
Invité à citer une invention importante, on pense sans doute à la roue, au feu, à l’imprimerie.
Peu de gens répondent : la ficelle. C’est pourtant l’une des plus décisives, et l’une des plus anciennes.
L’âge du fil
Il suffit de prendre des fibres végétales courtes et fragiles et de les tordre ensemble pour obtenir un fil long, souple et résistant, bien plus solide que chacune des fibres prises à part.
Avec du fil, on fait des liens, des sacs, des filets de pêche, des pièges, des cordes, et enfin des vêtements. Sans fil, presque rien de tout cela n’existe.
L’archéologue Elizabeth Wayland Barber a proposé d’appeler ce moment la révolution du fil — et suggéré que l’âge de la pierre aurait mieux fait de s’appeler l’âge du fil.1
Son argument est plus fort qu’il n’y paraît :
La simple ficelle est si puissante pour soumettre le monde à l’ingéniosité humaine que je la soupçonne d’être l’arme invisible qui a permis à notre espèce de gagner toutes les niches écologiques du globe.2
L’arme invisible : ni la pointe de silex, ni le feu, mais le fil, qui permet d’attacher, de porter, de piéger, de relier.
Pourquoi n’en parle-t-on jamais ? Parce que le fil pourrit.
La pierre traverse cent mille ans. Un tissu disparaît en quelques siècles. Presque tout ce qui a été filé et tissé dans l’histoire humaine a disparu sans laisser de trace. Ce qui subsiste vient de lieux exceptionnels : déserts très secs, tourbières, sols gelés, ou objets scellés dans un monument.3
Cette histoire nous échappe parce que la matière ne nous l’a pas laissée. Ne pas avoir laissé de trace n’est pas la même chose que ne pas avoir existé.
Des fibres différentes partout
Chaque région a filé les ressources de son environnement.
- Lin : Méditerranée et Proche-Orient.
- Laine : Moutons en Asie occidentale et Europe.
- Soie : Asie de l’Est (dévidage du cocon du bombyx du mûrier).
- Camélidés (Lama, alpaga, vigogne) : Andes (la vigogne offrant l’une des fibres les plus fines au monde).
- Coton : Asie du Sud et Amériques.
- Agave : Mésoamérique.
- Raphia : Afrique centrale.
Plusieurs espèces de coton ont été cultivées séparément sur différents continents par des populations sans contact. Dans le nord du Pérou, le coton est cultivé depuis au moins 7 800 ans.4
En Océanie, les étoffes sont façonnées autrement : l’écorce de certains arbres est battue jusqu’à obtenir une matière souple et large (tapa), sans fil ni tissage.
Filer, puis tisser
Filer demande un outil simple et efficace : un bâtonnet, le fuseau, lesté d’un petit disque percé en son centre, la fusaïole. Le disque donne au fuseau son élan rotatif pour tordre la fibre régulièrement.5
Ces fusaïoles en terre cuite ou en pierre se retrouvent par milliers sur les sites archéologiques ; elles constituent souvent l’unique vestige d’une industrie textile disparue.
Tisser, c’est tendre une série de fils parallèles — la chaîne — et en croiser un autre au travers — la trame. L’outil qui tient la chaîne s’appelle un métier à tisser, et il en existe plusieurs formes :
- Métiers verticaux : les fils pendent, tendus par des poids d’argile (pesons) retrouvés en fouille.
- Métiers à ceinture (sangle dorsale) : très répandus en Asie et dans les Amériques, ils s’attachent entre un point fixe et le corps du tisserand, qui règle la tension. Léger et transportable, cet outil impose une contrainte physique : la largeur du tissu ne dépasse pas la portée des bras (généralement 75 cm au plus).6
Corder, et pourquoi cela change tout
Tisser n’est pas le seul usage du fil. Tordre ensemble plusieurs fils déjà tordus donne une corde, et la corde est probablement l’application la plus ancienne et la plus lourde de conséquences.
Le principe tient en une torsion inversée : les brins sont tordus dans un sens, puis assemblés en tordant dans l’autre. Chacun cherche alors à se détordre, ce qui les serre les uns contre les autres. Une corde ne tient pas parce qu’on l’a nouée : elle tient parce que ses brins luttent entre eux. C’est ce qui lui permet d’être bien plus résistante que la somme de ses fibres, et de ne pas se défaire sous tension.7
Sans corde, presque rien ne fonctionne. Pas d’arc, pas de harpon lié à son manche, pas de piège, pas de filet de pêche, pas de charge portée sur le dos, pas de voile ni de gréement — et donc pas de navigation. On peut fabriquer un outil de pierre sans fil ; on ne peut pas l’emmancher sans lien.
Les matières employées ne sont pas celles du vêtement : le lin et le chanvre bien sûr, mais surtout des fibres trop rêches pour la peau — écorces, lianes, feuilles de palmier, tendons animaux, crin. Une corde n’a pas besoin d’être douce : il lui faut seulement ne pas casser.
C’est pourquoi ces objets ont presque entièrement disparu du registre archéologique : les fibres végétales pourrissent. On déduit l’existence des cordes de ce qu’elles ont permis — un manche encoché, un trou percé, une pierre qui n’a de sens qu’attachée.
Deux découvertes récentes ont pourtant livré des preuves directes, et elles sont plus anciennes qu’on ne l’imaginait.
Dans un abri du sud de la France, un fragment de cordelette est resté collé sous un éclat de silex. Il mesure six millimètres de long et un demi-millimètre de large. Au microscope, on distingue trois faisceaux de fibres tordus dans un sens, puis assemblés en tordant dans l’autre — exactement le principe décrit plus haut. Il a été fabriqué par des Néandertaliens.8
Ce que ce demi-centimètre de ficelle raconte
Les fibres viennent de l’écorce interne d’un arbre, sans doute un conifère. C’est là que le détail devient intéressant.9
Cette couche fibreuse ne se détache pas également toute l’année. Elle se sépare beaucoup plus facilement au début du printemps, quand la sève remonte. Puis les fibres grossissent et s’épaississent à mesure que l’arbre pousse.10
Fabriquer cette corde supposait donc de savoir à quel moment de l’année aller chercher la matière. Non pas seulement un geste, mais un calendrier.
