Sociétés et cultures 2.12

Les croyances et les philosophies

Le saviez-vous ?

D’un bout du monde à l’autre, les croyances donnent des réponses très différentes. Les questions, beaucoup moins.

Une peinture chinoise sur soie montre un vieil homme assis sur le dos d'un bœuf.
Laozi monté sur un bœuf : feuille d’album peinte à l’encre et en couleurs sur soie par Chen Hongshou (Chine, dynastie Ming, XVIIe siècle). Chen Hongshou, CC0, source

D’un bout du monde à l’autre, les croyances donnent des réponses très différentes. Les questions, beaucoup moins.

Presque partout, et depuis très longtemps, les humains se sont donné des explications sur ce qu’ils ne comprenaient pas, et des règles pour vivre ensemble.

Plutôt que de dresser la liste des religions du monde, cette page suit les questions.

Première question : comment classer

La façon dont on range tout cela mérite d’être examinée d’abord, parce qu’elle n’est pas neutre.

On parle souvent des « grandes religions », et on met à part les « croyances » des autres. Sur quoi repose ce classement ?

Sur deux critères, en général : le nombre de fidèles, et l’existence de livres. Ces deux critères ne tombent pas du ciel. Ils avantagent les traditions qui comptent beaucoup d’adeptes et qui écrivent — et ils désavantagent celles qui se transmettent autrement.

Il ne s’agit pas d’un complot, mais d’un tri, et comme tout tri, il produit son résultat.

Un constat permet de s’en rendre compte : une tradition sans livres n’est ni plus simple, ni plus ancienne, ni en route vers autre chose. Elle est autre.

Deuxième question : comment transmettre

Deux façons de transmettre, aussi exigeantes l’une que l’autre, peuvent être comparées.

Sans écrire. En Asie du Sud, des textes très longs ont été transmis oralement pendant des siècles. Pour éviter qu’ils se déforment, on n’a pas seulement demandé de les répéter : on a inventé plusieurs manières emboîtées de les réciter — d’affilée, mot à mot, par paires, puis dans des formes tressées où les mots reviennent dans des ordres croisés. Si quelqu’un oublie un mot, la récitation par paires présente une rupture. L’erreur se signale d’elle-même.1

En écrivant, et en enseignant. L’un des plus anciens lieux d’enseignement encore en activité aujourd’hui est al-Qarawiyyin, à Fès, au Maroc, fondé au IXᵉ siècle comme mosquée et devenu au fil des siècles un centre majeur de transmission du savoir. La tradition marocaine en attribue la fondation à une femme, Fatima al-Fihri — une attribution que nous rapportons avec ses limites dans l’entrée 2.3, car elle repose sur une chronique bien postérieure.2

Deux méthodes opposées, pour une même exigence : que le texte parvienne intact aux générations suivantes.

Troisième question : ce qu’on s’interdit

Presque toutes les sociétés ont des règles sur ce qui se mange et ce qui ne se mange pas. Certaines sont religieuses, d’autres non.

Il en va de même dans la vie quotidienne en France : certains animaux mangés ailleurs ne le sont pas ici, sans qu’aucune loi ne l’interdise. Ces règles passent inaperçues parce qu’elles sont familières.

D’où viennent-elles ? On lit souvent une explication : ce serait pour des raisons d’hygiène, la viande se gâtant vite autrefois.

Elle est très discutée par les spécialistes. D’abord parce qu’on ignorait tout des microbes à l’époque où ces règles ont été fixées. Ensuite parce que les animaux écartés sont loin d’être tous dangereux pour la santé : le chameau, interdit par la Bible, est apprécié depuis longtemps dans le monde arabe.3

Une anthropologue, Mary Douglas, a proposé en 1966 une autre idée : les animaux écartés seraient ceux qui ne rentrent pas nettement dans les catégories du monde telles que ces sociétés le pensent. Elle a rendu célèbre une vieille formule : la saleté, c’est ce qui n’est pas à sa place.4

Son explication est discutée elle aussi, et elle-même en a rejeté l’essentiel en 1999, dans Leviticus as Literature.5

Nous ne savons donc pas. C’est une réponse honnête.

L’essentiel est la forme du piège : l’explication par l’hygiène servait à rendre raisonnable ce qui paraissait étrange, en le ramenant à quelque chose que nous, nous comprenons. C’est la manière la plus discrète de se tromper sur les autres, parce qu’on croit leur rendre service.

Quatrième question : ce qu’on célèbre, et ce qu’on interdit aux autres

Une cérémonie n’est pas seulement un moment agréable. Elle peut aussi déranger un pouvoir, et cela mérite d’être dit.

Sur la côte nord-ouest de l’Amérique du Nord, chez les peuples autochtones (comme les Kwakwaka’wakw ou les Haïdas), le potlatch est une cérémonie où l’on donne et détruit des richesses pour marquer un mariage, la transmission d’un titre ou le nom d’un enfant. Celui qui donne beaucoup gagne du rang.

Le gouvernement du Canada l’a interdit pendant plusieurs décennies, au titre de la loi qui régissait les peuples autochtones. Participer était un délit. Des gens ont été arrêtés, parfois pour avoir dansé.6

Un État a donc jugé cette façon de faire assez sérieuse pour la mettre hors la loi.

Le potlatch a continué en secret ; une fois l’interdiction levée, il s’est de nouveau tenu ouvertement.7

Ailleurs, on a recouru au feu. Au XVIᵉ siècle, au Yucatán, des livres mayas ont été détruits sur ordre d’un religieux espagnol — qui a lui-même raconté la scène par écrit. Il ne subsiste aujourd’hui que trois livres mayas anciens, quatre si l’on compte un manuscrit longtemps contesté. On ignore combien il y en avait.8

Cinquième question : et ceux qui ne croient pas

Ils méritent qu’on en parle, parce qu’ils sont nombreux et souvent oubliés dans ce genre de page.

