
En Asie occidentale, l’eau descend de la montagne au village sans une seule pompe, par une galerie souterraine creusée à la main.
Faire pousser du blé là où il ne pleut pas est l’une des questions les plus anciennes de l’humanité, et l’une des mieux résolues. Partout, des sociétés ont trouvé le moyen d’amener l’eau là où elle n’était pas. Rarement de la même façon.
L’eau n’est jamais là où on la veut
Le problème se pose toujours de la même manière. L’eau existe, mais elle est trop loin, trop bas, trop rare une partie de l’année et trop abondante le reste du temps.
Il faut donc recourir à l’une de ces quatre solutions :
- Aller la chercher en profondeur
- La faire venir de loin
- La retenir quand elle passe
- L’empêcher de dévaler la pente
Chaque société a choisi selon son terrain. Ce n’est pas une question d’avance technique : c’est une question de géographie.
Aller la chercher sous terre
En terre sèche, un canal à ciel ouvert perd énormément d’eau : le soleil l’évapore avant qu’elle n’arrive.
La solution trouvée en Asie occidentale est élégante. On creuse une galerie souterraine, très légèrement inclinée, depuis le pied d’une montagne jusqu’au village. L’eau de la nappe s’y écoule toute seule, à l’abri du soleil, sans aucune pompe. C’est ce qu’on appelle un qanat. Des puits d’aération, alignés en surface, servent à creuser puis à entretenir la galerie : vus du ciel, ils dessinent une longue file de cratères.1
La même famille de techniques porte des noms différents selon les régions :
- Karez en Asie centrale
- Foggara au Sahara
- Falaj dans la péninsule Arabique
Ce n’est pas une invention isolée, c’est une technique qui a circulé.
En Asie du Sud, la réponse est différente et spectaculaire. Plutôt que de faire monter l’eau, on descend jusqu’à elle : on construit un escalier monumental qui s’enfonce dans le sol. Ce sont les puits à degrés.
Le plus beau d’entre eux se trouve à Patan, en Inde (Rani-ki-Vav). Sept niveaux d’escaliers descendent vers l’eau, couverts de plus de cinq cents grandes sculptures. On l’attribue à la reine Udayamati, qui l’aurait fait construire à la mémoire de son époux Bhima Iᵉʳ, mort vers 1063. Cette attribution ne repose pas sur une inscription du monument : elle vient d’une chronique jaïne composée deux siècles et demi plus tard, en 1304, et d’autres datations ont été proposées. Ce n’est pas seulement un ouvrage utile : il est construit comme un temple à l’envers, en l’honneur de l’eau.2
La faire venir de loin
Ailleurs, on creuse. Les canaux d’irrigation de Mésopotamie amènent l’eau des fleuves jusqu’aux champs, et il faut les curer sans arrêt pour qu’ils ne s’ensablent pas.
En Chine, au IIIᵉ siècle avant notre ère, on construit à Dujiangyan un dispositif qui divise le courant d’une rivière pour irriguer une plaine entière — sans barrage, en jouant seulement sur la forme du lit. Il fonctionne encore aujourd’hui, plus de deux mille deux cents ans plus tard.3
Cet « encore aujourd’hui » demande toutefois une précision. Ce qui a duré, c’est l’idée, pas les pierres. Chaque hiver, on cure le lit, on répare, on remonte ce que le courant a emporté : un impôt payé en grain servait autrefois à financer ce chantier annuel. Un séisme a détruit l’ouvrage en 1933, et il a été rebâti. La pièce maîtresse, faite jadis de cages de bambou remplies de galets, est aujourd’hui en béton. Un ouvrage ne dure pas parce qu’il est solide. Il dure parce qu’on le refait. (On retrouve exactement la même chose, sur un autre continent et dans un autre matériau, à la page sur la construction : chaque année, la ville de Djenné recrépit sa grande mosquée.)
Dans le bassin méditerranéen, les Romains construisent des aqueducs. On les imagine comme de longs couloirs d’eau posés sur des arches — mais les arches ne sont que la partie visible, environ un huitième du parcours. Le reste court sous terre, dans un canal maçonné et couvert d’une voûte, précisément pour que l’eau ne s’évapore pas et que rien n’y tombe.
Pour creuser ces tunnels, les Romains font exactement ce que font les creuseurs de qanats : une file de puits verticaux, tous les cinquante mètres environ, pour sortir les déblais puis entretenir la galerie. Vus du ciel, un qanat persan et un aqueduc romain laissent la même trace.
Au Sri Lanka, on choisit encore autre chose : retenir l’eau de la mousson dans d’immenses réservoirs creusés à la main, reliés entre eux en cascade, pour la relâcher pendant la saison sèche. Les canaux qui les desservent courent sur des dizaines de kilomètres, avec une pente si bien calculée que l’eau emporte la boue sans creuser son propre lit.
Sur ces réservoirs, on lit souvent une phrase : les ingénieurs cinghalais auraient inventé la vanne il y a deux mille cent ans, avant tout le monde. Cette phrase mérite qu’on regarde d’où elle vient.
Au XIXᵉ siècle, les Britanniques, qui occupent alors l’île, remettent les anciens réservoirs en service. Ils trouvent dans les digues des puits maçonnés, ils y installent des vannes, et ils en concluent que ces puits servaient déjà à cela. Des historiens des sciences ont repris le dossier en 2022 : selon eux, cette conclusion ne repose pas sur ce que montrent les vestiges, mais sur l’idée que se faisaient les ingénieurs coloniaux de la bonne façon de distribuer l’eau.4
Les réservoirs, eux, sont bien réels, et ils sont remarquables. C’est l’explication de leur fonctionnement exact qui est rediscutée — et elle a été écrite, il faut le savoir, par les occupants du pays.
