traduction de la rédaction Plus de 700 analyses chimiques disponibles des bronzes du Bénin indiquent que la majorité sont en laiton ou en laiton au plomb, parfois avec de petites quantités d’étain. […] Le laiton, alliage de cuivre et de zinc, contient souvent un peu de plomb qui provient des minerais de calamine, lesquels ne sont généralement pas exempts de plomb.
Source Skowronek, Tobias B. et al., « German Brass for Benin Bronzes: Geochemical Analysis Insights into the Early Atlantic Trade », PLOS ONE, vol. 18, n° 4, e0283415, 2023, Introduction.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage On pensait déjà qu’il venait d’anneaux de métal européens, sans pouvoir le prouver.
It is commonly believed that distinctive brass rings known as “manillas”, used as currency in the European trade in West Africa, also served as a metal source for the making of the Bronzes. However, prior to the current study, no research had conclusively connected the Benin artworks and the European manillas.
Traduction de la rédaction On pense couramment que des anneaux de laiton caractéristiques appelés « manilles », utilisés comme monnaie dans le commerce européen en Afrique de l’Ouest, ont aussi servi de source de métal pour fabriquer les Bronzes. Cependant, avant la présente étude, aucune recherche n’avait relié de façon concluante les œuvres du Bénin et les manilles européennes.
Source Skowronek, Tobias B. et al., « German Brass for Benin Bronzes: Geochemical Analysis Insights into the Early Atlantic Trade », PLOS ONE, vol. 18, n° 4, e0283415, 2023, résumé de l’article.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
Passage Une équipe a analysé, en 2023, soixante-sept manilles […] repêchées dans cinq épaves de l’Atlantique et sur trois sites à terre.
we present the lead isotope ratios and trace element compositions of 67 manillas from five Atlantic shipwrecks and three terrestrial sites
Traduction de la rédaction nous présentons les rapports isotopiques du plomb et la composition en éléments traces de 67 manilles provenant de cinq épaves de l’Atlantique et de trois sites terrestres
Source Skowronek, Tobias B. et al., « German Brass for Benin Bronzes: Geochemical Analysis Insights into the Early Atlantic Trade », PLOS ONE, vol. 18, n° 4, e0283415, 2023, corps de l’article.
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Passage En comparant leurs éléments-traces et leurs isotopes de plomb à ceux des œuvres du Bénin et à ceux des minerais européens
These data are then compared with those of relevant European ores and to those of the Benin Bronzes.
Traduction de la rédaction Ces données sont ensuite comparées à celles des minerais européens pertinents et à celles des bronzes du Bénin.
Source Skowronek, Tobias B. et al., « German Brass for Benin Bronzes: Geochemical Analysis Insights into the Early Atlantic Trade », PLOS ONE, vol. 18, n° 4, e0283415, 2023, corps de l’article.
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Passage la Rhénanie, entre Cologne et Aix-la-Chapelle, où l’on disposait à la fois du minerai de zinc et du plomb nécessaires
large quantities of manillas were produced in the German Rhineland industries between Cologne and Aachen that relied on the rich occurrences of calamine (the zinc-ore necessary to produce brass) and nearby lead sources
Traduction de la rédaction de grandes quantités de manilles étaient produites dans les industries de la Rhénanie allemande, entre Cologne et Aix-la-Chapelle, qui s’appuyaient sur les riches gisements de calamine (le minerai de zinc nécessaire pour fabriquer le laiton) et sur des sources de plomb voisines
Source Skowronek, Tobias B. et al., « German Brass for Benin Bronzes: Geochemical Analysis Insights into the Early Atlantic Trade », PLOS ONE, vol. 18, n° 4, e0283415, 2023, corps de l’article.
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Passage on croyait ce laiton britannique ou flamand ; il a été extrait dans la région du Rhin, entre l’Allemagne et la Belgique, puis expédié sur plus de six mille kilomètres
Finally, we can prove that the brass used for the Benin masterpieces, long thought to come from Britain or Flanders, was mined in the Rhine region between the borders of Germany and Belgium […] The Rhineland manillas were then shipped more than [3,900 miles] to Benin.
Traduction de la rédaction Enfin, nous pouvons prouver que le laiton utilisé pour les chefs-d’œuvre du Bénin, longtemps supposé venir de Grande-Bretagne ou de Flandre, a été extrait dans la région du Rhin, à la frontière entre l’Allemagne et la Belgique […] Les manilles rhénanes ont ensuite été expédiées à plus de [3 900 miles, environ 6 300 km] jusqu’au Bénin.
Source Kingsley, Sean, « What Shipwrecks Reveal About the Origins of the Benin Bronzes », Smithsonian Magazine, 5 avril 2023, déclaration de T. Skowronek citée dans l’article.