Beaucoup de gens, dans le monde et probablement dans l’entourage de chacun, ne suivent aucune religion. Certains n’y ont jamais pensé, d’autres y ont réfléchi et ont tranché par la négative, d’autres encore respectent des fêtes et des gestes sans croire ce qu’ils racontent.

Il ne s’agit pas d’une absence de réponse aux questions du début, mais d’une autre réponse. Et ce n’est pas une invention récente : on trouvait déjà de telles positions dans l’Antiquité, en Inde comme en Grèce.9

Les philosophies, elles, n’ont pas attendu qu’on cesse de croire pour exister. Chercher comment il faut vivre, ce qui est juste, ce qu’on peut savoir : cela ne s’est pas fait seulement en Grèce, mais aussi en Chine (avec le confucianisme ou le taoïsme), en Inde, dans le monde arabo-musulman, en Afrique de l’Ouest, et souvent à l’intérieur même des traditions religieuses, par des gens qui y croyaient.10

Note 1

Le patrimoine védique rassemble de très nombreux écrits et interprétations répartis en quatre Veda couramment appelés « livres de la connaissance », bien qu’ils aient été transmis oralement. […] La valeur de cette tradition ne réside pas tant dans le riche contenu de sa littérature orale que dans les techniques ingénieuses employées par les brahmanes pour préserver les textes inchangés au fil des millénaires.

UNESCO, « La tradition du chant védique », Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité

In addition to the Padapāṭha and Saṃhitāpāṭha, the Prātiśākhya literature introduces 'modifications' (vikṛti) that are based upon the Padapāṭha, and that 'strengthen' the oral tradition, that is, minimize the chance of a single word being lost. […] At the same time, it becomes more difficult to forget a single word: for if a pair were forgotten, the continuity between the succession of pairs would show a break.

Outre le Padapāṭha et le Saṃhitāpāṭha, la littérature des Prātiśākhya introduit des « modifications » (vikṛti) fondées sur le Padapāṭha, qui « renforcent » la tradition orale, c’est-à-dire réduisent le risque qu’un seul mot se perde. […] En même temps, il devient plus difficile d’oublier un seul mot : car si une paire était oubliée, la continuité de la suite des paires présenterait une rupture.

Staal, Frits, « The Fidelity of Oral Tradition and the Origins of Science », Mededelingen der Koninklijke Nederlandse Akademie van Wetenschappen, vol. 49, n° 8, 1986

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Note 2

University of Karueein […] founded in 859 AD in Fez, Morocco

Université al-Qarawiyyin […] fondée en 859 de notre ère à Fès, au Maroc

Guinness World Records, « Oldest higher-learning institution »

On raconte aussi que Mohammed el-Fehery avait deux filles, Fathma Oumm el-Benïn et Meriem : Fathma bâtit la mosquée El-Kairaouyn, et Meriem la mosquée El-Andalous

Ibn Abi Zar’, Rawd al-Qirtas, chronique de Fès

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Note 3

And on the food prohibitions, Maimondies, known as Rambam, […] read into the food laws of Leviticus a logical underpinning based on sound hygiene. Rambam’s intuition of a rational basis for the food laws in Leviticus 11 has been challenged, affirmed and rechallenged over the centuries, emphasizing the difficulty in finding clear cut rational premises in the biblical classification of clean and unclean animals.

Quant aux interdits alimentaires, Maïmonide, dit Rambam, […] a lu dans les lois alimentaires du Lévitique un fondement logique reposant sur une saine hygiène. L’intuition de Maïmonide, selon laquelle les lois alimentaires du Lévitique 11 auraient un fondement rationnel, a été contestée, réaffirmée et de nouveau contestée au fil des siècles, ce qui souligne combien il est difficile de trouver des prémisses rationnelles nettes à la classification biblique des animaux purs et impurs.

Sharon, Diane, « Sacred Distinctions », commentaire de la paracha Shemini, Jewish Theological Seminary, 28 avril 1998

Despite its inherent attractiveness the hygienic explanation faces four grave difficulties.3 […] Second, it is far from clear that all unclean animals mentioned in Leviticus are harmful to health. For example, the Arabs have long enjoyed the camel and its products.

Malgré son attrait évident, l’explication hygiénique se heurte à quatre graves difficultés.3 […] Ensuite, il est loin d’être établi que tous les animaux impurs mentionnés dans le Lévitique soient nuisibles à la santé. Les Arabes, par exemple, apprécient depuis longtemps le chameau et ses produits.

Wenham, Gordon J., « The Theology of Unclean Food », The Evangelical Quarterly, vol. 53, n° 1, 1981, p. 6-15

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Note 4

Mary Douglas, a structural anthropologist […] is well known to modern biblical scholarship for her 1966 work Purity and Danger, in which she examines the food prohibitions […] from an anthropological perspective. […] She concludes in this classic analysis that the distinctions between clean and unclean animals are based on the principle that clean animals stay well within the boundaries of their particular habitat, but unclean animals somehow cross boundaries from one habitat to another, and are thereby perceived as threatening.

Mary Douglas, anthropologue structuraliste […] est bien connue des études bibliques modernes pour son ouvrage de 1966, Purity and Danger, où elle examine les interdits alimentaires […] d’un point de vue anthropologique. […] Elle conclut, dans cette analyse classique, que la distinction entre animaux purs et impurs repose sur le principe que les animaux purs restent bien à l’intérieur des limites de leur milieu propre, tandis que les animaux impurs franchissent d’une manière ou d’une autre la frontière d’un milieu à l’autre, et sont de ce fait perçus comme menaçants.

Sharon, Diane, « Sacred Distinctions », commentaire de la paracha Shemini, Jewish Theological Seminary, 28 avril 1998

The aphorism she used, that ‘dirt is matter out of place’, may have been borrowed, but it became memorable because of the insights she drew from it.