La retenir dans la pente
Sur un versant, l’eau ne reste pas. Elle dévale, et elle emporte la terre avec elle.
La réponse est la terrasse : on découpe la pente en marches, chacune retenue par un mur. Les Andes, les Philippines et le Yémen ont construit ainsi des escaliers de champs sur des montagnes entières.
Les plus célèbres sont celles des Ifugao, aux Philippines. On lit partout qu’elles ont deux mille ans. Ce n’est pas ce que dit le sol.5
Des archéologues ont fouillé un ancien village et croisé dix-sept datations au carbone avec l’analyse des restes de plantes, des ossements et de la composition chimique des os d’animaux. Le riz n’apparaît que depuis environ quatre cents ans, et les terrasses elles-mêmes se datent des deux à quatre derniers siècles. Le chiffre de deux mille ans vient d’un savant du début du XXᵉ siècle qui l’avait estimé sans aucune datation. Il est passé dans les manuels scolaires et y est resté.6
L’histoire vraie est plus intéressante que la légende. Si les terrasses datent de cette époque-là, c’est qu’elles ont été construites pendant que les Espagnols conquéraient les plaines. Cultiver le riz dans la montagne a permis aux Ifugao de nourrir beaucoup de monde au même endroit, de s’organiser, et de rester libres. Ce ne sont pas les vestiges d’un peuple immobile : ce sont les travaux d’un peuple qui a réagi.7
Un archéologue qui travaille là-bas cite son collègue ifugao : « Les Ifugao n’ont jamais dit que les terrasses avaient deux mille ans, ce sont les universitaires qui l’ont dit. »
Pourquoi une date fausse résiste
Vient ici la partie la plus instructive, et elle ne figure dans aucun manuel.
Cette correction a mis des années à être acceptée — et pas seulement par les spécialistes. Des historiens du pays ont continué de contester les nouvelles dates longtemps après leur publication.8
La raison est dite franchement par les chercheurs eux-mêmes : le secteur touristique n’en voulait pas, parce qu’il y voyait une perte de prestige pour les terrasses.9
Deux mille ans font un meilleur argument de visite que quatre cents.
Ce mécanisme se retrouve partout. Une date fausse ne survit pas seulement parce qu’on l’a recopiée. Elle survit parce que quelqu’un a intérêt à ce qu’elle soit vraie.
Reste enfin ce que la correction apporte à ceux qu’elle concerne : elle ne fait pas des Ifugao un peuple moins ancien. Elle en fait un peuple qui a agi — qui a choisi, face à une invasion, de transformer sa montagne pour y rester libre.
À Bali, l’ingéniosité n’est pas seulement technique. Les rizières en terrasses sont irriguées par un réseau où chaque communauté d’irrigants reçoit l’eau à son tour, selon un calendrier réglé collectivement. Les temples de l’eau se trouvent aux endroits où le réseau se divise, et le groupe qui fréquente un temple, c’est l’ensemble des paysans situés en dessous de lui. Ce système (subak) suppose que des centaines de personnes se mettent d’accord, année après année.10
La preuve que ce système fonctionnait existe, et elle est récente. Dans les années 1970, on a demandé aux paysans balinais d’abandonner leur calendrier et de cultiver sans interruption, avec des variétés nouvelles et des pesticides. Les récoltes ont d’abord augmenté, puis se sont effondrées : plus assez d’eau, et des insectes partout. Des chercheurs ont alors reconstitué le réseau sur ordinateur pour comparer plusieurs façons de coordonner les calendriers, de chaque village isolé au bassin entier. C’est à l’échelle des temples que la récolte était la meilleure.11
Il ne faut pas pour autant en faire une carte postale. Les paysans balinais utilisent encore des engrais, et ils perdent chaque année environ mille hectares de rizières, vendues pour construire — le classement au patrimoine mondial ayant lui-même attiré les promoteurs.
Faire monter l’eau
Reste un cas où rien de tout cela ne marche : quand l’eau est en bas et le champ en haut.
- Le chadouf : Le plus simple des remèdes est une perche en balancier. Un seau à un bout, une pierre à l’autre, et le contrepoids fait presque tout le travail. Une seule personne relève ainsi de l’eau toute la journée.
- La noria : Plus astucieuse encore, une grande roue garnie de godets, plantée dans le courant. C’est la rivière qui la fait tourner. Elle puise en bas, elle verse en haut, et personne ne pousse.
- La vis à eau (ou vis d’Archimède) : Un cylindre dans lequel court une cloison en spirale : on le pose en pente, on le fait tourner, et l’eau grimpe le long de l’axe.
Qui a inventé la vis à eau ?
La tradition répond Archimède, savant grec mort en 212 avant notre ère, et des textes anciens vont dans ce sens. Mais une chercheuse d’Oxford, Stephanie Dalley, a relu une inscription du roi assyrien Sennachérib, antérieure de cinq siècles, où celui-ci décrit avoir fait couler en bronze des « cylindres » et des « palmiers ». Ce sont des vis à eau, selon elle. D’autres spécialistes objectent qu’on n’en a retrouvé aucune trace ailleurs.12
Dalley et un archéologue en désaccord avec elle, John Oleson, ont fait reproduire pour une émission de télévision une vis à eau en bois et la coulée d’une vis de bronze. Puis ils ont écrit un article à deux, en présentant les deux thèses côte à côte.13
C’est ainsi que travaillent les chercheurs quand ils font bien leur travail : ils ne cachent pas le désaccord, ils le publient.
Quand l’eau abîme la terre
Vient ensuite la partie la moins glorieuse, et la plus utile.
L’eau des rivières contient un peu de sel. Quand on irrigue un champ sous un soleil très fort, l’eau s’évapore et le sel reste. Un peu chaque année. Si le terrain draine mal, le sel s’accumule et la terre devient stérile.
