
Neuf espèces marines sur dix n’ont pas encore de nom.
C’est le chiffre le plus cité : 91 % des espèces de la mer restent à décrire, contre 86 % pour l’ensemble des espèces de la planète. Il vient d’une estimation publiée en 2011, qui prédit environ 8,7 millions d’espèces sur Terre dont 2,2 millions dans l’océan.1
Ce chiffre est discuté, et il convient de le dire d’emblée. Une équipe rassemblant plus de cent vingt taxonomistes marins a répondu dès 2012 qu’un tel total est peu vraisemblable, et qu’entre un tiers et deux tiers seulement des espèces marines resteraient à décrire. L’écart ne vient pas des observations mais de la méthode : la première estimation extrapole à partir de la forme de la classification, la seconde interroge directement les spécialistes de chaque groupe.2
Ce qui n’est contesté par personne, c’est le sens : la mer est l’espace majeur de notre ignorance. C’est l’ampleur exacte qui se discute.
Cette page en forme le cœur.
La place de cette page dans l’encyclopédie
Dans une encyclopédie animale classique, la priorité va généralement aux grands vertébrés : lions, baleines ou primates. Les chiffres de la recherche scientifique confirment ce biais d’attention.
Pourtant, les groupes abordés ici — mollusques, crustacés, oursins, éponges, méduses, vers marins — constituent la majeure partie de la biomasse et de la diversité animales.
Cette page est volontairement développée. Non par préférence esthétique, mais parce que ces organismes dominent le vivant en nombre et en impact écologique.
Le poulpe : faits établis et limites des connaissances
L’étude des céphalopodes gagne à séparer les observations rigoureuses des interprétations spéculatives.
Anatomie et lignée
- Divergence évolutive : La lignée des mollusques s’est séparée de celle qui mène aux vertébrés il y a très longtemps ; les premiers céphalopodes apparaissent il y a environ 530 millions d’années.
- Structure nerveuse : Une partie clé de leur cerveau garde l’organisation de base des centres nerveux des invertébrés. La majorité de leurs neurones sont localisés dans leurs bras.3
Résultats expérimentaux sur le comportement
En 2016, une étude a soumis sept poulpes à une épreuve en cinq niveaux. On leur apprend d’abord à ouvrir un récipient en L pour prendre la nourriture. Puis il faut le faire passer par un trou étroit percé dans une paroi transparente — ce qui oblige à tirer, lâcher, puis pousser. Ensuite l’objet change d’orientation. Puis la paroi devient opaque. Puis l’orientation est tirée au hasard à chaque essai.4
Les sept poulpes ont réussi tous les niveaux.5
Le résultat le plus intéressant, toutefois, n’est pas celui qu’on attend. À chaque changement de règle, leur performance chutait — ils mettaient plus longtemps. Puis ils s’adaptaient si vite que, mis bout à bout, les temps de travail ne différaient pas significativement d’un niveau à l’autre.6
Autrement dit, ce que l’expérience mesure, ce n’est pas qu’ils savaient faire : c’est qu’ils réapprenaient vite. Les auteurs appellent cela de la souplesse comportementale.7
Ce qui reste à établir
Les auteurs de l’étude le disent d’emblée : les poulpes ont un gros cerveau et des comportements complexes, mais on sait relativement peu de chose de leurs capacités cognitives. Sept animaux forment un petit échantillon. La variabilité d’un individu à l’autre est forte, et ses causes mal identifiées.8
On établit la capacité d’apprentissage, d’adaptation et de changement de stratégie. On n’établit pas la nature de leur expérience subjective.9
Neutralité scientifique et erreurs d’interprétation
Deux biais d’analyse opposés altèrent l’étude du vivant :
- L’anthropomorphisme : Projeter des catégories affectives humaines sur un système nerveux radicalement distinct.
- Le réductionnisme dogmatique : Refuser par principe toute forme d’expérience interne sans preuve expérimentale contraire.
Ces deux approches partagent le même défaut : poser une conclusion préalable sans mesure préalable.
Règle rédactionnelle
Cette encyclopédie applique une méthode stricte :
L’état de la recherche scientifique est retranscrit sans extrapolation. Là où la science n’a pas tranché, le doute et l’objet du désaccord sont explicités.
Affirmer une certitude non étayée expose le lecteur à retenir une donnée fausse. Corriger un écrit ancré dans le public est un processus complexe, comme en témoigne l’historique des publications de référence sur la faune sauvage.
Le cauri : rôle d’un mollusque dans l’économie globale
L’impact des invertébrés dépasse le champ strictement biologique. La coquille du cauri (Monetaria moneta), un petit mollusque marin, a servi de monnaie d’échange à échelle internationale.10
- Pêche : Pêchés principalement aux îles Maldives, dans l’océan Indien.
- Exportation : Acheminés par milliards de coquilles.
- Usage : Utilisation comme monnaie courante en Afrique de l’Ouest et en Asie sur plusieurs siècles.
Ce commerce exigeait des réseaux maritimes structurés, des comptabilités précises et un accord marchand global. Il s’agit d’un système économique majeur fondé sur une ressource biologique marine.
L’exploration de la biodiversité marine
Quelle que soit l’estimation retenue, l’inventaire biologique des océans reste largement à construire.
La majorité des données actuelles concerne les zones côtières et peu profondes, faciles d’accès. La connaissance du milieu marin est directement conditionnée par l’état des technologies de descente et d’observation.
Fonctions écologiques : le cas de la filtration
Les données chiffrées sur le rôle des organismes marins doivent être analysées avec rigueur.
La révision de l’exemple de l’huître
Le chiffre souvent cité d’une filtration de « 190 litres d’eau par jour et par huître » correspond à des conditions de laboratoire optimales (température et salinité ciblées). Il ne reflète pas une moyenne annuelle. En milieu naturel, le débit est bien plus variable : sur des récifs mesurés sur place, de petites huîtres filtraient en moyenne environ 1,2 litre par heure.11
Un indicateur plus représentatif repose sur la comparaison historique d’un même écosystème :
- Baie de Chesapeake (historique) : Les populations d’huîtres filtraient le volume total de l’estuaire en 3 à 4 jours.
