Nombres, mesures et techniques 9.4

Mesurer : longueurs, poids, volumes

Le saviez-vous ?

Un mètre, c’est long comment ?

Une plaque de marbre fixée sur un mur de pierre, portant une règle horizontale entre deux butées et l'inscription « mètre ».
Un mètre étalon public du XVIIIe siècle, rue de Vaugirard à Paris : chacun pouvait venir y vérifier que sa règle mesurait bien un mètre. Airair, CC BY-SA 3.0, source

Un mètre, c’est long comment ?

On peut le montrer avec les mains, à peu près. Mais « à peu près » ne suffit pas quand il s’agit de vendre du tissu, de construire un pont ou de payer un impôt. Il a donc fallu se mettre d’accord. Se mettre d’accord sur une longueur s’est révélé bien plus compliqué qu’on ne l’imagine.

Le pied de qui ?

Les premières mesures viennent du corps. Le pied, la coudée — du coude au bout des doigts —, l’empan — l’écart entre le pouce et l’auriculaire, main ouverte —, la brasse — les deux bras écartés.

C’est pratique : on a toujours ses instruments sur soi. Mais le défaut est évident. Le pied de qui ? Celui d’un adulte et celui d’un enfant ne font pas la même longueur. Deux personnes qui mesurent le même champ n’obtiennent pas le même résultat.

Tant qu’on mesure pour soi, ce n’est pas grave. Dès qu’on échange, cela le devient.

Fabriquer un objet de référence

La solution est d’abord matérielle : fabriquer un objet qui sert de modèle, et comparer tous les autres à lui. C’est ce qu’on appelle un étalon.

En Égypte, on taille des règles de pierre ou de bois qui donnent la coudée officielle. Il en reste. Elles mesurent environ 52 centimètres. La coudée s’y divise en sept palmes, et chaque palme en quatre doigts : la main sert de graduation.1

Une remarque au passage, car elle est instructive. La plus célèbre de ces règles, conservée à Turin, comporte des subdivisions imprécises. Le musée pense donc qu’il s’agissait d’un objet de prestige, offert à un haut fonctionnaire, et non d’un outil de chantier. L’étalon le plus photographié n’est peut-être pas un étalon qui a servi.2

Le cas le plus impressionnant vient de la vallée de l’Indus, il y a plus de quatre mille ans. On y a retrouvé, sur plus de quarante sites répartis sur deux mille kilomètres, des petits cubes de pierre dure servant de poids. Ils sont pratiquement identiques d’un site à l’autre.

Ils suivent une règle simple : chaque poids vaut le double du précédent. Un, deux, quatre, huit, seize, trente-deux. Le plus petit pèse moins d’un gramme. Le plus courant pèse un peu moins de quatorze grammes.3

Nous ne savons pas lire l’écriture de cette civilisation. Nous ne pouvons donc pas lire ce qu’ils écrivaient sur leurs poids. Mais les objets, eux, parlent : quelqu’un, quelque part, avait décidé de la valeur du gramme local, et tout le monde s’y tenait.

Un peu plus à l’ouest, en Mésopotamie, on pèse sur une balance à fléau : une barre suspendue par le milieu, un plateau à chaque bout. On équilibre d’abord les plateaux vides, puis on met l’objet d’un côté et des poids connus de l’autre. Le principe est si commode qu’on le retrouve partout, de l’Égypte à la Chine.4

Les poids, eux, sont souvent taillés dans une pierre noire et polie, en forme de canard ou de lion. Soixante petits font un moyen, soixante moyens font un gros : le sicle, la mine, le talent. Encore la base soixante, celle des tablettes de Babylone et celle de nos soixante minutes. Le plus petit poids retrouvé pèse quatorze centièmes de gramme — on pesait donc des choses minuscules, et exprès.5

L’étalon qui porte sa propre loi

En Chine, en 221 avant notre ère, un roi vient de conquérir tous les autres et se proclame empereur. Son tout premier acte n’est ni une guerre ni un temple : c’est un édit qui unifie les poids et les mesures de l’empire.

Le plus intéressant est la façon dont il s’y prend. L’édit n’est pas seulement affiché : il est gravé, ou coulé en métal, dans les poids et les mesures eux-mêmes. L’objet porte le texte qui le rend obligatoire. Un poids de fer retrouvé dans le nord pèse trente-deux kilos et porte quarante caractères incrustés en cuivre.6

C’est ainsi qu’on sait que la mesure a vraiment été appliquée : on a retrouvé de ces objets dans des provinces très éloignées les unes des autres. L’ordre venu de la capitale est arrivé jusqu’aux confins, et il est arrivé sous la forme d’un objet qu’on pouvait poser sur une balance.

Le boisseau du seigneur

C’est ici que la mesure cesse d’être seulement une affaire de science.

Pendant très longtemps, l’impôt se paie en grain. Le paysan apporte sa récolte et la verse dans un récipient de bois, le boisseau. Si ce récipient est un peu plus grand que prévu, le paysan donne plus sans que rien ne paraisse. Faut-il remplir jusqu’au bord, ou entasser au-dessus jusqu’à ce que cela déborde ? La différence peut atteindre plusieurs pour cent.

Le boisseau, justement, appartient au seigneur. Mesurer, peser, vérifier les instruments : ce sont des droits qu’il détient et qui lui rapportent.