C’est ce qui s’est passé dans le sud de la Mésopotamie. On voit le blé, sensible au sel, reculer peu à peu devant l’orge, qui le supporte mieux. Puis les récoltes baissent. Le pire, c’est que le remède évident aggrave le mal : arroser davantage pour rincer le sel fait monter la nappe et ramène du sel en surface.
Une réserve cependant : les chercheurs ne sont pas d’accord sur l’ampleur du phénomène. Certains pensent qu’il a fortement contribué au déclin des cités du sud. D’autres soulignent que les agriculteurs connaissaient des parades — laisser reposer les champs, drainer, rincer — et que le problème a été en partie maîtrisé. Ce qui est certain, c’est que le mécanisme existe.
Il n’a pas disparu. Aujourd’hui encore, de vastes surfaces irriguées dans le monde deviennent salées pour exactement la même raison.
Synthèse : Cinq familles de solutions
| Objectif | Technique | Localisation |
|---|---|---|
| Aller chercher l’eau en profondeur | Galerie souterraine (qanat), puits à degrés | Asie occidentale, Sahara, Asie du Sud |
| La faire venir de loin | Canaux, aqueducs, dérivation de rivière | Mésopotamie, Chine, bassin méditerranéen |
| La stocker | Réservoirs reliés en cascade | Sri Lanka |
| L’empêcher de dévaler | Terrasses, tours d’arrosage réglés (subak) | Andes, Philippines, Yémen, Bali |
| Faire monter l’eau | Chadouf, noria, vis à eau | Égypte, Moyen-Orient, bassin méditerranéen |
Note 1
Chaque qanat se compose d’un tunnel presque horizontal recueillant l’eau d’une source souterraine, habituellement un cône alluvial, dans lequel un puits mère est creusé jusqu’au niveau approprié de l’aquifère. […] Le long de tunnels souterrains, appelés koshans, l’eau est conduite par gravité, grâce à la faible pente du tunnel, jusqu’à la sortie (mazhar), […]
UNESCO, Centre du patrimoine mondial, notices « Le qanat perse » (2016), « Mont Qingcheng et système d’irrigation de Dujiangyan » (2000), « Paysage culturel de la province de Bali » (2012) et « Rani-ki-Vav à Patan » (2014)
Note 2
Conçu comme un temple inversé soulignant le caractère sacré de l’eau, il comporte sept niveaux d’escaliers et de panneaux sculptés d’une haute qualité artistique. Plus de 500 sculptures principales et un millier d’autres mineures composent une imagerie religieuse, mythologique et séculaire, avec de fréquentes références à des œuvres littéraires.
UNESCO, Centre du patrimoine mondial, notices « Le qanat perse » (2016), « Mont Qingcheng et système d’irrigation de Dujiangyan » (2000), « Paysage culturel de la province de Bali » (2012) et « Rani-ki-Vav à Patan » (2014)
He [Bhīma] began to rule in Vikrama Saṁvata 1077, and ruled for 42 years...His queen Udayamati caused to be built in Pattana a new reservoir... […] Udayamati, therefore, in constructing the Ran-ki-Vav step well as a memorial was following a well-established tradition.
Il [Bhima] commença à régner en l’an 1077 de l’ère Vikrama, et régna 42 ans...Sa reine Udayamati fit construire à Pattana un nouveau réservoir... […] Udayamati, en construisant le puits à degrés de Rani-ki-Vav comme monument commémoratif, suivait donc une tradition bien établie.
Mankodi, Kirit, « Rani ki Vav as a Commemorative Monument », Sahapedia, en ligne, s. d.
Besides, I flatter myself that not only students of Indian history, but folklorists and anthropologists may take interest in the quaint traditions recorded by this medieval Jain monk, which lose half their charm when paraphrased or summarized. […] Merutunga, of Vardhamanapura or Vadhvan, completed his Prabandhacintamani, according to the date given in Dinanatha's edition, in the year 1361 of the era of Vikramaditya.
Par ailleurs, je me flatte que non seulement les étudiants en histoire de l’Inde, mais aussi les folkloristes et les anthropologues pourront s’intéresser aux traditions pittoresques rapportées par ce moine jaïn médiéval, qui perdent la moitié de leur charme quand on les paraphrase ou qu’on les résume. […] Merutunga, de Vardhamanapura ou Vadhvan, acheva son Prabandhacintamani, selon la date donnée dans l’édition de Dinanatha, en l’an 1361 de l’ère de Vikramaditya.
Merutunga, Prabandha-Chintamani, 1304
Note 3
Modified and enlarged during the Tang, Song, Yuan and Ming dynasties, it uses natural topographic and hydrological features to solve problems of diverting water for irrigation, draining sediment, flood control, and flow control without the use of dams.
Modifié et agrandi sous les dynasties Tang, Song, Yuan et Ming, il utilise les caractéristiques topographiques et hydrologiques naturelles pour résoudre les problèmes de dérivation de l’eau pour l’irrigation, d’évacuation des sédiments, de prévention des crues et de régulation du débit, sans recourir à des barrages.
UNESCO, Centre du patrimoine mondial, notices « Le qanat perse » (2016), « Mont Qingcheng et système d’irrigation de Dujiangyan » (2000), « Paysage culturel de la province de Bali » (2012) et « Rani-ki-Vav à Patan » (2014)
Note 4
The open well structure, called bisokotuva, of the ancient sluices was interpreted as the equivalent of the modern valve pits. […] This article argues that such understanding was not based on the actual physical remains of the ancient works but was due to the colonial precept of controlled flows of irrigated water.