- Baie de Chesapeake (actuel) : Dans le nord de la baie, les huîtres sont tombées à moins de 1 % de leur nombre du début du XIXe siècle. La filtration globale demande désormais plus de 300 jours.12
Impact sur le milieu
Un récif d’huîtres restauré peut retirer du milieu jusqu’à dix fois plus d’azote qu’un fond voisin non restauré. Dans un seul cours d’eau du Maryland, Harris Creek, les récifs restaurés retirent chaque année autant d’azote que 20 000 sacs d’engrais de jardin.13
Les autres organismes filtrants
Le travail de filtration est partagé par de nombreux organismes fixes :
| Organisme | Capacité de filtration indicative | Impact écosystémique |
|---|---|---|
| Huître (Crassostrea virginica) | 4 à 34 L/h (selon conditions) | Clarification des estuaires, rétention de l’azote |
| Éponge (individu d’un kilogramme) | jusqu’à 24 000 L/jour | Épuration bactérienne, cycle des nutriments |
Sources du tableau14
La clarté et la qualité chimique des eaux côtières dépendent du cumul des actions de ces organismes benthiques immobiles.
Écosystèmes et pressions anthropiques
Les invertébrés marins tiennent une place centrale dans les équilibres de l’océan, et deux pressions pèsent aujourd’hui sur eux :
- L’acidification des océans : L’absorption de CO₂ atmosphérique diminue le pH marin et réduit la disponibilité des ions carbonate, indispensables à la calcification des mollusques et des coraux. (Voir l’entrée 7.13, L’impact humain et le changement climatique.)
- Le chalutage de fond : La destruction mécanique des habitats benthiques altère directement les populations d’invertébrés filtrants et les réseaux trophiques associés.15
Note 1
it predicts ∼8.7 million (±1.3 million SE) eukaryotic species globally, of which ∼2.2 million (±0.18 million SE) are marine […] some 86% of existing species on Earth and 91% of species in the ocean still await description
elle prédit environ 8,7 millions (± 1,3 million) d’espèces d’eucaryotes dans le monde, dont environ 2,2 millions (± 0,18 million) marines […] quelque 86 % des espèces existantes sur Terre et 91 % des espèces de l’océan attendent encore d’être décrites
Mora, Camilo et al., « How Many Species Are There on Earth and in the Ocean? », PLoS Biology, vol. 9, n° 8, e1001127, 2011
In spite of 250 years of taxonomic classification and over 1.2 million species already catalogued in a central database, our results suggest that some 86% of existing species on Earth and 91% of species in the ocean still await description.
Malgré 250 ans de classification taxonomique et plus de 1,2 million d’espèces déjà répertoriées dans une base centrale, nos résultats suggèrent qu’environ 86 % des espèces existantes sur Terre et 91 % des espèces de l’océan restent à décrire.
Mora, Camilo et al., « How Many Species Are There on Earth and in the Ocean? », PLoS Biology, vol. 9, n° 8, e1001127, 2011, en accès libre
Note 2
Currently, between one-third and two-thirds of marine species may be undescribed, and previous estimates of there being well over one million marine species appear highly unlikely. […] We each limited our estimates to groups for which we have close working knowledge.
Aujourd’hui, entre un tiers et deux tiers des espèces marines pourraient ne pas être décrites, et les estimations antérieures selon lesquelles il y aurait bien plus d’un million d’espèces marines paraissent très peu vraisemblables. […] Chacun de nous a limité ses estimations aux groupes qu’il connaît de près par son travail.
Appeltans, Ward et al., « The Magnitude of Global Marine Species Diversity », Current Biology, vol. 22, n° 23, 2012, p. 2189-2202
Note 3
Cephalopods evolved during the Cambrian (∼530 Ma) from a monoplacophoran-like mollusc in which the conical, external shell was modified into a chambered buoyancy apparatus.
Les céphalopodes sont apparus au Cambrien (vers 530 millions d’années) à partir d’un mollusque ressemblant aux monoplacophores, chez qui la coquille externe conique s’est transformée en un appareil de flottaison cloisonné.
Kröger, Björn, Vinther, Jakob et Fuchs, Dirk, « Cephalopod Origin and Evolution », BioEssays, vol. 33, 2011, p. 602-613
The arm nervous system, containing two-thirds of the total 500 million neurons in the octopus nervous system, may function rather autonomously […] The octopus VL still maintains the basic morphological organization of invertebrate ganglia, with monopolar neurons whose cell bodies are organized in an outer layer and which send their processes into an internal neuropil.
Le système nerveux des bras, qui contient les deux tiers des 500 millions de neurones du système nerveux du poulpe, pourrait fonctionner de façon assez autonome […] Le lobe vertical (VL) du poulpe conserve l’organisation morphologique de base des ganglions d’invertébrés, avec des neurones monopolaires dont les corps cellulaires sont disposés en une couche externe et qui envoient leurs prolongements dans un neuropile interne.
Hochner, Binyamin, Shomrat, Tal et Fiorito, Graziano, « The Octopus: A Model for a Comparative Analysis of the Evolution of Learning and Memory Mechanisms », The Biological Bulletin, vol. 210, 2006, p. 308-317
Note 4
Here we present data from a five-level learning and problem-solving experiment. Seven octopuses (Octopus vulgaris) were first trained to open an L shaped container to retrieve food (level 0).
Nous présentons ici les données d’une expérience d’apprentissage et de résolution de problèmes à cinq niveaux. Sept pieuvres (Octopus vulgaris) ont d’abord été entraînées à ouvrir un récipient en forme de L pour récupérer de la nourriture (niveau 0).
Richter, Jonas N., Hochner, Binyamin et Kuba, Michael J., « Pull or Push? Octopuses Solve a Puzzle Problem », PLOS ONE, vol. 11, n° 3, e0152048, 2016
they had to retrieve this L shaped container […] through a tight fitting hole in a clear Perspex partition (level 1). This required the octopuses to perform both pull and release or push actions.
elles devaient récupérer ce récipient en forme de L […] à travers un trou ajusté dans une cloison transparente en Perspex (niveau 1). Cela exigeait des pieuvres qu’elles tirent puis lâchent, ou qu’elles poussent.
