
Une plante ne fabrique pas de médicaments : elle fabrique des molécules de défense.
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Elle ne fournit aucun usage, aucune préparation, aucune posologie et ne permet pas d’identifier de plantes. Toute question de santé relève d’un professionnel de santé diplômé.
Pourquoi des plantes soignent
Une plante ne fabrique pas de médicaments. Elle fabrique des molécules de défense — des substances destinées à écarter les insectes, à ralentir les champignons, à décourager les herbivores. Elle n’a aucun intérêt à nous soigner, et le fait qu’une de ces molécules agisse sur le corps humain est un accident heureux.
Cet accident s’explique. Les êtres vivants partagent une chimie commune depuis des centaines de millions d’années : une molécule conçue pour perturber le système nerveux d’une chenille peut perturber le nôtre, parfois utilement. Toute substance devient un poison si la dose est trop forte ; certaines, à faible dose, peuvent soigner. C’est une idée centrale de la pharmacologie, mais elle ne dit jamais quelle dose est sûre.
Dans une plante, cette substance active ne représente presque rien — souvent une très petite part de la masse — et sa quantité varie selon l’individu, la saison, le sol, la partie utilisée. C’est ce qui rend la plante entière hasardeuse comme remède : on ne sait pas exactement quelle dose on prend. Le travail du pharmacien a consisté à identifier la molécule responsable, puis à l’isoler pour pouvoir la doser.
Deux exemples racontent ce trajet.
L’écorce de saule était employée depuis l’Antiquité contre la douleur et la fièvre. Au XIXᵉ siècle, on en extrait la salicine ; les chimistes en tirent l’acide salicylique, puis une forme modifiée, mise au point pour tenter de moins irriter l’estomac : l’aspirine. Le pavot, lui, produit un latex, l’opium, dont on isole la morphine vers 1804 — on y voit souvent la première substance active pure extraite d’une plante.1
Le passage de la plante à la molécule n’est pas un détail technique. C’est ce qui transforme un usage en médicament, parce qu’il rend possible ce qu’aucune préparation traditionnelle ne permet : administrer exactement la même quantité à chaque fois.
« Naturel » ne veut pas dire « sans danger »
Beaucoup de plantes sont toxiques, certaines mortellement. D’autres interagissent avec des traitements médicaux et peuvent les rendre inefficaces ou dangereux.
Une plante ne peut pas fuir : elle se défend par la chimie. Les molécules qu’elle synthétise existent pour sa propre survie face aux prédateurs, non pour nous être utiles.
Ce qui soigne et ce qui empoisonne est souvent une simple question de dose.
Ce que la médecine doit aux savoirs anciens
L’objectif n’est pas de répéter que d’autres cultures « savaient des choses », mais d’identifier ce dont la médecine moderne se sert encore.
L’artémisinine : d’un texte chinois au prix Nobel
L’exemple le plus net de cette démarche est la découverte de l’artémisinine, un traitement majeur contre le paludisme.
- La chercheuse : Tu Youyou, à l’Académie de médecine traditionnelle chinoise, à Pékin.
- Le projet : le Projet 523, un programme de recherche chinois lancé en 1967.
- La reconnaissance : prix Nobel de physiologie ou médecine, en 2015.2
L’histoire vaut surtout par la façon dont elle a commencé — et ce n’est pas par une lecture inspirée.
Un extrait d’armoise annuelle (Artemisia annua) avait montré une inhibition prometteuse du parasite. Puis le résultat ne s’est pas reproduit. Il contredisait même ce que disait la littérature.3
Voilà le point de départ réel : un résultat qui refuse de revenir.
Pour comprendre pourquoi, l’équipe entreprend une revue exhaustive de la littérature ancienne. Elle y trouve une seule mention de cette plante contre les symptômes du paludisme, chez Ge Hong, au IVᵉ siècle :4
« Une poignée de qinghao trempée dans deux litres d’eau, en exprimer le jus et le boire entièrement. »5
Une phrase banale. Mais Tu Youyou y remarque ce qui manque : on ne fait pas bouillir.
D’où l’hypothèse : la chaleur employée dans leur propre méthode d’extraction détruisait peut-être la substance active.6
Ils recommencent à basse température. L’activité devient bien meilleure.7
Ils obtiennent finalement un extrait efficace à 100 % contre le parasite, chez la souris comme chez le singe.8
L’enchaînement mérite qu’on s’y arrête. Le texte ancien n’a pas donné le remède : il a donné un indice de méthode. Et cet indice n’a servi que parce qu’une équipe butait sur un résultat qu’elle n’arrivait pas à reproduire, et refusait de passer outre.
Ce dossier réunit une chercheuse, un indice ancien et une molécule mesurable : la recette de Ge Hong, elle, n’est pas un traitement.
