
Un paysage privé de ses grands herbivores ne redevient pas sauvage. Il devient un autre paysage, et plus pauvre.
En Europe, la fin du pâturage porte un nom et se mesure — l’embroussaillement. Les milieux se referment, et les plantes comme les insectes des espaces ouverts s’éteignent sur place.
Manger de l’herbe est un problème technique
L’herbe est partout, personne ne se la dispute, et pourtant très peu d’animaux savent en vivre. La raison tient en un mot : la cellulose. Cette matière, qui forme la paroi des cellules végétales, constitue l’essentiel d’un brin d’herbe — et aucun mammifère ne possède l’enzyme capable de la découper.1
La solution retenue par l’évolution est toujours la même : sous-traiter. Les herbivores hébergent dans leur tube digestif des milliards de bactéries et de protozoaires qui, eux, savent digérer la cellulose. L’animal ne digère pas son herbe ; il nourrit une population qui la digère pour lui, et récupère ce qu’elle produit.2
Il existe deux façons de procéder, qui ont conduit à deux morphologies entières.
- Les ruminants — vaches, moutons, cerfs, girafes, antilopes — ont un estomac à plusieurs compartiments. L’herbe fermente longuement dans le premier, la panse, puis remonte dans la bouche pour être remâchée : c’est la rumination. Le procédé est lent mais extrait presque tout.
- Les fermenteurs de l’arrière — chevaux, zèbres, rhinocéros, tapirs, et aussi les éléphants qui ne sont pourtant pas des ongulés — font fermenter dans une portion élargie de l’intestin, après l’estomac. Le procédé est plus rapide et moins complet, mais il permet au zèbre d’utiliser des herbes plus hautes et plus fibreuses que celles que recherche d’ordinaire le gnou. C’est l’une des raisons pour lesquelles zèbres et gnous peuvent se partager la même savane.3
Ce que signifie « ongulé »
Un ongulé est un mammifère qui marche sur des sabots — c’est-à-dire sur l’extrémité de ses doigts, protégée par une corne épaisse. Le mot vient du latin ungula, l’ongle.
Le groupe se partage selon un critère simple et visible : le nombre de doigts portant le poids.
- Les artiodactyles, à nombre pair : deux doigts pour le bœuf, le mouton, le cerf, la girafe, le sanglier.
- Les périssodactyles, à nombre impair : un seul doigt pour le cheval, trois pour le rhinocéros et le tapir.
Ce détail d’anatomie recoupe la façon de digérer : les ruminants sont tous des artiodactyles, et tous les périssodactyles fermentent à l’arrière. La réciproque est fausse, et c’est justement ce qui rend le classement instructif : l’éléphant fermente aussi à l’arrière sans être un périssodactyle — il n’est même pas un ongulé, et son parent le plus proche est le lamantin. Deux caractères qui n’ont apparemment rien à voir — un pied et un estomac — racontent la même histoire de parenté. C’est le genre de recoupement sur lequel repose toute la classification du vivant.
Une précision s’impose, car la classification moderne réserve des surprises : les cétacés — baleines et dauphins — sont, génétiquement, des artiodactyles. Leur plus proche parent vivant est l’hippopotame.
Des animaux qui façonnent les paysages
Un grand herbivore ne se contente pas de manger :
- Il broute, ce qui empêche les jeunes arbres de s’installer.
- Il piétine, créant des passages et de la terre nue.
- Il abat parfois des branches ou des arbres entiers.
- Il transporte des graines dans son pelage et ses excréments, parfois sur plusieurs kilomètres.4
Voir aussi : notre page sur les prairies et les savanes détaille l’autre facteur clé entretenant ces milieux : le feu, allumé volontairement par les humains depuis des millénaires.
Les deux mécanismes sont indissociables : un milieu ouvert est le résultat direct des espèces qui y vivent, herbivores comme communautés humaines.
Les chiffres de population : une rigueur méthodologique imposée
On pourrait s’attendre à trouver ici des effectifs d’éléphants : combien il y en a, combien il y en avait, ce qu’ont changé les interdictions du commerce de l’ivoire.
Nous ne donnons pas ces chiffres, et c’est un choix.
Recenser les éléphants à l’échelle d’un continent implique des méthodologies divergentes (survols aériens, comptages pédestres, modélisations statistiques) sur des temporalités différentes, générant des écarts considérables.5
C’est la même situation que pour les requins, où des estimations simplifiées reprises dans les médias s’écartent d’un facteur supérieur à huit des études scientifiques.
Donner un effectif unique sans dire comment il a été obtenu, sur quelle année et sur quel périmètre, reviendrait à produire un chiffre d’apparence solide et de valeur nulle — le défaut que ce site ne cesse de démonter ailleurs.
Une page peut refuser de répondre. Elle doit alors dire pourquoi, et c’est ce que fait celle-ci.
L’impact écologique des grands herbivores
L’idée reçue veut que les grands herbivores « ouvrent » les milieux en consommant les pousses d’arbres. Le terme exact est « varier ».
La recherche scientifique établit deux mécanismes majeurs :
- La création d’hétérogénéité végétale : Les prélèvements s’effectuent de façon inégale, générant une mosaïque de zones rases, de secteurs préservés, de corridors piétinés et de dépôts de matière organique. Le résultat n’est pas un milieu simplement ouvert, mais une matrice paysagère diversifiée.
- La dispersion zoochore : Le transport passif ou digestif des graines permet à de nombreuses espèces végétales de coloniser des territoires hors de leur portée naturelle.6
Conséquences de leur disparition
En Europe, le déclin du pastoralisme et du pâturage naturel a entraîné un phénomène mesurable : l’embroussaillement.7
Sans pression d’herbivorie, les milieux se referment, ce qui pénalise les espèces qui préfèrent les espaces ouverts.