L’aphorisme qu’elle employait, « la saleté, c’est de la matière qui n’est pas à sa place », était peut-être emprunté, mais il est devenu mémorable grâce aux idées qu’elle en a tirées.

British Academy, « Great Thinkers: Richard Fardon FBA on Mary Douglas FBA », podcast, page de présentation

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Note 5

In her influential essay "The Abominations of Leviticus," published in 1966 in the volume Purity and Danger, Mary Douglas introduced what I have chosen to call the holiness/wholeness paradigm, […] Though criticized in its details, the paradigm has been profitably elaborated and modified by biblical scholars, and core aspects of it remain influential.2

Dans son essai influent « The Abominations of Leviticus », publié en 1966 dans le volume Purity and Danger, Mary Douglas a introduit ce que j’ai choisi d’appeler le paradigme sainteté/intégrité, […] Bien que critiqué dans ses détails, le paradigme a été utilement développé et modifié par les biblistes, et certains de ses aspects essentiels restent influents.2

Olyan, Saul M., « Mary Douglas’s Holiness/Wholeness Paradigm: Its Potential for Insight and Its Limitations », The Journal of Hebrew Scriptures, vol. 8, article 10, 2008

Purity and Danger was neither the first nor most recent occasion she had used Leviticus XI to illustrate anomaly and abomination […] Leviticus as Literature rejected most of this reading of the text.

Purity and Danger n’était ni la première ni la dernière occasion où elle s’était servie de Lévitique XI pour illustrer l’anomalie et l’abomination […] Leviticus as Literature rejetait l’essentiel de cette lecture du texte.

Fardon, Richard, « Margaret Mary Douglas 1921–2007 », Proceedings of the British Academy, vol. 166, 2010, p. 135-158

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Note 6

From 1885 to 1951, the Indigenous ceremony known as the Potlatch was banned by the federal government of Canada. […] The Indian Act was substantially revised in 1951. This revision included an end to the Potlatch ban.

De 1885 à 1951, la cérémonie autochtone appelée potlatch a été interdite par le gouvernement fédéral du Canada. […] La Loi sur les Indiens a été profondément révisée en 1951. Cette révision mettait fin à l’interdiction du potlatch.

Noakes, Taylor C., « Potlatch Ban », The Canadian Encyclopedia, 14 juin 2023

Every Indian or other person who engages in or assists in celebrating the Indian festival known as the ‘potlatch’ or in the Indian dance ‘tamananawas’ is guilty of a misdemeanor, and shall be liable to imprisonment… […] Application of the law led to odd situations, such as arrests for the crime of dancing.

Tout Indien ou toute autre personne qui prend part ou aide à la célébration de la fête indienne appelée « potlatch » ou de la danse indienne « tamananawas » se rend coupable d’un délit et est passible d’emprisonnement… […] L’application de la loi a conduit à des situations étranges, comme des arrestations pour le crime d’avoir dansé.

Noakes, Taylor C., « Potlatch Ban », L’Encyclopédie canadienne (The Canadian Encyclopedia), Historica Canada, 14 juin 2023

Application of the law led to odd situations, such as arrests for the crime of dancing.

L’application de la loi a conduit à des situations étranges, comme des arrestations pour le délit d’avoir dansé.

Noakes, Taylor C., « Potlatch Ban », The Canadian Encyclopedia, 14 juin 2023

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Note 7

many Indigenous communities continued the Potlatch in secret […] Kwakwa̱ka̱’wakw Chief Mungo Martin held the first ‘legal’ Potlatch since 1885 in Victoria, British Columbia.

de nombreuses communautés autochtones ont continué le potlatch en secret […] Le chef kwakwaka’wakw Mungo Martin a tenu à Victoria, en Colombie-Britannique, le premier potlatch « légal » depuis 1885.

Noakes, Taylor C., « Potlatch Ban », The Canadian Encyclopedia, 14 juin 2023

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Note 8

Diego de Landa (born 1524, Cifuentes, Spain—died 1579, Mérida, Yucatán, Mexico) was a Spanish Franciscan priest and bishop of Yucatán who is best known for his classic account of Mayan culture and language, most of which he was also responsible for destroying. […] Having determined that the precious and zealously guarded Mayan books he had been shown with great pride—precisely because of his evident empathy—contained “nothing in which there was not to be seen superstition and lies of the devil,” he ordered all of the books to be burned “…which [the Maya] regretted to an amazing degree and which caused them great affliction,” he wrote with what seems like genuine befuddlement.

Diego de Landa (né en 1524 à Cifuentes, en Espagne, mort en 1579 à Mérida, au Yucatán, Mexique) était un prêtre franciscain espagnol et évêque du Yucatán, surtout connu pour son récit classique de la culture et de la langue mayas, qu’il a aussi, pour l’essentiel, contribué à détruire. […] Ayant jugé que les précieux livres mayas, jalousement gardés, qu’on lui avait montrés avec une grande fierté — précisément à cause de l’empathie qu’il manifestait — ne contenaient « rien où l’on ne vît superstition et mensonges du diable », il ordonna de brûler tous les livres, « … ce que [les Mayas] regrettèrent à un degré étonnant et qui leur causa une grande affliction », écrivit-il avec ce qui semble une sincère perplexité.

Encyclopædia Britannica, article « Diego de Landa »

Dado lo anterior, el antiguo documento fue conocido como Códice Grolier, y durante décadas se consideró una falsificación, debido a su singularidad y a las misteriosas circunstancias en las que apareció a mediados de la década de 1960, como parte de una colección privada en México. […] Gracias a investigaciones científicas recientes, el Códice Maya de México ahora se considera el más antiguo de los cuatro que han pervivido, hechos por los mayas antes de la llegada de los europeos.