Richter, Jonas N., Hochner, Binyamin et Kuba, Michael J., « Pull or Push? Octopuses Solve a Puzzle Problem », PLOS ONE, vol. 11, n° 3, e0152048, 2016
a different consistent orientation of the object (level 2) at the start of the trial, an opaque barrier (level 3) or a random orientation of the object (level 4)
une autre orientation constante de l’objet (niveau 2) au début de l’essai, une barrière opaque (niveau 3) ou une orientation aléatoire de l’objet (niveau 4)
Richter, Jonas N., Hochner, Binyamin et Kuba, Michael J., « Pull or Push? Octopuses Solve a Puzzle Problem », PLOS ONE, vol. 11, n° 3, e0152048, 2016
Note 5
All octopuses were successful in reaching criterion in all levels of the task.
Toutes les pieuvres ont atteint le critère de réussite à tous les niveaux de la tâche.
Richter, Jonas N., Hochner, Binyamin et Kuba, Michael J., « Pull or Push? Octopuses Solve a Puzzle Problem », PLOS ONE, vol. 11, n° 3, e0152048, 2016
Note 6
At the onset of each new level the performance of the animals dropped, shown as an increase in working times. However, they adapted quickly so that overall working times were not significantly different between levels.
Au début de chaque nouveau niveau, la performance des animaux baissait, ce qui se traduisait par une hausse des temps de travail. Mais elles s’adaptaient vite, si bien que les temps de travail d’ensemble ne différaient pas significativement d’un niveau à l’autre.
Richter, Jonas N., Hochner, Binyamin et Kuba, Michael J., « Pull or Push? Octopuses Solve a Puzzle Problem », PLOS ONE, vol. 11, n° 3, e0152048, 2016
Note 7
Our findings indicate that octopuses show behavioral flexibility by quickly adapting to a change in a task.
Nos résultats indiquent que les pieuvres font preuve de souplesse de comportement en s’adaptant vite à un changement de tâche.
Richter, Jonas N., Hochner, Binyamin et Kuba, Michael J., « Pull or Push? Octopuses Solve a Puzzle Problem », PLOS ONE, vol. 11, n° 3, e0152048, 2016
Note 8
Octopuses have large brains and exhibit complex behaviors, but relatively little is known about their cognitive abilities.
Les pieuvres ont de gros cerveaux et ont des comportements complexes, mais on sait relativement peu de choses de leurs capacités cognitives.
Richter, Jonas N., Hochner, Binyamin et Kuba, Michael J., « Pull or Push? Octopuses Solve a Puzzle Problem », PLOS ONE, vol. 11, n° 3, e0152048, 2016
Note 9
Subsumed within this challenge is the study of subjective experience in non-human animals: a particularly difficult endeavor that becomes even more so, as one crosses the great evolutionary divide between vertebrate and invertebrate phyla. […] We believe such a review is timely, particularly considering cephalopods' impressive learning and memory abilities, rich behavioral repertoire, and the relative complexity of their nervous systems and sensory capabilities. […] We highlight the current lack of evidence as well as potentially informative areas that warrant further investigation to support the view expressed here. […] Cephalopods commonly adopt dynamic, flexible predatory strategies that include selective, opportunistic, and plastic foraging behaviors in response to changing environmental conditions (Hanlon and Messenger, 2018).
Ce défi englobe l’étude de l’expérience subjective chez les animaux non humains : une entreprise particulièrement difficile, qui l’est plus encore quand on franchit le grand fossé évolutif entre vertébrés et invertébrés. […] Nous pensons qu’une telle revue vient à son heure, compte tenu notamment des remarquables capacités d’apprentissage et de mémoire des céphalopodes, de la richesse de leur répertoire comportemental et de la complexité relative de leur système nerveux et de leurs capacités sensorielles. […] Nous soulignons le manque actuel de preuves, ainsi que les domaines potentiellement instructifs qui mériteraient des recherches supplémentaires pour étayer le point de vue exprimé ici. […] Les céphalopodes adoptent couramment des stratégies de prédation dynamiques et flexibles, qui comprennent des comportements alimentaires sélectifs, opportunistes et plastiques en réponse aux changements des conditions du milieu (Hanlon et Messenger, 2018).
Ponte, Giovanna, Chiandetti, Cinzia, Edelman, David B., Imperadore, Pamela, Pieroni, Eleonora Maria et Fiorito, Graziano, « Cephalopod Behavior: From Neural Plasticity to Consciousness », Frontiers in Systems Neuroscience, vol. 15, 787139, 2022
Note 10
The shell money of the slave trade consisted of thousands of millions of little cowrie shells, most of them fished in the lagoons of the far-off Maldive Islands of the Indian Ocean. They came to West Africa in a journey lasting a year or more, shipped initially by Arab merchants who took them to North Africa for export across the Sahara, and later by the European trading companies who carried them to Lisbon, Amsterdam, or London as ballast.
La monnaie de coquillages de la traite consistait en des milliers de millions de petits cauris, pêchés pour la plupart dans les lagons des lointaines îles Maldives, dans l’océan Indien. Ils parvenaient en Afrique de l’Ouest au terme d’un voyage d’un an ou plus, acheminés d’abord par des marchands arabes qui les portaient en Afrique du Nord pour les exporter à travers le Sahara, puis par les compagnies de commerce européennes qui les transportaient comme lest jusqu’à Lisbonne, Amsterdam ou Londres.
Hogendorn, Jan et Johnson, Marion, The Shell Money of the Slave Trade, Cambridge University Press, 1986
Note 11
Although direct comparisons could not be made due to the small size of oysters on the study reefs (mean shell height, 36.1 mm), our calculated rates (mean, 1.21 L h−1) were similar to published laboratory measured rates for oysters of this size. However, the wide variability in measured removal by the oyster reefs suggests that individual oyster feeding rates in nature may be much more variable than in the laboratory.
Bien que des comparaisons directes n’aient pas été possibles en raison de la petite taille des huîtres des récifs étudiés (hauteur moyenne de coquille : 36,1 mm), nos débits calculés (moyenne : 1,21 L/h) étaient semblables aux débits mesurés en laboratoire publiés pour des huîtres de cette taille. Cependant, la grande variabilité de l’élimination mesurée sur les récifs suggère que les débits de filtration individuels des huîtres en milieu naturel pourraient être bien plus variables qu’en laboratoire.