Les auteurs vont plus loin, et leur argument mérite d’être lu par qui a suivi ce domaine depuis le début. Torsader des fibres, écrivent-ils, suppose une technique à plusieurs composants — et une compréhension des paires, des ensembles et des nombres.11
Autrement dit : pour faire une corde à trois brins, il faut compter jusqu’à trois, et savoir que trois choses forment un ensemble. Le fil et le nombre se tiennent.
Dans une grotte d’Allemagne, on a par ailleurs retrouvé un bâton d’ivoire de mammouth percé de trous à rainures spiralées, vieux d’environ trente-cinq mille ans.12
Des archéologues en ont fabriqué une réplique et l’ont essayée. À quatre personnes — trois qui tordent les fibres, une qui les assemble en sens inverse — ils ont produit cinq mètres de corde solide en dix minutes. L’objet n’était donc pas un ornement mystérieux : c’était un outil, et il exigeait de travailler à plusieurs.13
La couleur
Fixer durablement une couleur sur une fibre relève de la chimie appliquée, développée bien avant la formalisation de cette science.
L’indigo (Bleu)
Le pigment bleu provient de plantes contenant de l’indican (indigotier, pastel). La plante ne contient pas directement la couleur bleue : il faut faire fermenter les feuilles, dissoudre le principe actif, plonger le tissu, puis l’exposer à l’air. C’est l’oxydation au contact de l’oxygène qui révèle la teinte bleue.
À Huaca Prieta (nord du Pérou), des fragments de coton tissé datés d’environ 6 000 ans portent des traces bleues d’indigo (analyse chimique, 2016). C’est le plus ancien usage connu au monde, devançant les spécimens égyptiens de 1 500 ans.14
Le murex (Pourpre / Violet)
Extrait de la glande hypobranchiale de mollusques marins (Murex), le violet tyrien nécessitait des milliers de coquillages pour quelques grammes de teinture. Le procédé repose également sur une transformation photochimique à l’air et au soleil.
La cochenille (Rouge)
En Mésoamérique, le pigment carmin est produit à partir de la cochenille (Dactylopius coccus), un parasite des cactus Opuntia. Stupéfaits par l’intensité de ce rouge, les Espagnols en organisèrent le monopole commercial dès le XVIᵉ siècle. Dans la flotte des Indes, la cochenille constituait la cargaison la plus précieuse après l’or et l’argent.
Quand le tissu vaut plus que l’or
Dans l’Empire inca (Tawantinsuyu), la valeur suprême ne résidait pas dans les métaux précieux, mais dans le tissu fin, le cumbi (ou kumpi).
- Usage politique et social : Il servait d’attribut du pouvoir, de récompense pour les guerriers méritants et de présent diplomatique.
- Rituel : Des pièces de cumbi, représentant des centaines d’heures de travail spécialisé, étaient brûlées en offrande religieuse.
- Impôt et travail : L’État inca fournissait les matières premières (laine, coton) aux populations soumises, qui devaient restituer des métrages de tissu calculés (mit’a textile).15
Lors des premiers contacts, les Incas ont offert des textiles de haute valeur aux conquistadors, qui n’y ont vu que des étoffes secondaires face à l’or.
Dimorphisme économique et travail forcé
L’histoire industrielle du textile est indissociable de l’organisation du travail forcé à l’échelle globale.
- L’esclavage et le coton : Avant l’industrialisation, le coton était transformé localement. L’avènement des filatures mécaniques britanniques au XIXᵉ siècle a créé une demande massive de matière première. Cette expansion s’est appuyée sur le travail forcé des personnes réduites en esclavage dans le Sud des États-Unis (environ 2 millions de personnes en 1830).
- La mécanisation et l’artisanat : L’exportation massive de tissus mécanisés britanniques vers l’Inde au XIXᵉ siècle a désorganisé les structures artisanales locales. Les tisserands indiens se sont adaptés en partie en utilisant le fil industriel importé, modifiant ainsi leurs modes de production.16
Synthèse des fibres textiles
| Fibre | Origine | Région principale |
|---|---|---|
| Lin | Tige de lin (Linum usitatissimum) | Bassin méditerranéen, Proche-Orient |
| Laine | Toison d’ovins | Asie occidentale, Europe |
| Soie | Cocon du ver à soie (Bombyx mori) | Asie de l’Est |
| Coton | Fibres séminales (Gossypium) | Asie du Sud, Amériques |
| Alpaga / Vigogne | Toison de camélidés | Andes |
| Agave | Fibres foliaires (Sisal, Henequen) | Mésoamérique |
| Raphia | Folioles de palmiers Raphia | Afrique centrale |
| Écorce battue | Liber d’arbres (Tapa) | Océanie |
Note 1
We could call it the String Revolution.
On pourrait l’appeler la révolution de la ficelle.
Barber, Elizabeth J. W., Women’s Work: The First 20,000 Years. Women, Cloth, and Society in Early Times, W. W. Norton, New York, 1994
Note 2
So powerful, in fact, is simple string in taming the world to human will and ingenuity that I suspect it to be the unseen weapon that allowed the human race to conquer the earth, that enabled us to move out into every econiche on the globe during the Upper Paleolithic.
La simple ficelle est en fait si puissante pour plier le monde à la volonté et à l’ingéniosité humaines que je la soupçonne d’être l’arme invisible qui a permis à l’espèce humaine de conquérir la Terre, de s’installer dans toutes les niches écologiques du globe au Paléolithique supérieur.