Avant la Révolution, la France compte à peu près huit cents noms d’unités. Le pire n’est pas leur nombre, c’est que le même nom ne veut pas dire la même chose partout. La livre du roi pèse 489 grammes, mais d’autres livres en usage pèsent de 404 à 456 grammes. La pinte fait moins d’un litre à Paris et près d’un litre et demi à Saint-Denis, qui est à quelques kilomètres. Un setier contient douze boisseaux de blé, mais seize de sel, vingt-quatre d’avoine et trente-deux de charbon.7

En 1789, quand on demande aux Français d’écrire leurs plaintes, la demande revient partout. Dans le Pas-de-Calais, on la retrouve dans plusieurs cahiers. Celui du village d’Oppy réclame l’établissement d’un seul poids et d’une seule mesure dans tout le royaume. (Le cahier écrit « poid », sans s : l’orthographe n’était pas encore fixée.) Ailleurs, on vise directement le seigneur : chacun, dit un cahier, a son boisseau différent.8

Ces papiers sont conservés, on peut aller les lire. Les originaux portent même des cotes — 2 B 881 à 2 B 884 — et n’importe qui peut les demander aux archives du département.9

Il ne faut cependant pas en faire une histoire trop simple. La demande figure aussi dans les cahiers des nobles et du clergé, souvent présentée comme une gêne pour le commerce plutôt que comme une injustice. Tout le monde n’en voulait pas : une municipalité craignait qu’en uniformisant les mesures de grain on fasse fuir les marchands, dont une partie du bénéfice venait précisément de ces écarts.

Dans la nuit du 4 août 1789, les privilèges sont abolis — et avec eux le droit seigneurial de mesurer, de peser et de vérifier les instruments.

Mesurer la Terre pour définir le mètre

Le 26 mars 1791, une décision est prise en France : on va créer une unité qui ne dépende de personne. Pas du pied d’un roi, pas d’un objet gardé dans une ville. Le texte le dit explicitement : une unité qui ne contienne rien d’arbitraire, ni rien de particulier à aucun peuple du globe.

L’idée retenue est de la tirer de la Terre elle-même. Le mètre sera la dix-millionième partie de la distance entre le pôle Nord et l’équateur.10

Reste à mesurer cette distance. Deux astronomes, Delambre et Méchain, partent en 1792 mesurer, triangle par triangle, l’arc de méridien entre Dunkerque et Barcelone. La mission devait durer un an. Elle en dure six. Ils travaillent en pleine guerre, se font arrêter, soupçonner, bloquer.11

En 1795, le système métrique est institué par la loi. En 1799, la longueur définitive est fixée et coulée dans une barre de platine.

Vient alors la partie de l’histoire qu’on raconte rarement : cette mesure est fausse.

À Barcelone, Méchain obtient deux séries de résultats. Chacune est soignée. Elles ne concordent pas.

Aujourd’hui, on saurait quoi faire d’un tel écart : il existe une science des erreurs de mesure. À son époque, elle n’existe pas encore — elle naîtra au siècle suivant. Méchain croit donc avoir commis une faute. Il n’ose pas le dire, et il en restera tourmenté toute sa vie.

Il fait pire que se taire. Ses papiers, retrouvés bien plus tard, montrent qu’il a retouché ses chiffres pour les rapprocher de ceux de son collègue. L’accord remarquable entre les deux astronomes, si rassurant à l’époque, était en partie fabriqué.12

L’ironie de l’histoire est cruelle. Les données qu’il a écartées parce qu’elles le gênaient sont plus proches de la valeur admise aujourd’hui que celles qu’il a gardées.13

Il a supprimé les bonnes.

Après sa mort, Delambre reprend ses carnets et comprend. Il écrit en marge qu’il n’en parlera pas au public, et met les papiers sous scellés.

Ce que cette histoire a fini par produire

Le mètre de 1799 est trop court d’environ deux dixièmes de millimètre — l’épaisseur de deux pages de livre.14

L’erreur de Méchain n’y est d’ailleurs pas pour grand-chose : le vrai problème, c’est que la Terre n’a pas la forme régulière qu’on lui supposait. Leurs mesures étaient si fines qu’elles ne rentraient plus dans aucune belle courbe. On mesurait très bien un objet qu’on se représentait mal.

Détail cruel : leur résultat, obtenu en sept ans, s’est révélé moins exact qu’une valeur provisoire adoptée en 1793 à partir d’un relevé antérieur et pourtant moins précis.15

C’est pourtant de cet échec qu’est sortie une idée capitale, et elle sert à chaque page de ce site.

Aucune mesure n’est sans erreur. Un chercheur ne doit donc pas seulement réduire son erreur : il doit l’estimer et l’annoncer. Un résultat publié n’est pas une valeur vraie, c’est une valeur assortie de son incertitude — on reconnaît l’erreur afin de la maîtriser.16

Cela nous paraît évident. Cela ne l’était pas. Méchain est mort de n’avoir pas eu ce droit.

Des unités qu’on ne peut plus déformer

Une barre de platine, c’est mieux qu’un pied de roi. Mais c’est encore un objet, et un objet vit sa vie.

Le cylindre qui définissait le kilogramme, gardé sous trois cloches de verre près de Paris, n’est pas resté égal à ses copies. En un siècle, un écart d’environ cinquante microgrammes s’est creusé entre lui et ses copies officielles — le poids d’un cil. Les copies avaient-elles grossi, ou lui maigri ? On ne peut pas trancher. Comme toutes les masses du monde étaient rapportées à lui, s’il perdait un peu, l’univers entier grossissait d’autant, par simple définition.17

Aussi, en 2018, une conférence internationale décide de franchir la dernière étape : les unités ne reposeront plus sur aucun objet. Elles seront définies à partir de constantes de la nature — des nombres qui ne changent jamais, où que l’on soit dans l’univers. Le changement entre en vigueur en 2019.18

Pour cela, il a fallu mesurer ces constantes avec une précision extrême. Aux États-Unis, la physicienne Darine Haddad et son équipe ont passé trois ans à mesurer l’une d’elles sur une balance d’un genre particulier, où le poids d’un objet est compensé par un courant électrique. C’est ce nombre-là qui définit aujourd’hui le kilogramme.

Personne ne peut plus fausser un kilogramme. C’est l’aboutissement d’une idée vieille de deux siècles, et d’un problème vieux de plusieurs milliers d’années.

