Histoire et échanges 3.1

Les origines d’Homo sapiens : la leçon de Jebel Irhoud

Le saviez-vous ?

En 1961, des mineurs marocains qui cherchaient de la barytine dégagent un crâne. Il est presque complet, ce qui est extrêmement rare.

Un crâne humain fossile presque complet, brun, présenté dans une vitrine de musée.
Le crâne Jebel Irhoud 1, attribué à Homo sapiens, photographié au musée d’histoire naturelle Smithsonian, dans la salle consacrée aux origines humaines. Ryan Somma from Occoquan, USA, CC BY-SA 2.0, source

En 1961, des mineurs marocains qui cherchaient de la barytine dégagent un crâne. Il est presque complet, ce qui est extrêmement rare.

Ce fossile n’a pas changé d’un millimètre. Nous, en revanche, avons changé trois fois d’avis à son sujet.1

D’où nous venons

Notre espèce s’appelle Homo sapiens. Elle appartient à un genre, Homo, qui a compté plusieurs espèces — et c’est le premier point à corriger : pendant presque toute l’histoire, plusieurs espèces humaines ont vécu en même temps. Il n’y a qu’une seule espèce humaine aujourd’hui, et c’est une situation exceptionnelle, non la règle.

La lignée qui mène à nous se sépare de celle des chimpanzés il y a environ sept millions d’années, en Afrique. Ce qui apparaît en premier n’est ni le gros cerveau ni les outils : c’est la bipédie, la marche debout. Le cerveau grossit bien plus tard, et les plus anciens outils de pierre taillée connus, découverts à Lomekwi au Kenya, datent d’environ 3,3 millions d’années — alors qu’on pensait que les premiers outils avaient été faits par le genre Homo.2

Homo sapiens apparaît en Afrique, et c’est là que ce crâne intervient : les fossiles marocains dont traite cette page sont aujourd’hui datés d’environ 315 000 ans, ce qui en fait les plus anciens attribués à notre espèce. Auparavant, on situait cette apparition vers 200 000 ans et en Afrique de l’Est seulement.3

À la même époque vivent d’autres humains. Les Néandertaliens occupent l’Europe et l’Ouest de l’Asie ; les Dénisoviens, connus surtout par leur ADN, occupent l’Asie ; d’autres espèces encore existent en Indonésie et aux Philippines.

Sortir, et se mêler

Des groupes d’Homo sapiens quittent l’Afrique à plusieurs reprises. La sortie qui a peuplé le reste du monde date d’environ 50 000 à 70 000 ans ; les travaux génétiques récents la situent plutôt vers la borne basse de cette fourchette. De proche en proche, sur des milliers d’années, ces populations atteignent l’Asie, l’Australie — il y a au moins 50 000 ans, et peut-être 65 000 selon un site du nord du continent dont la datation reste discutée, ce qui suppose dans tous les cas des traversées en mer —, l’Europe, puis les Amériques par le nord-est de l’Asie.4

Ces groupes ont rencontré les autres humains, et ils ont eu des enfants avec eux. Ce n’est pas une hypothèse : c’est lisible dans l’ADN des personnes vivantes.

Les humains dont les ancêtres ne sont pas restés en Afrique portent de l’ADN néandertalien. Dans quelle proportion ? Les estimations tournent autour de 2 %, mais elles varient selon les méthodes et les populations : le séquençage d’un génome néandertalien complet, en 2014, donnait une fourchette de 1,5 à 2,1 %, révisée ensuite à 1,8-2,6 % hors Océanie. Certaines populations d’Asie et d’Océanie portent en outre de l’ADN dénisovien.5

C’est un détail qui donne à ce chiffre tout son intérêt. Au moment du métissage, la proportion était probablement supérieure à 5 %.6

Une grande partie de cet ADN a donc disparu des génomes depuis. Non par hasard : la sélection l’a surtout éliminé des parties du génome qui ont une fonction, au fil des générations.7

Ce qui reste n’est pas ce qui a été transmis. C’est ce qui a résisté au tri.

C’est la forme de cette histoire qu’il faut retenir. Ce n’est pas une ligne droite qui irait du singe à l’homme, ni une échelle où chaque espèce remplacerait la précédente. C’est un buisson : des lignées qui se séparent, coexistent, se recroisent, et disparaissent presque toutes. Nous sommes la seule branche restante — et nous portons, dans nos cellules, la trace de celles qui ont disparu.

Trois lectures d’un même objet

  • Première lecture (1961) : Le crâne a une capacité cérébrale importante, mais une forme allongée. On conclut qu’il s’agit d’un Néandertalien africain.
  • Deuxième lecture (2007) : On date une dent à environ 160 000 ans. Le crâne devient le vestige tardif d’une espèce plus ancienne que la nôtre, ayant subsisté au Maroc.
  • Troisième lecture (2017) : De nouvelles fouilles sur le site de Jebel Irhoud, menées par l’équipe de Jean-Jacques Hublin, livrent de nouveaux fossiles humains — en tout, le site a livré les restes d’au moins cinq personnes, dont un enfant et un adolescent —, des outils en silex et des ossements d’animaux. La datation s’effondre : environ 315 000 ans.8

Et ce chiffre ne repose pas sur une seule mesure. Les silex avaient été chauffés au feu : on peut donc dater le moment de cette chauffe. Quatorze mesures ont été faites ; pour la couche des fossiles, leur moyenne donne 315 000 ans, à 34 000 ans près. Une méthode différente, appliquée à une dent, donne 286 000 ans. Et les espèces animales retrouvées sur le site — zèbre, léopard, antilope — sont compatibles avec ces âges.9

Trois voies indépendantes, trois résultats qui se recoupent. C’est ainsi qu’une date devient solide : non parce qu’un appareil l’a affichée, mais parce que plusieurs méthodes sans rapport entre elles aboutissent au même résultat.

Son visage, à quelques nuances près, est déjà le nôtre. Il ressemble assez à celui d’un humain actuel pour passer inaperçu dans la rue aujourd’hui, bien que sa boîte crânienne conserve une forme plus allongée.10

Ce que cela change (et ce que cela ne change pas)

La conclusion appelle la prudence : elle est plus subtile qu’il n’y paraît.

Cela ne veut pas dire que « le berceau de l’humanité est au Maroc ».

La carte d’ensemble se présente ainsi :

  • Nord (Maroc) : 315 000 ans
  • Est (Éthiopie) : au moins 233 000 ans (on disait environ 197 000 jusqu’à une nouvelle datation en 2022)
  • Sud (Afrique du Sud) : environ 260 000 ans, âge d’une dent de Florisbad que l’on rattache au crâne, un lien mis en doute depuis11

Notre espèce ne surgit pas d’un point unique : elle se forme à l’échelle du continent entier, au fil de déplacements et de rencontres entre groupes isolés.12

À certaines périodes humides, le Sahara reverdissait : lacs et rivières offraient des passages là où s’étend aujourd’hui un désert.13

Note de méthode : la qualification exacte des fossiles de Jebel Irhoud comme « Homo sapiens accomplis » fait encore l’objet de débats au sein de la communauté scientifique.14

Ce qu’il faut retenir

Retour au crâne de 1961. Il n’a pas changé. Ce qui a évolué, ce sont les outils de datation et le réseau de comparaison.

À l’idée que « les scientifiques changent d’avis tout le temps », il faut opposer ceci : chacune des trois lectures était la meilleure interprétation possible avec les données du moment.

Une date qui recule n’est pas une erreur que l’on corrige. C’est un instrument qui s’affine.

Ce qui a disparu

La pierre se conserve. Les os, parfois. Le bois, les fibres, les peaux, les cordes et les paniers : presque jamais.

Nous appelons cette époque « l’âge de la pierre ». Ce nom ne décrit pas la réalité des objets fabriqués, mais la nature des matériaux qui ont survécu. Les humains du Paléolithique travaillaient avant tout le végétal et l’animal.