Barber, Elizabeth J. W., Women’s Work: The First 20,000 Years. Women, Cloth, and Society in Early Times, W. W. Norton, New York, 1994
Note 3
Fiber technology (cordage and textile) has played a central role in all human societies for thousands of years, and its production, application and exchange have deep roots in prehistory. However, fiber remains have only rarely been observed in prehistoric sites because they tend to decay quickly in normal environmental conditions.
La technologie des fibres (cordes et textiles) a joué un rôle central dans toutes les sociétés humaines depuis des milliers d’années, et sa production, ses usages et ses échanges plongent leurs racines dans la préhistoire. Pourtant, les restes de fibres n’ont que rarement été observés sur les sites préhistoriques, car ils se décomposent vite dans des conditions environnementales ordinaires.
Liu, Li, Levin, Maureece J., Klimscha, Florian et Rosenberg, Danny, « The Earliest Cotton Fibers and Pan-regional Contacts in the Near East », Frontiers in Plant Science, vol. 13, 2022, art. 1045554
Note 4
Archaeological research has identified the use of cultivated cotton (Gossypium barbadense) in the ancient Andes dating back to at least 7800 years ago.
La recherche archéologique a mis en évidence l’usage de coton cultivé (Gossypium barbadense) dans les Andes anciennes depuis au moins 7 800 ans.
Splitstoser, Jeffrey C., Dillehay, Tom D., Wouters, Jan et Claro, Ana, « Early Pre-Hispanic Use of Indigo Blue in Peru », Science Advances, vol. 2, n° 9, 2016, e1501623
Note 5
A spindle consists of two parts; a stick, the rod, and a weight attached to it, the whorl. With the weight of the whorl as a stabiliser, the spindle can rotate around its own axis […]
Un fuseau se compose de deux parties : un bâtonnet, la tige, et un poids qui y est fixé, la fusaïole. Grâce au poids de la fusaïole, qui le stabilise, le fuseau peut tourner sur son propre axe […]
Statens historiska museer (Historiska museet, Stockholm), « 14. Spindle whorls, bone, lead, stone », site Massakern vid muren : Slaget om Gotland 1361, page non datée
Throughout time some basic tools used in creating complex textiles have remained constant, such as the ones used for spinning thread: wooden spindles (smooth wooden sticks) and ceramic spindle whorls (disks threaded on the spindle).
De tout temps, certains outils de base servant à créer des textiles complexes sont restés les mêmes, comme ceux qu’on utilise pour filer : les fuseaux de bois (des bâtonnets de bois lisses) et les fusaïoles en céramique (des disques enfilés sur le fuseau).
Michael C. Carlos Museum (Emory University), « Spinning and Weaving Tools », exposition Threads of Time: Tradition and Change in Indigenous American Textiles, 2017
Note 6
The width of the fabric woven on the backstrap loom does not exceed the distance across which the weaver could pass a shuttle from hand to hand (usually about 60-75 cm).
La largeur du tissu tissé sur le métier à ceinture ne dépasse pas la distance sur laquelle le tisserand peut faire passer une navette d’une main à l’autre (généralement environ 60 à 75 cm).
Textile Museum of Canada, exposition en ligne Cloth and Clay, page « Construction »
Note 7
3 bundles of fibres with S-twist which were then plied together with a Z-twist to form a 3-ply cord
3 faisceaux de fibres à torsion S, ensuite retordus ensemble avec une torsion Z pour former une cordelette à 3 brins
Hardy, Bruce L. et al., « Direct Evidence of Neanderthal Fibre Technology and Its Cognitive and Behavioral Implications », Scientific Reports, vol. 10, 2020
Note 8
The cord is approximately 6.2 mm in length and approximately 0.5 mm in width
La cordelette mesure environ 6,2 mm de long et environ 0,5 mm de large
Hardy, Bruce L. et al., « Direct Evidence of Neanderthal Fibre Technology and Its Cognitive and Behavioral Implications », Scientific Reports, vol. 10, 2020
While it is clear that the cord from Abri du Maras demonstrates Neanderthals’ ability to manufacture cordage
S’il est clair que la cordelette de l’Abri du Maras démontre la capacité des Néandertaliens à fabriquer de la corde
Hardy, Bruce L. et al., « Direct Evidence of Neanderthal Fibre Technology and Its Cognitive and Behavioral Implications », Scientific Reports, vol. 10, 2020
Note 9
The cord from Abri du Maras consists of fibres derived from the inner bark of gymnosperms, likely conifers.
La cordelette de l’abri du Maras est faite de fibres tirées de l’écorce interne de gymnospermes, probablement des conifères.
Hardy, Bruce L. et al., « Direct Evidence of Neanderthal Fibre Technology and Its Cognitive and Behavioral Implications », Scientific Reports, vol. 10, 2020
Note 10
Bast fibres are easier to separate from the bark and the underlying wood in early spring as the sap begins to rise. The fibres increase in size and thickness as growth continues.
Les fibres libériennes se détachent plus facilement de l’écorce et du bois sous-jacent au début du printemps, quand la sève commence à monter. Les fibres grossissent et s’épaississent à mesure que la croissance se poursuit.
Hardy, Bruce L. et al., « Direct Evidence of Neanderthal Fibre Technology and Its Cognitive and Behavioral Implications », Scientific Reports, vol. 10, 2020
Note 11
Understanding and use of twisted fibres implies the use of complex multi-component technology as well as a mathematical understanding of pairs, sets, and numbers.
Comprendre et utiliser des fibres torsadées suppose l’usage d’une technologie complexe à plusieurs composants, ainsi qu’une compréhension mathématique des paires, des ensembles et des nombres.