Cela dit, le corps n’a pas disparu. On mesure encore un écran en pouces, et les avions donnent leur altitude en pieds. Le mille marin, lui, n’a rien de corporel : il vaut environ une minute d’arc de méridien, et il a été fixé à 1 852 mètres exactement par une conférence internationale en 1929.19

Pour finir, un détail qui devrait rassurer sur les Mésopotamiens. Leur sicle si bien défini pesait 7,8 grammes ici et 9,4 grammes là, et l’on connaît une quinzaine de valeurs différentes pour lui. Exactement comme la pinte de Paris et celle de Saint-Denis, trois mille ans plus tard. Le même nom qui ne veut pas dire la même chose selon l’endroit : c’est le problème permanent de la mesure, et il aura fallu attendre 2019 pour en sortir vraiment.

Quatre façons de fixer une mesure

Sur quoi elle reposeExemplePoint faible
Le corps humainpied, coudée, empanchange selon la personne
Un grain, une grainele sicle mésopotamien, environ 180 grains d’orgeles grains ne sont pas tous pareils
Un objet de référencepoids de l’Indus, coudée égyptienne, poids de Qin, mètre en platinel’objet peut se déformer ou disparaître
Une constante de la natureunités actuelles depuis 2019aucun, mais très difficile à mesurer

Note 1

Surviving cubit rods: […] From these examples, it has been calculated that the cubit corresponded to 52 centimetres. Divisions of the cubit: One cubit = 7 palms (Egyptian Ssp) One cubit = 28 fingers (Egyptian Dba)

Règles de coudée conservées : […] À partir de ces exemples, on a calculé que la coudée correspondait à 52 centimètres. Divisions de la coudée : une coudée = 7 palmes (en égyptien Ssp) ; une coudée = 28 doigts (en égyptien Dba)

University College London, « Measuring length in Ancient Egypt », Digital Egypt for Universities, 2002

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Note 2

Varie imprecisioni nelle misure e nelle loro suddivisioni fanno pensare che si tratti di un oggetto esclusivamente di prestigio, non destinato a essere usato, che celebra il legame fra il re e questo potente funzionario, responsabile della provvista di grano dello Stato.

Plusieurs imprécisions dans les mesures et leurs subdivisions font penser qu’il s’agit d’un objet uniquement de prestige, non destiné à servir, qui célèbre le lien entre le roi et ce puissant fonctionnaire, responsable de l’approvisionnement de l’État en grain.

Museo Egizio, Turin, Coudée royale d’Amenemope, Cat. 6347

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Note 3

These weights conform to the standard Harappan binary weight system that was used in all of the settlements. The smallest weight in this series is 0.856 grams and the most common weight is approximately 13.7 grams, which is in the 16th ratio.

Ces poids suivent le système pondéral binaire standard de Harappa, utilisé dans tous les établissements. Le plus petit poids de cette série pèse 0,856 gramme et le plus courant environ 13,7 grammes, ce qui correspond au rapport 16.

Kenoyer, Jonathan M. et Meadow, Richard H. (dir.), « Weights », Harappa Archaeological Research Project

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Note 4

allows them to sit in a balance pan without rolling […] An additive sequence makes perfect sense for weighing with hand balances.

leur permet de tenir dans le plateau d’une balance sans rouler […] Une suite additive est parfaitement logique pour peser avec des balances à main.

Hafford, William B., « Hanging in the Balance: Precision Weighing in Antiquity », Expedition, vol. 47, n° 2, 2005, p. 35-37

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Note 5

According to the Sumerian sexagesimal system, the talent was divided into 60 minas, and a mina was divided into 60 shekels.

Selon le système sexagésimal sumérien, le talent était divisé en 60 mines, et une mine était divisée en 60 sicles.

The Metropolitan Museum of Art, New York, Weight in shape of frog, époque paléo-babylonienne (vers 2000-1600 avant notre ère), n° 1988.301

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Note 6

After annexing his opponent states, the Qin First Emperor in 221 bce issued an edict to regulate the measurement system of lengths, volumes, and weights throughout the empire. This edict was inscribed on a great number of metal objects to be used as prototypes or standards for the measurement system.

Après avoir annexé les États rivaux, le Premier Empereur des Qin promulgua en 221 avant notre ère un édit pour réglementer le système de mesure des longueurs, des volumes et des poids dans tout l’empire. Cet édit fut inscrit sur un grand nombre d’objets métalliques destinés à servir de prototypes ou d’étalons pour le système de mesure.

Li, Kin Sum, « To Rule by Manufacture: Measurement Regulation and Metal Weight Production in the Qin Empire », T’oung Pao, vol. 103, n° 1-3, 2017, p. 1-32

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Note 7

Si l’on se réfère au système royal du poids de marc, la livre vaut 489,506 grammes. Mais il existait d’autres référencements : le poids de table, le poids de crochet, le poids de Valence, le poids de pays… Selon les tableaux comparatifs de la période révolutionnaire, ces différentes livres varient de 404 à 456 grammes.

Archives départementales de l’Isère, « Faites poids et mesures… Les unités de mesure en Dauphiné, du Moyen Âge à la fin du XVIIIᵉ siècle », Chroniques d’Archives, septembre 2012

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Note 8

13. L'établissement d'un seul poid et d'une seule mesure partout le royaume.

Loriquet, Henri, Cahiers de doléances de 1789 dans le département du Pas-de-Calais, Arras, Crépel, 1891, tome 1, domaine public

2. Qu'il n'y eût qu'un seul poid et une seule mesure dans la province. […] 40. Qu'il ne soit établi qu'un seul poid et une seule mesure dans toute la France.

Loriquet, Henri, Cahiers de doléances de 1789 dans le département du Pas-de-Calais, Arras, Crépel, 1891, tome 1, domaine public

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Note 9

L'ouvrage contient l'édition intégrale de tous les cahiers de doléances qui existaient à cette époque aux archives départementales du Pas-de-Calais (les originaux sont conservés actuellement sous les cotes 2 B 881-884 et 9 B 54).