De même, dire qu’ils « erraient » ou « ramassaient » leur retire toute stratégie. En réalité, ils façonnaient leur environnement — notamment par le feu contrôlé, qui stimulait la repousse végétale et attirait le gibier.

Note 1

An almost complete skull (Irhoud 1) was accidentally unearthed in 1961, prompting excavations […]. The interpretation of the Irhoud hominins has long been complicated by persistent uncertainties surrounding their geological age. They were initially assigned to a time period ca. 40 ka ago and considered to be an African form of Neanderthal9. […] An attempt to date one of the hominins directly by U series-ESR3 suggested an age of 160 ± 16 ka13. […] It has therefore been suggested that the archaic features of the Irhoud fossils may indicate that North African H. sapiens interbred with Neanderthals17, or that the Irhoud hominins represented a North African, late surviving, archaic population18. New excavations at Irhoud have recovered in situ archaeological material and established a precise chronology for the deposits, which are much older than previously thought3.

Un crâne presque complet (Irhoud 1) a été mis au jour accidentellement en 1961, ce qui a entraîné des fouilles […]. L’interprétation des hominines d’Irhoud a longtemps été compliquée par des incertitudes persistantes sur leur âge géologique. On les a d’abord placés vers 40 ka et considérés comme une forme africaine de Néandertalien9. […] Une tentative de datation directe de l’un des hominines par séries de l’uranium et RPE3 a suggéré un âge de 160 ± 16 ka13. […] On a donc suggéré que les traits archaïques des fossiles d’Irhoud pourraient indiquer que des H. sapiens nord-africains se sont croisés avec des Néandertaliens17, ou que les hominines d’Irhoud représentaient une population archaïque nord-africaine ayant subsisté tardivement18. De nouvelles fouilles à Irhoud ont permis de recueillir du matériel archéologique en place et d’établir une chronologie précise des dépôts, bien plus anciens qu’on ne le pensait3.

Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292, version acceptée de l’auteur (Kent Academic Repository)

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Note 2

We report the discovery of Lomekwi 3, a 3.3-million-year-old archaeological site where in situ stone artefacts occur in spatiotemporal association with Pliocene hominin fossils in a wooded palaeoenvironment.

Nous rapportons la découverte de Lomekwi 3, un site archéologique vieux de 3,3 millions d’années où des artefacts en pierre in situ sont associés dans l’espace et le temps à des fossiles d’hominines du Pliocène, dans un paléoenvironnement boisé.

Harmand, Sonia et al., « 3.3-Million-Year-Old Stone Tools from Lomekwi 3, West Turkana, Kenya », Nature, vol. 521, n° 7552, 2015, p. 310-315

Human evolutionary scholars have long supposed that the earliest stone tools were made by the genus Homo […] We report the discovery of Lomekwi 3, a 3.3-million-year-old archaeological site where in situ stone artefacts occur in spatiotemporal association with Pliocene hominin fossils in a wooded palaeoenvironment. […] we propose for it the name 'Lomekwian', which predates the Oldowan by 700,000 years and marks a new beginning to the known archaeological record.

Les spécialistes de l’évolution humaine ont longtemps supposé que les plus anciens outils de pierre avaient été fabriqués par le genre Homo […] Nous rapportons la découverte de Lomekwi 3, un site archéologique vieux de 3,3 millions d’années où des outils de pierre en place se trouvent associés, dans l’espace et dans le temps, à des fossiles d’hominines du Pliocène, dans un milieu boisé. […] nous proposons de le nommer « lomekwien » : il précède l’oldowayen de 700 000 ans et marque un nouveau début dans les traces archéologiques connues.

Harmand, Sonia et al., « 3.3-Million-Year-Old Stone Tools from Lomekwi 3, West Turkana, Kenya », Nature, vol. 521, n° 7552, 2015, p. 310-315

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Note 3

an age of 315 ± 34 thousand years […] makes Jebel Irhoud the oldest and richest African Middle Stone Age hominin site that documents early stages of the H. sapiens clade

un âge de 315 000 ± 34 000 ans […] fait de Djebel Irhoud le site à hominines du Middle Stone Age africain le plus ancien et le plus riche documentant les premiers stades du clade H. sapiens

Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292

Consistent with some genetic evidence14, fossils from Ethiopia (Omo Kibish is considered to be as old as approximately 195 kyr (ref. 15) and Herto has been dated to approximately 160 thousand years ago (ka)16) are commonly regarded as the first early anatomically modern humans (EMH).

En accord avec certaines données génétiques, les fossiles d’Éthiopie (Omo Kibish est considéré comme vieux d’environ 195 000 ans et Herto a été daté d’environ 160 000 ans) sont couramment regardés comme les premiers humains anatomiquement modernes.

Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292

it is unclear whether the present day 'modern' morphology rapidly emerged approximately 200 thousand years ago (ka) among earlier representatives of H. sapiens or evolved gradually over the last 400 thousand years

on ne sait pas si la morphologie « moderne » actuelle est apparue rapidement il y a environ 200 000 ans chez des représentants anciens de H. sapiens, ou si elle a évolué graduellement au cours des 400 000 dernières années

Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292

In combination with an age of 315±34 thousand years (as determined by thermoluminescence dating)3, this evidence makes Jebel Irhoud the oldest and richest African Middle Stone Age hominin site that documents early stages of the H. sapiens clade in which key features of modern morphology were established.

Associées à un âge de 315 ± 34 milliers d’années (déterminé par datation par thermoluminescence), ces données font de Jebel Irhoud le site à hominines du Middle Stone Age africain le plus ancien et le plus riche documentant les premiers stades du clade H. sapiens, au cours desquels se sont mis en place des traits clés de la morphologie moderne.

Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292

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Note 4

Here we report the results of new excavations conducted at Madjedbebe, a rock shelter in northern Australia. […] Human occupation began around 65,000 years ago, with a distinctive stone tool assemblage including grinding stones, ground ochres, reflective additives and ground-edge hatchet heads.

Nous présentons ici les résultats de nouvelles fouilles menées à Madjedbebe, un abri sous roche du nord de l’Australie. […] L’occupation humaine a commencé il y a environ 65 000 ans, avec un ensemble distinctif d’outils de pierre comprenant des meules, des ocres broyées, des additifs réfléchissants et des haches à tranchant poli.

Clarkson, Chris et al., « Human Occupation of Northern Australia by 65,000 Years Ago », Nature, vol. 547, n° 7663, 2017, p. 306-310

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Note 5

Using the high-coverage Neandertal genome in conjunction with the two other Neandertal genomes, we now estimate that the proportion of Neandertal-derived DNA in people outside Africa is 1.5–2.1%

En utilisant le génome néandertalien à haute couverture avec les deux autres génomes néandertaliens, nous estimons désormais que la proportion d’ADN d’origine néandertalienne chez les personnes hors d’Afrique est de 1,5 à 2,1 %

Prüfer, Kay, Racimo, Fernando, Patterson, Nick et al., « The Complete Genome Sequence of a Neanderthal from the Altai Mountains », Nature, vol. 505, 2014, p. 43-49, en accès libre

We find that non-African populations outside Oceania carry between 1.8-2.6% Neandertal DNA (Fig. 4A), higher than previous estimates of 1.5-2.1% (2).

Nous trouvons que les populations non africaines hors Océanie portent entre 1,8 et 2,6 % d’ADN néandertalien, plus que les estimations précédentes de 1,5 à 2,1 %.