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Passage C’était de la monnaie, celle du commerce atlantique — et ce commerce était celui des esclaves.
distinctive brass rings known as “manillas”, used as currency in the European trade in West Africa […] It is astonishing that early 16th century slave traders apparently recognized African needs for manillas of specific composition.
Traduction de la rédaction des anneaux de laiton caractéristiques appelés « manilles », utilisés comme monnaie dans le commerce européen en Afrique de l’Ouest […] Il est étonnant que les négriers du début du XVIe siècle aient apparemment reconnu les besoins africains en manilles d’une composition précise.
Source Skowronek, Tobias B. et al., « German Brass for Benin Bronzes: Geochemical Analysis Insights into the Early Atlantic Trade », PLOS ONE, vol. 18, n° 4, e0283415, 2023, résumé de l’article ; Discussion.
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Passage les manilles servaient à payer des êtres humains
During the Transatlantic slave trade manillas were a frequent medium of exchange for slaves.
Traduction de la rédaction Pendant la traite transatlantique, les manilles étaient un moyen d’échange fréquent contre des esclaves.
Source The British Museum, Londres, Manilla; currency, n° 2009,4092.1, notice en ligne de l’objet, commentaire du conservateur (Curator’s comments).
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Passage Ces objets ont été fondus au Bénin, par les fondeurs du royaume — le peuple edo —, avec leur technique et leur savoir-faire.
the renowned Benin Bronzes, produced by the Edo people of Nigeria
Traduction de la rédaction les célèbres bronzes du Bénin, produits par le peuple edo du Nigeria
Source Skowronek, Tobias B. et al., « German Brass for Benin Bronzes: Geochemical Analysis Insights into the Early Atlantic Trade », PLOS ONE, vol. 18, n° 4, e0283415, 2023, résumé de l’article.
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Passage leur technique et leur savoir-faire
Reflecting this prominence, the brass casters are the highest-ranking guild of visual artists in Benin's palace societies. Casters use the lost-wax method, in which a precisely detailed wax model is formed over a clay core.
Traduction de la rédaction Signe de ce prestige, les fondeurs de laiton forment la plus haute des guildes d’artistes des sociétés du palais du Bénin. Les fondeurs emploient la méthode de la cire perdue, dans laquelle un modèle en cire minutieusement détaillé est façonné sur un noyau d’argile.
Source The Art Institute of Chicago, « Video: Lost Wax Brass Casting, Benin City, 2003, 2006 », site de l’exposition Benin—Kings and Rituals, page « Video: Lost Wax Brass Casting, Benin City, 2003, 2006 », rubrique « Brass Casters (Igun Eronmwon) », 2e et 3e phrases.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage La plupart des pièces […] proviennent d’une expédition militaire britannique menée en 1897 […] Elles n’ont pas été achetées. Elles ont été prises.
Central to the consideration of the 5246 Benin objects currently dispersed across the 131 museums brought together here is the question of their ties to the British colonial military campaign on Benin City, or the ‘punitive expedition’ of 1897[1]. […] Using provenance research to document the trajectories and ownership histories of the pieces contributes to identifying the royal treasures that were taken by members of the expedition. These make up most of the Benin objects presently in public collections.
Traduction de la rédaction Au cœur de l’examen des 5 246 objets du Bénin aujourd’hui dispersés entre les 131 musées réunis ici se trouve la question de leurs liens avec la campagne militaire coloniale britannique contre Benin City, ou « expédition punitive » de 1897[1]. […] La recherche de provenance, qui documente les trajectoires et l’histoire des propriétaires successifs des pièces, contribue à identifier les trésors royaux qui ont été pris par des membres de l’expédition. Ceux-ci forment la plupart des objets du Bénin aujourd’hui conservés dans des collections publiques.
Source Digital Benin, « Provenance », documentation du projet, 7 novembre 2022, 1er paragraphe, 1re phrase, et 2e paragraphe, deux premières phrases.
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Passage le débat sur les restitutions avait, jusque-là, tout simplement ignoré cette part de l’histoire
However, the extensive discussion surrounding the restitution of the stolen artworks completely ignored the historical data that explained the presence of German metals in the Bronzes.
Traduction de la rédaction Cependant, la longue discussion autour de la restitution des œuvres volées a complètement ignoré les données historiques qui expliquaient la présence de métaux allemands dans les Bronzes.
Source Skowronek, Tobias, « New Publication Echoes from Benin by Associate Researcher Dr. Tobias Skowronek », Global Heritage Lab, Université de Bonn, 17 février 2025, texte de présentation, 1er paragraphe.