La structure en puits ouvert des anciennes vannes, appelée bisokotuva, a été interprétée comme l’équivalent des chambres de vannes modernes. […] Cet article soutient que cette interprétation ne reposait pas sur les vestiges matériels des ouvrages anciens, mais sur le précepte colonial d’un débit contrôlé de l’eau d’irrigation.
Jayawardana, Chandana, « Colonial Impacts on Water Supplies: An Historical Review of Sluice Technologies in Ancient Sri Lankan Irrigation », HoST — Journal of History of Science and Technology, vol. 16, n° 1, 2022, p. 99-120
Note 5
Dominant historical narratives in the region suggest a 2000–3000 b.p. inception of the terrace systems
Les récits historiques dominants dans la région font remonter l’apparition des systèmes de terrasses à 2 000-3 000 ans avant le présent
Acabado, Stephen B., Koller, Jared M., Liu, Chin-hsin et al., « The Short History of the Ifugao Rice Terraces: A Local Response to the Spanish Conquest », Journal of Field Archaeology, vol. 44, n° 3, 2019, p. 195-214
Note 6
we utilize 17 radiocarbon dates, microbotanical and starch analysis, faunal isotopic signatures, and human osteological remains from the Old Kiyyangan Village site
nous utilisons 17 datations au radiocarbone, des analyses microbotaniques et d’amidons, des signatures isotopiques de la faune et des restes osseux humains du site d’Old Kiyyangan Village
Acabado, Stephen B., Koller, Jared M., Liu, Chin-hsin et al., « The Short History of the Ifugao Rice Terraces: A Local Response to the Spanish Conquest », Journal of Field Archaeology, vol. 44, n° 3, 2019, p. 195-214
The cultural landscape of Bali consists of five rice terraces and their water temples that cover 19,500 ha. The temples are the focus of a cooperative water management system of canals and weirs, known as subak, that dates back to the 9th century.
Le paysage culturel de Bali se compose de cinq rizières en terrasses et de leurs temples de l’eau, couvrant 19 500 ha. Les temples sont le centre d’un système coopératif de gestion de l’eau, fait de canaux et de déversoirs, appelé subak, qui remonte au IXe siècle.
UNESCO, Centre du patrimoine mondial, notices « Le qanat perse » (2016), « Mont Qingcheng et système d’irrigation de Dujiangyan » (2000), « Paysage culturel de la province de Bali » (2012) et « Rani-ki-Vav à Patan » (2014)
Note 7
the shift to wet-rice cultivation is a recent phenomenon and a response to the intrusion of the Spanish Empire in the northern highland Philippines
le passage à la riziculture inondée est un phénomène récent, et une réponse à l’intrusion de l’Empire espagnol dans les hautes terres du nord des Philippines
Acabado, Stephen B., Koller, Jared M., Liu, Chin-hsin et al., « The Short History of the Ifugao Rice Terraces: A Local Response to the Spanish Conquest », Journal of Field Archaeology, vol. 44, n° 3, 2019, p. 195-214
Note 8
With public communication and community engagement efforts, Prof. Acabado mentioned that it took a few years – until 2014 – before Ifugao historians began accepting the idea of the young rice terraces, and as recently as 2015 there were nationalistic historians who still dispute the dates of the rice terraces.
Grâce à des efforts de communication auprès du public et d’implication des communautés, le professeur Acabado a indiqué qu’il a fallu quelques années, jusqu’en 2014, pour que les historiens ifugao commencent à accepter l’idée de rizières en terrasses récentes, et qu’en 2015 encore, des historiens nationalistes contestaient toujours les dates des rizières.
Acabado, Stephen B. et Martin, Marlon M., présentation « Older Is Not Necessarily Better: The Short History of the Ifugao Rice Terraces », SEAMEO SPAFA, 2020
Note 9
The tourism industry in Ifugao is also reluctant to accept the new dates because of a perceived loss in grandeur to the rice terraces.
Le secteur touristique d’Ifugao rechigne lui aussi à accepter les nouvelles dates, parce qu’il y voit une perte de prestige pour les rizières en terrasses.
Acabado, Stephen B. et Martin, Marlon M., présentation « Older Is Not Necessarily Better: The Short History of the Ifugao Rice Terraces », SEAMEO SPAFA, 2020
Note 10
Each temple (which can hold 10-15 subak) meets once a year to determine planting and irrigation schedules. […] The specific timing of the crop planting cycle is based on a timing system (masa) that follows the Balinese months and accounts for the relative position of the subak compared to its up- and down-stream neighbors (e.g., higher subak plant earlier to stagger peak water requirements).
Chaque temple (qui peut regrouper 10 à 15 subak) se réunit une fois par an pour fixer les calendriers de plantation et d’irrigation. […] Le moment précis du cycle de plantation est fondé sur un système de comput (masa) qui suit les mois balinais et tient compte de la position relative du subak par rapport à ses voisins d’amont et d’aval (par exemple, les subak situés plus haut plantent plus tôt, afin d’échelonner les pointes de besoin en eau).