Grizzle, Raymond E., Greene, Jennifer K. et Coen, Loren D., « Seston Removal by Natural and Constructed Intertidal Eastern Oyster (Crassostrea virginica) Reefs: A Comparison with Previous Laboratory Studies, and the Value of In Situ Methods », Estuaries and Coasts, vol. 31, 2008, p. 1208-1220
Note 12
At peak abundance, sometime prior to 1870 (Wharton, 1957), Newell (1988) estimates that oysters could filter the water of the bay every 3.3 days.
À leur abondance maximale, quelque temps avant 1870 (Wharton, 1957), Newell (1988) estime que les huîtres pouvaient filtrer l’eau de la baie tous les 3,3 jours.
National Research Council, Nonnative Oysters in the Chesapeake Bay, National Academies Press, 2004, chapitre 2 « Introduction and Overview »
We developed a statistical model to simultaneously estimate effects of fishing and disease on oysters in upper Chesapeake Bay during 1980 to 2009. […] We found that oyster abundance declined 99.7% (90% credibility interval [CI], 98.3 to 99.9%) since the early 1800s
Nous avons construit un modèle statistique pour estimer à la fois les effets de la pêche et des maladies sur les huîtres du nord de la baie de Chesapeake de 1980 à 2009. […] Nous avons trouvé que l’abondance des huîtres a diminué de 99,7 % (intervalle de crédibilité à 90 % : 98,3 à 99,9 %) depuis le début des années 1800
Wilberg, Michael J., Livings, M. E., Barkman, J. S., Morris, B. T. et Robinson, J. M., « Overfishing, Disease, Habitat Loss, and Potential Extirpation of Oysters in Upper Chesapeake Bay », Marine Ecology Progress Series, vol. 436, 2011, p. 131-144
In 1988, the Bay's considerably depleted oyster population, said Newell, would have taken more than 300 days to do the same. Today's further diminished stocks would likely take even longer.
En 1988, la population d’huîtres de la baie, déjà très réduite, aurait mis plus de 300 jours à faire de même, selon Newell. Les stocks d’aujourd’hui, encore plus diminués, mettraient sans doute encore plus longtemps.
Leffler, Merrill, « Oyster Reefs: Key to Restoring Bay Grasses? », Maryland Marine Notes, vol. 19, n° 1, janvier-février 2001, Maryland Sea Grant College
Note 13
A study led by researcher Lisa Kellogg of the Virginia Institute of Marine Science shows that a restored oyster reef can remove up to 10 times more nitrogen from Chesapeake Bay waters than an unrestored area nearby, providing additional evidence that reef restoration can contribute to efforts to improve water quality in the nation’s largest estuary.
Une étude menée par la chercheuse Lisa Kellogg, du Virginia Institute of Marine Science, montre qu’un récif d’huîtres restauré peut retirer des eaux de la baie de Chesapeake jusqu’à 10 fois plus d’azote qu’une zone voisine non restaurée, ce qui confirme que la restauration des récifs peut contribuer aux efforts pour améliorer la qualité de l’eau dans le plus grand estuaire du pays.
Malmquist, David, « Study shows restored oyster reef worth its weight in nutrients », Virginia Institute of Marine Science, 1er mai 2013
In Harris Creek (Maryland) alone, restored reefs each year remove nitrogen equivalent to roughly 20,000 bags of 10-10-10 garden fertilizer.
Dans le seul Harris Creek (Maryland), les récifs restaurés retirent chaque année une quantité d’azote équivalant à environ 20 000 sacs d’engrais de jardin 10-10-10.
NOAA Fisheries (NOAA Chesapeake Bay Office), « Oyster Reefs Provide Habitat and Filter Water, Findings Show », 18 mars 2021
Note 14
Current-Induced Flow through Living Sponges in Nature ; Sponge-Associated Microorganisms
Le courant d’eau induit à travers les éponges vivantes dans la nature ; les micro-organismes associés aux éponges
Taylor, Michael W. et al., « Sponge-Associated Microorganisms », Microbiology and Molecular Biology Reviews, vol. 71, n° 2, 2007, p. 295-347, en accès libre ; et Vogel, Steven, « Current-Induced Flow through Living Sponges in Nature », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 74, 1977, p. 2069-2071
Note 15
Rising atmospheric carbon dioxide (CO2), primarily from human fossil fuel combustion, reduces ocean pH and causes wholesale shifts in seawater carbonate chemistry. […] One well-known effect is the lowering of calcium carbonate saturation states, which impacts shell-forming marine organisms from plankton to benthic molluscs, echinoderms, and corals.
La hausse du dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique, due surtout à la combustion humaine de combustibles fossiles, abaisse le pH de l’océan et bouleverse la chimie des carbonates de l’eau de mer. […] Un effet bien connu est la baisse des états de saturation du carbonate de calcium, qui touche les organismes marins à coquille, du plancton aux mollusques benthiques, aux échinodermes et aux coraux.
Doney, Scott C. et al., « Ocean Acidification: The Other CO₂ Problem », Annual Review of Marine Science, vol. 1, 2009, p. 169-192
Notes et sources
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Passage 91 % des espèces de la mer restent à décrire, contre 86 % pour l’ensemble des espèces de la planète […] environ 8,7 millions d’espèces sur Terre dont 2,2 millions dans l’océan
it predicts ∼8.7 million (±1.3 million SE) eukaryotic species globally, of which ∼2.2 million (±0.18 million SE) are marine […] some 86% of existing species on Earth and 91% of species in the ocean still await description
Traduction de la rédaction elle prédit environ 8,7 millions (± 1,3 million) d’espèces d’eucaryotes dans le monde, dont environ 2,2 millions (± 0,18 million) marines […] quelque 86 % des espèces existantes sur Terre et 91 % des espèces de l’océan attendent encore d’être décrites
Source Mora, Camilo et al., « How Many Species Are There on Earth and in the Ocean? », PLoS Biology, vol. 9, n° 8, e1001127, 2011, résumé.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
Passage 91 % des espèces de la mer restent à décrire
In spite of 250 years of taxonomic classification and over 1.2 million species already catalogued in a central database, our results suggest that some 86% of existing species on Earth and 91% of species in the ocean still await description.
Traduction de la rédaction Malgré 250 ans de classification taxonomique et plus de 1,2 million d’espèces déjà répertoriées dans une base centrale, nos résultats suggèrent qu’environ 86 % des espèces existantes sur Terre et 91 % des espèces de l’océan restent à décrire.