Hardy, Bruce L. et al., « Direct Evidence of Neanderthal Fibre Technology and Its Cognitive and Behavioral Implications », Scientific Reports, vol. 10, 2020
Note 12
On the basis of the discovery of a more than 35,000-year-old perforated baton made from mammoth ivory at Hohle Fels Cave in Ach Valley of southwestern Germany together with experimental studies, we are now able to demonstrate one way people of the early Upper Paleolithic manufactured rope. […] Independent of their size, all holes preserve uniform, incised grooves at regular distances with a smooth rotation
Grâce à la découverte, dans la grotte de Hohle Fels (vallée de l’Ach, sud-ouest de l’Allemagne), d’un bâton perforé en ivoire de mammouth vieux de plus de 35 000 ans, et à des études expérimentales, nous pouvons désormais montrer une des façons dont les gens du début du Paléolithique supérieur fabriquaient la corde. […] Quelle que soit leur taille, tous les trous conservent des rainures incisées régulières, à intervalles réguliers, avec une rotation régulière
Conard, Nicholas J. et Rots, Veerle, « Rope Making in the Aurignacian of Central Europe More Than 35,000 Years Ago », Science Advances, vol. 10, n° 5, eadh5217, 31 janvier 2024
Note 13
Our experiments using cattail and four or five participants typically produced 5 m of strong and supple rope in 10 min (text S5).
Nos expériences, avec de la massette et quatre ou cinq participants, ont en général produit 5 m de corde solide et souple en 10 minutes (texte S5).
Conard, Nicholas J. et Rots, Veerle, « Rope Making in the Aurignacian of Central Europe More Than 35,000 Years Ago », Science Advances, vol. 10, n° 5, eadh5217, 31 janvier 2024
Note 14
suggesting that the two textiles from stratum 44 are about 6200 to 6000 years old. They are both weft twining […] decorated with warp stripes where natural colored cotton, which is a light tan, contrasts with cotton dyed blue
ce qui indique que les deux textiles de la couche 44 ont environ 6 200 à 6 000 ans. Ce sont tous deux des cordelés de trame […] décorés de rayures de chaîne où le coton de couleur naturelle, beige clair, contraste avec du coton teint en bleu
Splitstoser, Jeffrey C., Dillehay, Tom D., Wouters, Jan et Claro, Ana, « Early Pre-Hispanic Use of Indigo Blue in Peru », Science Advances, vol. 2, n° 9, 2016, e1501623
6000-year-old cotton fabrics from the Preceramic site of Huaca Prieta on the north coast of Peru retained traces of a blue pigment that was analyzed and positively identified as an indigoid dye (indigotin), making it the earliest known use of indigo in the world […] This predates by ~1500 years the earliest reported use of indigo in the Old World, from Fifth Dynasty Egypt [ca. 4400 BP (before present)].
des étoffes de coton vieilles de 6 000 ans du site précéramique de Huaca Prieta, sur la côte nord du Pérou, ont conservé des traces d’un pigment bleu analysé et identifié avec certitude comme un colorant indigoïde (indigotine), ce qui en fait le plus ancien usage connu de l’indigo au monde […] Cela précède d’environ 1 500 ans le plus ancien usage signalé de l’indigo dans l’Ancien Monde, en Égypte sous la Ve dynastie [vers 4400 BP (avant le présent)].
Splitstoser, Jeffrey C., Dillehay, Tom D., Wouters, Jan et Claro, Ana, « Early Pre-Hispanic Use of Indigo Blue in Peru », Science Advances, vol. 2, n° 9, 2016, e1501623
Note 15
Finely woven tunics were signifiers of high status in the Andes since at least the first centuries AD. […] Inca rulers bestowed fine tapestry tunics on warriors who distinguished themselves on the battlefield. Uncus, furthermore, were given as diplomatic gifts, part of a sophisticated strategy of imperial control.
Les tuniques finement tissées étaient des marques de haut rang dans les Andes depuis au moins les premiers siècles de notre ère. […] Les souverains incas offraient de fines tuniques de tapisserie aux guerriers qui s’étaient distingués sur le champ de bataille. Les uncus étaient en outre donnés en présents diplomatiques, dans le cadre d’une stratégie raffinée de contrôle impérial.
The Metropolitan Museum of Art, New York, Tunic with Diamond Band, Inca, 1460-1540, n° 1982.365
Note 16
A demand for it already existed in the industrial textile mills in Great Britain, and in time, a steady stream of slave-grown American cotton would also supply northern textile mills. Southern cotton, picked and processed by enslaved labor, helped fuel the nineteenth-century Industrial Revolution in both the United States and Great Britain. […] The enslaved people who built this cotton kingdom with their forced labor started by clearing the land.
Une demande existait déjà dans les filatures industrielles de Grande-Bretagne et, avec le temps, un flot continu de coton américain cultivé par des esclaves alimenterait aussi les filatures du Nord. Le coton du Sud, cueilli et traité par une main-d’œuvre réduite en esclavage, a contribué à alimenter la révolution industrielle du XIXᵉ siècle, aux États-Unis comme en Grande-Bretagne. […] Les esclaves qui ont bâti ce royaume du coton par leur travail forcé ont commencé par défricher la terre.
Corbett, P. Scott, Janssen, Volker, Lund, John M., Pfannestiel, Todd, Waskiewicz, Sylvie et Vickery, Paul, U.S. History, OpenStax, Rice University, section 12.1 « The Economics of Cotton »
Table 1. United States - Race and Hispanic Origin: 1790 to 1990 […] 1830 . 12 860 702 10 532 060 2 328 642 (NA) (NA) 2 328 642 319 599 2 009 043
Tableau 1. États-Unis – Race et origine hispanique : 1790 à 1990 […] 1830 : total 12 860 702 ; Blancs 10 532 060 ; Noirs 2 328 642 (dont libres 319 599, esclaves 2 009 043)
Gibson, Campbell et Jung, Kay, « Historical Census Statistics on Population Totals by Race, 1790 to 1990, and by Hispanic Origin, 1970 to 1990, for the United States, Regions, Divisions, and States », U.S. Census Bureau, Population Division, Working Paper n° 56, 2002
Until about 1870, hand-spun yarn was still being used extensively, but imports of machine-spun yarn eventually wiped out hand spinning in India, with the resultant loss of employment and income for millions of women. […] Hand-loom weaving and production of patterned cloth survived, however, by switching to the more cost-effective, though not necessarily better, inputs.