Instituto Nacional de Antropología e Historia (INAH), « El milenario Códice Maya de México protagoniza exposición en Los Ángeles », boletín n° 530, 18 octobre 2022

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Note 9

The origin of the Cārvāka/Lokāyata materialist system is thus traced back to hoary antiquity,6 at the least to the first millennium BCE.7 […] The KUp (sometime after the fifth century BCE) is perhaps the first attempt to refute the heretical idea, namely, denial of the after-world, […]

L’origine du système matérialiste Cārvāka/Lokāyata remonte donc à une haute antiquité,6 au moins au Iᵉʳ millénaire avant notre ère.7 […] La KUp (Kaṭha Upaniṣad, postérieure au Vᵉ siècle avant notre ère) est peut-être la première tentative de réfuter l’idée hérétique, à savoir la négation de l’autre monde, […]

Bhattacharya, Ramkrishna, « Development of Materialism in India: the pre-Cārvākas and the Cārvākas », Esercizi Filosofici, vol. 8, 2013, p. 1-12

Although adherents and opponents alike today present it as an invention of the European Enlightenment, when the forces of science and secularism broadly challenged those of faith, disbelief in the gods, in fact, originated in a far more remote past. […] Homer’s epic poems of human striving, journeying, and passion were ancient Greece’s only “sacred texts,” but no ancient Greek thought twice about questioning or mocking his stories of the gods. Priests were functionaries rather than sources of moral or cosmological wisdom. The absence of centralized religious authority made for an extraordinary variety of perspectives on sacred matters, from the devotional to the atheos, or “godless.”

Bien que partisans et adversaires la présentent aujourd’hui comme une invention des Lumières européennes, quand les forces de la science et de la sécularisation ont largement défié celles de la foi, l’incrédulité envers les dieux est en réalité née dans un passé bien plus lointain. […] Les épopées d’Homère, faites d’efforts humains, de voyages et de passion, étaient les seuls « textes sacrés » de la Grèce antique, mais aucun Grec de l’Antiquité n’hésitait à mettre en doute ou à railler ses récits sur les dieux. Les prêtres étaient des fonctionnaires plutôt que des sources de sagesse morale ou cosmologique. L’absence d’autorité religieuse centralisée a produit une extraordinaire variété de points de vue sur le sacré, du dévot à l’atheos, le « sans-dieu ».

Whitmarsh, Tim, Battling the Gods: Atheism in the Ancient World, Knopf, 2015, présentation de l’éditeur (Penguin Random House)

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Note 10

a superb introduction to all the world’s major philosophical and religious traditions. […] South Asian Philosophies […] Chinese Philosophies […] Philosophies of Greece, Rome and the Near East […] Islamic Philosophies

une superbe introduction à toutes les grandes traditions philosophiques et religieuses du monde. […] Philosophies d’Asie du Sud […] Philosophies chinoises […] Philosophies de la Grèce, de Rome et du Proche-Orient […] Philosophies islamiques

Smart, Ninian, World Philosophies, 2ᵉ éd. revue par Oliver Leaman, Routledge, 2008, présentation et table des matières de l’éditeur

The culture of the Akan people of West Africa dates from before the 13th century. Like other long-established cultures the world over, the Akan have developed a rich conceptual system complete with metaphysical, moral, and epistemological aspects.

La culture du peuple akan d’Afrique de l’Ouest remonte à avant le XIIIᵉ siècle. Comme d’autres cultures anciennes de par le monde, les Akan ont élaboré un riche système conceptuel, avec ses aspects métaphysiques, moraux et épistémologiques.

Wingo, Ajume, « Akan Philosophy of the Person », Stanford Encyclopedia of Philosophy, Stanford University, 2006, révision 2024

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Notes et sources

  1. ↑

    Passage En Asie du Sud, des textes très longs ont été transmis oralement pendant des siècles.

    Le patrimoine védique rassemble de très nombreux écrits et interprétations répartis en quatre Veda couramment appelés « livres de la connaissance », bien qu’ils aient été transmis oralement. […] La valeur de cette tradition ne réside pas tant dans le riche contenu de sa littérature orale que dans les techniques ingénieuses employées par les brahmanes pour préserver les textes inchangés au fil des millénaires.

    Source UNESCO, « La tradition du chant védique », Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, description de l’élément inscrit.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

    Passage on a inventé plusieurs manières emboîtées de les réciter […] Si quelqu’un oublie un mot, la récitation par paires présente une rupture.

    In addition to the Padapāṭha and Saṃhitāpāṭha, the Prātiśākhya literature introduces 'modifications' (vikṛti) that are based upon the Padapāṭha, and that 'strengthen' the oral tradition, that is, minimize the chance of a single word being lost. […] At the same time, it becomes more difficult to forget a single word: for if a pair were forgotten, the continuity between the succession of pairs would show a break.

    Traduction de la rédaction Outre le Padapāṭha et le Saṃhitāpāṭha, la littérature des Prātiśākhya introduit des « modifications » (vikṛti) fondées sur le Padapāṭha, qui « renforcent » la tradition orale, c’est-à-dire réduisent le risque qu’un seul mot se perde. […] En même temps, il devient plus difficile d’oublier un seul mot : car si une paire était oubliée, la continuité de la suite des paires présenterait une rupture.

    Source Staal, Frits, « The Fidelity of Oral Tradition and the Origins of Science », Mededelingen der Koninklijke Nederlandse Akademie van Wetenschappen, vol. 49, n° 8, 1986, p. 265-266 du volume (p. 17-18 du tiré à part), passage sur le Kramapāṭha.

    Accès libre (numérisation de l’Académie royale néerlandaise des sciences) ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  2. ↑

    Passage L’un des plus anciens lieux d’enseignement encore en activité aujourd’hui est al-Qarawiyyin, à Fès, au Maroc, fondé au IXᵉ siècle comme mosquée

    University of Karueein […] founded in 859 AD in Fez, Morocco

    Traduction de la rédaction Université al-Qarawiyyin […] fondée en 859 de notre ère à Fès, au Maroc

    Source Guinness World Records, « Oldest higher-learning institution », fiche du record ; le classement exige que l’établissement soit toujours en activité, sans interruption.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

    Passage La tradition marocaine en attribue la fondation à une femme, Fatima al-Fihri […] car elle repose sur une chronique bien postérieure.