Archives départementales du Pas-de-Calais, « Le Pas-de-Calais pendant la Révolution (1789-1800) : bibliographie », Histoire et Mémoire, n° 48, décembre 2006, p. 22, en accès libre

Tirés presque tous des Archives publiques où ils existent encore en minutes ou en copies certifiées, les Cahiers offriront

Loriquet, Henri (éd.), Cahiers de doléances de 1789 dans le département du Pas-de-Calais, Arras, 1891, 2 vol., domaine public

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Note 10

Introduced on 26 March 1791, the metre was defined as being equal to the ten millionth part of one quarter of the terrestrial meridian. […] The metre materialised the idea of a "unit which in its determination was neither arbitrary nor related to any particular nation on the globe".

Instauré le 26 mars 1791, le mètre fut défini comme égal à la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre. […] Le mètre concrétisait l’idée d’une « unité qui, dans sa détermination, n’était ni arbitraire ni liée à aucune nation particulière du globe ».

Laboratoire national de métrologie et d’essais, « L’évolution historique des unités », en accès libre (la naissance du mètre en 1791 et l’expédition de Delambre et Méchain) ; et Le SI et la métrologie en France, EDP Sciences, 2019

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Note 11

It was decided to measure, using the method of triangulation with sightings made with the Borda repeating circle […] that part of the meridian between Dunkerque and Barcelona. […] on 5 May 1792 Delambre was given charge of the Dunkerque to Rodez sector and Méchain the Rodez to Barcelona sector. Delambre set out in June and began to seek triangulation points round Paris.

On décida de mesurer, par la méthode de triangulation avec des visées faites au cercle répétiteur de Borda […], la portion de méridien comprise entre Dunkerque et Barcelone. […] le 5 mai 1792, Delambre reçut la charge du secteur de Dunkerque à Rodez, et Méchain celle du secteur de Rodez à Barcelone. Delambre partit en juin et commença à chercher des points de triangulation autour de Paris.

O’Connor, John J. et Robertson, Edmund F., « Jean-Baptiste-Joseph Delambre », MacTutor History of Mathematics, University of St Andrews, avril 2003

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Note 12

It now appeared that Méchain had also doctored his data for the latitude of the Panthéon, so as to approach Delambre's value. The stunning convergence had been a sham, the moral theater a mirror show.

Il apparut alors que Méchain avait aussi retouché ses données pour la latitude du Panthéon, afin de se rapprocher de la valeur de Delambre. L’étonnante convergence avait été une imposture, le théâtre moral un jeu de miroirs.

Alder, Ken, The Measure of All Things: The Seven-Year Odyssey and Hidden Error That Transformed the World, The Free Press, New York, 2002

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Note 13

The irony—which neither Méchain nor Delambre could know—is that Méchain's suppressed data more closely approximate today's accepted latitude for the Observatory.

L’ironie — que ni Méchain ni Delambre ne pouvaient connaître — est que les données supprimées par Méchain sont plus proches de la latitude aujourd’hui admise pour l’Observatoire.

Alder, Ken, The Measure of All Things: The Seven-Year Odyssey and Hidden Error That Transformed the World, The Free Press, New York, 2002

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Note 14

the meter calculated by Delambre and Méchain falls roughly 0.2 millimeters short, or about the thickness of two pages of this book

le mètre calculé par Delambre et Méchain est trop court d’environ 0,2 millimètre, soit à peu près l’épaisseur de deux pages de ce livre

Alder, Ken, The Measure of All Things: The Seven-Year Odyssey and Hidden Error That Transformed the World, The Free Press, New York, 2002

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Note 15

Their estimate of the length of a meter differs by 0.2 mm from its target value of 10−7 of that arc length—actually less accurate than a provisional value adopted in 1793 based on an earlier and less precise survey!

Leur estimation de la longueur du mètre s’écarte de 0,2 mm de sa valeur cible, 10⁻⁷ de cet arc — en réalité moins exacte qu’une valeur provisoire adoptée en 1793 à partir d’un relevé antérieur et moins précis !

Stephenson, Bruce, recension de The Measure of All Things, Physics Today, vol. 56, n° 7, juillet 2003

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Note 16

Reported measurements are taken not as true values but as statistics, in which one acknowledges the error in order to control it. Although that attitude is second nature to modern scientists, it arose only in the 19th century.

Les mesures publiées sont prises non comme des valeurs vraies mais comme des statistiques, dans lesquelles on reconnaît l’erreur pour la maîtriser. Bien que cette attitude soit une seconde nature pour les scientifiques modernes, elle n’est apparue qu’au XIXᵉ siècle.

Stephenson, Bruce, recension de The Measure of All Things, Physics Today, vol. 56, n° 7, juillet 2003

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Note 17

The trend during the past century had been for most of BIPM's official copies to gain mass relative to the IPK, although by somewhat different amounts, averaging around 50 micrograms (millionths of a gram) over 100 years. But an alternative explanation is that the IPK was losing mass relative to its copies.

Au cours du siècle passé, la tendance a été que la plupart des copies officielles du BIPM prennent de la masse par rapport au prototype international, de quantités un peu différentes, en moyenne d’environ 50 microgrammes (millionièmes de gramme) en 100 ans. Mais une autre explication est que le prototype perdait de la masse par rapport à ses copies.

National Institute of Standards and Technology (NIST), « Kilogram: The Present », dossier SI Redefinition, en accès libre

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Note 18

However, the revision voted in 2018 and come into effect in May 2019 is exceptional in that it formally amends all the unit definitions at once, revising four of them in a fundamental way […] The basic principle of the revision of the SI is to base it not on the units themselves as it previously was, but on 7 constants of physics: this is the paradigm shift of 2018.

Cependant, la révision votée en 2018 et entrée en vigueur en mai 2019 est exceptionnelle en ce qu’elle modifie formellement toutes les définitions d’unités à la fois, dont quatre de façon fondamentale […] Le principe de la révision du SI est de le fonder non plus sur les unités elles-mêmes, comme auparavant, mais sur 7 constantes de la physique : c’est le changement de paradigme de 2018.