Prüfer, Kay, de Filippo, Cesare, Grote, Steffi et al., « A High-Coverage Neandertal Genome from Vindija Cave in Croatia », Science, vol. 358, n° 6363, 2017, p. 655-658, en accès libre

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Note 6

the initial introgression pulse was likely greater than 5% […], indicating that much of the Neanderthal DNA was purged from modern human genomes

l’apport initial d’introgression était probablement supérieur à 5 %, ce qui indique qu’une grande partie de l’ADN néandertalien a été éliminée des génomes humains modernes

Pfennig, Aaron et Lachance, Joseph, « Limited Selection on Neanderthal DNA in 30,780 Recently Admixed Genomes with African-like Ancestry », Molecular Biology and Evolution, vol. 43, n° 7, 2026, en accès libre

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Note 7

much of the Neanderthal DNA was purged from modern human genomes. […] Observations that this purging was particularly pronounced from functional genomic elements

une grande partie de l’ADN néandertalien a été éliminée des génomes des humains modernes. […] Les observations selon lesquelles cette élimination a été particulièrement marquée dans les éléments fonctionnels du génome

Pfennig, Aaron et Lachance, Joseph, « Limited Selection on Neanderthal DNA in 30,780 Recently Admixed Genomes with African-like Ancestry », Molecular Biology and Evolution, vol. 43, n° 7, 2026, en accès libre

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Note 8

An almost complete skull (Irhoud 1) was accidentally unearthed in 1961 […] They were initially considered to be around 40 thousand years (kyr) old and an African form of Neanderthals9.

Un crâne presque complet (Irhoud 1) a été mis au jour par hasard en 1961 […] On les a d’abord considérés comme âgés d’environ 40 000 ans et comme une forme africaine de Néandertaliens.

Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292

Here, an application of x-ray synchrotron microtomography reveals that an early Homo sapiens juvenile from Morocco dated at 160,000 years before present displays an equivalent degree of tooth development to modern European children at the same age. […] Recent direct uranium series/electron spin resonance dates on the specimen confirm earlier dates, suggesting an age of 160,000 ± 16,000 ybp

Ici, une microtomographie synchrotron à rayons X révèle qu’un juvénile Homo sapiens ancien du Maroc, daté de 160 000 ans avant le présent, présente un degré de développement dentaire équivalent à celui des enfants européens actuels du même âge. […] De récentes datations directes par séries de l’uranium et résonance de spin électronique sur le spécimen confirment les dates antérieures et suggèrent un âge de 160 000 ± 16 000 ans

Smith, Tanya M. et al., « Earliest Evidence of Modern Human Life History in North African Early Homo sapiens », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 104, 2007, p. 6128-6133

New excavations at Irhoud have enabled the recovery of in situ archaeological material and the establishment of a precise chronology of the deposits, which are much older than previously thought3. The excavation yielded a new series of hominin remains, including an adult skull (Irhoud 10) comprising a distorted braincase and fragments of the face (Fig. 1), a nearly complete adult mandible (Irhoud 11) (Fig. 2), one maxilla, several postcranial elements and abundant dental material (Extended Data Table 1). […] This concentration, stratigraphic observations made by previous excavators and the anatomical similarity with earlier discoveries strongly suggest that most, if not all, of the hominin remains from the site were accumulated in a rather constrained window of time corresponding to the formation of layer 7. This layer contains the remains of at least five individuals (three adults, one adolescent and one immature individual, around 7.5 years old).

De nouvelles fouilles à Irhoud ont permis de recueillir du matériel archéologique en place et d’établir une chronologie précise des dépôts, bien plus anciens qu’on ne le pensait. La fouille a livré une nouvelle série de restes humains, dont un crâne adulte (Irhoud 10) comprenant une boîte crânienne déformée et des fragments de la face, une mandibule adulte presque complète (Irhoud 11), un maxillaire, plusieurs os du squelette et de nombreuses dents. […] Cette concentration, les observations stratigraphiques des fouilleurs précédents et la ressemblance anatomique avec les découvertes antérieures indiquent fortement que la plupart, sinon la totalité, des restes humains du site se sont accumulés pendant une période assez courte, correspondant à la formation de la couche 7. Cette couche contient les restes d’au moins cinq individus (trois adultes, un adolescent et un individu immature d’environ 7,5 ans).

Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292

an age of 315 ± 34 thousand years (as determined by thermoluminescence dating)

un âge de 315 000 ± 34 000 ans (déterminé par datation par thermoluminescence)

Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292

This layer contains the remains of at least five individuals (three adults, one adolescent and one immature individual, around 7.5 years old).

Cette couche contient les restes d’au moins cinq individus (trois adultes, un adolescent et un individu immature, d’environ 7 ans et demi).

Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292

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Note 9

Here we report the ages, determined by thermoluminescence dating, of fire-heated flint artefacts obtained from new excavations at the Middle Stone Age site of Jebel Irhoud, Morocco, which are directly associated with newly discovered remains of H. sapiens8. […] the high percentage of visibly (37%) heated flint artefacts allows thermoluminescence dating of the archaeological assemblage and associated human remains.

Nous présentons ici les âges, déterminés par thermoluminescence, d’artefacts en silex chauffés au feu provenant de nouvelles fouilles sur le site du Middle Stone Age de Jebel Irhoud, au Maroc, directement associés à des restes d’H. sapiens nouvellement découverts. […] la forte proportion (37 %) d’artefacts en silex visiblement chauffés permet de dater par thermoluminescence l’ensemble archéologique et les restes humains associés.

Richter, Daniel et al., « The Age of the Hominin Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Origins of the Middle Stone Age », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 293-296

except for one tooth (Irhoud-1653), all the newly discovered hominins8 come from layer 7 (Fig. 2). […] A total of 14 ages, as determined by thermoluminescence dating, were obtained (Table 1 and Extended Data Table 2). […] Sample sizes are sufficient23 for calculating weighted average ages for layers 6 and 7 and yield ages of 302±32 ka and 315±34 ka, respectively.

à l’exception d’une dent, tous les restes humains nouvellement découverts proviennent de la couche 7. […] Au total, 14 âges ont été obtenus par thermoluminescence. […] Les échantillons sont assez nombreux pour calculer des âges moyens pondérés pour les couches 6 et 7, qui donnent respectivement 302 000 ± 32 000 ans et 315 000 ± 34 000 ans.

Richter, Daniel et al., « The Age of the Hominin Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Origins of the Middle Stone Age », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 293-296

Support is obtained through the recalculated uranium series with electron spin resonance date of 286±32 thousand years ago for a tooth from the Irhoud 3 hominin mandible.

Un appui est fourni par la date recalculée par séries de l’uranium et résonance de spin électronique, de 286 000 ± 32 000 ans, pour une dent de la mandibule humaine Irhoud 3.

Richter, Daniel et al., « The Age of the Hominin Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Origins of the Middle Stone Age », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 293-296

These ages are also consistent with the faunal and microfaunal9 assemblages […] The fauna are dominated by remains of gazelle (Gazella sp.), but Equidae (zebras) and Alcelaphini (wildebeest and hartebeest) remains are also present (Supplementary Information). The faunal assemblage preserves a diversity of carnivores; leopards (Panthera pardus) are most common

Ces âges concordent aussi avec les ensembles de grande et de petite faune […] La faune est dominée par des restes de gazelle, mais des restes d’équidés (zèbres) et d’alcélaphinés (gnous et bubales) sont aussi présents. L’ensemble faunique conserve une diversité de carnivores ; les léopards sont les plus courants

Richter, Daniel et al., « The Age of the Hominin Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Origins of the Middle Stone Age », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 293-296

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Note 10

In contrast to their modern facial morphology, the Irhoud crania retain a primitive overall shape of the braincase and endocast, that is, unlike those of RMH, they are elongated and not globular10,18,22. […] Even approximately 300 ka ago their facial morphology is almost indistinguishable from that of RMH

Contrairement à leur face moderne, les crânes d’Irhoud gardent une forme générale primitive de la boîte crânienne et de l’endocrâne : à la différence de ceux des humains modernes récents, ils sont allongés et non globuleux. […] Il y a déjà environ 300 000 ans, leur face est presque impossible à distinguer de celle des humains modernes récents

Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292

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Note 11

The earliest Homo sapiens fossils are found across the entire African continent: Jebel Irhoud, Morocco (300 thousand years), Florisbad, South Africa (260 thousand years), and Omo Kibish, Ethiopia (195 thousand years).