Source Mora, Camilo et al., « How Many Species Are There on Earth and in the Ocean? », PLoS Biology, vol. 9, n° 8, e1001127, 2011, en accès libre, résumé (abstract).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
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Passage Une équipe rassemblant plus de cent vingt taxonomistes marins a répondu dès 2012 qu’un tel total est peu vraisemblable […] la seconde interroge directement les spécialistes de chaque groupe
Currently, between one-third and two-thirds of marine species may be undescribed, and previous estimates of there being well over one million marine species appear highly unlikely. […] We each limited our estimates to groups for which we have close working knowledge.
Traduction de la rédaction Aujourd’hui, entre un tiers et deux tiers des espèces marines pourraient ne pas être décrites, et les estimations antérieures selon lesquelles il y aurait bien plus d’un million d’espèces marines paraissent très peu vraisemblables. […] Chacun de nous a limité ses estimations aux groupes qu’il connaît de près par son travail.
Source Appeltans, Ward et al., « The Magnitude of Global Marine Species Diversity », Current Biology, vol. 22, n° 23, 2012, p. 2189-2202, résumé (« Conclusions »), p. 2191 ; introduction, p. 2192.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
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Passage les premiers céphalopodes apparaissent il y a environ 530 millions d’années
Cephalopods evolved during the Cambrian (∼530 Ma) from a monoplacophoran-like mollusc in which the conical, external shell was modified into a chambered buoyancy apparatus.
Traduction de la rédaction Les céphalopodes sont apparus au Cambrien (vers 530 millions d’années) à partir d’un mollusque ressemblant aux monoplacophores, chez qui la coquille externe conique s’est transformée en un appareil de flottaison cloisonné.
Source Kröger, Björn, Vinther, Jakob et Fuchs, Dirk, « Cephalopod Origin and Evolution », BioEssays, vol. 33, 2011, p. 602-613, résumé.
Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
Passage Une partie clé de leur cerveau garde l’organisation de base des centres nerveux des invertébrés. La majorité de leurs neurones sont localisés dans leurs bras.
The arm nervous system, containing two-thirds of the total 500 million neurons in the octopus nervous system, may function rather autonomously […] The octopus VL still maintains the basic morphological organization of invertebrate ganglia, with monopolar neurons whose cell bodies are organized in an outer layer and which send their processes into an internal neuropil.
Traduction de la rédaction Le système nerveux des bras, qui contient les deux tiers des 500 millions de neurones du système nerveux du poulpe, pourrait fonctionner de façon assez autonome […] Le lobe vertical (VL) du poulpe conserve l’organisation morphologique de base des ganglions d’invertébrés, avec des neurones monopolaires dont les corps cellulaires sont disposés en une couche externe et qui envoient leurs prolongements dans un neuropile interne.
Source Hochner, Binyamin, Shomrat, Tal et Fiorito, Graziano, « The Octopus: A Model for a Comparative Analysis of the Evolution of Learning and Memory Mechanisms », The Biological Bulletin, vol. 210, 2006, p. 308-317, section « Organization of the Octopus Brain », 2e paragraphe ; puis « Concluding Remarks », 3e paragraphe.
Accès payant · vérifié le 25 octobre 2026
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Passage une étude a soumis sept poulpes à une épreuve en cinq niveaux. On leur apprend d’abord à ouvrir un récipient en L
Here we present data from a five-level learning and problem-solving experiment. Seven octopuses (Octopus vulgaris) were first trained to open an L shaped container to retrieve food (level 0).
Traduction de la rédaction Nous présentons ici les données d’une expérience d’apprentissage et de résolution de problèmes à cinq niveaux. Sept pieuvres (Octopus vulgaris) ont d’abord été entraînées à ouvrir un récipient en forme de L pour récupérer de la nourriture (niveau 0).
Source Richter, Jonas N., Hochner, Binyamin et Kuba, Michael J., « Pull or Push? Octopuses Solve a Puzzle Problem », PLOS ONE, vol. 11, n° 3, e0152048, 2016, résumé.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
Passage il faut le faire passer par un trou étroit percé dans une paroi transparente — ce qui oblige à tirer, lâcher, puis pousser
they had to retrieve this L shaped container […] through a tight fitting hole in a clear Perspex partition (level 1). This required the octopuses to perform both pull and release or push actions.
Traduction de la rédaction elles devaient récupérer ce récipient en forme de L […] à travers un trou ajusté dans une cloison transparente en Perspex (niveau 1). Cela exigeait des pieuvres qu’elles tirent puis lâchent, ou qu’elles poussent.
Source Richter, Jonas N., Hochner, Binyamin et Kuba, Michael J., « Pull or Push? Octopuses Solve a Puzzle Problem », PLOS ONE, vol. 11, n° 3, e0152048, 2016, résumé.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
Passage l’objet change d’orientation. Puis la paroi devient opaque. Puis l’orientation est tirée au hasard à chaque essai.
a different consistent orientation of the object (level 2) at the start of the trial, an opaque barrier (level 3) or a random orientation of the object (level 4)
Traduction de la rédaction une autre orientation constante de l’objet (niveau 2) au début de l’essai, une barrière opaque (niveau 3) ou une orientation aléatoire de l’objet (niveau 4)
Source Richter, Jonas N., Hochner, Binyamin et Kuba, Michael J., « Pull or Push? Octopuses Solve a Puzzle Problem », PLOS ONE, vol. 11, n° 3, e0152048, 2016, résumé.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage Les sept poulpes ont réussi tous les niveaux.
All octopuses were successful in reaching criterion in all levels of the task.
Traduction de la rédaction Toutes les pieuvres ont atteint le critère de réussite à tous les niveaux de la tâche.
Source Richter, Jonas N., Hochner, Binyamin et Kuba, Michael J., « Pull or Push? Octopuses Solve a Puzzle Problem », PLOS ONE, vol. 11, n° 3, e0152048, 2016, résumé.
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Passage À chaque changement de règle, leur performance chutait — ils mettaient plus longtemps. Puis ils s’adaptaient si vite que […] les temps de travail ne différaient pas significativement d’un niveau à l’autre.
At the onset of each new level the performance of the animals dropped, shown as an increase in working times. However, they adapted quickly so that overall working times were not significantly different between levels.