Jusque vers 1870, le fil filé à la main était encore largement employé, mais les importations de fil filé à la machine finirent par faire disparaître le filage à la main en Inde, avec pour conséquence une perte d’emploi et de revenu pour des millions de femmes. […] Le tissage à bras et la production d’étoffes à motifs survécurent toutefois en passant à ces matières premières plus avantageuses, mais pas nécessairement meilleures.
Mukund, Kanakalatha, « Small-Scale and Cottage Industry, 1800–1947 », Encyclopedia of India, en ligne sur Encyclopedia.com
Notes et sources
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Passage Elizabeth Wayland Barber a proposé d’appeler ce moment la révolution du fil — et suggéré que l’âge de la pierre aurait mieux fait de s’appeler l’âge du fil.
We could call it the String Revolution.
Traduction de la rédaction On pourrait l’appeler la révolution de la ficelle.
Source Barber, Elizabeth J. W., Women’s Work: The First 20,000 Years. Women, Cloth, and Society in Early Times, W. W. Norton, New York, 1994, p. 45.
En bibliothèque · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage La simple ficelle est si puissante pour soumettre le monde à l’ingéniosité humaine que je la soupçonne d’être l’arme invisible qui a permis à notre espèce de gagner toutes les niches écologiques du globe.
So powerful, in fact, is simple string in taming the world to human will and ingenuity that I suspect it to be the unseen weapon that allowed the human race to conquer the earth, that enabled us to move out into every econiche on the globe during the Upper Paleolithic.
Traduction de la rédaction La simple ficelle est en fait si puissante pour plier le monde à la volonté et à l’ingéniosité humaines que je la soupçonne d’être l’arme invisible qui a permis à l’espèce humaine de conquérir la Terre, de s’installer dans toutes les niches écologiques du globe au Paléolithique supérieur.
Source Barber, Elizabeth J. W., Women’s Work: The First 20,000 Years. Women, Cloth, and Society in Early Times, W. W. Norton, New York, 1994, p. 45.
En bibliothèque · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage Presque tout ce qui a été filé et tissé dans l’histoire humaine a disparu sans laisser de trace.
Fiber technology (cordage and textile) has played a central role in all human societies for thousands of years, and its production, application and exchange have deep roots in prehistory. However, fiber remains have only rarely been observed in prehistoric sites because they tend to decay quickly in normal environmental conditions.
Traduction de la rédaction La technologie des fibres (cordes et textiles) a joué un rôle central dans toutes les sociétés humaines depuis des milliers d’années, et sa production, ses usages et ses échanges plongent leurs racines dans la préhistoire. Pourtant, les restes de fibres n’ont que rarement été observés sur les sites préhistoriques, car ils se décomposent vite dans des conditions environnementales ordinaires.
Source Liu, Li, Levin, Maureece J., Klimscha, Florian et Rosenberg, Danny, « The Earliest Cotton Fibers and Pan-regional Contacts in the Near East », Frontiers in Plant Science, vol. 13, 2022, art. 1045554, résumé, 1re et 2e phrases.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage Dans le nord du Pérou, le coton est cultivé depuis au moins 7 800 ans.
Archaeological research has identified the use of cultivated cotton (Gossypium barbadense) in the ancient Andes dating back to at least 7800 years ago.
Traduction de la rédaction La recherche archéologique a mis en évidence l’usage de coton cultivé (Gossypium barbadense) dans les Andes anciennes depuis au moins 7 800 ans.
Source Splitstoser, Jeffrey C., Dillehay, Tom D., Wouters, Jan et Claro, Ana, « Early Pre-Hispanic Use of Indigo Blue in Peru », Science Advances, vol. 2, n° 9, 2016, e1501623, Résumé (Abstract) ; l’introduction précise : « the earliest reported G. barbadense is from the Nanchoc Valley in north Peru, dated to around 7800 cal BP ».
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
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Passage un bâtonnet, le fuseau, lesté […] la fusaïole
A spindle consists of two parts; a stick, the rod, and a weight attached to it, the whorl. With the weight of the whorl as a stabiliser, the spindle can rotate around its own axis […]
Traduction de la rédaction Un fuseau se compose de deux parties : un bâtonnet, la tige, et un poids qui y est fixé, la fusaïole. Grâce au poids de la fusaïole, qui le stabilise, le fuseau peut tourner sur son propre axe […]
Source Statens historiska museer (Historiska museet, Stockholm), « 14. Spindle whorls, bone, lead, stone », site Massakern vid muren : Slaget om Gotland 1361, page non datée, notice « 14. Spindle whorls, bone, lead, stone », 2e et 3e phrases.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
Passage un petit disque percé en son centre, la fusaïole
Throughout time some basic tools used in creating complex textiles have remained constant, such as the ones used for spinning thread: wooden spindles (smooth wooden sticks) and ceramic spindle whorls (disks threaded on the spindle).
Traduction de la rédaction De tout temps, certains outils de base servant à créer des textiles complexes sont restés les mêmes, comme ceux qu’on utilise pour filer : les fuseaux de bois (des bâtonnets de bois lisses) et les fusaïoles en céramique (des disques enfilés sur le fuseau).
Source Michael C. Carlos Museum (Emory University), « Spinning and Weaving Tools », exposition Threads of Time: Tradition and Change in Indigenous American Textiles, 2017, page « Spinning and Weaving Tools », 1er paragraphe.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage Léger et transportable, cet outil impose une contrainte physique : la largeur du tissu ne dépasse pas la portée des bras (généralement 75 cm au plus)
The width of the fabric woven on the backstrap loom does not exceed the distance across which the weaver could pass a shuttle from hand to hand (usually about 60-75 cm).
Traduction de la rédaction La largeur du tissu tissé sur le métier à ceinture ne dépasse pas la distance sur laquelle le tisserand peut faire passer une navette d’une main à l’autre (généralement environ 60 à 75 cm).