Budiyanto, Yoshi, Tellman, Beth, Vallury, Sechindra, Claborn, Kelly et Desai, Kanchi, « Balinese Subak Irrigation System », SES Library (Social-Ecological Systems Library), Arizona State University, mis à jour en novembre 2025
Note 11
Anthropologist Steve Lansing and ecologist Jim Kremer built a computer model of an artificial ecosystem and showed that for different levels of coordination, from farmer level up to the level of the watershed, the temple level was the level of scale where decisions could be made to maximize the production of rice
L’anthropologue Steve Lansing et l’écologue Jim Kremer ont construit un modèle informatique d’écosystème artificiel et ont montré que, parmi différents niveaux de coordination, du paysan jusqu’au bassin versant, le niveau des temples était l’échelle à laquelle les décisions pouvaient être prises de façon à maximiser la production de riz
Janssen, Marco A., « Coordination in Irrigation Systems: An Analysis of the Lansing–Kremer Model of Bali », Agricultural Systems, vol. 93, n° 1-3, 2007, p. 170-190
Note 12
An Assyrian text from the seventh century B.C. may be interpreted to show that king Sennacherib cast such a device in bronze at Nineveh, for use in his palace garden. […] Arguments are presented for and against the invention of the device centuries before Archimedes
Un texte assyrien du VIIe siècle av. J.-C. peut être interprété comme montrant que le roi Sennachérib fit couler un tel dispositif en bronze à Ninive, pour le jardin de son palais. […] Des arguments sont présentés pour et contre l’invention du dispositif plusieurs siècles avant Archimède
Dalley, Stephanie et Oleson, John Peter, « Sennacherib, Archimedes, and the Water Screw: The Context of Invention in the Ancient World », Technology and Culture, vol. 44, n° 1, 2003, p. 1-26
Note 13
Arguments are presented for and against the invention of the device centuries before Archimedes, together with a discussion of the social context in which such inventions took place in antiquity.
Des arguments sont présentés pour et contre l’invention du dispositif plusieurs siècles avant Archimède, avec une discussion du contexte social dans lequel de telles inventions se faisaient dans l’Antiquité.
Dalley, Stephanie et Oleson, John Peter, « Sennacherib, Archimedes, and the Water Screw: The Context of Invention in the Ancient World », Technology and Culture, vol. 44, n° 1, 2003, p. 1-26
The method for casting a bronze screw implied in the Assyrian text and instructions for building a wooden water screw provided by Vitruvius were reproduced for a television program.
La méthode de coulée d’une vis de bronze que suppose le texte assyrien et les instructions de Vitruve pour construire une vis à eau en bois ont été reproduites pour une émission de télévision.
Dalley, Stephanie et Oleson, John Peter, « Sennacherib, Archimedes, and the Water Screw: The Context of Invention in the Ancient World », Technology and Culture, vol. 44, n° 1, 2003, p. 1-26
Notes et sources
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Passage On creuse une galerie souterraine, très légèrement inclinée […] L’eau de la nappe s’y écoule toute seule, à l’abri du soleil, sans aucune pompe.
Chaque qanat se compose d’un tunnel presque horizontal recueillant l’eau d’une source souterraine, habituellement un cône alluvial, dans lequel un puits mère est creusé jusqu’au niveau approprié de l’aquifère. […] Le long de tunnels souterrains, appelés koshans, l’eau est conduite par gravité, grâce à la faible pente du tunnel, jusqu’à la sortie (mazhar), […]
Source UNESCO, Centre du patrimoine mondial, notices « Le qanat perse » (2016), « Mont Qingcheng et système d’irrigation de Dujiangyan » (2000), « Paysage culturel de la province de Bali » (2012) et « Rani-ki-Vav à Patan » (2014), notice « Le qanat perse » (whc.unesco.org/fr/list/1506/), « Valeur universelle exceptionnelle », « Brève synthèse », 2e paragraphe.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
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Passage Sept niveaux d’escaliers descendent vers l’eau, couverts de plus de cinq cents grandes sculptures.
Conçu comme un temple inversé soulignant le caractère sacré de l’eau, il comporte sept niveaux d’escaliers et de panneaux sculptés d’une haute qualité artistique. Plus de 500 sculptures principales et un millier d’autres mineures composent une imagerie religieuse, mythologique et séculaire, avec de fréquentes références à des œuvres littéraires.
Source UNESCO, Centre du patrimoine mondial, notices « Le qanat perse » (2016), « Mont Qingcheng et système d’irrigation de Dujiangyan » (2000), « Paysage culturel de la province de Bali » (2012) et « Rani-ki-Vav à Patan » (2014), notice du bien inscrit en 2014, description.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
Passage On l’attribue à la reine Udayamati, qui l’aurait fait construire à la mémoire de son époux Bhima Iᵉʳ, mort vers 1063.
He [Bhīma] began to rule in Vikrama Saṁvata 1077, and ruled for 42 years...His queen Udayamati caused to be built in Pattana a new reservoir... […] Udayamati, therefore, in constructing the Ran-ki-Vav step well as a memorial was following a well-established tradition.
Traduction de la rédaction Il [Bhima] commença à régner en l’an 1077 de l’ère Vikrama, et régna 42 ans...Sa reine Udayamati fit construire à Pattana un nouveau réservoir... […] Udayamati, en construisant le puits à degrés de Rani-ki-Vav comme monument commémoratif, suivait donc une tradition bien établie.
Source Mankodi, Kirit, « Rani ki Vav as a Commemorative Monument », Sahapedia, en ligne, s. d., article en ligne, citations de Merutunga (Prabandhacintāmaṇi, trad. Tawney) puis commentaire de l’auteur ; 1077 + 42 ans de l’ère Vikrama donnent 1119, soit vers 1062-1063 de notre ère, fin du règne de Bhima (conversion non donnée par la source) ; l’auteur place le monument, d’après son style, dans les dernières années du XIᵉ siècle.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
Passage une chronique jaïne composée deux siècles et demi plus tard, en 1304
Besides, I flatter myself that not only students of Indian history, but folklorists and anthropologists may take interest in the quaint traditions recorded by this medieval Jain monk, which lose half their charm when paraphrased or summarized. […] Merutunga, of Vardhamanapura or Vadhvan, completed his Prabandhacintamani, according to the date given in Dinanatha's edition, in the year 1361 of the era of Vikramaditya.