Traduction de la rédaction Au début de chaque nouveau niveau, la performance des animaux baissait, ce qui se traduisait par une hausse des temps de travail. Mais elles s’adaptaient vite, si bien que les temps de travail d’ensemble ne différaient pas significativement d’un niveau à l’autre.
Source Richter, Jonas N., Hochner, Binyamin et Kuba, Michael J., « Pull or Push? Octopuses Solve a Puzzle Problem », PLOS ONE, vol. 11, n° 3, e0152048, 2016, résumé.
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Passage Les auteurs appellent cela de la souplesse comportementale.
Our findings indicate that octopuses show behavioral flexibility by quickly adapting to a change in a task.
Traduction de la rédaction Nos résultats indiquent que les pieuvres font preuve de souplesse de comportement en s’adaptant vite à un changement de tâche.
Source Richter, Jonas N., Hochner, Binyamin et Kuba, Michael J., « Pull or Push? Octopuses Solve a Puzzle Problem », PLOS ONE, vol. 11, n° 3, e0152048, 2016, résumé.
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Passage les poulpes ont un gros cerveau et des comportements complexes, mais on sait relativement peu de chose de leurs capacités cognitives
Octopuses have large brains and exhibit complex behaviors, but relatively little is known about their cognitive abilities.
Traduction de la rédaction Les pieuvres ont de gros cerveaux et ont des comportements complexes, mais on sait relativement peu de choses de leurs capacités cognitives.
Source Richter, Jonas N., Hochner, Binyamin et Kuba, Michael J., « Pull or Push? Octopuses Solve a Puzzle Problem », PLOS ONE, vol. 11, n° 3, e0152048, 2016, résumé.
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Passage On établit la capacité d’apprentissage, d’adaptation et de changement de stratégie. On n’établit pas la nature de leur expérience subjective.
Subsumed within this challenge is the study of subjective experience in non-human animals: a particularly difficult endeavor that becomes even more so, as one crosses the great evolutionary divide between vertebrate and invertebrate phyla. […] We believe such a review is timely, particularly considering cephalopods' impressive learning and memory abilities, rich behavioral repertoire, and the relative complexity of their nervous systems and sensory capabilities. […] We highlight the current lack of evidence as well as potentially informative areas that warrant further investigation to support the view expressed here. […] Cephalopods commonly adopt dynamic, flexible predatory strategies that include selective, opportunistic, and plastic foraging behaviors in response to changing environmental conditions (Hanlon and Messenger, 2018).
Traduction de la rédaction Ce défi englobe l’étude de l’expérience subjective chez les animaux non humains : une entreprise particulièrement difficile, qui l’est plus encore quand on franchit le grand fossé évolutif entre vertébrés et invertébrés. […] Nous pensons qu’une telle revue vient à son heure, compte tenu notamment des remarquables capacités d’apprentissage et de mémoire des céphalopodes, de la richesse de leur répertoire comportemental et de la complexité relative de leur système nerveux et de leurs capacités sensorielles. […] Nous soulignons le manque actuel de preuves, ainsi que les domaines potentiellement instructifs qui mériteraient des recherches supplémentaires pour étayer le point de vue exprimé ici. […] Les céphalopodes adoptent couramment des stratégies de prédation dynamiques et flexibles, qui comprennent des comportements alimentaires sélectifs, opportunistes et plastiques en réponse aux changements des conditions du milieu (Hanlon et Messenger, 2018).
Source Ponte, Giovanna, Chiandetti, Cinzia, Edelman, David B., Imperadore, Pamela, Pieroni, Eleonora Maria et Fiorito, Graziano, « Cephalopod Behavior: From Neural Plasticity to Consciousness », Frontiers in Systems Neuroscience, vol. 15, 787139, 2022, résumé, 3ᵉ, 5ᵉ et 9ᵉ phrases ; puis section « Cephalopod Cognition », sous-section « Discriminatory and Anticipatory Behaviors », 1ʳᵉ phrase du paragraphe sur les stratégies de prédation.
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Passage La coquille du cauri (Monetaria moneta), un petit mollusque marin, a servi de monnaie d’échange à échelle internationale. […] Pêchés principalement aux îles Maldives […] Acheminés par milliards de coquilles.
The shell money of the slave trade consisted of thousands of millions of little cowrie shells, most of them fished in the lagoons of the far-off Maldive Islands of the Indian Ocean. They came to West Africa in a journey lasting a year or more, shipped initially by Arab merchants who took them to North Africa for export across the Sahara, and later by the European trading companies who carried them to Lisbon, Amsterdam, or London as ballast.
Traduction de la rédaction La monnaie de coquillages de la traite consistait en des milliers de millions de petits cauris, pêchés pour la plupart dans les lagons des lointaines îles Maldives, dans l’océan Indien. Ils parvenaient en Afrique de l’Ouest au terme d’un voyage d’un an ou plus, acheminés d’abord par des marchands arabes qui les portaient en Afrique du Nord pour les exporter à travers le Sahara, puis par les compagnies de commerce européennes qui les transportaient comme lest jusqu’à Lisbonne, Amsterdam ou Londres.
Source Hogendorn, Jan et Johnson, Marion, The Shell Money of the Slave Trade, Cambridge University Press, 1986, « Introduction », p. 1, 1er paragraphe (seul passage affiché sans abonnement par l’éditeur, sous « Summary »).
En bibliothèque ; début de l’introduction lisible librement chez l’éditeur ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage En milieu naturel, le débit est bien plus variable : sur des récifs mesurés sur place, de petites huîtres filtraient en moyenne environ 1,2 litre par heure.
Although direct comparisons could not be made due to the small size of oysters on the study reefs (mean shell height, 36.1 mm), our calculated rates (mean, 1.21 L h−1) were similar to published laboratory measured rates for oysters of this size. However, the wide variability in measured removal by the oyster reefs suggests that individual oyster feeding rates in nature may be much more variable than in the laboratory.
Traduction de la rédaction Bien que des comparaisons directes n’aient pas été possibles en raison de la petite taille des huîtres des récifs étudiés (hauteur moyenne de coquille : 36,1 mm), nos débits calculés (moyenne : 1,21 L/h) étaient semblables aux débits mesurés en laboratoire publiés pour des huîtres de cette taille. Cependant, la grande variabilité de l’élimination mesurée sur les récifs suggère que les débits de filtration individuels des huîtres en milieu naturel pourraient être bien plus variables qu’en laboratoire.