Laboratoire national de métrologie et d’essais, « L’évolution historique des unités », en accès libre (la naissance du mètre en 1791 et l’expédition de Delambre et Méchain) ; et Le SI et la métrologie en France, EDP Sciences, 2019

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Note 19

The nautical mile is a special unit employed for marine and aerial navigation to express distance. The conventional value given here was adopted by the First International Extraordinary Hydrographic Conference, Monaco 1929, under the name “International nautical mile”. […] The unit was originally chosen, and continues to be used, because one nautical mile on the surface of the Earth subtends approximately one minute of angle at the centre of the Earth, which is convenient when latitude and longitude are measured in degrees and minutes of angle.

Le mille marin est une unité spéciale employée pour la navigation maritime et aérienne pour exprimer les distances. La valeur conventionnelle donnée ici a été adoptée par la Première Conférence hydrographique internationale extraordinaire, Monaco 1929, sous le nom de « mille marin international ». […] Cette unité a été choisie à l’origine, et reste utilisée, parce qu’un mille marin à la surface de la Terre sous-tend environ une minute d’angle au centre de la Terre, ce qui est commode quand la latitude et la longitude sont mesurées en degrés et minutes d’angle.

Bureau international des poids et mesures, The International System of Units (SI), 8ᵉ édition, 2006

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Notes et sources

  1. ↑

    Passage Il en reste. Elles mesurent environ 52 centimètres. La coudée s’y divise en sept palmes, et chaque palme en quatre doigts

    Surviving cubit rods: […] From these examples, it has been calculated that the cubit corresponded to 52 centimetres. Divisions of the cubit: One cubit = 7 palms (Egyptian Ssp) One cubit = 28 fingers (Egyptian Dba)

    Traduction de la rédaction Règles de coudée conservées : […] À partir de ces exemples, on a calculé que la coudée correspondait à 52 centimètres. Divisions de la coudée : une coudée = 7 palmes (en égyptien Ssp) ; une coudée = 28 doigts (en égyptien Dba)

    Source University College London, « Measuring length in Ancient Egypt », Digital Egypt for Universities, 2002, page « Measuring length in Ancient Egypt », rubriques « Surviving cubit rods » et « Divisions of the cubit ».

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 25 octobre 2026

  2. ↑

    Passage La plus célèbre de ces règles, conservée à Turin, comporte des subdivisions imprécises. Le musée pense donc qu’il s’agissait d’un objet de prestige, offert à un haut fonctionnaire, et non d’un outil de chantier.

    Varie imprecisioni nelle misure e nelle loro suddivisioni fanno pensare che si tratti di un oggetto esclusivamente di prestigio, non destinato a essere usato, che celebra il legame fra il re e questo potente funzionario, responsabile della provvista di grano dello Stato.

    Traduction de la rédaction Plusieurs imprécisions dans les mesures et leurs subdivisions font penser qu’il s’agit d’un objet uniquement de prestige, non destiné à servir, qui célèbre le lien entre le roi et ce puissant fonctionnaire, responsable de l’approvisionnement de l’État en grain.

    Source Museo Egizio, Turin, Coudée royale d’Amenemope, Cat. 6347, notice en ligne de l’objet (collezioni.museoegizio.it), description.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  3. ↑

    Passage chaque poids vaut le double du précédent […] Le plus petit pèse moins d’un gramme. Le plus courant pèse un peu moins de quatorze grammes.

    These weights conform to the standard Harappan binary weight system that was used in all of the settlements. The smallest weight in this series is 0.856 grams and the most common weight is approximately 13.7 grams, which is in the 16th ratio.

    Traduction de la rédaction Ces poids suivent le système pondéral binaire standard de Harappa, utilisé dans tous les établissements. Le plus petit poids de cette série pèse 0,856 gramme et le plus courant environ 13,7 grammes, ce qui correspond au rapport 16.

    Source Kenoyer, Jonathan M. et Meadow, Richard H. (dir.), « Weights », Harappa Archaeological Research Project, légende de la photographie « Cubical weights in graduated sizes ».

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  4. ↑

    Passage on pèse sur une balance à fléau

    allows them to sit in a balance pan without rolling […] An additive sequence makes perfect sense for weighing with hand balances.

    Traduction de la rédaction leur permet de tenir dans le plateau d’une balance sans rouler […] Une suite additive est parfaitement logique pour peser avec des balances à main.

    Source Hafford, William B., « Hanging in the Balance: Precision Weighing in Antiquity », Expedition, vol. 47, n° 2, 2005, p. 35-37.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 25 octobre 2026

  5. ↑

    Passage Soixante petits font un moyen, soixante moyens font un gros : le sicle, la mine, le talent.

    According to the Sumerian sexagesimal system, the talent was divided into 60 minas, and a mina was divided into 60 shekels.

    Traduction de la rédaction Selon le système sexagésimal sumérien, le talent était divisé en 60 mines, et une mine était divisée en 60 sicles.

    Source The Metropolitan Museum of Art, New York, Weight in shape of frog, époque paléo-babylonienne (vers 2000-1600 avant notre ère), n° 1988.301, notice en ligne de l’objet, description.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 25 octobre 2026

  6. ↑

    Passage L’édit n’est pas seulement affiché : il est gravé, ou coulé en métal, dans les poids et les mesures eux-mêmes.

    After annexing his opponent states, the Qin First Emperor in 221 bce issued an edict to regulate the measurement system of lengths, volumes, and weights throughout the empire. This edict was inscribed on a great number of metal objects to be used as prototypes or standards for the measurement system.

    Traduction de la rédaction Après avoir annexé les États rivaux, le Premier Empereur des Qin promulgua en 221 avant notre ère un édit pour réglementer le système de mesure des longueurs, des volumes et des poids dans tout l’empire. Cet édit fut inscrit sur un grand nombre d’objets métalliques destinés à servir de prototypes ou d’étalons pour le système de mesure.

    Source Li, Kin Sum, « To Rule by Manufacture: Measurement Regulation and Metal Weight Production in the Qin Empire », T’oung Pao, vol. 103, n° 1-3, 2017, p. 1-32, résumé (anglais).

    Accès payant · vérifié le 25 octobre 2026

  7. ↑

    Passage La livre du roi pèse 489 grammes, mais d’autres livres en usage pèsent de 404 à 456 grammes.