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Références bibliographiques
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- Anderson, Ian, « World Music History », fRoots, 2000, en accès libre (le compte rendu des réunions de juin-juillet 1987 à Londres et la création de la catégorie commerciale). https://frootsmag.com/world-music-history
- Batteux, Charles, Les Beaux-Arts réduits à un même principe, Durand, Paris, 1746, domaine public (le traité qui fixe la catégorie des beaux-arts, opposée aux arts mécaniques). https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Beaux-Arts_r%C3%A9duits_%C3%A0_un_m%C3%AAme_principe
- Brown, Robert E., « World Music — Past, Present, and Future », College Music Symposium, vol. 29, forum « World Music and Ethnomusicology », en accès libre (l’origine universitaire de l’expression « world music », à Wesleyan, au début des années 1960). https://symposium.music.org/volume-29/forum-essays-1752877059/world-music-past-present-and-future
- Digital Benin, « Provenance », documentation du projet, 7 novembre 2022, en accès libre. https://digitalbenin.org/documentation/provenance
- Feld, Steven, « A Sweet Lullaby for World Music », Public Culture, vol. 12, n° 1, 2000, p. 145-171, accès payant (l’histoire de la catégorie et son emploi antérieur par un ethnomusicologue américain).
- Hogendorn, Jan et Johnson, Marion, The Shell Money of the Slave Trade, Cambridge University Press, 1986, en bibliothèque (les cauris, monnaie de la traite atlantique, auxquels la fiche compare les manilles).
- Hornbostel, Erich Moritz von et Sachs, Curt, « Systematik der Musikinstrumente. Ein Versuch », Zeitschrift für Ethnologie, vol. 46, 1914, p. 553-590, en bibliothèque (l’extension du classement des instruments à toutes les cultures du monde).
- Kingsley, Sean, « What Shipwrecks Reveal About the Origins of the Benin Bronzes », Smithsonian Magazine, 5 avril 2023, en accès libre (la déclaration de Tobias Skowronek, auteur principal de l’étude : un laiton qu’on croyait britannique ou flamand, extrait dans la région du Rhin et expédié à plus de 3 900 milles, soit plus de 6 000 km, jusqu’au Bénin). https://www.smithsonianmag.com/history/what-shipwrecks-reveal-about-the-origins-of-the-benin-bronzes-180981925/
- Lee, Deborah, « Hornbostel-Sachs Classification of Musical Instruments », Knowledge Organization, vol. 47, n° 1, 2020, p. 72-91, version acceptée en accès libre. https://openaccess.city.ac.uk/id/eprint/22554/
- Mahillon, Victor-Charles, Catalogue descriptif & analytique du Musée instrumental du Conservatoire royal de musique de Bruxelles, vol. 1, 2ᵉ éd., Gand, A. Hoste, 1893, domaine public (la préface rappelant la première édition de 1880 et l’« Essai de classification méthodique » en quatre classes selon ce qui vibre). https://archive.org/details/cataloguedescrip00cons
- Mahillon, Victor-Charles, Catalogue descriptif et analytique du musée instrumental du Conservatoire royal de Bruxelles, Gand, 1880, domaine public (les quatre groupes d’instruments selon ce qui vibre). https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64205770.texteImage
- Phillips, Barnaby, Loot: Britain and the Benin Bronzes, Oneworld, 2021, en bibliothèque (l’expédition de 1897, la dispersion des objets, le débat sur les restitutions).
- Plankensteiner, Barbara (dir.), Benin: Kings and Rituals. Court Arts from Nigeria, Snoeck, 2007, en bibliothèque (les fondeurs du royaume et leur technique).
- Skowronek, Tobias B. et al., « German Brass for Benin Bronzes: Geochemical Analysis Insights into the Early Atlantic Trade », PLOS ONE, vol. 18, n° 4, e0283415, 2023, en accès libre (les soixante-sept manilles analysées, les épaves et sites, l’origine rhénane du laiton, le lien avec la traite). https://doi.org/10.1371/journal.pone.0283415
- Skowronek, Tobias, « New Publication Echoes from Benin by Associate Researcher Dr. Tobias Skowronek », Global Heritage Lab, Université de Bonn, 17 février 2025, en accès libre (le constat que le débat sur les restitutions a ignoré l’origine allemande du métal). https://globalheritagelab.org/2025/02/17/new-publication-echoes-from-benin-by-guest-researcher-dr-tobias-skowronek/
- The Art Institute of Chicago, « Video: Lost Wax Brass Casting, Benin City, 2003, 2006 », site de l’exposition Benin—Kings and Rituals, en accès libre. https://archive.artic.edu/benin/659
- The British Museum, Londres, Manilla; currency, n° 2009,4092.1, en accès libre (les manilles, moyen d’échange fréquent contre des esclaves pendant la traite atlantique). https://www.britishmuseum.org/collection/object/C_2009-4092-1
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