Un paysage abandonné ne redevient pas spontanément « sauvage » : il se transforme en un écosystème différent, hébergeant une biodiversité distincte.
L’interaction complexe avec les incendies
Les éléphants cassent les arbres ; le feu les détruit. Loin de s’additionner de manière linéaire, leurs impacts se renforcent : la présence d’éléphants augmente la mortalité des arbres lors des incendies par rapport à l’action isolée de chaque facteur — c’est ce qu’a montré une étude menée dans le parc Kruger, en Afrique du Sud, sur des arbres écorcés par les éléphants.8
Inversement, un pâturage intense produit l’effet opposé. En consommant la biomasse sèche et en réduisant la couverture végétale au sol, les herbivores privent le feu de combustible, limitant ainsi la propagation des incendies.9
Ainsi, la même catégorie biologique peut favoriser ou réprimer le feu selon l’intensité du pâturage et le contexte écosystémique.
Impact sur le stockage du carbone
Les recherches menées sur les éléphants de forêt révèlent un mécanisme contre-intuitif, qui mérite d’être décrit étape par étape.
En circulant et en broutant, les éléphants réduisent le nombre de troncs dans la forêt. Or moins de troncs signifie moins de concurrence pour la lumière, l’eau et la place. Les arbres restants poussent donc moins nombreux, mais plus gros — et à bois plus dense.10
Or le bois dense stocke davantage de carbone. Résultat : à long terme, une forêt avec éléphants contient plus de biomasse qu’une forêt sans.11
Posée dans l’autre sens par les chercheurs, la question devient saisissante : si les éléphants de forêt disparaissaient, les forêts d’Afrique centrale perdraient environ 7 % de leur biomasse aérienne.12
L’étude a enfin l’honnêteté de ne pas cacher le revers : ces forêts à bois dense produisent moins — la croissance y est plus lente. On gagne en stock ce qu’on perd en production. Les auteurs le désignent eux-mêmes comme un compromis.13
Un animal qui abîme la végétation peut donc augmenter le carbone d’un massif forestier.
Limites et réserves méthodologiques
⚠ Réserve scientifique : Les expériences d’exclusion, souvent petites et de courte durée, ne saisissent qu’une partie des effets des grands herbivores sur la végétation à l’échelle du paysage. Les impacts les plus nets s’observent à grande échelle, où l’établissement de liens de causalité stricts reste complexe en raison de variables confondues.
Par ailleurs, certaines espèces végétales historiquement dépendantes de la mégafaune ont survécu à sa disparition, contredisant les modèles prédictifs simples.14
Ce dossier reste ouvert. Cet article documente des états mesurés sans formuler de préconisations de gestion. La question de la réintroduction de grands herbivores relève de choix politiques et sociétaux qu’une encyclopédie n’a pas vocation à trancher.
Impact de la domestication
L’histoire de la domestication met en évidence deux faits établis :
- L’émergence d’au moins onze foyers indépendants de domestication à travers le globe, sans contacts intercontinentaux.
- Un constat ostéologique répété : les squelettes des premiers agriculteurs-éleveurs témoignent fréquemment d’une taille et d’un poids inférieurs par rapport à leurs prédécesseurs chasseurs-cueilleurs.15
Outre la force de travail, ces espèces ont constitué des réservoirs de matières premières essentielles : laine, cuir, tendons, cornes et structures osseuses.
Note 1
This represents an enormous source of energy, yet vertebrate cells do not produce the cellulases necessary to break down this abundant material.
C’est une source d’énergie considérable, et pourtant les cellules des vertébrés ne produisent pas les cellulases nécessaires pour dégrader cette matière abondante.
Colorado State University, VIVO Pathophysiology, « Digestive Physiology of Herbivores »
Note 2
Each milliliter of rumen content contains roughly 10 to 50 billion bacteria, 1 million protozoa and variable numbers of yeasts and fungi. […] Some of the major groups, each of which contain multiple genera and species, are: […] Cellulolytic (digest cellulose) […] In general, protozoa utilize the same set of substrates as bacteria and, as with bacteria, different populations of protozoa show distinctive substrate preferences.
Chaque millilitre de contenu du rumen renferme environ 10 à 50 milliards de bactéries, un million de protozoaires et des quantités variables de levures et de champignons. […] Voici quelques-uns des grands groupes, qui comptent chacun plusieurs genres et espèces : […] Cellulolytiques (digèrent la cellulose) […] En général, les protozoaires utilisent les mêmes substrats que les bactéries et, comme chez les bactéries, les différentes populations de protozoaires ont des préférences de substrat distinctes.
Colorado State University, VIVO Pathophysiology, « Fermentation Microbiology and Ecology »
Note 3
While the hindgut digestion of zebra enables them to utilize taller and more fibrous grass than is generally selected by wildebeest, zebra also exploit short grass within the height and quality range favored by wildebeest (Voeten and Prins 1998, Arsenault and Owen-Smith 2008, 2011, Kleynhans et al. 2011). […] Hence spatially nested resource partitioning of this form contributes to the coexistence of these two grazers, and may be a mechanism enabling niche separation among other species.
Si la digestion postgastrique du zèbre lui permet d’utiliser des herbes plus hautes et plus fibreuses que celles que choisit généralement le gnou, le zèbre exploite aussi l’herbe rase, dans la gamme de hauteur et de qualité que préfère le gnou (Voeten et Prins 1998, Arsenault et Owen-Smith 2008, 2011, Kleynhans et al. 2011). […] Ce partage emboîté des ressources dans l’espace contribue donc à la coexistence de ces deux brouteurs, et pourrait être un mécanisme de séparation des niches chez d’autres espèces.