Les plus anciens fossiles d’Homo sapiens se trouvent sur tout le continent africain : Jebel Irhoud, au Maroc (300 000 ans), Florisbad, en Afrique du Sud (260 000 ans), et Omo Kibish, en Éthiopie (195 000 ans).

Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology et INSAP, « The First of Our Kind: Scientists Discover the Oldest Homo sapiens Fossils at Jebel Irhoud, Morocco », communiqué de presse, 7 juin 2017

The most anatomically informative hominin specimen from Florisbad is a fragmentary craniofacial specimen, […] which has been assumed to derive from the same individual as this tooth. […] We find that the contemporary records raise doubt about the contemporaneity of the tooth and calvaria.

Le spécimen hominine le plus informatif sur le plan anatomique à Florisbad est un fragment craniofacial, […] que l’on a supposé provenir du même individu que cette dent. […] Nous constatons que les archives de l’époque font douter de la contemporanéité de la dent et de la calotte crânienne.

Berger, Lee R. et Hawks, John, « Revisiting the Age of the Florisbad Hominin Material », HOMO, vol. 74, n° 1, 2023, p. 55-60

Efforts to date the oldest modern human fossils in eastern Africa, from Omo-Kibish1–3 and Herto4,5 in Ethiopia, have drawn on a variety of chronometric evidence, including 40Ar/39Ar ages of stratigraphically associated tuffs. […] By dating the proximal deposits of this eruption, we obtain a new minimum age for the Omo fossils of 233 ± 22 kyr.

Les tentatives de datation des plus anciens fossiles d’humains modernes d’Afrique de l’Est, ceux d’Omo-Kibish et de Herto en Éthiopie, se sont appuyées sur divers indices chronométriques, dont les âges 40Ar/39Ar de tufs associés stratigraphiquement. […] En datant les dépôts proximaux de cette éruption, nous obtenons pour les fossiles d’Omo un nouvel âge minimal de 233 000 ± 22 000 ans.

Vidal, Céline M. et al., « Age of the Oldest Known Homo sapiens from Eastern Africa », Nature, vol. 601, 2022, p. 579-583

By dating the proximal deposits of this eruption, we obtain a new minimum age for the Omo fossils of 233 ± 22 kyr.

En datant les dépôts proches de cette éruption, nous obtenons un nouvel âge minimal de 233 000 ± 22 000 ans pour les fossiles de l’Omo.

Vidal, Céline M. et al., « Age of the Oldest Known Homo sapiens from Eastern Africa », Nature, vol. 601, 2022, p. 579-583

Even approximately 300 ka ago their facial morphology is almost indistinguishable from that of RMH, corroborating the interpretation of the fragmentary specimen from Florisbad (South Africa) as a primitive H. sapiens tentatively dated to 260 ka (ref. 24).

Il y a déjà environ 300 000 ans, leur face est presque impossible à distinguer de celle des humains modernes récents, ce qui conforte l’interprétation du spécimen fragmentaire de Florisbad (Afrique du Sud) comme un H. sapiens primitif, daté provisoirement de 260 000 ans.

Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292

The ages that are generally reported for these fossils are around 197 thousand years (kyr) for the Kibish Omo I3,6,7, and around 160–155 kyr for the Herto hominins5,8. […] By dating the proximal deposits of this eruption, we obtain a new minimum age for the Omo fossils of 233 ± 22 kyr.

Les âges généralement donnés pour ces fossiles sont d’environ 197 000 ans pour Omo I de Kibish et d’environ 160 000 à 155 000 ans pour les hominines de Herto. […] En datant les dépôts proximaux de cette éruption, nous obtenons pour les fossiles d’Omo un nouvel âge minimal de 233 000 ± 22 000 ans.

Vidal, Céline M. et al., « Age of the Oldest Known Homo sapiens from Eastern Africa », Nature, vol. 601, 2022, p. 579-583

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Note 12

it shows that the evolutionary processes behind the emergence of H. sapiens involved the whole African continent

cela montre que les processus évolutifs à l’origine de l’apparition de H. sapiens ont concerné tout le continent africain

Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292

We used to think that there was a cradle of mankind 200 thousand years ago in east Africa, but our new data reveal that Homo sapiens spread across the entire African continent around 300 thousand years ago

Nous pensions qu’il y avait un berceau de l’humanité il y a 200 000 ans en Afrique de l’Est, mais nos nouvelles données montrent qu’Homo sapiens s’est répandu sur tout le continent africain il y a environ 300 000 ans

Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology et INSAP, « The First of Our Kind: Scientists Discover the Oldest Homo sapiens Fossils at Jebel Irhoud, Morocco », communiqué de presse, 7 juin 2017

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Note 13

At the same time that the monsoon migrated northwards, the Sahara contracted, and networks of lakes and rivers expanded across much of north Africa, with matching conditions in parts of southwest Asia.

Au moment où la mousson remontait vers le nord, le Sahara se contractait, et des réseaux de lacs et de rivières s’étendaient sur une grande partie de l’Afrique du Nord, avec des conditions semblables dans certaines parties de l’Asie du Sud-Ouest.

Scerri, Eleanor M. L. et al., « Did Our Species Evolve in Subdivided Populations across Africa, and Why Does It Matter? », Trends in Ecology & Evolution, vol. 33, 2018, p. 582-594

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Note 14

This diversity has led some researchers to propose that fossils such as Jebel Irhoud and Florisbad actually represent a more primitive species called ‘H. helmei’ […] However, we view H. sapiens as an evolving lineage with deep African roots, and therefore prefer to recognize such fossils as part of the diversity shown by early members of the H. sapiens clade.

Cette diversité a conduit certains chercheurs à proposer que des fossiles comme ceux de Jebel Irhoud et de Florisbad représentent en fait une espèce plus primitive appelée « H. helmei » […] Nous considérons cependant H. sapiens comme une lignée en évolution aux racines africaines profondes, et préférons donc reconnaître ces fossiles comme faisant partie de la diversité des premiers membres du clade H. sapiens.

Scerri, Eleanor M. L. et al., « Did Our Species Evolve in Subdivided Populations across Africa, and Why Does It Matter? », Trends in Ecology & Evolution, vol. 33, 2018, p. 582-594

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Notes et sources

  1. ↑

    Passage Ce fossile n’a pas changé d’un millimètre. Nous, en revanche, avons changé trois fois d’avis à son sujet.

    An almost complete skull (Irhoud 1) was accidentally unearthed in 1961, prompting excavations […]. The interpretation of the Irhoud hominins has long been complicated by persistent uncertainties surrounding their geological age. They were initially assigned to a time period ca. 40 ka ago and considered to be an African form of Neanderthal9. […] An attempt to date one of the hominins directly by U series-ESR3 suggested an age of 160 ± 16 ka13. […] It has therefore been suggested that the archaic features of the Irhoud fossils may indicate that North African H. sapiens interbred with Neanderthals17, or that the Irhoud hominins represented a North African, late surviving, archaic population18. New excavations at Irhoud have recovered in situ archaeological material and established a precise chronology for the deposits, which are much older than previously thought3.