Traduction de la rédaction Par ailleurs, je me flatte que non seulement les étudiants en histoire de l’Inde, mais aussi les folkloristes et les anthropologues pourront s’intéresser aux traditions pittoresques rapportées par ce moine jaïn médiéval, qui perdent la moitié de leur charme quand on les paraphrase ou qu’on les résume. […] Merutunga, de Vardhamanapura ou Vadhvan, acheva son Prabandhacintamani, selon la date donnée dans l’édition de Dinanatha, en l’an 1361 de l’ère de Vikramaditya.
Source Merutunga, Prabandha-Chintamani, 1304, préface du traducteur, p. vi-vii (trad. C. H. Tawney, Calcutta, Asiatic Society, 1901) ; l’an 1361 de l’ère Vikrama correspond à 1304-1305 de notre ère (conversion non donnée par la source).
Domaine public ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
- ↑
Passage on construit à Dujiangyan un dispositif qui divise le courant d’une rivière pour irriguer une plaine entière — sans barrage
Modified and enlarged during the Tang, Song, Yuan and Ming dynasties, it uses natural topographic and hydrological features to solve problems of diverting water for irrigation, draining sediment, flood control, and flow control without the use of dams.
Traduction de la rédaction Modifié et agrandi sous les dynasties Tang, Song, Yuan et Ming, il utilise les caractéristiques topographiques et hydrologiques naturelles pour résoudre les problèmes de dérivation de l’eau pour l’irrigation, d’évacuation des sédiments, de prévention des crues et de régulation du débit, sans recourir à des barrages.
Source UNESCO, Centre du patrimoine mondial, notices « Le qanat perse » (2016), « Mont Qingcheng et système d’irrigation de Dujiangyan » (2000), « Paysage culturel de la province de Bali » (2012) et « Rani-ki-Vav à Patan » (2014), notice « Mount Qingcheng and the Dujiangyan Irrigation System » (whc.unesco.org/en/list/1001/), « Outstanding Universal Value », « Brief synthesis » (version anglaise ; la version française dit par erreur « à l’aide de barrages ») ; même idée dans l’évaluation de l’ICOMOS (septembre 2000, whc.unesco.org/document/151499).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 25 octobre 2026
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Passage cette conclusion ne repose pas sur ce que montrent les vestiges, mais sur l’idée que se faisaient les ingénieurs coloniaux de la bonne façon de distribuer l’eau
The open well structure, called bisokotuva, of the ancient sluices was interpreted as the equivalent of the modern valve pits. […] This article argues that such understanding was not based on the actual physical remains of the ancient works but was due to the colonial precept of controlled flows of irrigated water.
Traduction de la rédaction La structure en puits ouvert des anciennes vannes, appelée bisokotuva, a été interprétée comme l’équivalent des chambres de vannes modernes. […] Cet article soutient que cette interprétation ne reposait pas sur les vestiges matériels des ouvrages anciens, mais sur le précepte colonial d’un débit contrôlé de l’eau d’irrigation.
Source Jayawardana, Chandana, « Colonial Impacts on Water Supplies: An Historical Review of Sluice Technologies in Ancient Sri Lankan Irrigation », HoST — Journal of History of Science and Technology, vol. 16, n° 1, 2022, p. 99-120, Résumé (Abstract).
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Passage On lit partout qu’elles ont deux mille ans.
Dominant historical narratives in the region suggest a 2000–3000 b.p. inception of the terrace systems
Traduction de la rédaction Les récits historiques dominants dans la région font remonter l’apparition des systèmes de terrasses à 2 000-3 000 ans avant le présent
Source Acabado, Stephen B., Koller, Jared M., Liu, Chin-hsin et al., « The Short History of the Ifugao Rice Terraces: A Local Response to the Spanish Conquest », Journal of Field Archaeology, vol. 44, n° 3, 2019, p. 195-214, résumé.
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Passage Des archéologues ont fouillé un ancien village et croisé dix-sept datations au carbone avec l’analyse des restes de plantes, des ossements et de la composition chimique des os d’animaux.
we utilize 17 radiocarbon dates, microbotanical and starch analysis, faunal isotopic signatures, and human osteological remains from the Old Kiyyangan Village site
Traduction de la rédaction nous utilisons 17 datations au radiocarbone, des analyses microbotaniques et d’amidons, des signatures isotopiques de la faune et des restes osseux humains du site d’Old Kiyyangan Village
Source Acabado, Stephen B., Koller, Jared M., Liu, Chin-hsin et al., « The Short History of the Ifugao Rice Terraces: A Local Response to the Spanish Conquest », Journal of Field Archaeology, vol. 44, n° 3, 2019, p. 195-214, corps de l’article.
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Passage les principes techniques, les datations et les dimensions de ces ouvrages
The cultural landscape of Bali consists of five rice terraces and their water temples that cover 19,500 ha. The temples are the focus of a cooperative water management system of canals and weirs, known as subak, that dates back to the 9th century.
Traduction de la rédaction Le paysage culturel de Bali se compose de cinq rizières en terrasses et de leurs temples de l’eau, couvrant 19 500 ha. Les temples sont le centre d’un système coopératif de gestion de l’eau, fait de canaux et de déversoirs, appelé subak, qui remonte au IXe siècle.
Source UNESCO, Centre du patrimoine mondial, notices « Le qanat perse » (2016), « Mont Qingcheng et système d’irrigation de Dujiangyan » (2000), « Paysage culturel de la province de Bali » (2012) et « Rani-ki-Vav à Patan » (2014), notice « Cultural Landscape of Bali Province: the Subak System as a Manifestation of the Tri Hita Karana Philosophy » (whc.unesco.org/en/list/1194/), paragraphe de présentation.