    Si l’on se réfère au système royal du poids de marc, la livre vaut 489,506 grammes. Mais il existait d’autres référencements : le poids de table, le poids de crochet, le poids de Valence, le poids de pays… Selon les tableaux comparatifs de la période révolutionnaire, ces différentes livres varient de 404 à 456 grammes.

    Source Archives départementales de l’Isère, « Faites poids et mesures… Les unités de mesure en Dauphiné, du Moyen Âge à la fin du XVIIIᵉ siècle », Chroniques d’Archives, septembre 2012, dossier « Faites poids et mesures… », encadré « Les mesures de poids ou de masse ».

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  8. ↑

    Passage Celui du village d’Oppy réclame l’établissement d’un seul poids et d’une seule mesure dans tout le royaume […] Le cahier écrit « poid »

    13. L'établissement d'un seul poid et d'une seule mesure partout le royaume.

    Source Loriquet, Henri, Cahiers de doléances de 1789 dans le département du Pas-de-Calais, Arras, Crépel, 1891, tome 1, domaine public, tome 1, cahier d’Oppy (titre « OPPY » page 648 de la numérisation), article 13, page 649 de la numérisation Internet Archive (texte OCR).

    Domaine public ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

    Passage Dans le Pas-de-Calais, on la retrouve dans plusieurs cahiers.

    2. Qu'il n'y eût qu'un seul poid et une seule mesure dans la province. […] 40. Qu'il ne soit établi qu'un seul poid et une seule mesure dans toute la France.

    Source Loriquet, Henri, Cahiers de doléances de 1789 dans le département du Pas-de-Calais, Arras, Crépel, 1891, tome 1, domaine public, tome 1, pages 410 et 557 de la numérisation Internet Archive (texte OCR) ; même demande pages 265, 366, 417, 486, 669 et 696.

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  9. ↑

    Passage Les originaux portent même des cotes — 2 B 881 à 2 B 884

    L'ouvrage contient l'édition intégrale de tous les cahiers de doléances qui existaient à cette époque aux archives départementales du Pas-de-Calais (les originaux sont conservés actuellement sous les cotes 2 B 881-884 et 9 B 54).

    Source Archives départementales du Pas-de-Calais, « Le Pas-de-Calais pendant la Révolution (1789-1800) : bibliographie », Histoire et Mémoire, n° 48, décembre 2006, p. 22, en accès libre, p. 22, bibliographie, notice de l’ouvrage de Loriquet.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

    Passage Ces papiers sont conservés, on peut aller les lire.

    Tirés presque tous des Archives publiques où ils existent encore en minutes ou en copies certifiées, les Cahiers offriront

    Source Loriquet, Henri (éd.), Cahiers de doléances de 1789 dans le département du Pas-de-Calais, Arras, 1891, 2 vol., domaine public, t. 1, avant-propos, p. VIII.

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  10. ↑

    Passage Le 26 mars 1791 […] Le mètre sera la dix-millionième partie de la distance entre le pôle Nord et l’équateur.

    Introduced on 26 March 1791, the metre was defined as being equal to the ten millionth part of one quarter of the terrestrial meridian. […] The metre materialised the idea of a "unit which in its determination was neither arbitrary nor related to any particular nation on the globe".

    Traduction de la rédaction Instauré le 26 mars 1791, le mètre fut défini comme égal à la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre. […] Le mètre concrétisait l’idée d’une « unité qui, dans sa détermination, n’était ni arbitraire ni liée à aucune nation particulière du globe ».

    Source Laboratoire national de métrologie et d’essais, « L’évolution historique des unités », en accès libre (la naissance du mètre en 1791 et l’expédition de Delambre et Méchain) ; et Le SI et la métrologie en France, EDP Sciences, 2019, page « History of units », section sur la naissance du mètre.

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  11. ↑

    Passage Deux astronomes, Delambre et Méchain, partent en 1792 mesurer, triangle par triangle, l’arc de méridien entre Dunkerque et Barcelone.

    It was decided to measure, using the method of triangulation with sightings made with the Borda repeating circle […] that part of the meridian between Dunkerque and Barcelona. […] on 5 May 1792 Delambre was given charge of the Dunkerque to Rodez sector and Méchain the Rodez to Barcelona sector. Delambre set out in June and began to seek triangulation points round Paris.

    Traduction de la rédaction On décida de mesurer, par la méthode de triangulation avec des visées faites au cercle répétiteur de Borda […], la portion de méridien comprise entre Dunkerque et Barcelone. […] le 5 mai 1792, Delambre reçut la charge du secteur de Dunkerque à Rodez, et Méchain celle du secteur de Rodez à Barcelone. Delambre partit en juin et commença à chercher des points de triangulation autour de Paris.

    Source O’Connor, John J. et Robertson, Edmund F., « Jean-Baptiste-Joseph Delambre », MacTutor History of Mathematics, University of St Andrews, avril 2003, biographie, passage sur la mesure de la méridienne.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  12. ↑

    Passage Ses papiers […] montrent qu’il a retouché ses chiffres pour les rapprocher de ceux de son collègue.

    It now appeared that Méchain had also doctored his data for the latitude of the Panthéon, so as to approach Delambre's value. The stunning convergence had been a sham, the moral theater a mirror show.

    Traduction de la rédaction Il apparut alors que Méchain avait aussi retouché ses données pour la latitude du Panthéon, afin de se rapprocher de la valeur de Delambre. L’étonnante convergence avait été une imposture, le théâtre moral un jeu de miroirs.

    Source Alder, Ken, The Measure of All Things: The Seven-Year Odyssey and Hidden Error That Transformed the World, The Free Press, New York, 2002, chapitre « Méchain’s Mistake, Delambre’s Peace ».

    En bibliothèque · vérifié le 9 septembre 2026

  13. ↑

    Passage Les données qu’il a écartées […] sont plus proches de la valeur admise aujourd’hui que celles qu’il a gardées.

    The irony—which neither Méchain nor Delambre could know—is that Méchain's suppressed data more closely approximate today's accepted latitude for the Observatory.