Source Textile Museum of Canada, exposition en ligne Cloth and Clay, page « Construction », exposition en ligne Cloth and Clay (cultures préhispaniques d’Amérique centrale et du Sud), rubrique « Learn How », page « Construction » (textiles) ; le Michael C. Carlos Museum (Emory University) donne une largeur plus faible encore : « typically up to about eighteen inches wide » (https://threads-of-time.carlos.emory.edu/spinning).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage les brins sont tordus dans un sens, puis assemblés en tordant dans l’autre
3 bundles of fibres with S-twist which were then plied together with a Z-twist to form a 3-ply cord
Traduction de la rédaction 3 faisceaux de fibres à torsion S, ensuite retordus ensemble avec une torsion Z pour former une cordelette à 3 brins
Source Hardy, Bruce L. et al., « Direct Evidence of Neanderthal Fibre Technology and Its Cognitive and Behavioral Implications », Scientific Reports, vol. 10, 2020, corps de l’article.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage Il mesure six millimètres de long et un demi-millimètre de large.
The cord is approximately 6.2 mm in length and approximately 0.5 mm in width
Traduction de la rédaction La cordelette mesure environ 6,2 mm de long et environ 0,5 mm de large
Source Hardy, Bruce L. et al., « Direct Evidence of Neanderthal Fibre Technology and Its Cognitive and Behavioral Implications », Scientific Reports, vol. 10, 2020, corps de l’article.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
Passage Il a été fabriqué par des Néandertaliens.
While it is clear that the cord from Abri du Maras demonstrates Neanderthals’ ability to manufacture cordage
Traduction de la rédaction S’il est clair que la cordelette de l’Abri du Maras démontre la capacité des Néandertaliens à fabriquer de la corde
Source Hardy, Bruce L. et al., « Direct Evidence of Neanderthal Fibre Technology and Its Cognitive and Behavioral Implications », Scientific Reports, vol. 10, 2020, Results and Discussion.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage Les fibres viennent de l’écorce interne d’un arbre, sans doute un conifère.
The cord from Abri du Maras consists of fibres derived from the inner bark of gymnosperms, likely conifers.
Traduction de la rédaction La cordelette de l’abri du Maras est faite de fibres tirées de l’écorce interne de gymnospermes, probablement des conifères.
Source Hardy, Bruce L. et al., « Direct Evidence of Neanderthal Fibre Technology and Its Cognitive and Behavioral Implications », Scientific Reports, vol. 10, 2020, Results and Discussion.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage Elle se sépare beaucoup plus facilement au début du printemps, quand la sève remonte.
Bast fibres are easier to separate from the bark and the underlying wood in early spring as the sap begins to rise. The fibres increase in size and thickness as growth continues.
Traduction de la rédaction Les fibres libériennes se détachent plus facilement de l’écorce et du bois sous-jacent au début du printemps, quand la sève commence à monter. Les fibres grossissent et s’épaississent à mesure que la croissance se poursuit.
Source Hardy, Bruce L. et al., « Direct Evidence of Neanderthal Fibre Technology and Its Cognitive and Behavioral Implications », Scientific Reports, vol. 10, 2020, corps de l’article.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage une technique à plusieurs composants — et une compréhension des paires, des ensembles et des nombres
Understanding and use of twisted fibres implies the use of complex multi-component technology as well as a mathematical understanding of pairs, sets, and numbers.
Traduction de la rédaction Comprendre et utiliser des fibres torsadées suppose l’usage d’une technologie complexe à plusieurs composants, ainsi qu’une compréhension mathématique des paires, des ensembles et des nombres.
Source Hardy, Bruce L. et al., « Direct Evidence of Neanderthal Fibre Technology and Its Cognitive and Behavioral Implications », Scientific Reports, vol. 10, 2020, résumé.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage un bâton d’ivoire de mammouth percé de trous à rainures spiralées, vieux d’environ trente-cinq mille ans
On the basis of the discovery of a more than 35,000-year-old perforated baton made from mammoth ivory at Hohle Fels Cave in Ach Valley of southwestern Germany together with experimental studies, we are now able to demonstrate one way people of the early Upper Paleolithic manufactured rope. […] Independent of their size, all holes preserve uniform, incised grooves at regular distances with a smooth rotation
Traduction de la rédaction Grâce à la découverte, dans la grotte de Hohle Fels (vallée de l’Ach, sud-ouest de l’Allemagne), d’un bâton perforé en ivoire de mammouth vieux de plus de 35 000 ans, et à des études expérimentales, nous pouvons désormais montrer une des façons dont les gens du début du Paléolithique supérieur fabriquaient la corde. […] Quelle que soit leur taille, tous les trous conservent des rainures incisées régulières, à intervalles réguliers, avec une rotation régulière
Source Conard, Nicholas J. et Rots, Veerle, « Rope Making in the Aurignacian of Central Europe More Than 35,000 Years Ago », Science Advances, vol. 10, n° 5, eadh5217, 31 janvier 2024, Résumé (Abstract) ; puis section « Results ».
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
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Passage ils ont produit cinq mètres de corde solide en dix minutes
Our experiments using cattail and four or five participants typically produced 5 m of strong and supple rope in 10 min (text S5).
Traduction de la rédaction Nos expériences, avec de la massette et quatre ou cinq participants, ont en général produit 5 m de corde solide et souple en 10 minutes (texte S5).