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Passage c’est qu’elles ont été construites pendant que les Espagnols conquéraient les plaines
the shift to wet-rice cultivation is a recent phenomenon and a response to the intrusion of the Spanish Empire in the northern highland Philippines
Traduction de la rédaction le passage à la riziculture inondée est un phénomène récent, et une réponse à l’intrusion de l’Empire espagnol dans les hautes terres du nord des Philippines
Source Acabado, Stephen B., Koller, Jared M., Liu, Chin-hsin et al., « The Short History of the Ifugao Rice Terraces: A Local Response to the Spanish Conquest », Journal of Field Archaeology, vol. 44, n° 3, 2019, p. 195-214, résumé.
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Passage Des historiens du pays ont continué de contester les nouvelles dates longtemps après leur publication.
With public communication and community engagement efforts, Prof. Acabado mentioned that it took a few years – until 2014 – before Ifugao historians began accepting the idea of the young rice terraces, and as recently as 2015 there were nationalistic historians who still dispute the dates of the rice terraces.
Traduction de la rédaction Grâce à des efforts de communication auprès du public et d’implication des communautés, le professeur Acabado a indiqué qu’il a fallu quelques années, jusqu’en 2014, pour que les historiens ifugao commencent à accepter l’idée de rizières en terrasses récentes, et qu’en 2015 encore, des historiens nationalistes contestaient toujours les dates des rizières.
Source Acabado, Stephen B. et Martin, Marlon M., présentation « Older Is Not Necessarily Better: The Short History of the Ifugao Rice Terraces », SEAMEO SPAFA, 2020, compte rendu de la présentation (webinaire du 8 juillet 2020).
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Passage le secteur touristique n’en voulait pas, parce qu’il y voyait une perte de prestige pour les terrasses
The tourism industry in Ifugao is also reluctant to accept the new dates because of a perceived loss in grandeur to the rice terraces.
Traduction de la rédaction Le secteur touristique d’Ifugao rechigne lui aussi à accepter les nouvelles dates, parce qu’il y voit une perte de prestige pour les rizières en terrasses.
Source Acabado, Stephen B. et Martin, Marlon M., présentation « Older Is Not Necessarily Better: The Short History of the Ifugao Rice Terraces », SEAMEO SPAFA, 2020, compte rendu de la présentation.
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Passage Les rizières en terrasses sont irriguées par un réseau où chaque communauté d’irrigants reçoit l’eau à son tour, selon un calendrier réglé collectivement.
Each temple (which can hold 10-15 subak) meets once a year to determine planting and irrigation schedules. […] The specific timing of the crop planting cycle is based on a timing system (masa) that follows the Balinese months and accounts for the relative position of the subak compared to its up- and down-stream neighbors (e.g., higher subak plant earlier to stagger peak water requirements).
Traduction de la rédaction Chaque temple (qui peut regrouper 10 à 15 subak) se réunit une fois par an pour fixer les calendriers de plantation et d’irrigation. […] Le moment précis du cycle de plantation est fondé sur un système de comput (masa) qui suit les mois balinais et tient compte de la position relative du subak par rapport à ses voisins d’amont et d’aval (par exemple, les subak situés plus haut plantent plus tôt, afin d’échelonner les pointes de besoin en eau).
Source Budiyanto, Yoshi, Tellman, Beth, Vallury, Sechindra, Claborn, Kelly et Desai, Kanchi, « Balinese Subak Irrigation System », SES Library (Social-Ecological Systems Library), Arizona State University, mis à jour en novembre 2025, § 1.4 (« Rules in Use »), règles d’agrégation (p. 3) et règles de portée (p. 4).
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Passage Des chercheurs ont alors reconstitué le réseau sur ordinateur pour comparer plusieurs façons de coordonner les calendriers, de chaque village isolé au bassin entier. C’est à l’échelle des temples que la récolte était la meilleure.
Anthropologist Steve Lansing and ecologist Jim Kremer built a computer model of an artificial ecosystem and showed that for different levels of coordination, from farmer level up to the level of the watershed, the temple level was the level of scale where decisions could be made to maximize the production of rice
Traduction de la rédaction L’anthropologue Steve Lansing et l’écologue Jim Kremer ont construit un modèle informatique d’écosystème artificiel et ont montré que, parmi différents niveaux de coordination, du paysan jusqu’au bassin versant, le niveau des temples était l’échelle à laquelle les décisions pouvaient être prises de façon à maximiser la production de riz
Source Janssen, Marco A., « Coordination in Irrigation Systems: An Analysis of the Lansing–Kremer Model of Bali », Agricultural Systems, vol. 93, n° 1-3, 2007, p. 170-190, introduction, résumé du résultat de Lansing et Kremer (American Anthropologist, 1993) ; la section 2 précise que les six niveaux de coordination vont d’un groupe unique de 172 subaks à « each subak as a separate group » ; version auteur (Digital Library of the Commons, Indiana University).
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Passage une chercheuse d’Oxford, Stephanie Dalley, a relu une inscription du roi assyrien Sennachérib […] D’autres spécialistes objectent
An Assyrian text from the seventh century B.C. may be interpreted to show that king Sennacherib cast such a device in bronze at Nineveh, for use in his palace garden. […] Arguments are presented for and against the invention of the device centuries before Archimedes
Traduction de la rédaction Un texte assyrien du VIIe siècle av. J.-C. peut être interprété comme montrant que le roi Sennachérib fit couler un tel dispositif en bronze à Ninive, pour le jardin de son palais. […] Des arguments sont présentés pour et contre l’invention du dispositif plusieurs siècles avant Archimède
Source Dalley, Stephanie et Oleson, John Peter, « Sennacherib, Archimedes, and the Water Screw: The Context of Invention in the Ancient World », Technology and Culture, vol. 44, n° 1, 2003, p. 1-26, résumé.
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Passage Dalley et un archéologue en désaccord avec elle, John Oleson, […] Puis ils ont écrit un article à deux, en présentant les deux thèses côte à côte.