    Traduction de la rédaction Un crâne presque complet (Irhoud 1) a été mis au jour accidentellement en 1961, ce qui a entraîné des fouilles […]. L’interprétation des hominines d’Irhoud a longtemps été compliquée par des incertitudes persistantes sur leur âge géologique. On les a d’abord placés vers 40 ka et considérés comme une forme africaine de Néandertalien9. […] Une tentative de datation directe de l’un des hominines par séries de l’uranium et RPE3 a suggéré un âge de 160 ± 16 ka13. […] On a donc suggéré que les traits archaïques des fossiles d’Irhoud pourraient indiquer que des H. sapiens nord-africains se sont croisés avec des Néandertaliens17, ou que les hominines d’Irhoud représentaient une population archaïque nord-africaine ayant subsisté tardivement18. De nouvelles fouilles à Irhoud ont permis de recueillir du matériel archéologique en place et d’établir une chronologie précise des dépôts, bien plus anciens qu’on ne le pensait3.

    Source Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292, version acceptée de l’auteur (Kent Academic Repository), version acceptée de l’auteur (Kent Academic Repository), 1ᵉʳ à 3ᵉ paragraphes du texte principal (l. 46-69 du manuscrit).

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  2. ↑

    Passage les plus anciens outils de pierre taillée connus, découverts à Lomekwi au Kenya, datent d’environ 3,3 millions d’années

    We report the discovery of Lomekwi 3, a 3.3-million-year-old archaeological site where in situ stone artefacts occur in spatiotemporal association with Pliocene hominin fossils in a wooded palaeoenvironment.

    Traduction de la rédaction Nous rapportons la découverte de Lomekwi 3, un site archéologique vieux de 3,3 millions d’années où des artefacts en pierre in situ sont associés dans l’espace et le temps à des fossiles d’hominines du Pliocène, dans un paléoenvironnement boisé.

    Source Harmand, Sonia et al., « 3.3-Million-Year-Old Stone Tools from Lomekwi 3, West Turkana, Kenya », Nature, vol. 521, n° 7552, 2015, p. 310-315, résumé.

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    Passage les plus anciens outils de pierre taillée connus, découverts à Lomekwi au Kenya, datent d’environ 3,3 millions d’années — alors qu’on pensait que les premiers outils avaient été faits par le genre Homo.

    Human evolutionary scholars have long supposed that the earliest stone tools were made by the genus Homo […] We report the discovery of Lomekwi 3, a 3.3-million-year-old archaeological site where in situ stone artefacts occur in spatiotemporal association with Pliocene hominin fossils in a wooded palaeoenvironment. […] we propose for it the name 'Lomekwian', which predates the Oldowan by 700,000 years and marks a new beginning to the known archaeological record.

    Traduction de la rédaction Les spécialistes de l’évolution humaine ont longtemps supposé que les plus anciens outils de pierre avaient été fabriqués par le genre Homo […] Nous rapportons la découverte de Lomekwi 3, un site archéologique vieux de 3,3 millions d’années où des outils de pierre en place se trouvent associés, dans l’espace et dans le temps, à des fossiles d’hominines du Pliocène, dans un milieu boisé. […] nous proposons de le nommer « lomekwien » : il précède l’oldowayen de 700 000 ans et marque un nouveau début dans les traces archéologiques connues.

    Source Harmand, Sonia et al., « 3.3-Million-Year-Old Stone Tools from Lomekwi 3, West Turkana, Kenya », Nature, vol. 521, n° 7552, 2015, p. 310-315, résumé (première, troisième et dernière phrases).

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  3. ↑

    Passage les fossiles marocains […] sont aujourd’hui datés d’environ 315 000 ans, ce qui en fait les plus anciens attribués à notre espèce

    an age of 315 ± 34 thousand years […] makes Jebel Irhoud the oldest and richest African Middle Stone Age hominin site that documents early stages of the H. sapiens clade

    Traduction de la rédaction un âge de 315 000 ± 34 000 ans […] fait de Djebel Irhoud le site à hominines du Middle Stone Age africain le plus ancien et le plus riche documentant les premiers stades du clade H. sapiens

    Source Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292, résumé.

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    Passage Auparavant, on situait cette apparition vers 200 000 ans et en Afrique de l’Est seulement

    Consistent with some genetic evidence14, fossils from Ethiopia (Omo Kibish is considered to be as old as approximately 195 kyr (ref. 15) and Herto has been dated to approximately 160 thousand years ago (ka)16) are commonly regarded as the first early anatomically modern humans (EMH).

    Traduction de la rédaction En accord avec certaines données génétiques, les fossiles d’Éthiopie (Omo Kibish est considéré comme vieux d’environ 195 000 ans et Herto a été daté d’environ 160 000 ans) sont couramment regardés comme les premiers humains anatomiquement modernes.

    Source Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292, introduction, p. 289.

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    Passage Auparavant, on situait cette apparition vers 200 000 ans

    it is unclear whether the present day 'modern' morphology rapidly emerged approximately 200 thousand years ago (ka) among earlier representatives of H. sapiens or evolved gradually over the last 400 thousand years

    Traduction de la rédaction on ne sait pas si la morphologie « moderne » actuelle est apparue rapidement il y a environ 200 000 ans chez des représentants anciens de H. sapiens, ou si elle a évolué graduellement au cours des 400 000 dernières années

    Source Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292, résumé.

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    Passage ce qui en fait les plus anciens attribués à notre espèce

    In combination with an age of 315±34 thousand years (as determined by thermoluminescence dating)3, this evidence makes Jebel Irhoud the oldest and richest African Middle Stone Age hominin site that documents early stages of the H. sapiens clade in which key features of modern morphology were established.

    Traduction de la rédaction Associées à un âge de 315 ± 34 milliers d’années (déterminé par datation par thermoluminescence), ces données font de Jebel Irhoud le site à hominines du Middle Stone Age africain le plus ancien et le plus riche documentant les premiers stades du clade H. sapiens, au cours desquels se sont mis en place des traits clés de la morphologie moderne.

    Source Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292, résumé.

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  4. ↑

    Passage peut-être 65 000 selon un site du nord du continent

    Here we report the results of new excavations conducted at Madjedbebe, a rock shelter in northern Australia. […] Human occupation began around 65,000 years ago, with a distinctive stone tool assemblage including grinding stones, ground ochres, reflective additives and ground-edge hatchet heads.

    Traduction de la rédaction Nous présentons ici les résultats de nouvelles fouilles menées à Madjedbebe, un abri sous roche du nord de l’Australie. […] L’occupation humaine a commencé il y a environ 65 000 ans, avec un ensemble distinctif d’outils de pierre comprenant des meules, des ocres broyées, des additifs réfléchissants et des haches à tranchant poli.

    Source Clarkson, Chris et al., « Human Occupation of Northern Australia by 65,000 Years Ago », Nature, vol. 547, n° 7663, 2017, p. 306-310, résumé.

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  5. ↑

    Passage le séquençage d’un génome néandertalien complet, en 2014, donnait une fourchette de 1,5 à 2,1 %

    Using the high-coverage Neandertal genome in conjunction with the two other Neandertal genomes, we now estimate that the proportion of Neandertal-derived DNA in people outside Africa is 1.5–2.1%

    Traduction de la rédaction En utilisant le génome néandertalien à haute couverture avec les deux autres génomes néandertaliens, nous estimons désormais que la proportion d’ADN d’origine néandertalienne chez les personnes hors d’Afrique est de 1,5 à 2,1 %

    Source Prüfer, Kay, Racimo, Fernando, Patterson, Nick et al., « The Complete Genome Sequence of a Neanderthal from the Altai Mountains », Nature, vol. 505, 2014, p. 43-49, en accès libre, section « Neandertal gene flow into modern humans ».

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    Passage révisée ensuite à 1,8-2,6 % hors Océanie

    We find that non-African populations outside Oceania carry between 1.8-2.6% Neandertal DNA (Fig. 4A), higher than previous estimates of 1.5-2.1% (2).

    Traduction de la rédaction Nous trouvons que les populations non africaines hors Océanie portent entre 1,8 et 2,6 % d’ADN néandertalien, plus que les estimations précédentes de 1,5 à 2,1 %.