    On raconte aussi que Mohammed el-Fehery avait deux filles, Fathma Oumm el-Benïn et Meriem : Fathma bâtit la mosquée El-Kairaouyn, et Meriem la mosquée El-Andalous

    Source Ibn Abi Zar’, Rawd al-Qirtas, chronique de Fès, trad. Beaumier, Paris, 1860, p. 89 (numérotation de la numérisation) ; voir aussi p. 88, où les fondements sont jetés « an 266 (869 J. C.) » : date incohérente (l’an 266 de l’hégire correspond à 879-880), la date retenue ailleurs étant le 1er ramadan 245, soit 859.

    Accès libre (trad. A. Beaumier, 1860, domaine public) ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  3. ↑

    Passage Elle est très discutée par les spécialistes.

    And on the food prohibitions, Maimondies, known as Rambam, […] read into the food laws of Leviticus a logical underpinning based on sound hygiene. Rambam’s intuition of a rational basis for the food laws in Leviticus 11 has been challenged, affirmed and rechallenged over the centuries, emphasizing the difficulty in finding clear cut rational premises in the biblical classification of clean and unclean animals.

    Traduction de la rédaction Quant aux interdits alimentaires, Maïmonide, dit Rambam, […] a lu dans les lois alimentaires du Lévitique un fondement logique reposant sur une saine hygiène. L’intuition de Maïmonide, selon laquelle les lois alimentaires du Lévitique 11 auraient un fondement rationnel, a été contestée, réaffirmée et de nouveau contestée au fil des siècles, ce qui souligne combien il est difficile de trouver des prémisses rationnelles nettes à la classification biblique des animaux purs et impurs.

    Source Sharon, Diane, « Sacred Distinctions », commentaire de la paracha Shemini, Jewish Theological Seminary, 28 avril 1998, 1er paragraphe, dernière phrase (sur Maïmonide), et 2ᵉ paragraphe, 1re phrase.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage Ensuite parce que les animaux écartés sont loin d’être tous dangereux pour la santé : le chameau, interdit par la Bible, est apprécié depuis longtemps dans le monde arabe.

    Despite its inherent attractiveness the hygienic explanation faces four grave difficulties.3 […] Second, it is far from clear that all unclean animals mentioned in Leviticus are harmful to health. For example, the Arabs have long enjoyed the camel and its products.

    Traduction de la rédaction Malgré son attrait évident, l’explication hygiénique se heurte à quatre graves difficultés.3 […] Ensuite, il est loin d’être établi que tous les animaux impurs mentionnés dans le Lévitique soient nuisibles à la santé. Les Arabes, par exemple, apprécient depuis longtemps le chameau et ses produits.

    Source Wenham, Gordon J., « The Theology of Unclean Food », The Evangelical Quarterly, vol. 53, n° 1, 1981, p. 6-15, p. 6, section I.1 (explication hygiénique), « Second… ».

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  4. ↑

    Passage Une anthropologue, Mary Douglas, a proposé en 1966 une autre idée : les animaux écartés seraient ceux qui ne rentrent pas nettement dans les catégories du monde

    Mary Douglas, a structural anthropologist […] is well known to modern biblical scholarship for her 1966 work Purity and Danger, in which she examines the food prohibitions […] from an anthropological perspective. […] She concludes in this classic analysis that the distinctions between clean and unclean animals are based on the principle that clean animals stay well within the boundaries of their particular habitat, but unclean animals somehow cross boundaries from one habitat to another, and are thereby perceived as threatening.

    Traduction de la rédaction Mary Douglas, anthropologue structuraliste […] est bien connue des études bibliques modernes pour son ouvrage de 1966, Purity and Danger, où elle examine les interdits alimentaires […] d’un point de vue anthropologique. […] Elle conclut, dans cette analyse classique, que la distinction entre animaux purs et impurs repose sur le principe que les animaux purs restent bien à l’intérieur des limites de leur milieu propre, tandis que les animaux impurs franchissent d’une manière ou d’une autre la frontière d’un milieu à l’autre, et sont de ce fait perçus comme menaçants.

    Source Sharon, Diane, « Sacred Distinctions », commentaire de la paracha Shemini, Jewish Theological Seminary, 28 avril 1998, 2ᵉ et 3ᵉ paragraphes.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage Elle a rendu célèbre une vieille formule : la saleté, c’est ce qui n’est pas à sa place.

    The aphorism she used, that ‘dirt is matter out of place’, may have been borrowed, but it became memorable because of the insights she drew from it.

    Traduction de la rédaction L’aphorisme qu’elle employait, « la saleté, c’est de la matière qui n’est pas à sa place », était peut-être emprunté, mais il est devenu mémorable grâce aux idées qu’elle en a tirées.

    Source British Academy, « Great Thinkers: Richard Fardon FBA on Mary Douglas FBA », podcast, page de présentation, texte de présentation, 4ᵉ paragraphe (après la citation d’ouverture d’Henrietta Moore).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  5. ↑

    Passage Son explication est discutée elle aussi

    In her influential essay "The Abominations of Leviticus," published in 1966 in the volume Purity and Danger, Mary Douglas introduced what I have chosen to call the holiness/wholeness paradigm, […] Though criticized in its details, the paradigm has been profitably elaborated and modified by biblical scholars, and core aspects of it remain influential.2

    Traduction de la rédaction Dans son essai influent « The Abominations of Leviticus », publié en 1966 dans le volume Purity and Danger, Mary Douglas a introduit ce que j’ai choisi d’appeler le paradigme sainteté/intégrité, […] Bien que critiqué dans ses détails, le paradigme a été utilement développé et modifié par les biblistes, et certains de ses aspects essentiels restent influents.2

    Source Olyan, Saul M., « Mary Douglas’s Holiness/Wholeness Paradigm: Its Potential for Insight and Its Limitations », The Journal of Hebrew Scriptures, vol. 8, article 10, 2008, p. 2, 1er paragraphe.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage et elle-même en a rejeté l’essentiel en 1999, dans Leviticus as Literature

    Purity and Danger was neither the first nor most recent occasion she had used Leviticus XI to illustrate anomaly and abomination […] Leviticus as Literature rejected most of this reading of the text.