Owen-Smith, Norman, Martin, Jodie et Yoganand, K., « Spatially Nested Niche Partitioning between Syntopic Grazers at Foraging Arena Scale within Overlapping Home Ranges », Ecosphere, vol. 6, n° 9, 2015, p. 1-17
Note 4
Ground-dwelling browsers control woody plants mainly by increasing mortality in early life stages […] Grazers can suppress woody plants through trampling or occasional feeding
Les brouteurs terrestres contrôlent les plantes ligneuses surtout en augmentant la mortalité aux premiers stades de vie […] Les paisseurs peuvent freiner les plantes ligneuses par le piétinement ou en les mangeant de temps à autre
Bakker, Elisabeth S. et al., « Combining Paleo-Data and Modern Exclosure Experiments to Assess the Impact of Megafauna Extinctions on Woody Vegetation », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 113, 2016, p. 847-855
maximal endozoochorous dispersal distances varying from 2.0 km for roe deer to 3.5 km for red deer […] Here diaspores are consumed, undergo complete gut passage and are defecated. […] Here diaspores become attached to the fur of passing ungulates.
des distances maximales de dispersion par les excréments allant de 2,0 km pour le chevreuil à 3,5 km pour le cerf élaphe […] Ici, les graines sont mangées, traversent entièrement le tube digestif et sont rejetées avec les excréments. […] Ici, les graines s’accrochent au pelage des ongulés qui passent.
Baltzinger, C., Karimi, S. et Shukla, U., « Plants on the Move: Hitch-Hiking with Ungulates Distributes Diaspores across Landscapes », Frontiers in Ecology and Evolution, vol. 7, article 38, 2019, en accès libre
Note 5
As a result, elephant population data is collected by a variety of agencies and individuals, often without any direct linkage to one another and using a variety of different techniques. […] Repeated surveys of the same area may use different techniques or cover different areas, so the results are not directly comparable between different time periods.
De ce fait, les données sur les populations d’éléphants sont recueillies par toute une variété d’organismes et de personnes, souvent sans lien direct entre eux et avec des techniques très diverses. […] Des recensements répétés d’une même zone peuvent employer des techniques différentes ou couvrir des zones différentes, si bien que leurs résultats ne sont pas directement comparables d’une période à l’autre.
Thouless, Chris R. et al., African Elephant Status Report 2016: An Update from the African Elephant Database, Occasional Paper of the IUCN Species Survival Commission n° 60, Gland, UICN, 2016
Note 6
The resulting variation in the local intensity of herbivory can create spatial mosaics of herbaceous plants, shrubs, and trees.
Les variations locales de l’intensité de la pression des herbivores qui en résultent peuvent créer des mosaïques de plantes herbacées, d’arbustes et d’arbres.
Bakker, Elisabeth S. et al., « Combining Paleo-Data and Modern Exclosure Experiments to Assess the Impact of Megafauna Extinctions on Woody Vegetation », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 113, 2016, p. 847-855
Note 7
Natural succession on abandoned farmland and pastures often leads to scrubland and sometimes at a later stage, to forest. […] One of the strategies to manage fire regimes is to maintain open spaces in the landscape, minimizing also the impacts of revegetation on species that prefer open areas (Figure 2).
La succession naturelle sur les terres agricoles et les pâturages abandonnés mène souvent à des broussailles, et parfois plus tard à la forêt. […] L’une des stratégies pour gérer les incendies consiste à maintenir des espaces ouverts dans le paysage, ce qui limite aussi les effets du retour de la végétation sur les espèces qui préfèrent les milieux ouverts (figure 2).
Navarro, Laetitia M. et Pereira, Henrique M., « Rewilding Abandoned Landscapes in Europe », Ecosystems, vol. 15, 2012, p. 900-912
Note 8
In addition, each factor can modulate the other’s subsequent impacts: trees debarked or toppled by elephants are more likely to die by fire […]
En outre, chaque facteur peut moduler les effets ultérieurs de l’autre : les arbres écorcés ou renversés par les éléphants ont plus de chances de mourir dans un incendie […]
Pringle, Robert M. et al., « Synergistic Effects of Fire and Elephants on Arboreal Animals in an African Savanna », Journal of Animal Ecology, vol. 84, 2015, p. 1637-1645
The role of bark removal in increasing the vulnerability of large trees to fire and the mechanism through which fire damage is mediated were investigated in Kruger National Park, South Africa, […] An increasing probability of mortality was associated with increasing amounts of bark removal but only if trees were burned. […] These results indicate that bark removal by elephants increases the vulnerability of stems to fire, resulting in mortality of large stems otherwise protected from fire.
Le rôle de l’écorçage dans la vulnérabilité accrue des grands arbres au feu, et le mécanisme par lequel passent les dégâts du feu, ont été étudiés dans le parc national Kruger, en Afrique du Sud, […] Une probabilité de mortalité croissante était associée à un écorçage croissant, mais seulement si les arbres avaient brûlé. […] Ces résultats indiquent que l’écorçage par les éléphants accroît la vulnérabilité des troncs au feu, entraînant la mort de gros troncs que le feu, sinon, épargnerait.
Moncrieff, Glenn R., Kruger, Laurence M. et Midgley, Jeremy J., « Stem Mortality of Acacia nigrescens Induced by the Synergistic Effects of Elephants and Fire in Kruger National Park, South Africa », Journal of Tropical Ecology, vol. 24, n° 6, 2008, p. 655-662
Note 9
White Rhino removals affected fire by increasing fuel loads and fuel continuity. This resulted in larger, less patchy fires.