Source Conard, Nicholas J. et Rots, Veerle, « Rope Making in the Aurignacian of Central Europe More Than 35,000 Years Ago », Science Advances, vol. 10, n° 5, eadh5217, 31 janvier 2024, section « Results », paragraphe commençant par « Turning to the use of multiple holes » (PMC10830101).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
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Passage des fragments de coton tissé datés d’environ 6 000 ans portent des traces bleues d’indigo
suggesting that the two textiles from stratum 44 are about 6200 to 6000 years old. They are both weft twining […] decorated with warp stripes where natural colored cotton, which is a light tan, contrasts with cotton dyed blue
Traduction de la rédaction ce qui indique que les deux textiles de la couche 44 ont environ 6 200 à 6 000 ans. Ce sont tous deux des cordelés de trame […] décorés de rayures de chaîne où le coton de couleur naturelle, beige clair, contraste avec du coton teint en bleu
Source Splitstoser, Jeffrey C., Dillehay, Tom D., Wouters, Jan et Claro, Ana, « Early Pre-Hispanic Use of Indigo Blue in Peru », Science Advances, vol. 2, n° 9, 2016, e1501623, Introduction.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
Passage des fragments de coton tissé datés d’environ 6 000 ans portent des traces bleues d’indigo […] devançant les spécimens égyptiens de 1 500 ans
6000-year-old cotton fabrics from the Preceramic site of Huaca Prieta on the north coast of Peru retained traces of a blue pigment that was analyzed and positively identified as an indigoid dye (indigotin), making it the earliest known use of indigo in the world […] This predates by ~1500 years the earliest reported use of indigo in the Old World, from Fifth Dynasty Egypt [ca. 4400 BP (before present)].
Traduction de la rédaction des étoffes de coton vieilles de 6 000 ans du site précéramique de Huaca Prieta, sur la côte nord du Pérou, ont conservé des traces d’un pigment bleu analysé et identifié avec certitude comme un colorant indigoïde (indigotine), ce qui en fait le plus ancien usage connu de l’indigo au monde […] Cela précède d’environ 1 500 ans le plus ancien usage signalé de l’indigo dans l’Ancien Monde, en Égypte sous la Ve dynastie [vers 4400 BP (avant le présent)].
Source Splitstoser, Jeffrey C., Dillehay, Tom D., Wouters, Jan et Claro, Ana, « Early Pre-Hispanic Use of Indigo Blue in Peru », Science Advances, vol. 2, n° 9, 2016, e1501623, Résumé (Abstract).
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Passage Il servait d’attribut du pouvoir, de récompense pour les guerriers méritants et de présent diplomatique.
Finely woven tunics were signifiers of high status in the Andes since at least the first centuries AD. […] Inca rulers bestowed fine tapestry tunics on warriors who distinguished themselves on the battlefield. Uncus, furthermore, were given as diplomatic gifts, part of a sophisticated strategy of imperial control.
Traduction de la rédaction Les tuniques finement tissées étaient des marques de haut rang dans les Andes depuis au moins les premiers siècles de notre ère. […] Les souverains incas offraient de fines tuniques de tapisserie aux guerriers qui s’étaient distingués sur le champ de bataille. Les uncus étaient en outre donnés en présents diplomatiques, dans le cadre d’une stratégie raffinée de contrôle impérial.
Source The Metropolitan Museum of Art, New York, Tunic with Diamond Band, Inca, 1460-1540, n° 1982.365, notice de l’objet, 4ᵉ paragraphe (commençant par « Finely woven tunics were signifiers of high status »).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage Cette expansion s’est appuyée sur le travail forcé des personnes réduites en esclavage dans le Sud des États-Unis
A demand for it already existed in the industrial textile mills in Great Britain, and in time, a steady stream of slave-grown American cotton would also supply northern textile mills. Southern cotton, picked and processed by enslaved labor, helped fuel the nineteenth-century Industrial Revolution in both the United States and Great Britain. […] The enslaved people who built this cotton kingdom with their forced labor started by clearing the land.
Traduction de la rédaction Une demande existait déjà dans les filatures industrielles de Grande-Bretagne et, avec le temps, un flot continu de coton américain cultivé par des esclaves alimenterait aussi les filatures du Nord. Le coton du Sud, cueilli et traité par une main-d’œuvre réduite en esclavage, a contribué à alimenter la révolution industrielle du XIXᵉ siècle, aux États-Unis comme en Grande-Bretagne. […] Les esclaves qui ont bâti ce royaume du coton par leur travail forcé ont commencé par défricher la terre.
Source Corbett, P. Scott, Janssen, Volker, Lund, John M., Pfannestiel, Todd, Waskiewicz, Sylvie et Vickery, Paul, U.S. History, OpenStax, Rice University, section 12.1 « The Economics of Cotton », section 12.1, introduction, puis sous-section « King Cotton ».
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
Passage environ 2 millions de personnes en 1830
Table 1. United States - Race and Hispanic Origin: 1790 to 1990 […] 1830 . 12 860 702 10 532 060 2 328 642 (NA) (NA) 2 328 642 319 599 2 009 043
Traduction de la rédaction Tableau 1. États-Unis – Race et origine hispanique : 1790 à 1990 […] 1830 : total 12 860 702 ; Blancs 10 532 060 ; Noirs 2 328 642 (dont libres 319 599, esclaves 2 009 043)
Source Gibson, Campbell et Jung, Kay, « Historical Census Statistics on Population Totals by Race, 1790 to 1990, and by Hispanic Origin, 1970 to 1990, for the United States, Regions, Divisions, and States », U.S. Census Bureau, Population Division, Working Paper n° 56, 2002, tableau 1, ligne 1830, dernière colonne (« Slave », sous « Black ») : 2 009 043 esclaves.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
Passage Les tisserands indiens se sont adaptés en partie en utilisant le fil industriel importé
Until about 1870, hand-spun yarn was still being used extensively, but imports of machine-spun yarn eventually wiped out hand spinning in India, with the resultant loss of employment and income for millions of women. […] Hand-loom weaving and production of patterned cloth survived, however, by switching to the more cost-effective, though not necessarily better, inputs.
Traduction de la rédaction Jusque vers 1870, le fil filé à la main était encore largement employé, mais les importations de fil filé à la machine finirent par faire disparaître le filage à la main en Inde, avec pour conséquence une perte d’emploi et de revenu pour des millions de femmes. […] Le tissage à bras et la production d’étoffes à motifs survécurent toutefois en passant à ces matières premières plus avantageuses, mais pas nécessairement meilleures.