    Source Prüfer, Kay, de Filippo, Cesare, Grote, Steffi et al., « A High-Coverage Neandertal Genome from Vindija Cave in Croatia », Science, vol. 358, n° 6363, 2017, p. 655-658, en accès libre, p. 3 de la version « First Release » (5 octobre 2017).

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  6. ↑

    Passage Au moment du métissage, la proportion était probablement supérieure à 5 %.

    the initial introgression pulse was likely greater than 5% […], indicating that much of the Neanderthal DNA was purged from modern human genomes

    Traduction de la rédaction l’apport initial d’introgression était probablement supérieur à 5 %, ce qui indique qu’une grande partie de l’ADN néandertalien a été éliminée des génomes humains modernes

    Source Pfennig, Aaron et Lachance, Joseph, « Limited Selection on Neanderthal DNA in 30,780 Recently Admixed Genomes with African-like Ancestry », Molecular Biology and Evolution, vol. 43, n° 7, 2026, en accès libre, introduction.

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  7. ↑

    Passage Non par hasard : la sélection l’a surtout éliminé des parties du génome qui ont une fonction

    much of the Neanderthal DNA was purged from modern human genomes. […] Observations that this purging was particularly pronounced from functional genomic elements

    Traduction de la rédaction une grande partie de l’ADN néandertalien a été éliminée des génomes des humains modernes. […] Les observations selon lesquelles cette élimination a été particulièrement marquée dans les éléments fonctionnels du génome

    Source Pfennig, Aaron et Lachance, Joseph, « Limited Selection on Neanderthal DNA in 30,780 Recently Admixed Genomes with African-like Ancestry », Molecular Biology and Evolution, vol. 43, n° 7, 2026, en accès libre, introduction, 1er paragraphe.

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  8. ↑

    Passage Première lecture (1961) : […] On conclut qu’il s’agit d’un Néandertalien africain.

    An almost complete skull (Irhoud 1) was accidentally unearthed in 1961 […] They were initially considered to be around 40 thousand years (kyr) old and an African form of Neanderthals9.

    Traduction de la rédaction Un crâne presque complet (Irhoud 1) a été mis au jour par hasard en 1961 […] On les a d’abord considérés comme âgés d’environ 40 000 ans et comme une forme africaine de Néandertaliens.

    Source Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292, introduction, p. 289.

    Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

    Passage Deuxième lecture (2007) : on date une dent à environ 160 000 ans.

    Here, an application of x-ray synchrotron microtomography reveals that an early Homo sapiens juvenile from Morocco dated at 160,000 years before present displays an equivalent degree of tooth development to modern European children at the same age. […] Recent direct uranium series/electron spin resonance dates on the specimen confirm earlier dates, suggesting an age of 160,000 ± 16,000 ybp

    Traduction de la rédaction Ici, une microtomographie synchrotron à rayons X révèle qu’un juvénile Homo sapiens ancien du Maroc, daté de 160 000 ans avant le présent, présente un degré de développement dentaire équivalent à celui des enfants européens actuels du même âge. […] De récentes datations directes par séries de l’uranium et résonance de spin électronique sur le spécimen confirment les dates antérieures et suggèrent un âge de 160 000 ± 16 000 ans

    Source Smith, Tanya M. et al., « Earliest Evidence of Modern Human Life History in North African Early Homo sapiens », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 104, 2007, p. 6128-6133, résumé ; introduction (p. 6128).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

    Passage De nouvelles fouilles sur le site de Jebel Irhoud […] livrent de nouveaux fossiles humains — en tout, le site a livré les restes d’au moins cinq personnes

    New excavations at Irhoud have enabled the recovery of in situ archaeological material and the establishment of a precise chronology of the deposits, which are much older than previously thought3. The excavation yielded a new series of hominin remains, including an adult skull (Irhoud 10) comprising a distorted braincase and fragments of the face (Fig. 1), a nearly complete adult mandible (Irhoud 11) (Fig. 2), one maxilla, several postcranial elements and abundant dental material (Extended Data Table 1). […] This concentration, stratigraphic observations made by previous excavators and the anatomical similarity with earlier discoveries strongly suggest that most, if not all, of the hominin remains from the site were accumulated in a rather constrained window of time corresponding to the formation of layer 7. This layer contains the remains of at least five individuals (three adults, one adolescent and one immature individual, around 7.5 years old).

    Traduction de la rédaction De nouvelles fouilles à Irhoud ont permis de recueillir du matériel archéologique en place et d’établir une chronologie précise des dépôts, bien plus anciens qu’on ne le pensait. La fouille a livré une nouvelle série de restes humains, dont un crâne adulte (Irhoud 10) comprenant une boîte crânienne déformée et des fragments de la face, une mandibule adulte presque complète (Irhoud 11), un maxillaire, plusieurs os du squelette et de nombreuses dents. […] Cette concentration, les observations stratigraphiques des fouilleurs précédents et la ressemblance anatomique avec les découvertes antérieures indiquent fortement que la plupart, sinon la totalité, des restes humains du site se sont accumulés pendant une période assez courte, correspondant à la formation de la couche 7. Cette couche contient les restes d’au moins cinq individus (trois adultes, un adolescent et un individu immature d’environ 7,5 ans).

    Source Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292, p. 290.

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    Passage La datation s’effondre : environ 315 000 ans.

    an age of 315 ± 34 thousand years (as determined by thermoluminescence dating)

    Traduction de la rédaction un âge de 315 000 ± 34 000 ans (déterminé par datation par thermoluminescence)

    Source Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292, résumé.

    Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

    Passage les restes d’au moins cinq personnes, dont un enfant et un adolescent

    This layer contains the remains of at least five individuals (three adults, one adolescent and one immature individual, around 7.5 years old).

    Traduction de la rédaction Cette couche contient les restes d’au moins cinq individus (trois adultes, un adolescent et un individu immature, d’environ 7 ans et demi).

    Source Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292, 2e page de l’article, paragraphe « New excavations at Irhoud have enabled the recovery of in situ archaeological material ».

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  9. ↑

    Passage Les silex avaient été chauffés au feu : on peut donc dater le moment de cette chauffe.

    Here we report the ages, determined by thermoluminescence dating, of fire-heated flint artefacts obtained from new excavations at the Middle Stone Age site of Jebel Irhoud, Morocco, which are directly associated with newly discovered remains of H. sapiens8. […] the high percentage of visibly (37%) heated flint artefacts allows thermoluminescence dating of the archaeological assemblage and associated human remains.

    Traduction de la rédaction Nous présentons ici les âges, déterminés par thermoluminescence, d’artefacts en silex chauffés au feu provenant de nouvelles fouilles sur le site du Middle Stone Age de Jebel Irhoud, au Maroc, directement associés à des restes d’H. sapiens nouvellement découverts. […] la forte proportion (37 %) d’artefacts en silex visiblement chauffés permet de dater par thermoluminescence l’ensemble archéologique et les restes humains associés.

    Source Richter, Daniel et al., « The Age of the Hominin Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Origins of the Middle Stone Age », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 293-296, résumé (p. 293) ; p. 295.

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    Passage Quatorze mesures ont été faites ; pour la couche des fossiles, leur moyenne donne 315 000 ans, à 34 000 ans près.

    except for one tooth (Irhoud-1653), all the newly discovered hominins8 come from layer 7 (Fig. 2). […] A total of 14 ages, as determined by thermoluminescence dating, were obtained (Table 1 and Extended Data Table 2). […] Sample sizes are sufficient23 for calculating weighted average ages for layers 6 and 7 and yield ages of 302±32 ka and 315±34 ka, respectively.