    Traduction de la rédaction L’ironie — que ni Méchain ni Delambre ne pouvaient connaître — est que les données supprimées par Méchain sont plus proches de la latitude aujourd’hui admise pour l’Observatoire.

    Source Alder, Ken, The Measure of All Things: The Seven-Year Odyssey and Hidden Error That Transformed the World, The Free Press, New York, 2002, chapitre « Méchain’s Mistake, Delambre’s Peace ».

    En bibliothèque · vérifié le 9 septembre 2026

  14. ↑

    Passage Le mètre de 1799 est trop court d’environ deux dixièmes de millimètre — l’épaisseur de deux pages de livre.

    the meter calculated by Delambre and Méchain falls roughly 0.2 millimeters short, or about the thickness of two pages of this book

    Traduction de la rédaction le mètre calculé par Delambre et Méchain est trop court d’environ 0,2 millimètre, soit à peu près l’épaisseur de deux pages de ce livre

    Source Alder, Ken, The Measure of All Things: The Seven-Year Odyssey and Hidden Error That Transformed the World, The Free Press, New York, 2002, présentation de l’ouvrage.

    En bibliothèque · vérifié le 9 septembre 2026

  15. ↑

    Passage leur résultat […] s’est révélé moins exact qu’une valeur provisoire adoptée en 1793

    Their estimate of the length of a meter differs by 0.2 mm from its target value of 10−7 of that arc length—actually less accurate than a provisional value adopted in 1793 based on an earlier and less precise survey!

    Traduction de la rédaction Leur estimation de la longueur du mètre s’écarte de 0,2 mm de sa valeur cible, 10⁻⁷ de cet arc — en réalité moins exacte qu’une valeur provisoire adoptée en 1793 à partir d’un relevé antérieur et moins précis !

    Source Stephenson, Bruce, recension de The Measure of All Things, Physics Today, vol. 56, n° 7, juillet 2003.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  16. ↑

    Passage Un résultat publié n’est pas une valeur vraie, c’est une valeur assortie de son incertitude — on reconnaît l’erreur afin de la maîtriser.

    Reported measurements are taken not as true values but as statistics, in which one acknowledges the error in order to control it. Although that attitude is second nature to modern scientists, it arose only in the 19th century.

    Traduction de la rédaction Les mesures publiées sont prises non comme des valeurs vraies mais comme des statistiques, dans lesquelles on reconnaît l’erreur pour la maîtriser. Bien que cette attitude soit une seconde nature pour les scientifiques modernes, elle n’est apparue qu’au XIXᵉ siècle.

    Source Stephenson, Bruce, recension de The Measure of All Things, Physics Today, vol. 56, n° 7, juillet 2003.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  17. ↑

    Passage Le cylindre qui définissait le kilogramme […] n’est pas resté égal à ses copies. En un siècle, un écart d’environ cinquante microgrammes s’est creusé entre lui et ses copies officielles […] Les copies avaient-elles grossi, ou lui maigri ? On ne peut pas trancher.

    The trend during the past century had been for most of BIPM's official copies to gain mass relative to the IPK, although by somewhat different amounts, averaging around 50 micrograms (millionths of a gram) over 100 years. But an alternative explanation is that the IPK was losing mass relative to its copies.

    Traduction de la rédaction Au cours du siècle passé, la tendance a été que la plupart des copies officielles du BIPM prennent de la masse par rapport au prototype international, de quantités un peu différentes, en moyenne d’environ 50 microgrammes (millionièmes de gramme) en 100 ans. Mais une autre explication est que le prototype perdait de la masse par rapport à ses copies.

    Source National Institute of Standards and Technology (NIST), « Kilogram: The Present », dossier SI Redefinition, en accès libre, section « Artifacts and Uncertainty ».

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  18. ↑

    Passage en 2018, une conférence internationale décide […] Elles seront définies à partir de constantes de la nature […] Le changement entre en vigueur en 2019.

    However, the revision voted in 2018 and come into effect in May 2019 is exceptional in that it formally amends all the unit definitions at once, revising four of them in a fundamental way […] The basic principle of the revision of the SI is to base it not on the units themselves as it previously was, but on 7 constants of physics: this is the paradigm shift of 2018.

    Traduction de la rédaction Cependant, la révision votée en 2018 et entrée en vigueur en mai 2019 est exceptionnelle en ce qu’elle modifie formellement toutes les définitions d’unités à la fois, dont quatre de façon fondamentale […] Le principe de la révision du SI est de le fonder non plus sur les unités elles-mêmes, comme auparavant, mais sur 7 constantes de la physique : c’est le changement de paradigme de 2018.

    Source Laboratoire national de métrologie et d’essais, « L’évolution historique des unités », en accès libre (la naissance du mètre en 1791 et l’expédition de Delambre et Méchain) ; et Le SI et la métrologie en France, EDP Sciences, 2019, page « History of units », section sur la révision du SI.

    Accès libre et en bibliothèque ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  19. ↑

    Passage Le mille marin, lui, n’a rien de corporel : il vaut environ une minute d’arc de méridien, et il a été fixé à 1 852 mètres exactement par une conférence internationale en 1929.

    The nautical mile is a special unit employed for marine and aerial navigation to express distance. The conventional value given here was adopted by the First International Extraordinary Hydrographic Conference, Monaco 1929, under the name “International nautical mile”. […] The unit was originally chosen, and continues to be used, because one nautical mile on the surface of the Earth subtends approximately one minute of angle at the centre of the Earth, which is convenient when latitude and longitude are measured in degrees and minutes of angle.

    Traduction de la rédaction Le mille marin est une unité spéciale employée pour la navigation maritime et aérienne pour exprimer les distances. La valeur conventionnelle donnée ici a été adoptée par la Première Conférence hydrographique internationale extraordinaire, Monaco 1929, sous le nom de « mille marin international ». […] Cette unité a été choisie à l’origine, et reste utilisée, parce qu’un mille marin à la surface de la Terre sous-tend environ une minute d’angle au centre de la Terre, ce qui est commode quand la latitude et la longitude sont mesurées en degrés et minutes d’angle.