Source Grizzle, Raymond E., Greene, Jennifer K. et Coen, Loren D., « Seston Removal by Natural and Constructed Intertidal Eastern Oyster (Crassostrea virginica) Reefs: A Comparison with Previous Laboratory Studies, and the Value of In Situ Methods », Estuaries and Coasts, vol. 31, 2008, p. 1208-1220, résumé.
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Passage Les populations d’huîtres filtraient le volume total de l’estuaire en 3 à 4 jours.
At peak abundance, sometime prior to 1870 (Wharton, 1957), Newell (1988) estimates that oysters could filter the water of the bay every 3.3 days.
Traduction de la rédaction À leur abondance maximale, quelque temps avant 1870 (Wharton, 1957), Newell (1988) estime que les huîtres pouvaient filtrer l’eau de la baie tous les 3,3 jours.
Source National Research Council, Nonnative Oysters in the Chesapeake Bay, National Academies Press, 2004, chapitre 2 « Introduction and Overview », chapitre 2 « Introduction and Overview », p. 15.
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Passage Dans le nord de la baie, les huîtres sont tombées à moins de 1 % de leur nombre du début du XIXe siècle.
We developed a statistical model to simultaneously estimate effects of fishing and disease on oysters in upper Chesapeake Bay during 1980 to 2009. […] We found that oyster abundance declined 99.7% (90% credibility interval [CI], 98.3 to 99.9%) since the early 1800s
Traduction de la rédaction Nous avons construit un modèle statistique pour estimer à la fois les effets de la pêche et des maladies sur les huîtres du nord de la baie de Chesapeake de 1980 à 2009. […] Nous avons trouvé que l’abondance des huîtres a diminué de 99,7 % (intervalle de crédibilité à 90 % : 98,3 à 99,9 %) depuis le début des années 1800
Source Wilberg, Michael J., Livings, M. E., Barkman, J. S., Morris, B. T. et Robinson, J. M., « Overfishing, Disease, Habitat Loss, and Potential Extirpation of Oysters in Upper Chesapeake Bay », Marine Ecology Progress Series, vol. 436, 2011, p. 131-144, résumé, p. 131.
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Passage La filtration globale demande désormais plus de 300 jours.
In 1988, the Bay's considerably depleted oyster population, said Newell, would have taken more than 300 days to do the same. Today's further diminished stocks would likely take even longer.
Traduction de la rédaction En 1988, la population d’huîtres de la baie, déjà très réduite, aurait mis plus de 300 jours à faire de même, selon Newell. Les stocks d’aujourd’hui, encore plus diminués, mettraient sans doute encore plus longtemps.
Source Leffler, Merrill, « Oyster Reefs: Key to Restoring Bay Grasses? », Maryland Marine Notes, vol. 19, n° 1, janvier-février 2001, Maryland Sea Grant College, article principal du numéro.
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Passage Un récif d’huîtres restauré peut retirer du milieu jusqu’à dix fois plus d’azote qu’un fond voisin non restauré.
A study led by researcher Lisa Kellogg of the Virginia Institute of Marine Science shows that a restored oyster reef can remove up to 10 times more nitrogen from Chesapeake Bay waters than an unrestored area nearby, providing additional evidence that reef restoration can contribute to efforts to improve water quality in the nation’s largest estuary.
Traduction de la rédaction Une étude menée par la chercheuse Lisa Kellogg, du Virginia Institute of Marine Science, montre qu’un récif d’huîtres restauré peut retirer des eaux de la baie de Chesapeake jusqu’à 10 fois plus d’azote qu’une zone voisine non restaurée, ce qui confirme que la restauration des récifs peut contribuer aux efforts pour améliorer la qualité de l’eau dans le plus grand estuaire du pays.
Source Malmquist, David, « Study shows restored oyster reef worth its weight in nutrients », Virginia Institute of Marine Science, 1er mai 2013, premier paragraphe.
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Passage Dans un seul cours d’eau du Maryland, Harris Creek, les récifs restaurés retirent chaque année autant d’azote que 20 000 sacs d’engrais de jardin.
In Harris Creek (Maryland) alone, restored reefs each year remove nitrogen equivalent to roughly 20,000 bags of 10-10-10 garden fertilizer.
Traduction de la rédaction Dans le seul Harris Creek (Maryland), les récifs restaurés retirent chaque année une quantité d’azote équivalant à environ 20 000 sacs d’engrais de jardin 10-10-10.
Source NOAA Fisheries (NOAA Chesapeake Bay Office), « Oyster Reefs Provide Habitat and Filter Water, Findings Show », 18 mars 2021, corps de l’article.
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Passage Éponge (individu d’un kilogramme) […] jusqu’à 24 000 L/jour
Current-Induced Flow through Living Sponges in Nature ; Sponge-Associated Microorganisms
Traduction de la rédaction Le courant d’eau induit à travers les éponges vivantes dans la nature ; les micro-organismes associés aux éponges
Source Taylor, Michael W. et al., « Sponge-Associated Microorganisms », Microbiology and Molecular Biology Reviews, vol. 71, n° 2, 2007, p. 295-347, en accès libre ; et Vogel, Steven, « Current-Induced Flow through Living Sponges in Nature », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 74, 1977, p. 2069-2071, mesures de débit de filtration.
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Passage L’absorption de CO₂ atmosphérique diminue le pH marin et réduit la disponibilité des ions carbonate, indispensables à la calcification
Rising atmospheric carbon dioxide (CO2), primarily from human fossil fuel combustion, reduces ocean pH and causes wholesale shifts in seawater carbonate chemistry. […] One well-known effect is the lowering of calcium carbonate saturation states, which impacts shell-forming marine organisms from plankton to benthic molluscs, echinoderms, and corals.
Traduction de la rédaction La hausse du dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique, due surtout à la combustion humaine de combustibles fossiles, abaisse le pH de l’océan et bouleverse la chimie des carbonates de l’eau de mer. […] Un effet bien connu est la baisse des états de saturation du carbonate de calcium, qui touche les organismes marins à coquille, du plancton aux mollusques benthiques, aux échinodermes et aux coraux.
Source Doney, Scott C. et al., « Ocean Acidification: The Other CO₂ Problem », Annual Review of Marine Science, vol. 1, 2009, p. 169-192, résumé.