    Traduction de la rédaction Purity and Danger n’était ni la première ni la dernière occasion où elle s’était servie de Lévitique XI pour illustrer l’anomalie et l’abomination […] Leviticus as Literature rejetait l’essentiel de cette lecture du texte.

    Source Fardon, Richard, « Margaret Mary Douglas 1921–2007 », Proceedings of the British Academy, vol. 166, 2010, p. 135-158, partie sur l’histoire et la littérature des religions, passage sur Leviticus as Literature (1999).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  6. ↑

    Passage Le gouvernement du Canada l’a interdit pendant plusieurs décennies, au titre de la loi qui régissait les peuples autochtones.

    From 1885 to 1951, the Indigenous ceremony known as the Potlatch was banned by the federal government of Canada. […] The Indian Act was substantially revised in 1951. This revision included an end to the Potlatch ban.

    Traduction de la rédaction De 1885 à 1951, la cérémonie autochtone appelée potlatch a été interdite par le gouvernement fédéral du Canada. […] La Loi sur les Indiens a été profondément révisée en 1951. Cette révision mettait fin à l’interdiction du potlatch.

    Source Noakes, Taylor C., « Potlatch Ban », The Canadian Encyclopedia, 14 juin 2023, introduction de l’article ; section sur la révision de l’Indian Act.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

    Passage Participer était un délit. Des gens ont été arrêtés, parfois pour avoir dansé.

    Every Indian or other person who engages in or assists in celebrating the Indian festival known as the ‘potlatch’ or in the Indian dance ‘tamananawas’ is guilty of a misdemeanor, and shall be liable to imprisonment… […] Application of the law led to odd situations, such as arrests for the crime of dancing.

    Traduction de la rédaction Tout Indien ou toute autre personne qui prend part ou aide à la célébration de la fête indienne appelée « potlatch » ou de la danse indienne « tamananawas » se rend coupable d’un délit et est passible d’emprisonnement… […] L’application de la loi a conduit à des situations étranges, comme des arrestations pour le crime d’avoir dansé.

    Source Noakes, Taylor C., « Potlatch Ban », L’Encyclopédie canadienne (The Canadian Encyclopedia), Historica Canada, 14 juin 2023, section « Banning the Potlatch » : texte de la loi de 1884 cité, puis 2e paragraphe après la citation (« Despite the vagueness of the law… »).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage Des gens ont été arrêtés, parfois pour avoir dansé.

    Application of the law led to odd situations, such as arrests for the crime of dancing.

    Traduction de la rédaction L’application de la loi a conduit à des situations étranges, comme des arrestations pour le délit d’avoir dansé.

    Source Noakes, Taylor C., « Potlatch Ban », The Canadian Encyclopedia, 14 juin 2023, section sur l’application de la loi.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  7. ↑

    Passage Le potlatch a continué en secret ; une fois l’interdiction levée, il s’est de nouveau tenu ouvertement.

    many Indigenous communities continued the Potlatch in secret […] Kwakwa̱ka̱’wakw Chief Mungo Martin held the first ‘legal’ Potlatch since 1885 in Victoria, British Columbia.

    Traduction de la rédaction de nombreuses communautés autochtones ont continué le potlatch en secret […] Le chef kwakwaka’wakw Mungo Martin a tenu à Victoria, en Colombie-Britannique, le premier potlatch « légal » depuis 1885.

    Source Noakes, Taylor C., « Potlatch Ban », The Canadian Encyclopedia, 14 juin 2023, sections sur l’application de la loi et sur la levée de l’interdiction.

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  8. ↑

    Passage Au XVIᵉ siècle, au Yucatán, des livres mayas ont été détruits sur ordre d’un religieux espagnol — qui a lui-même raconté la scène par écrit.

    Diego de Landa (born 1524, Cifuentes, Spain—died 1579, Mérida, Yucatán, Mexico) was a Spanish Franciscan priest and bishop of Yucatán who is best known for his classic account of Mayan culture and language, most of which he was also responsible for destroying. […] Having determined that the precious and zealously guarded Mayan books he had been shown with great pride—precisely because of his evident empathy—contained “nothing in which there was not to be seen superstition and lies of the devil,” he ordered all of the books to be burned “…which [the Maya] regretted to an amazing degree and which caused them great affliction,” he wrote with what seems like genuine befuddlement.

    Traduction de la rédaction Diego de Landa (né en 1524 à Cifuentes, en Espagne, mort en 1579 à Mérida, au Yucatán, Mexique) était un prêtre franciscain espagnol et évêque du Yucatán, surtout connu pour son récit classique de la culture et de la langue mayas, qu’il a aussi, pour l’essentiel, contribué à détruire. […] Ayant jugé que les précieux livres mayas, jalousement gardés, qu’on lui avait montrés avec une grande fierté — précisément à cause de l’empathie qu’il manifestait — ne contenaient « rien où l’on ne vît superstition et mensonges du diable », il ordonna de brûler tous les livres, « … ce que [les Mayas] regrettèrent à un degré étonnant et qui leur causa une grande affliction », écrivit-il avec ce qui semble une sincère perplexité.

    Source Encyclopædia Britannica, article « Diego de Landa », article « Diego de Landa », 1re phrase, puis paragraphe sur les destructions (phrase commençant par « Having determined »).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage Il ne subsiste aujourd’hui que trois livres mayas anciens, quatre si l’on compte un manuscrit longtemps contesté.