    Traduction de la rédaction à l’exception d’une dent, tous les restes humains nouvellement découverts proviennent de la couche 7. […] Au total, 14 âges ont été obtenus par thermoluminescence. […] Les échantillons sont assez nombreux pour calculer des âges moyens pondérés pour les couches 6 et 7, qui donnent respectivement 302 000 ± 32 000 ans et 315 000 ± 34 000 ans.

    Source Richter, Daniel et al., « The Age of the Hominin Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Origins of the Middle Stone Age », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 293-296, p. 294-295.

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    Passage Une méthode différente, appliquée à une dent, donne 286 000 ans.

    Support is obtained through the recalculated uranium series with electron spin resonance date of 286±32 thousand years ago for a tooth from the Irhoud 3 hominin mandible.

    Traduction de la rédaction Un appui est fourni par la date recalculée par séries de l’uranium et résonance de spin électronique, de 286 000 ± 32 000 ans, pour une dent de la mandibule humaine Irhoud 3.

    Source Richter, Daniel et al., « The Age of the Hominin Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Origins of the Middle Stone Age », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 293-296, résumé (p. 293).

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    Passage les espèces animales retrouvées sur le site — zèbre, léopard, antilope — sont compatibles avec ces âges

    These ages are also consistent with the faunal and microfaunal9 assemblages […] The fauna are dominated by remains of gazelle (Gazella sp.), but Equidae (zebras) and Alcelaphini (wildebeest and hartebeest) remains are also present (Supplementary Information). The faunal assemblage preserves a diversity of carnivores; leopards (Panthera pardus) are most common

    Traduction de la rédaction Ces âges concordent aussi avec les ensembles de grande et de petite faune […] La faune est dominée par des restes de gazelle, mais des restes d’équidés (zèbres) et d’alcélaphinés (gnous et bubales) sont aussi présents. L’ensemble faunique conserve une diversité de carnivores ; les léopards sont les plus courants

    Source Richter, Daniel et al., « The Age of the Hominin Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Origins of the Middle Stone Age », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 293-296, résumé (p. 293) ; p. 294.

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  10. ↑

    Passage Son visage, à quelques nuances près, est déjà le nôtre. […] bien que sa boîte crânienne conserve une forme plus allongée.

    In contrast to their modern facial morphology, the Irhoud crania retain a primitive overall shape of the braincase and endocast, that is, unlike those of RMH, they are elongated and not globular10,18,22. […] Even approximately 300 ka ago their facial morphology is almost indistinguishable from that of RMH

    Traduction de la rédaction Contrairement à leur face moderne, les crânes d’Irhoud gardent une forme générale primitive de la boîte crânienne et de l’endocrâne : à la différence de ceux des humains modernes récents, ils sont allongés et non globuleux. […] Il y a déjà environ 300 000 ans, leur face est presque impossible à distinguer de celle des humains modernes récents

    Source Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292, p. 291.

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  11. ↑

    Passage Sud (Afrique du Sud) : environ 260 000 ans

    The earliest Homo sapiens fossils are found across the entire African continent: Jebel Irhoud, Morocco (300 thousand years), Florisbad, South Africa (260 thousand years), and Omo Kibish, Ethiopia (195 thousand years).

    Traduction de la rédaction Les plus anciens fossiles d’Homo sapiens se trouvent sur tout le continent africain : Jebel Irhoud, au Maroc (300 000 ans), Florisbad, en Afrique du Sud (260 000 ans), et Omo Kibish, en Éthiopie (195 000 ans).

    Source Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology et INSAP, « The First of Our Kind: Scientists Discover the Oldest Homo sapiens Fossils at Jebel Irhoud, Morocco », communiqué de presse, 7 juin 2017, p. 3, 1er paragraphe.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage âge d’une dent de Florisbad que l’on rattache au crâne, un lien mis en doute depuis

    The most anatomically informative hominin specimen from Florisbad is a fragmentary craniofacial specimen, […] which has been assumed to derive from the same individual as this tooth. […] We find that the contemporary records raise doubt about the contemporaneity of the tooth and calvaria.

    Traduction de la rédaction Le spécimen hominine le plus informatif sur le plan anatomique à Florisbad est un fragment craniofacial, […] que l’on a supposé provenir du même individu que cette dent. […] Nous constatons que les archives de l’époque font douter de la contemporanéité de la dent et de la calotte crânienne.

    Source Berger, Lee R. et Hawks, John, « Revisiting the Age of the Florisbad Hominin Material », HOMO, vol. 74, n° 1, 2023, p. 55-60, résumé.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage Est (Éthiopie) : au moins 233 000 ans

    Efforts to date the oldest modern human fossils in eastern Africa, from Omo-Kibish1–3 and Herto4,5 in Ethiopia, have drawn on a variety of chronometric evidence, including 40Ar/39Ar ages of stratigraphically associated tuffs. […] By dating the proximal deposits of this eruption, we obtain a new minimum age for the Omo fossils of 233 ± 22 kyr.

    Traduction de la rédaction Les tentatives de datation des plus anciens fossiles d’humains modernes d’Afrique de l’Est, ceux d’Omo-Kibish et de Herto en Éthiopie, se sont appuyées sur divers indices chronométriques, dont les âges 40Ar/39Ar de tufs associés stratigraphiquement. […] En datant les dépôts proximaux de cette éruption, nous obtenons pour les fossiles d’Omo un nouvel âge minimal de 233 000 ± 22 000 ans.

    Source Vidal, Céline M. et al., « Age of the Oldest Known Homo sapiens from Eastern Africa », Nature, vol. 601, 2022, p. 579-583, résumé (abstract), première phrase puis phrase donnant le nouvel âge minimal.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

    Passage Est (Éthiopie) : au moins 233 000 ans

    By dating the proximal deposits of this eruption, we obtain a new minimum age for the Omo fossils of 233 ± 22 kyr.

    Traduction de la rédaction En datant les dépôts proches de cette éruption, nous obtenons un nouvel âge minimal de 233 000 ± 22 000 ans pour les fossiles de l’Omo.

    Source Vidal, Céline M. et al., « Age of the Oldest Known Homo sapiens from Eastern Africa », Nature, vol. 601, 2022, p. 579-583, résumé.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 25 octobre 2026

    Passage Sud (Afrique du Sud) : environ 260 000 ans

    Even approximately 300 ka ago their facial morphology is almost indistinguishable from that of RMH, corroborating the interpretation of the fragmentary specimen from Florisbad (South Africa) as a primitive H. sapiens tentatively dated to 260 ka (ref. 24).

    Traduction de la rédaction Il y a déjà environ 300 000 ans, leur face est presque impossible à distinguer de celle des humains modernes récents, ce qui conforte l’interprétation du spécimen fragmentaire de Florisbad (Afrique du Sud) comme un H. sapiens primitif, daté provisoirement de 260 000 ans.

    Source Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292, p. 291.

    Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

    Passage on disait environ 197 000 jusqu’à une nouvelle datation en 2022

    The ages that are generally reported for these fossils are around 197 thousand years (kyr) for the Kibish Omo I3,6,7, and around 160–155 kyr for the Herto hominins5,8. […] By dating the proximal deposits of this eruption, we obtain a new minimum age for the Omo fossils of 233 ± 22 kyr.

    Traduction de la rédaction Les âges généralement donnés pour ces fossiles sont d’environ 197 000 ans pour Omo I de Kibish et d’environ 160 000 à 155 000 ans pour les hominines de Herto. […] En datant les dépôts proximaux de cette éruption, nous obtenons pour les fossiles d’Omo un nouvel âge minimal de 233 000 ± 22 000 ans.

    Source Vidal, Céline M. et al., « Age of the Oldest Known Homo sapiens from Eastern Africa », Nature, vol. 601, 2022, p. 579-583, résumé (abstract) ; article publié en ligne le 12 janvier 2022 (Nature, vol. 601).