Le retrait des rhinocéros blancs a modifié le feu en augmentant la quantité et la continuité du combustible. Il en a résulté des incendies plus étendus et moins morcelés.
Waldram, Matthew S., Bond, William J. et Stock, William D., « Ecological Engineering by a Mega-Grazer: White Rhino Impacts on a South African Savanna », Ecosystems, vol. 11, 2008, p. 101-112
Note 10
the reduction of forest stem density due to the presence of elephants leads to changes in the competition for light, water and space among trees
la baisse de la densité des tiges en forêt due à la présence des éléphants modifie la compétition des arbres pour la lumière, l’eau et l’espace
Berzaghi, Fabio et al., « Carbon Stocks in Central African Forests Enhanced by Elephant Disturbance », Nature Geoscience, vol. 12, 2019, p. 725-729
These changes favour the emergence of fewer and larger trees with higher wood density.
Ces changements favorisent l’apparition d’arbres moins nombreux et plus grands, au bois plus dense.
Berzaghi, Fabio et al., « Carbon Stocks in Central African Forests Enhanced by Elephant Disturbance », Nature Geoscience, vol. 12, 2019, p. 725-729
Note 11
Such a shift in African's rainforest structure and species composition increases the long-term equilibrium of aboveground biomass.
Un tel changement de la structure et de la composition en espèces des forêts tropicales africaines accroît l’équilibre à long terme de la biomasse aérienne.
Berzaghi, Fabio et al., « Carbon Stocks in Central African Forests Enhanced by Elephant Disturbance », Nature Geoscience, vol. 12, 2019, p. 725-729
Note 12
the extinction of forest elephants would result in a 7% decrease in the aboveground biomass in central African rainforests
l’extinction des éléphants de forêt entraînerait une baisse de 7 % de la biomasse aérienne des forêts tropicales d’Afrique centrale
Berzaghi, Fabio et al., « Carbon Stocks in Central African Forests Enhanced by Elephant Disturbance », Nature Geoscience, vol. 12, 2019, p. 725-729
Note 13
The shift also reduces the forest net primary productivity, given the trade-off between productivity and wood density.
Ce changement réduit aussi la productivité primaire nette de la forêt, étant donné le compromis entre productivité et densité du bois.
Berzaghi, Fabio et al., « Carbon Stocks in Central African Forests Enhanced by Elephant Disturbance », Nature Geoscience, vol. 12, 2019, p. 725-729
Note 14
Because woody species have long generation times and spatial heterogeneity in landscape structure is a key feature of wooded habitats under herbivory, small-scale and short-term exclosures may capture only part of the resulting woody plant dynamics at the landscape scale.
Comme les espèces ligneuses ont des générations longues et que l’hétérogénéité spatiale du paysage est un trait majeur des milieux boisés soumis aux herbivores, les exclos de petite taille et de courte durée risquent de ne saisir qu’une partie de la dynamique des plantes ligneuses à l’échelle du paysage.
Bakker, Elisabeth S. et al., « Combining Paleo-Data and Modern Exclosure Experiments to Assess the Impact of Megafauna Extinctions on Woody Vegetation », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 113, 2016, p. 847-855
When over 15 genera of Central American large herbivores became extinct roughly 10,000 years ago, seed dispersal and subsequent distributions of many plant species were altered. Introduction of horses and cattle may have in part restored the local ranges of such trees as jicaro (Crescentia alata) and guanacaste (Enterolobium cyclocarpum) that had large mammals as dispersal agents.
Quand plus de 15 genres de grands herbivores d’Amérique centrale se sont éteints il y a environ 10 000 ans, la dispersion des graines puis la répartition de nombreuses espèces végétales ont été modifiées. L’introduction des chevaux et des bovins a peut-être en partie restauré l’aire locale d’arbres comme le jicaro (Crescentia alata) et le guanacaste (Enterolobium cyclocarpum), qui avaient de grands mammifères pour agents de dispersion.
Janzen, Daniel H. et Martin, Paul S., « Neotropical Anachronisms: The Fruits the Gomphotheres Ate », Science, vol. 215, 1982, p. 19-27
Note 15
At least 11 regions of the Old and New World were involved as independent centers of origin, encompassing geographically isolated regions on most continents
Au moins 11 régions de l’Ancien et du Nouveau Monde ont été des centres d’origine indépendants, comprenant des régions géographiquement isolées sur la plupart des continents
Larson, Greger et al., « Current Perspectives and the Future of Domestication Studies », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, 2014, p. 6139-6146
Results document significantly reduced mean stature, body mass, and crural index in Neolithic agriculturalists relative both to Late Mesolithic hunter-gatherer-fishers and to later farming populations.
Les résultats montrent une stature moyenne, une masse corporelle et un indice crural significativement réduits chez les agriculteurs du Néolithique, par rapport à la fois aux chasseurs-cueilleurs-pêcheurs du Mésolithique récent et aux populations agricoles plus tardives.
Macintosh, Alison A., Pinhasi, Ron et Stock, Jay T., « Early Life Conditions and Physiological Stress following the Transition to Farming in Central/Southeast Europe: Skeletal Growth Impairment and 6000 Years of Gradual Recovery », PLOS ONE, vol. 11, n° 2, e0148468, 2016
Notes et sources
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Passage aucun mammifère ne possède l’enzyme capable de la découper.
This represents an enormous source of energy, yet vertebrate cells do not produce the cellulases necessary to break down this abundant material.
Traduction de la rédaction C’est une source d’énergie considérable, et pourtant les cellules des vertébrés ne produisent pas les cellulases nécessaires pour dégrader cette matière abondante.