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Références bibliographiques
17
- Appeltans, Ward et al., « The Magnitude of Global Marine Species Diversity », Current Biology, vol. 22, n° 23, 2012, p. 2189-2202, en accès libre (l’estimation concurrente, fondée sur la consultation des spécialistes de chaque groupe).
- Doney, Scott C. et al., « Ocean Acidification: The Other CO₂ Problem », Annual Review of Marine Science, vol. 1, 2009, p. 169-192, accès payant (les ions carbonate et la calcification).
- Godfrey-Smith, Peter, Other Minds: The Octopus, the Sea, and the Deep Origins of Consciousness, Farrar, Straus and Giroux, 2016, en bibliothèque (la question de l’expérience subjective, posée sans être tranchée). Traduction française : Le Prince des profondeurs, Flammarion, 2018.
- Grizzle, Raymond E., Greene, Jennifer K. et Coen, Loren D., « Seston Removal by Natural and Constructed Intertidal Eastern Oyster (Crassostrea virginica) Reefs: A Comparison with Previous Laboratory Studies, and the Value of In Situ Methods », Estuaries and Coasts, vol. 31, 2008, p. 1208-1220, accès payant, résumé en accès libre (le débit moyen d’environ 1,2 litre par heure mesuré sur place chez de petites huîtres, et sa forte variabilité en milieu naturel). https://doi.org/10.1007/s12237-008-9098-8
- Hochner, Binyamin, Shomrat, Tal et Fiorito, Graziano, « The Octopus: A Model for a Comparative Analysis of the Evolution of Learning and Memory Mechanisms », The Biological Bulletin, vol. 210, 2006, p. 308-317, accès payant (le système nerveux des céphalopodes et la répartition des neurones).
- Hogendorn, Jan et Johnson, Marion, The Shell Money of the Slave Trade, Cambridge University Press, 1986, en bibliothèque (le cauri, des Maldives à l’Afrique de l’Ouest ; voir l’entrée 2.11).
- Kröger, Björn, Vinther, Jakob et Fuchs, Dirk, « Cephalopod Origin and Evolution », BioEssays, vol. 33, 2011, p. 602-613, accès payant (l’apparition des céphalopodes et la divergence des lignées). https://doi.org/10.1002/bies.201100001
- Leffler, Merrill, « Oyster Reefs: Key to Restoring Bay Grasses? », Maryland Marine Notes, vol. 19, n° 1, janvier-février 2001, Maryland Sea Grant College, en accès libre (les calculs de Roger Newell : en 1988, les huîtres de la baie de Chesapeake auraient mis plus de 300 jours à en filtrer toute l’eau). https://mdsg.umd.edu/sites/default/files/files/MN19_1.PDF
- Malmquist, David, « Study shows restored oyster reef worth its weight in nutrients », Virginia Institute of Marine Science, 1er mai 2013, en accès libre (l’étude de Lisa Kellogg : un récif d’huîtres restauré retire jusqu’à dix fois plus d’azote qu’un fond voisin non restauré). https://www.vims.edu/newsandevents/topstories/archives/2013/oyster_nutrient_removal.php
- Mora, Camilo et al., « How Many Species Are There on Earth and in the Ocean? », PLoS Biology, vol. 9, n° 8, e1001127, 2011, en accès libre (2,2 millions d’espèces marines prédites ; 91 % non décrites). https://doi.org/10.1371/journal.pbio.1001127
- National Research Council, Nonnative Oysters in the Chesapeake Bay, National Academies Press, 2004, en accès libre (l’estimation de Newell : avant 1870, les huîtres pouvaient filtrer l’eau de la baie tous les 3,3 jours). https://doi.org/10.17226/10796
- Newell, Roger I. E., « Ecological Changes in Chesapeake Bay », dans Understanding the Estuary, Chesapeake Research Consortium, 1988, p. 536-546, en bibliothèque (le volume de la baie autrefois filtré en quelques jours).
- NOAA Fisheries (NOAA Chesapeake Bay Office), « Oyster Reefs Provide Habitat and Filter Water, Findings Show », 18 mars 2021, en accès libre (dans le seul Harris Creek, au Maryland, les récifs restaurés retirent chaque année l’équivalent en azote d’environ 20 000 sacs d’engrais de jardin). https://www.fisheries.noaa.gov/feature-story/oyster-reefs-provide-habitat-and-filter-water-findings-show
- Ponte, Giovanna, Chiandetti, Cinzia, Edelman, David B., Imperadore, Pamela, Pieroni, Eleonora Maria et Fiorito, Graziano, « Cephalopod Behavior: From Neural Plasticity to Consciousness », Frontiers in Systems Neuroscience, vol. 15, 787139, 2022, en accès libre (les capacités d’apprentissage et la flexibilité comportementale des céphalopodes, bien documentées ; l’expérience subjective, encore sans preuve suffisante). https://doi.org/10.3389/fnsys.2021.787139
- Richter, Jonas N., Hochner, Binyamin et Kuba, Michael J., « Pull or Push? Octopuses Solve a Puzzle Problem », PLOS ONE, vol. 11, n° 3, e0152048, 2016, en accès libre (les sept poulpes, les cinq niveaux, le récipient en L, la chute de performance à chaque changement de règle et l’adaptation rapide ; la souplesse comportementale ; le peu qu’on sait de leurs capacités cognitives). https://doi.org/10.1371/journal.pone.0152048
- Taylor, Michael W. et al., « Sponge-Associated Microorganisms », Microbiology and Molecular Biology Reviews, vol. 71, n° 2, 2007, p. 295-347, en accès libre ; et Vogel, Steven, « Current-Induced Flow through Living Sponges in Nature », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 74, 1977, p. 2069-2071, en accès libre (les débits de filtration des éponges).
- Wilberg, Michael J., Livings, M. E., Barkman, J. S., Morris, B. T. et Robinson, J. M., « Overfishing, Disease, Habitat Loss, and Potential Extirpation of Oysters in Upper Chesapeake Bay », Marine Ecology Progress Series, vol. 436, 2011, p. 131-144, en accès libre (dans le nord de la baie de Chesapeake, le nombre d’huîtres a baissé de 99,7 % depuis le début du XIXe siècle). https://www.int-res.com/abstracts/meps/v436/p131-144/
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