Arguments are presented for and against the invention of the device centuries before Archimedes, together with a discussion of the social context in which such inventions took place in antiquity.
Traduction de la rédaction Des arguments sont présentés pour et contre l’invention du dispositif plusieurs siècles avant Archimède, avec une discussion du contexte social dans lequel de telles inventions se faisaient dans l’Antiquité.
Source Dalley, Stephanie et Oleson, John Peter, « Sennacherib, Archimedes, and the Water Screw: The Context of Invention in the Ancient World », Technology and Culture, vol. 44, n° 1, 2003, p. 1-26, résumé, dernière phrase.
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Passage ont fait reproduire pour une émission de télévision une vis à eau en bois et la coulée d’une vis de bronze
The method for casting a bronze screw implied in the Assyrian text and instructions for building a wooden water screw provided by Vitruvius were reproduced for a television program.
Traduction de la rédaction La méthode de coulée d’une vis de bronze que suppose le texte assyrien et les instructions de Vitruve pour construire une vis à eau en bois ont été reproduites pour une émission de télévision.
Source Dalley, Stephanie et Oleson, John Peter, « Sennacherib, Archimedes, and the Water Screw: The Context of Invention in the Ancient World », Technology and Culture, vol. 44, n° 1, 2003, p. 1-26, résumé, avant-dernière phrase.
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Références bibliographiques
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- Acabado, Stephen B., Koller, Jared M., Liu, Chin-hsin et al., « The Short History of the Ifugao Rice Terraces: A Local Response to the Spanish Conquest », Journal of Field Archaeology, vol. 44, n° 3, 2019, p. 195-214, accès payant (les dix-sept datations au carbone croisées avec l’analyse des plantes, des ossements et des isotopes ; le récit dominant d’une origine deux à trois fois millénaire ; le passage à la riziculture irriguée comme réponse à l’intrusion espagnole). https://doi.org/10.1080/00934690.2019.1574159
- Acabado, Stephen B. et Martin, Marlon M., présentation « Older Is Not Necessarily Better: The Short History of the Ifugao Rice Terraces », SEAMEO SPAFA, 2020, en accès libre (les années nécessaires à l’acceptation des nouvelles dates, les contestations persistantes et la réticence du secteur touristique). https://www.seameo-spafa.org/older-is-not-necessarily-better-the-short-history-of-the-ifugao-rice-terraces/
- Budiyanto, Yoshi, Tellman, Beth, Vallury, Sechindra, Claborn, Kelly et Desai, Kanchi, « Balinese Subak Irrigation System », SES Library (Social-Ecological Systems Library), Arizona State University, mis à jour en novembre 2025, en accès libre (les calendriers de plantation et d’irrigation fixés chaque année au temple de l’eau, échelonnés selon la position des subak d’amont en aval). https://seslibrary.asu.edu/sites/default/files/seslibrary/cases/balinese_subak_irrigation_system_2.pdf
- Dalley, Stephanie et Oleson, John Peter, « Sennacherib, Archimedes, and the Water Screw: The Context of Invention in the Ancient World », Technology and Culture, vol. 44, n° 1, 2003, p. 1-26, accès payant (les deux thèses sur l’origine de la vis, exposées ensemble par deux chercheurs en désaccord). https://doi.org/10.1353/tech.2003.0011
- Janssen, Marco A., « Coordination in Irrigation Systems: An Analysis of the Lansing–Kremer Model of Bali », Agricultural Systems, vol. 93, n° 1-3, 2007, p. 170-190, version auteur en accès libre (le modèle de Lansing et Kremer repris et mis à l’épreuve : leur résultat sur la coordination à l’échelle des temples tient, mais dépend des ravageurs et des hypothèses sur les décisions des paysans). https://doi.org/10.1016/j.agsy.2006.05.004
- Jayawardana, Chandana, « Colonial Impacts on Water Supplies: An Historical Review of Sluice Technologies in Ancient Sri Lankan Irrigation », HoST — Journal of History of Science and Technology, vol. 16, n° 1, 2022, p. 99-120, en accès libre (l’origine coloniale de l’idée d’une invention cinghalaise de la vanne). https://doi.org/10.2478/host-2022-0006
- Lansing, J. Stephen, Priests and Programmers: Technologies of Power in the Engineered Landscape of Bali, Princeton University Press, 1991, en bibliothèque (le rôle pratique des temples de l’eau et l’effondrement des récoltes après l’abandon du calendrier) ; et Lansing, J. Stephen et Kremer, James N., « Emergent Properties of Balinese Water Temple Networks », American Anthropologist, vol. 95, n° 1, 1993, p. 97-114, accès payant (la simulation qui compare plusieurs échelles de coordination des calendriers et donne l’avantage à celle des temples).
- Mankodi, Kirit, « Rani ki Vav as a Commemorative Monument », Sahapedia, en ligne, s. d., en accès libre (la citation de Merutunga sur le réservoir commandé par Udayamati, le puits à degrés comme monument commémoratif, la datation stylistique à la fin du XIᵉ siècle). https://www.sahapedia.org/rani-ki-vav-commemorative-monument
- Merutunga, Prabandha-Chintamani, 1304, domaine public (la mention d’un « nouveau réservoir » commandé à Pattana par la reine Udayamati, identifié au puits à degrés de Patan, deux siècles et demi après les faits).
- UNESCO, Centre du patrimoine mondial, notices « Le qanat perse » (2016), « Mont Qingcheng et système d’irrigation de Dujiangyan » (2000), « Paysage culturel de la province de Bali » (2012) et « Rani-ki-Vav à Patan » (2014), en accès libre (les principes techniques, les datations et les dimensions de ces ouvrages). https://whc.unesco.org/
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