Source Colorado State University, VIVO Pathophysiology, « Digestive Physiology of Herbivores », 1er paragraphe, dernière phrase.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage Les herbivores hébergent dans leur tube digestif des milliards de bactéries et de protozoaires qui, eux, savent digérer la cellulose.
Each milliliter of rumen content contains roughly 10 to 50 billion bacteria, 1 million protozoa and variable numbers of yeasts and fungi. […] Some of the major groups, each of which contain multiple genera and species, are: […] Cellulolytic (digest cellulose) […] In general, protozoa utilize the same set of substrates as bacteria and, as with bacteria, different populations of protozoa show distinctive substrate preferences.
Traduction de la rédaction Chaque millilitre de contenu du rumen renferme environ 10 à 50 milliards de bactéries, un million de protozoaires et des quantités variables de levures et de champignons. […] Voici quelques-uns des grands groupes, qui comptent chacun plusieurs genres et espèces : […] Cellulolytiques (digèrent la cellulose) […] En général, les protozoaires utilisent les mêmes substrats que les bactéries et, comme chez les bactéries, les différentes populations de protozoaires ont des préférences de substrat distinctes.
Source Colorado State University, VIVO Pathophysiology, « Fermentation Microbiology and Ecology », page « Fermentation Microbiology and Ecology », paragraphes sur les bactéries (liste des grands groupes) et sur les protozoaires.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage il permet au zèbre d’utiliser des herbes plus hautes et plus fibreuses que celles que recherche d’ordinaire le gnou. C’est l’une des raisons pour lesquelles zèbres et gnous peuvent se partager la même savane.
While the hindgut digestion of zebra enables them to utilize taller and more fibrous grass than is generally selected by wildebeest, zebra also exploit short grass within the height and quality range favored by wildebeest (Voeten and Prins 1998, Arsenault and Owen-Smith 2008, 2011, Kleynhans et al. 2011). […] Hence spatially nested resource partitioning of this form contributes to the coexistence of these two grazers, and may be a mechanism enabling niche separation among other species.
Traduction de la rédaction Si la digestion postgastrique du zèbre lui permet d’utiliser des herbes plus hautes et plus fibreuses que celles que choisit généralement le gnou, le zèbre exploite aussi l’herbe rase, dans la gamme de hauteur et de qualité que préfère le gnou (Voeten et Prins 1998, Arsenault et Owen-Smith 2008, 2011, Kleynhans et al. 2011). […] Ce partage emboîté des ressources dans l’espace contribue donc à la coexistence de ces deux brouteurs, et pourrait être un mécanisme de séparation des niches chez d’autres espèces.
Source Owen-Smith, Norman, Martin, Jodie et Yoganand, K., « Spatially Nested Niche Partitioning between Syntopic Grazers at Foraging Arena Scale within Overlapping Home Ranges », Ecosphere, vol. 6, n° 9, 2015, p. 1-17, p. 3, introduction, paragraphe « Particularly perplexing… » ; p. 1, résumé, dernière phrase.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage Il broute […] Il piétine
Ground-dwelling browsers control woody plants mainly by increasing mortality in early life stages […] Grazers can suppress woody plants through trampling or occasional feeding
Traduction de la rédaction Les brouteurs terrestres contrôlent les plantes ligneuses surtout en augmentant la mortalité aux premiers stades de vie […] Les paisseurs peuvent freiner les plantes ligneuses par le piétinement ou en les mangeant de temps à autre
Source Bakker, Elisabeth S. et al., « Combining Paleo-Data and Modern Exclosure Experiments to Assess the Impact of Megafauna Extinctions on Woody Vegetation », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 113, 2016, p. 847-855, p. 2, section « Impact of Large-Herbivore Assemblages on Woody Plant Abundance ».
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 25 octobre 2026
Passage Il transporte des graines dans son pelage et ses excréments, parfois sur plusieurs kilomètres
maximal endozoochorous dispersal distances varying from 2.0 km for roe deer to 3.5 km for red deer […] Here diaspores are consumed, undergo complete gut passage and are defecated. […] Here diaspores become attached to the fur of passing ungulates.
Traduction de la rédaction des distances maximales de dispersion par les excréments allant de 2,0 km pour le chevreuil à 3,5 km pour le cerf élaphe […] Ici, les graines sont mangées, traversent entièrement le tube digestif et sont rejetées avec les excréments. […] Ici, les graines s’accrochent au pelage des ongulés qui passent.
Source Baltzinger, C., Karimi, S. et Shukla, U., « Plants on the Move: Hitch-Hiking with Ungulates Distributes Diaspores across Landscapes », Frontiers in Ecology and Evolution, vol. 7, article 38, 2019, en accès libre, p. 2 (introduction) ; p. 3, sections « Endozoochory and Secondary Dispersal by Dung Beetles » et « Fur-Epizoochory Including Transfer-Epizoochory ».
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 25 octobre 2026
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Passage Recenser les éléphants à l’échelle d’un continent implique des méthodologies divergentes […] générant des écarts considérables.
As a result, elephant population data is collected by a variety of agencies and individuals, often without any direct linkage to one another and using a variety of different techniques. […] Repeated surveys of the same area may use different techniques or cover different areas, so the results are not directly comparable between different time periods.
Traduction de la rédaction De ce fait, les données sur les populations d’éléphants sont recueillies par toute une variété d’organismes et de personnes, souvent sans lien direct entre eux et avec des techniques très diverses. […] Des recensements répétés d’une même zone peuvent employer des techniques différentes ou couvrir des zones différentes, si bien que leurs résultats ne sont pas directement comparables d’une période à l’autre.