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  12. ↑

    Passage elle se forme à l’échelle du continent entier

    it shows that the evolutionary processes behind the emergence of H. sapiens involved the whole African continent

    Traduction de la rédaction cela montre que les processus évolutifs à l’origine de l’apparition de H. sapiens ont concerné tout le continent africain

    Source Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292, résumé.

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    Passage Notre espèce ne surgit pas d’un point unique : elle se forme à l’échelle du continent entier

    We used to think that there was a cradle of mankind 200 thousand years ago in east Africa, but our new data reveal that Homo sapiens spread across the entire African continent around 300 thousand years ago

    Traduction de la rédaction Nous pensions qu’il y avait un berceau de l’humanité il y a 200 000 ans en Afrique de l’Est, mais nos nouvelles données montrent qu’Homo sapiens s’est répandu sur tout le continent africain il y a environ 300 000 ans

    Source Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology et INSAP, « The First of Our Kind: Scientists Discover the Oldest Homo sapiens Fossils at Jebel Irhoud, Morocco », communiqué de presse, 7 juin 2017, déclaration de Jean-Jacques Hublin.

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  13. ↑

    Passage à certaines périodes humides, le Sahara reverdissait : lacs et rivières offraient des passages là où s’étend aujourd’hui un désert

    At the same time that the monsoon migrated northwards, the Sahara contracted, and networks of lakes and rivers expanded across much of north Africa, with matching conditions in parts of southwest Asia.

    Traduction de la rédaction Au moment où la mousson remontait vers le nord, le Sahara se contractait, et des réseaux de lacs et de rivières s’étendaient sur une grande partie de l’Afrique du Nord, avec des conditions semblables dans certaines parties de l’Asie du Sud-Ouest.

    Source Scerri, Eleanor M. L. et al., « Did Our Species Evolve in Subdivided Populations across Africa, and Why Does It Matter? », Trends in Ecology & Evolution, vol. 33, 2018, p. 582-594, section « Environmental and Ecological Drivers of Population Structure », 1er paragraphe.

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  14. ↑

    Passage la qualification exacte des fossiles de Jebel Irhoud comme « Homo sapiens accomplis » fait encore l’objet de débats au sein de la communauté scientifique

    This diversity has led some researchers to propose that fossils such as Jebel Irhoud and Florisbad actually represent a more primitive species called ‘H. helmei’ […] However, we view H. sapiens as an evolving lineage with deep African roots, and therefore prefer to recognize such fossils as part of the diversity shown by early members of the H. sapiens clade.

    Traduction de la rédaction Cette diversité a conduit certains chercheurs à proposer que des fossiles comme ceux de Jebel Irhoud et de Florisbad représentent en fait une espèce plus primitive appelée « H. helmei » […] Nous considérons cependant H. sapiens comme une lignée en évolution aux racines africaines profondes, et préférons donc reconnaître ces fossiles comme faisant partie de la diversité des premiers membres du clade H. sapiens.

    Source Scerri, Eleanor M. L. et al., « Did Our Species Evolve in Subdivided Populations across Africa, and Why Does It Matter? », Trends in Ecology & Evolution, vol. 33, 2018, p. 582-594, section « The Morphological Diversity and Spread of the Homo sapiens Clade », 2e et 3e paragraphes.

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Références bibliographiques

15
  • Berger, Lee R. et Hawks, John, « Revisiting the Age of the Florisbad Hominin Material », HOMO, vol. 74, n° 1, 2023, p. 55-60, en accès libre (les doutes sur l’appartenance de la dent datée et du crâne au même individu). https://doi.org/10.1127/homo/2023/1541
  • Clarkson, Chris et al., « Human Occupation of Northern Australia by 65,000 Years Ago », Nature, vol. 547, n° 7663, 2017, p. 306-310 (la datation par luminescence de l’abri de Madjedbebe ; les réserves formulées depuis sur l’intégrité des couches, auxquelles les auteurs ont répondu dans Australian Archaeology en 2018). https://doi.org/10.1038/nature22968
  • Ennouchi, Émile, « Un Néandertalien : l’homme du Jebel Irhoud (Maroc) », L’Anthropologie, vol. 66, 1962, p. 279-299.
  • Grün, Rainer et al., « Direct Dating of Florisbad Hominid », Nature, vol. 382, 1996, p. 500-501 (Afrique du Sud : environ 260 000 ans).
  • Harmand, Sonia et al., « 3.3-Million-Year-Old Stone Tools from Lomekwi 3, West Turkana, Kenya », Nature, vol. 521, n° 7552, 2015, p. 310-315 (les plus anciens outils de pierre connus, antérieurs de 700 000 ans aux précédents). https://doi.org/10.1038/nature14464
  • Hublin, Jean-Jacques et Seytre, Bernard, Quand d’autres hommes peuplaient la Terre, Flammarion, 2008 ; et cours au Collège de France, chaire Paléoanthropologie (le récit des trois lectures).
  • Hublin, Jean-Jacques et al., « New Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Pan-African Origin of Homo sapiens », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 289-292 (les cinq individus ; le visage moderne et la boîte crânienne allongée ; l’origine panafricaine).
  • Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology et INSAP, « The First of Our Kind: Scientists Discover the Oldest Homo sapiens Fossils at Jebel Irhoud, Morocco », communiqué de presse, 7 juin 2017, en accès libre (la déclaration de Jean-Jacques Hublin sur le « berceau » est-africain et la diffusion à l’échelle du continent). https://www.eva.mpg.de/fileadmin/content_files/human_evolution/Homo_Sapiens_presskit/pdf/English_PressRelease_Irhoud.pdf
  • Pfennig, Aaron et Lachance, Joseph, « Limited Selection on Neanderthal DNA in 30,780 Recently Admixed Genomes with African-like Ancestry », Molecular Biology and Evolution, vol. 43, n° 7, 2026, en accès libre (l’apport initial estimé au-delà de 5 % et l’élimination ultérieure d’une grande part de cet ADN, rappelés en introduction). https://doi.org/10.1093/molbev/msag136
  • Prüfer, Kay, Racimo, Fernando, Patterson, Nick et al., « The Complete Genome Sequence of a Neanderthal from the Altai Mountains », Nature, vol. 505, 2014, p. 43-49, en accès libre (une ascendance néandertalienne estimée entre 1,5 et 2,1 % chez les populations non africaines). https://doi.org/10.1038/nature12886
  • Prüfer, Kay, de Filippo, Cesare, Grote, Steffi et al., « A High-Coverage Neandertal Genome from Vindija Cave in Croatia », Science, vol. 358, n° 6363, 2017, p. 655-658, en accès libre (l’estimation révisée à 1,8-2,6 % d’ADN néandertalien chez les populations non africaines hors Océanie). https://doi.org/10.1126/science.aao1887
  • Richter, Daniel et al., « The Age of the Hominin Fossils from Jebel Irhoud, Morocco, and the Origins of the Middle Stone Age », Nature, vol. 546, 8 juin 2017, p. 293-296 (thermoluminescence sur silex chauffés : 315 000 ± 34 000 ans).
  • Scerri, Eleanor M. L. et al., « Did Our Species Evolve in Subdivided Populations across Africa, and Why Does It Matter? », Trends in Ecology & Evolution, vol. 33, 2018, p. 582-594 (la formation à l’échelle du continent ; le Sahara vert ; le débat sur les fossiles de Jebel Irhoud).
  • Smith, Tanya M. et al., « Earliest Evidence of Modern Human Life History in North African Early Homo sapiens », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 104, 2007, p. 6128-6133 (la dent datée d’environ 160 000 ans : la deuxième lecture).
  • Vidal, Céline M. et al., « Age of the Oldest Known Homo sapiens from Eastern Africa », Nature, vol. 601, 2022, p. 579-583 (Omo Kibish, Éthiopie : au moins 233 000 ans).

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