Source Mukund, Kanakalatha, « Small-Scale and Cottage Industry, 1800–1947 », Encyclopedia of India, en ligne sur Encyclopedia.com, section « Survival of Handicrafts », 3ᵉ paragraphe.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
Références bibliographiques
17
- Barber, Elizabeth J. W., Prehistoric Textiles: The Development of Cloth in the Neolithic and Bronze Ages with Special Reference to the Aegean, Princeton University Press, Princeton, 1991 (les techniques de filage et de tissage, les fusaïoles et les pesons de métier).
- Barber, Elizabeth J. W., Women’s Work: The First 20,000 Years. Women, Cloth, and Society in Early Times, W. W. Norton, New York, 1994 (le travail textile et sa place dans les sociétés anciennes).
- Beckert, Sven, Empire of Cotton: A Global History, Vintage Books, New York, 2014 (l’économie mondiale du coton, l’esclavage et l’industrialisation). Traduction française : L’Empire du coton. Une histoire globale, Seuil, 2017.
- Conard, Nicholas J. et Rots, Veerle, « Rope Making in the Aurignacian of Central Europe More Than 35,000 Years Ago », Science Advances, vol. 10, n° 5, eadh5217, 31 janvier 2024 (le bâton d’ivoire de Hohle Fels, long de 20 cm et percé de quatre trous ; l’expérimentation de fabrication de corde à quatre personnes). https://doi.org/10.1126/sciadv.adh5217
- Corbett, P. Scott, Janssen, Volker, Lund, John M., Pfannestiel, Todd, Waskiewicz, Sylvie et Vickery, Paul, U.S. History, OpenStax, Rice University, section 12.1 « The Economics of Cotton », en accès libre (la demande des filatures britanniques ; le coton du Sud cultivé et cueilli par des esclaves, moteur de la révolution industrielle). https://openstax.org/books/us-history/pages/12-1-the-economics-of-cotton
- Gibson, Campbell et Jung, Kay, « Historical Census Statistics on Population Totals by Race, 1790 to 1990, and by Hispanic Origin, 1970 to 1990, for the United States, Regions, Divisions, and States », U.S. Census Bureau, Population Division, Working Paper n° 56, 2002, tableau 1, en accès libre (2 009 043 esclaves recensés aux États-Unis en 1830). https://www2.census.gov/library/working-papers/2002/demo/pop-twps0056/table01.pdf
- Hardy, Bruce L. et al., « Direct Evidence of Neanderthal Fibre Technology and Its Cognitive and Behavioral Implications », Scientific Reports, vol. 10, 2020 (le fragment de cordelette à trois brins de l’Abri du Maras). https://doi.org/10.1038/s41598-020-61839-w
- Hardy, Karen, « Prehistoric String Theory: How Twisted Fibres Helped to Shape the World », Antiquity, vol. 82, n° 316, 2008, p. 271-280 (l’ancienneté et l’importance des fibres torsadées, et leur quasi-absence du registre archéologique). https://doi.org/10.1017/S0003598X00096794
- Liu, Li, Levin, Maureece J., Klimscha, Florian et Rosenberg, Danny, « The Earliest Cotton Fibers and Pan-regional Contacts in the Near East », Frontiers in Plant Science, vol. 13, 2022, art. 1045554, en accès libre (les fibres, cordes et textiles, centrales dans toutes les sociétés humaines, mais rarement retrouvées sur les sites préhistoriques parce qu’elles se décomposent vite). https://doi.org/10.3389/fpls.2022.1045554
- Michael C. Carlos Museum (Emory University), « Spinning and Weaving Tools », exposition Threads of Time: Tradition and Change in Indigenous American Textiles, 2017, en accès libre (les fuseaux de bois et les fusaïoles, disques enfilés sur le fuseau). https://threads-of-time.carlos.emory.edu/spinning
- Mukund, Kanakalatha, « Small-Scale and Cottage Industry, 1800–1947 », Encyclopedia of India, en ligne sur Encyclopedia.com, en accès libre. https://www.encyclopedia.com/international/encyclopedias-almanacs-transcripts-and-maps/small-scale-and-cottage-industry-1800-1947
- Murra, John V., « Cloth and Its Functions in the Inca State », American Anthropologist, vol. 64, n° 4, 1962, p. 710-728 (le tissu comme instrument politique et fiscal dans l’empire inca).
- Riello, Giorgio, Cotton: The Fabric that Made the Modern World, Cambridge University Press, Cambridge, 2013 (les circuits du coton avant et après l’industrialisation).
- Splitstoser, Jeffrey C., Dillehay, Tom D., Wouters, Jan et Claro, Ana, « Early Pre-Hispanic Use of Indigo Blue in Peru », Science Advances, vol. 2, n° 9, 2016, e1501623 (les fragments de coton teints à l’indigo de Huaca Prieta, datés d’environ 6 000 ans).
- Statens historiska museer (Historiska museet, Stockholm), « 14. Spindle whorls, bone, lead, stone », site Massakern vid muren : Slaget om Gotland 1361, page non datée, en accès libre (le fuseau, bâtonnet lesté d’un poids, la fusaïole, qui le stabilise dans sa rotation). https://massakern.historiska.se/?p=758
- Textile Museum of Canada, exposition en ligne Cloth and Clay, page « Construction », en accès libre (la largeur des tissus du métier à ceinture, bornée par la distance que la navette franchit d’une main à l’autre). https://textilemuseum.ca/cloth_clay/learn/textiles_construction.html
- The Metropolitan Museum of Art, New York, Tunic with Diamond Band, Inca, 1460-1540, n° 1982.365, en accès libre (les tuniques fines, marques de haut rang, données aux guerriers méritants et offertes en présents diplomatiques). https://www.metmuseum.org/art/collection/search/314528
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