    Dado lo anterior, el antiguo documento fue conocido como Códice Grolier, y durante décadas se consideró una falsificación, debido a su singularidad y a las misteriosas circunstancias en las que apareció a mediados de la década de 1960, como parte de una colección privada en México. […] Gracias a investigaciones científicas recientes, el Códice Maya de México ahora se considera el más antiguo de los cuatro que han pervivido, hechos por los mayas antes de la llegada de los europeos.

    Source Instituto Nacional de Antropología e Historia (INAH), « El milenario Códice Maya de México protagoniza exposición en Los Ángeles », boletín n° 530, 18 octobre 2022, 3ᵉ et 10ᵉ paragraphes du communiqué.

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  9. ↑

    Passage on trouvait déjà de telles positions dans l’Antiquité, en Inde

    The origin of the Cārvāka/Lokāyata materialist system is thus traced back to hoary antiquity,6 at the least to the first millennium BCE.7 […] The KUp (sometime after the fifth century BCE) is perhaps the first attempt to refute the heretical idea, namely, denial of the after-world, […]

    Traduction de la rédaction L’origine du système matérialiste Cārvāka/Lokāyata remonte donc à une haute antiquité,6 au moins au Iᵉʳ millénaire avant notre ère.7 […] La KUp (Kaṭha Upaniṣad, postérieure au Vᵉ siècle avant notre ère) est peut-être la première tentative de réfuter l’idée hérétique, à savoir la négation de l’autre monde, […]

    Source Bhattacharya, Ramkrishna, « Development of Materialism in India: the pre-Cārvākas and the Cārvākas », Esercizi Filosofici, vol. 8, 2013, p. 1-12, p. 2 et p. 3.

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    Passage on trouvait déjà de telles positions dans l’Antiquité […] comme en Grèce

    Although adherents and opponents alike today present it as an invention of the European Enlightenment, when the forces of science and secularism broadly challenged those of faith, disbelief in the gods, in fact, originated in a far more remote past. […] Homer’s epic poems of human striving, journeying, and passion were ancient Greece’s only “sacred texts,” but no ancient Greek thought twice about questioning or mocking his stories of the gods. Priests were functionaries rather than sources of moral or cosmological wisdom. The absence of centralized religious authority made for an extraordinary variety of perspectives on sacred matters, from the devotional to the atheos, or “godless.”

    Traduction de la rédaction Bien que partisans et adversaires la présentent aujourd’hui comme une invention des Lumières européennes, quand les forces de la science et de la sécularisation ont largement défié celles de la foi, l’incrédulité envers les dieux est en réalité née dans un passé bien plus lointain. […] Les épopées d’Homère, faites d’efforts humains, de voyages et de passion, étaient les seuls « textes sacrés » de la Grèce antique, mais aucun Grec de l’Antiquité n’hésitait à mettre en doute ou à railler ses récits sur les dieux. Les prêtres étaient des fonctionnaires plutôt que des sources de sagesse morale ou cosmologique. L’absence d’autorité religieuse centralisée a produit une extraordinaire variété de points de vue sur le sacré, du dévot à l’atheos, le « sans-dieu ».

    Source Whitmarsh, Tim, Battling the Gods: Atheism in the Ancient World, Knopf, 2015, présentation de l’éditeur (Penguin Random House), présentation de l’éditeur, 1er paragraphe (2ᵉ phrase) et 2ᵉ paragraphe (1re à 3ᵉ phrases).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  10. ↑

    Passage Chercher comment il faut vivre, ce qui est juste, ce qu’on peut savoir : cela ne s’est pas fait seulement en Grèce, mais aussi en Chine […] en Inde, dans le monde arabo-musulman

    a superb introduction to all the world’s major philosophical and religious traditions. […] South Asian Philosophies […] Chinese Philosophies […] Philosophies of Greece, Rome and the Near East […] Islamic Philosophies

    Traduction de la rédaction une superbe introduction à toutes les grandes traditions philosophiques et religieuses du monde. […] Philosophies d’Asie du Sud […] Philosophies chinoises […] Philosophies de la Grèce, de Rome et du Proche-Orient […] Philosophies islamiques

    Source Smart, Ninian, World Philosophies, 2ᵉ éd. revue par Oliver Leaman, Routledge, 2008, présentation et table des matières de l’éditeur, présentation et table des matières de l’éditeur (chap. « South Asian Philosophies », « Chinese Philosophies », « Philosophies of Greece, Rome and the Near East », « Islamic Philosophies »).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage Chercher comment il faut vivre, ce qui est juste, ce qu’on peut savoir : cela ne s’est pas fait seulement en Grèce […] en Afrique de l’Ouest

    The culture of the Akan people of West Africa dates from before the 13th century. Like other long-established cultures the world over, the Akan have developed a rich conceptual system complete with metaphysical, moral, and epistemological aspects.

    Traduction de la rédaction La culture du peuple akan d’Afrique de l’Ouest remonte à avant le XIIIᵉ siècle. Comme d’autres cultures anciennes de par le monde, les Akan ont élaboré un riche système conceptuel, avec ses aspects métaphysiques, moraux et épistémologiques.

    Source Wingo, Ajume, « Akan Philosophy of the Person », Stanford Encyclopedia of Philosophy, Stanford University, 2006, révision 2024, introduction de l’article, 1er paragraphe, 1re et 2ᵉ phrases.