Source Thouless, Chris R. et al., African Elephant Status Report 2016: An Update from the African Elephant Database, Occasional Paper of the IUCN Species Survival Commission n° 60, Gland, UICN, 2016, parties introductives sur les données et les méthodes (vers les p. 16 et 20-21 du PDF).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
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Passage Les prélèvements s’effectuent de façon inégale, générant une mosaïque de zones rases, de secteurs préservés, de corridors piétinés
The resulting variation in the local intensity of herbivory can create spatial mosaics of herbaceous plants, shrubs, and trees.
Traduction de la rédaction Les variations locales de l’intensité de la pression des herbivores qui en résultent peuvent créer des mosaïques de plantes herbacées, d’arbustes et d’arbres.
Source Bakker, Elisabeth S. et al., « Combining Paleo-Data and Modern Exclosure Experiments to Assess the Impact of Megafauna Extinctions on Woody Vegetation », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 113, 2016, p. 847-855, section « Spatially Structured Landscapes ».
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
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Passage En Europe, le déclin du pastoralisme et du pâturage naturel a entraîné un phénomène mesurable : l’embroussaillement […] ce qui pénalise les espèces qui préfèrent les espaces ouverts
Natural succession on abandoned farmland and pastures often leads to scrubland and sometimes at a later stage, to forest. […] One of the strategies to manage fire regimes is to maintain open spaces in the landscape, minimizing also the impacts of revegetation on species that prefer open areas (Figure 2).
Traduction de la rédaction La succession naturelle sur les terres agricoles et les pâturages abandonnés mène souvent à des broussailles, et parfois plus tard à la forêt. […] L’une des stratégies pour gérer les incendies consiste à maintenir des espaces ouverts dans le paysage, ce qui limite aussi les effets du retour de la végétation sur les espèces qui préfèrent les milieux ouverts (figure 2).
Source Navarro, Laetitia M. et Pereira, Henrique M., « Rewilding Abandoned Landscapes in Europe », Ecosystems, vol. 15, 2012, p. 900-912, sections « Defining Rewilding » et « Limits to Ecological Resilience ».
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
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Passage la présence d’éléphants augmente la mortalité des arbres lors des incendies
In addition, each factor can modulate the other’s subsequent impacts: trees debarked or toppled by elephants are more likely to die by fire […]
Traduction de la rédaction En outre, chaque facteur peut moduler les effets ultérieurs de l’autre : les arbres écorcés ou renversés par les éléphants ont plus de chances de mourir dans un incendie […]
Source Pringle, Robert M. et al., « Synergistic Effects of Fire and Elephants on Arboreal Animals in an African Savanna », Journal of Animal Ecology, vol. 84, 2015, p. 1637-1645, p. 1637, introduction, 3ᵉ paragraphe.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
Passage c’est ce qu’a montré une étude menée dans le parc Kruger, en Afrique du Sud, sur des arbres écorcés par les éléphants.
The role of bark removal in increasing the vulnerability of large trees to fire and the mechanism through which fire damage is mediated were investigated in Kruger National Park, South Africa, […] An increasing probability of mortality was associated with increasing amounts of bark removal but only if trees were burned. […] These results indicate that bark removal by elephants increases the vulnerability of stems to fire, resulting in mortality of large stems otherwise protected from fire.
Traduction de la rédaction Le rôle de l’écorçage dans la vulnérabilité accrue des grands arbres au feu, et le mécanisme par lequel passent les dégâts du feu, ont été étudiés dans le parc national Kruger, en Afrique du Sud, […] Une probabilité de mortalité croissante était associée à un écorçage croissant, mais seulement si les arbres avaient brûlé. […] Ces résultats indiquent que l’écorçage par les éléphants accroît la vulnérabilité des troncs au feu, entraînant la mort de gros troncs que le feu, sinon, épargnerait.
Source Moncrieff, Glenn R., Kruger, Laurence M. et Midgley, Jeremy J., « Stem Mortality of Acacia nigrescens Induced by the Synergistic Effects of Elephants and Fire in Kruger National Park, South Africa », Journal of Tropical Ecology, vol. 24, n° 6, 2008, p. 655-662, résumé, 3ᵉ, 5ᵉ et dernière phrases.
Résumé en accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage les herbivores privent le feu de combustible, limitant ainsi la propagation des incendies
White Rhino removals affected fire by increasing fuel loads and fuel continuity. This resulted in larger, less patchy fires.
Traduction de la rédaction Le retrait des rhinocéros blancs a modifié le feu en augmentant la quantité et la continuité du combustible. Il en a résulté des incendies plus étendus et moins morcelés.
Source Waldram, Matthew S., Bond, William J. et Stock, William D., « Ecological Engineering by a Mega-Grazer: White Rhino Impacts on a South African Savanna », Ecosystems, vol. 11, 2008, p. 101-112, résumé.
Accès payant · vérifié le 25 octobre 2026
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Passage les éléphants réduisent le nombre de troncs dans la forêt. Or moins de troncs signifie moins de concurrence pour la lumière, l’eau et la place.
the reduction of forest stem density due to the presence of elephants leads to changes in the competition for light, water and space among trees
Traduction de la rédaction la baisse de la densité des tiges en forêt due à la présence des éléphants modifie la compétition des arbres pour la lumière, l’eau et l’espace
Source Berzaghi, Fabio et al., « Carbon Stocks in Central African Forests Enhanced by Elephant Disturbance », Nature Geoscience, vol. 12, 2019, p. 725-729, résumé.
Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
Passage Les arbres restants poussent donc moins nombreux, mais plus gros — et à bois plus dense.
These changes favour the emergence of fewer and larger trees with higher wood density.
Traduction de la rédaction Ces changements favorisent l’apparition d’arbres moins nombreux et plus grands, au bois plus dense.