    Source Bureau international des poids et mesures, The International System of Units (SI), 8ᵉ édition, 2006, tableau 8, note (d), p. 127.

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Références bibliographiques

16
  • Alder, Ken, The Measure of All Things: The Seven-Year Odyssey and Hidden Error That Transformed the World, The Free Press, New York, 2002, en bibliothèque (l’écart de Barcelone ; les données retouchées par Méchain pour converger avec Delambre ; l’ironie des données supprimées, plus proches de la valeur admise aujourd’hui ; la note de Delambre en marge et la mise sous scellés ; l’écart d’environ deux dixièmes de millimètre ; la forme irrégulière de la Terre révélée par la finesse même des relevés).
  • Archives départementales de l’Isère, « Faites poids et mesures… Les unités de mesure en Dauphiné, du Moyen Âge à la fin du XVIIIᵉ siècle », Chroniques d’Archives, septembre 2012, en accès libre (les mesures d’Ancien Régime et leur diversité). https://archives.isere.fr/sites/isere-archives-fr/files/inline-files/ca_13_poids_mesures_protege.pdf
  • Archives départementales du Pas-de-Calais, « Le Pas-de-Calais pendant la Révolution (1789-1800) : bibliographie », Histoire et Mémoire, n° 48, décembre 2006, p. 22, en accès libre (les originaux des cahiers de doléances du département conservés sous les cotes 2 B 881-884 et 9 B 54). https://archivespasdecalais.fr/archives/content/download/28148/375038/file/Histoire_et_Memoire_48.pdf
  • Bureau international des poids et mesures, The International System of Units (SI), 8ᵉ édition, 2006, p. 127, en accès libre (le mille marin, de valeur conventionnelle 1 852 m adoptée en 1929 à Monaco, et proche d’une minute d’arc). https://doi.org/10.59161/CCDJ5825
  • Hafford, William B., « Hanging in the Balance: Precision Weighing in Antiquity », Expedition, vol. 47, n° 2, 2005, p. 35-37, en accès libre (le sicle, la balance à fléau, la finesse des pesées mésopotamiennes et la variabilité des valeurs). https://www.penn.museum/sites/expedition?p=9719
  • Kenoyer, Jonathan M. et Meadow, Richard H. (dir.), « Weights », Harappa Archaeological Research Project, en accès libre (la progression binaire des poids cubiques et leur uniformité sur l’ensemble des sites). https://www.harappa.com/indus/21.html
  • Laboratoire national de métrologie et d’essais, « L’évolution historique des unités », en accès libre (la naissance du mètre en 1791 et l’expédition de Delambre et Méchain) ; et Le SI et la métrologie en France, EDP Sciences, 2019, en bibliothèque (la révision de 2018, entrée en vigueur en 2019, fondant les sept unités de base sur des constantes de la nature). https://metrologie-francaise.lne.fr/en/metrology/history-units
  • Li, Kin Sum, « To Rule by Manufacture: Measurement Regulation and Metal Weight Production in the Qin Empire », T’oung Pao, vol. 103, n° 1-3, 2017, p. 1-32, accès payant (l’édit de 221 avant notre ère gravé dans les poids eux-mêmes, et sa diffusion jusqu’aux provinces éloignées).
  • Loriquet, Henri (éd.), Cahiers de doléances de 1789 dans le département du Pas-de-Calais, Arras, 1891, 2 vol., domaine public (l’édition imprimée des cahiers du département).
  • Loriquet, Henri, Cahiers de doléances de 1789 dans le département du Pas-de-Calais, Arras, Crépel, 1891, tome 1, domaine public (le cahier d’Oppy, article 13, et la même demande d’un seul poids et d’une seule mesure dans plusieurs autres cahiers de l’Artois). https://archive.org/details/cahiersdedolan01loriuoft
  • The Metropolitan Museum of Art, New York, Weight in shape of frog, époque paléo-babylonienne (vers 2000-1600 avant notre ère), n° 1988.301, en accès libre (le talent divisé en 60 mines et la mine en 60 sicles). https://www.metmuseum.org/art/collection/search/327369
  • Museo Egizio, Turin, Coudée royale d’Amenemope, Cat. 6347, en accès libre (l’étalon de longueur égyptien, et les imprécisions de ses graduations suggérant un objet de prestige plutôt qu’un instrument de chantier).
  • National Institute of Standards and Technology (NIST), « Kilogram: The Present », dossier SI Redefinition, en accès libre (en un siècle, un écart moyen d’environ 50 microgrammes entre le prototype international du kilogramme et ses copies officielles : les copies ont-elles grossi ou le prototype maigri ? sans doute les deux). https://www.nist.gov/si-redefinition/kilogram/kilogram-present
  • O’Connor, John J. et Robertson, Edmund F., « Jean-Baptiste-Joseph Delambre », MacTutor History of Mathematics, University of St Andrews, avril 2003, en accès libre (la mesure par triangulation de la méridienne de Dunkerque à Barcelone, partagée en 1792 entre Delambre et Méchain ; le départ de Delambre en juin 1792). https://mathshistory.st-andrews.ac.uk/Biographies/Delambre/
  • Stephenson, Bruce, recension de The Measure of All Things, Physics Today, vol. 56, n° 7, juillet 2003, en accès libre (le résultat de 1799 moins exact que la valeur provisoire de 1793 ; l’origine au XIXᵉ siècle de la notion moderne d’erreur de mesure, où un résultat s’accompagne de son incertitude). https://physicstoday.aip.org/reviews/the-measure-of-all-things-the-seven-year-odyssey-and-hidden-error-that-transformed-the-world
  • University College London, « Measuring length in Ancient Egypt », Digital Egypt for Universities, 2002, en accès libre (les règles de coudée conservées, la coudée d’environ 52 centimètres, divisée en 7 palmes et 28 doigts). https://www.ucl.ac.uk/museums-static/digitalegypt/weights/lenght.html

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