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Références bibliographiques

23
  • Bhattacharya, Ramkrishna, « Development of Materialism in India: the pre-Cārvākas and the Cārvākas », Esercizi Filosofici, vol. 8, 2013, p. 1-12, en accès libre (l’ancienneté du matérialisme indien). https://sites.units.it/eserfilo/art813/bhattacharya813.pdf
  • British Academy, « Great Thinkers: Richard Fardon FBA on Mary Douglas FBA », podcast, page de présentation en accès libre (la formule « dirt is matter out of place », empruntée, rendue mémorable par Mary Douglas). https://www.britac.ac.uk/podcasts/great-thinkers-richard-fardon-mary-douglas/
  • Chattopadhyaya, Debiprasad, Lokāyata: A Study in Ancient Indian Materialism, People’s Publishing House, New Delhi, 1959, en bibliothèque (les courants matérialistes de l’Inde ancienne).
  • Coe, Michael D., Breaking the Maya Code, Thames & Hudson, 2012, en bibliothèque (les livres mayas conservés, et celui dont l’authenticité fut longtemps contestée).
  • Cole, Douglas et Chaikin, Ira, An Iron Hand upon the People: The Law Against the Potlatch on the Northwest Coast, Douglas & McIntyre, 1990, en bibliothèque (l’interdiction, les arrestations, l’application de la loi).
  • Douglas, Mary, Purity and Danger: An Analysis of Concepts of Pollution and Taboo, Routledge & Kegan Paul, 1966 ; rééd. Routledge Classics, 2002, avec une nouvelle préface de l’autrice, en bibliothèque. Traduction française : De la souillure, Maspero, 1971.
  • Encyclopædia Britannica, article « Diego de Landa », en accès libre (le franciscain espagnol, évêque du Yucatán, qui ordonna de brûler les livres mayas et le raconta lui-même dans sa Relación de las cosas de Yucatán). https://www.britannica.com/biography/Diego-de-Landa
  • Fardon, Richard, « Margaret Mary Douglas 1921–2007 », Proceedings of the British Academy, vol. 166, 2010, p. 135-158, en accès libre (notice biographique ; la révision par Douglas de sa lecture du Lévitique). https://www.thebritishacademy.ac.uk/documents/1696/166p135.pdf
  • Guinness World Records, « Oldest higher-learning institution », en accès libre (al-Qarawiyyin, à Fès, plus ancien établissement d’enseignement supérieur toujours en activité selon ce classement, qui exige une activité continue). https://www.guinnessworldrecords.com/world-records/oldest-university
  • Ibn Abi Zar’, Rawd al-Qirtas, chronique de Fès, en bibliothèque (la chronique, bien postérieure à la fondation, qui attribue al-Qarawiyyin à Fatima al-Fihri).
  • Instituto Nacional de Antropología e Historia (INAH), « El milenario Códice Maya de México protagoniza exposición en Los Ángeles », boletín n° 530, 18 octobre 2022, en accès libre (les quatre codex mayas conservés ; le Codex Grolier, longtemps tenu pour un faux). https://www.inah.gob.mx/images/boletines/2022/530/Boletin%20530.pdf
  • Landa, Diego de, Relación de las cosas de Yucatán, vers 1566, éd. et trad. Alfred M. Tozzer, Peabody Museum, 1941, en bibliothèque (la destruction des livres mayas, racontée par celui qui l’ordonna).
  • Noakes, Taylor C., « Potlatch Ban », L’Encyclopédie canadienne (The Canadian Encyclopedia), Historica Canada, 14 juin 2023, en accès libre. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/en/article/potlatch-ban
  • Noakes, Taylor C., « Potlatch Ban », The Canadian Encyclopedia, 14 juin 2023 (modifié le 11 janvier 2024), en accès libre (l’interdiction du potlatch, sa durée, les arrestations et sa levée). https://thecanadianencyclopedia.ca/en/article/potlatch-ban
  • Olyan, Saul M., « Mary Douglas’s Holiness/Wholeness Paradigm: Its Potential for Insight and Its Limitations », The Journal of Hebrew Scriptures, vol. 8, article 10, 2008, en accès libre (les critiques adressées à l’analyse du Lévitique de Mary Douglas). https://doi.org/10.5508/jhs.2008.v8.a10
  • Sharon, Diane, « Sacred Distinctions », commentaire de la paracha Shemini, Jewish Theological Seminary, 28 avril 1998, en accès libre (la thèse de Mary Douglas sur les animaux impurs du Lévitique, et sa révision ultérieure). https://www.jtsa.edu/torah/sacred-distinctions/
  • Smart, Ninian, World Philosophies, 2ᵉ éd. revue par Oliver Leaman, Routledge, 2008, présentation et table des matières de l’éditeur en accès libre. https://www.routledge.com/World-Philosophies/Leaman-Smart/p/book/9780415411899
  • Smart, Ninian, World Philosophies, Routledge, 2008, en bibliothèque (les traditions philosophiques hors d’Europe : Chine, Inde, monde arabo-musulman, Afrique).
  • Staal, Frits, « The Fidelity of Oral Tradition and the Origins of Science », Mededelingen der Koninklijke Nederlandse Akademie van Wetenschappen, vol. 49, n° 8, 1986, en bibliothèque (les récitations emboîtées comme dispositif de vérification).
  • UNESCO, « La tradition du chant védique », Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, en accès libre (la transmission orale de textes très longs, préservés inchangés par des techniques de récitation). https://ich.unesco.org/fr/RL/la-tradition-du-chant-vedique-00062
  • Wenham, Gordon J., « The Theology of Unclean Food », The Evangelical Quarterly, vol. 53, n° 1, 1981, p. 6-15, en accès libre (les objections à l’explication des interdits alimentaires du Lévitique par l’hygiène). https://biblicalstudies.org.uk/pdf/eq/1981-1_006.pdf
  • Whitmarsh, Tim, Battling the Gods: Atheism in the Ancient World, Knopf, 2015, en bibliothèque (le scepticisme religieux dans l’Antiquité grecque).
  • Wingo, Ajume, « Akan Philosophy of the Person », Stanford Encyclopedia of Philosophy, Stanford University, 2006, révision 2024, en accès libre (la pensée akan, en Afrique de l’Ouest). https://plato.stanford.edu/entries/akan-person/

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