Source Berzaghi, Fabio et al., « Carbon Stocks in Central African Forests Enhanced by Elephant Disturbance », Nature Geoscience, vol. 12, 2019, p. 725-729, résumé.
Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage à long terme, une forêt avec éléphants contient plus de biomasse qu’une forêt sans
Such a shift in African's rainforest structure and species composition increases the long-term equilibrium of aboveground biomass.
Traduction de la rédaction Un tel changement de la structure et de la composition en espèces des forêts tropicales africaines accroît l’équilibre à long terme de la biomasse aérienne.
Source Berzaghi, Fabio et al., « Carbon Stocks in Central African Forests Enhanced by Elephant Disturbance », Nature Geoscience, vol. 12, 2019, p. 725-729, résumé.
Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage si les éléphants de forêt disparaissaient, les forêts d’Afrique centrale perdraient environ 7 % de leur biomasse aérienne
the extinction of forest elephants would result in a 7% decrease in the aboveground biomass in central African rainforests
Traduction de la rédaction l’extinction des éléphants de forêt entraînerait une baisse de 7 % de la biomasse aérienne des forêts tropicales d’Afrique centrale
Source Berzaghi, Fabio et al., « Carbon Stocks in Central African Forests Enhanced by Elephant Disturbance », Nature Geoscience, vol. 12, 2019, p. 725-729, résumé.
Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage ces forêts à bois dense produisent moins — la croissance y est plus lente […] comme un compromis
The shift also reduces the forest net primary productivity, given the trade-off between productivity and wood density.
Traduction de la rédaction Ce changement réduit aussi la productivité primaire nette de la forêt, étant donné le compromis entre productivité et densité du bois.
Source Berzaghi, Fabio et al., « Carbon Stocks in Central African Forests Enhanced by Elephant Disturbance », Nature Geoscience, vol. 12, 2019, p. 725-729, résumé.
Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage Les expériences d’exclusion, souvent petites et de courte durée, ne saisissent qu’une partie des effets des grands herbivores sur la végétation à l’échelle du paysage.
Because woody species have long generation times and spatial heterogeneity in landscape structure is a key feature of wooded habitats under herbivory, small-scale and short-term exclosures may capture only part of the resulting woody plant dynamics at the landscape scale.
Traduction de la rédaction Comme les espèces ligneuses ont des générations longues et que l’hétérogénéité spatiale du paysage est un trait majeur des milieux boisés soumis aux herbivores, les exclos de petite taille et de courte durée risquent de ne saisir qu’une partie de la dynamique des plantes ligneuses à l’échelle du paysage.
Source Bakker, Elisabeth S. et al., « Combining Paleo-Data and Modern Exclosure Experiments to Assess the Impact of Megafauna Extinctions on Woody Vegetation », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 113, 2016, p. 847-855, section « Perspectives for Future Research », sous-partie « Experiments ».
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
Passage certaines espèces végétales historiquement dépendantes de la mégafaune ont survécu à sa disparition
When over 15 genera of Central American large herbivores became extinct roughly 10,000 years ago, seed dispersal and subsequent distributions of many plant species were altered. Introduction of horses and cattle may have in part restored the local ranges of such trees as jicaro (Crescentia alata) and guanacaste (Enterolobium cyclocarpum) that had large mammals as dispersal agents.
Traduction de la rédaction Quand plus de 15 genres de grands herbivores d’Amérique centrale se sont éteints il y a environ 10 000 ans, la dispersion des graines puis la répartition de nombreuses espèces végétales ont été modifiées. L’introduction des chevaux et des bovins a peut-être en partie restauré l’aire locale d’arbres comme le jicaro (Crescentia alata) et le guanacaste (Enterolobium cyclocarpum), qui avaient de grands mammifères pour agents de dispersion.
Source Janzen, Daniel H. et Martin, Paul S., « Neotropical Anachronisms: The Fruits the Gomphotheres Ate », Science, vol. 215, 1982, p. 19-27, résumé.
Accès payant · vérifié le 25 octobre 2026
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Passage au moins onze foyers indépendants de domestication
At least 11 regions of the Old and New World were involved as independent centers of origin, encompassing geographically isolated regions on most continents
Traduction de la rédaction Au moins 11 régions de l’Ancien et du Nouveau Monde ont été des centres d’origine indépendants, comprenant des régions géographiquement isolées sur la plupart des continents
Source Larson, Greger et al., « Current Perspectives and the Future of Domestication Studies », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, 2014, p. 6139-6146, section « Spatial and Temporal Patterns of Domestication ».
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 25 octobre 2026
Passage les squelettes des premiers agriculteurs-éleveurs témoignent fréquemment d’une taille et d’un poids inférieurs
Results document significantly reduced mean stature, body mass, and crural index in Neolithic agriculturalists relative both to Late Mesolithic hunter-gatherer-fishers and to later farming populations.
Traduction de la rédaction Les résultats montrent une stature moyenne, une masse corporelle et un indice crural significativement réduits chez les agriculteurs du Néolithique, par rapport à la fois aux chasseurs-cueilleurs-pêcheurs du Mésolithique récent et aux populations agricoles plus tardives.
Source Macintosh, Alison A., Pinhasi, Ron et Stock, Jay T., « Early Life Conditions and Physiological Stress following the Transition to Farming in Central/Southeast Europe: Skeletal Growth Impairment and 6000 Years of Gradual Recovery », PLOS ONE, vol. 11, n° 2, e0148468, 2016, résumé (Abstract).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 25 octobre 2026
Références bibliographiques
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- Bakker, Elisabeth S. et al., « Combining Paleo-Data and Modern Exclosure Experiments to Assess the Impact of Megafauna Extinctions on Woody Vegetation », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 113, 2016, p. 847-855, en accès libre (l’hétérogénéité créée par les grands herbivores ; les jeunes arbres broutés et le piétinement ; les limites des expériences d’exclusion).
- Baltzinger, C., Karimi, S. et Shukla, U., « Plants on the Move: Hitch-Hiking with Ungulates Distributes Diaspores across Landscapes », Frontiers in Ecology and Evolution, vol. 7, article 38, 2019, en accès libre (les graines transportées par les ongulés dans leur tube digestif et accrochées à leur pelage ; des distances de quelques kilomètres). https://doi.org/10.3389/fevo.2019.00038
- Berzaghi, Fabio et al., « Carbon Stocks in Central African Forests Enhanced by Elephant Disturbance », Nature Geoscience, vol. 12, 2019, p. 725-729, accès payant (la baisse de densité des troncs, la concurrence modifiée, les arbres moins nombreux et à bois plus dense ; les 7 % de biomasse aérienne perdus en cas de disparition ; le compromis entre stock et production). https://doi.org/10.1038/s41561-019-0395-6
- Colorado State University, VIVO Pathophysiology, « Digestive Physiology of Herbivores », en accès libre (les vertébrés ne produisent pas de cellulases). https://vivo.colostate.edu/hbooks/pathphys/digestion/herbivores/index.html
- Colorado State University, VIVO Pathophysiology, « Fermentation Microbiology and Ecology », en accès libre (10 à 50 milliards de bactéries et un million de protozoaires par millilitre de contenu du rumen ; les bactéries cellulolytiques). https://vivo.colostate.edu/hbooks/pathphys/digestion/herbivores/microbes.html
- Dublin, Holly T., Sinclair, Anthony R. E. et McGlade, Jacqueline, « Elephants and Fire as Causes of Multiple Stable States in the Serengeti-Mara Woodlands », Journal of Animal Ecology, vol. 59, 1990, p. 1147-1164, accès payant (l’interaction entre éléphants et feu sur la mortalité des arbres).
- Janis, Christine M., « The Evolutionary Strategy of the Equidae and the Origins of Rumen and Cecal Digestion », Evolution, vol. 30, n° 4, 1976, p. 757-774, accès payant (la comparaison des deux stratégies digestives et leurs conséquences écologiques). https://doi.org/10.1111/j.1558-5646.1976.tb00957.x
- Janzen, Daniel H. et Martin, Paul S., « Neotropical Anachronisms: The Fruits the Gomphotheres Ate », Science, vol. 215, 1982, p. 19-27, accès payant (les plantes dépendantes d’une mégafaune disparue qui ont survécu).
- Larson, Greger et al., « Current Perspectives and the Future of Domestication Studies », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, 2014, p. 6139-6146, en accès libre (les foyers indépendants de domestication ; voir l’entrée 2.9).
- Macintosh, Alison A., Pinhasi, Ron et Stock, Jay T., « Early Life Conditions and Physiological Stress following the Transition to Farming in Central/Southeast Europe: Skeletal Growth Impairment and 6000 Years of Gradual Recovery », PLOS ONE, vol. 11, n° 2, e0148468, 2016, en accès libre (la taille et la masse corporelle réduites des premiers agriculteurs ; voir l’entrée 2.9). https://doi.org/10.1371/journal.pone.0148468
- Moncrieff, Glenn R., Kruger, Laurence M. et Midgley, Jeremy J., « Stem Mortality of Acacia nigrescens Induced by the Synergistic Effects of Elephants and Fire in Kruger National Park, South Africa », Journal of Tropical Ecology, vol. 24, n° 6, 2008, p. 655-662, résumé en accès libre (écorçage par les éléphants et mortalité des arbres après le feu, par l’expérience et par un relevé de terrain). https://doi.org/10.1017/S0266467408005476
- Navarro, Laetitia M. et Pereira, Henrique M., « Rewilding Abandoned Landscapes in Europe », Ecosystems, vol. 15, 2012, p. 900-912, en accès libre (l’embroussaillement après l’abandon du pastoralisme et ses effets sur les espèces des milieux ouverts).
- Owen-Smith, Norman, Martin, Jodie et Yoganand, K., « Spatially Nested Niche Partitioning between Syntopic Grazers at Foraging Arena Scale within Overlapping Home Ranges », Ecosphere, vol. 6, n° 9, 2015, p. 1-17, en accès libre (zèbre et gnou bleu dans le parc Kruger : la digestion postgastrique du zèbre lui permet d’utiliser des herbes plus hautes et plus fibreuses ; un partage des ressources qui contribue à leur coexistence). https://doi.org/10.1890/ES14-00487.1
- Pringle, Robert M. et al., « Synergistic Effects of Fire and Elephants on Arboreal Animals in an African Savanna », Journal of Animal Ecology, vol. 84, 2015, p. 1637-1645, en accès libre. https://tpyoung.ucdavis.edu/sites/g/files/dgvnsk4821/files/inline-files/synergistic%20effects%20of%20fire%20and%20herbivory--.pdf
- Thouless, Chris R. et al., African Elephant Status Report 2016: An Update from the African Elephant Database, Occasional Paper of the IUCN Species Survival Commission n° 60, Gland, UICN, 2016, en accès libre (les méthodes de comptage et les écarts qu’elles produisent).
- Waldram, Matthew S., Bond, William J. et Stock, William D., « Ecological Engineering by a Mega-Grazer: White Rhino Impacts on a South African Savanna », Ecosystems, vol. 11, 2008, p. 101-112, accès payant (le pâturage intense qui prive le feu de combustible).
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