Le quinquina : démonter une idée reçue
Le mot « quinine » vient du quechua kina, signifiant écorce. Le nom du médicament conserve la trace de la langue de ceux qui connaissaient l’arbre (Cinchona).
Un récit répandu
Les peuples andins soignaient le paludisme avec cette écorce depuis toujours, et les Européens leur auraient dérobé ce savoir.
Ce que discutent les historiens
- Absence de la maladie : Les populations autochtones des Amériques ne portent pas, en fréquences significatives, les adaptations génétiques au paludisme : la maladie y a toujours été absente, ou n’y est présente que depuis moins de plusieurs siècles.
- Usage initial distinct : Les premiers récits espagnols documentent un usage de l’écorce contre des fièvres et des troubles divers ; son lien précis avec le paludisme reste discuté par les historiens.
- Hypothèse post-contact : Pour ces historiens, l’usage antipaludique serait né de la rencontre entre la maladie importée et la pharmacopée locale.9
L’apport andin indispensable
Il existe plus de vingt espèces du genre Cinchona, dont les concentrations en principes actifs (quinine et cinchonine) varient d’une espèce à l’autre, et même d’une population à l’autre.10
Sans l’expertise des botanistes et guérisseurs andins, les Européens étaient incapables de distinguer les espèces efficaces des variétés inactives. Dans cette lecture, l’apport du savoir andin réside d’abord dans la classification et l’identification des espèces efficaces.11
La décision de 1820
En 1820, les pharmaciens français Pierre-Joseph Pelletier et Joseph Bienaimé Caventou isolent la quinine pure à partir de l’écorce.12
Ils font le choix de ne pas breveter leur procédé de fabrication, publiant leurs travaux pour en faire profiter la santé publique mondiale.
Partage des avantages et propriété intellectuelle
L’accès aux ressources biologiques et aux savoirs traditionnels soulève la question de la répartition des bénéfices économiques entre pays industriels et populations autochtones.
Ce cadre est aujourd’hui encadré, pour les États qui l’ont ratifié, par le Protocole de Nagoya (2010) sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation.13
Origine végétale des médicaments : la précision des faits
Une affirmation fréquente avance qu’une proportion fixe (ex. 50 % ou 80 %) de tous les médicaments dériverait directement des plantes.
Le recensement de référence est celui de David Newman et Gordon Cragg, qui ont passé en revue près de quarante ans de médicaments homologués. Pour les anticancéreux à petites molécules homologués de 1981 à 2019, ils comptent 33,5 % de substances naturelles (pas seulement végétales) ou de dérivés directs, et 64,9 % si l’on ajoute les molécules de synthèse bâties sur un modèle naturel. Exemples classiques, plus anciens : l’aspirine, la morphine ; plus récent : le paclitaxel, un anticancéreux.14
L’écart est une affaire de définition, pas d’incertitude : selon qu’on compte les seules molécules d’origine naturelle et leurs dérivés directs, ou aussi les molécules simplement inspirées d’un modèle naturel, la proportion passe d’un tiers environ à près des deux tiers. Il faut toujours savoir ce que compte le chiffre avant de le comparer à un autre.15
Note 1
Säure im Opium ; An Account of the Success of the Bark of the Willow in the Cure of Agues
Sertürner, Friedrich, « Säure im Opium », Journal der Pharmacie, 1805-1806, domaine public (l’isolement de la morphine) ; et Stone, Edward, « An Account of the Success of the Bark of the Willow in the Cure of Agues », Philosophical Transactions of the Royal Society, vol. 53, 1763, p. 195-200
first refined willow bark into yellow crystals and named it Salicin […] produced a stronger compound from the crystals isolated from willow bark, which he named salicylic acid […] decided to develop a form of salicylate that did not cause gastric irritation
fut le premier à raffiner l’écorce de saule en cristaux jaunes, qu’il nomma salicine […] produisit, à partir des cristaux isolés de l’écorce de saule, un composé plus puissant qu’il nomma acide salicylique […] décida de mettre au point une forme de salicylate qui ne provoque pas d’irritation de l’estomac
Desborough, M. J. R. et Keeling, D. M., « The Aspirin Story – from Willow to Wonder Drug », British Journal of Haematology, vol. 177, 2017, p. 674-683
Note 2
A national office for malaria control, known as the 523 Office (for purposes of confidentiality, the project was named for May 23, the date when it was initiated; the Office was terminated in March 1980) was established in 1967 with a mission of organizing and coordinating antimalarial drug research activities in seven provinces and cities across the country.
Un bureau national de lutte contre le paludisme, appelé Bureau 523 (par souci de confidentialité, le projet a été nommé d’après le 23 mai, date de son lancement ; le Bureau a été dissous en mars 1980), a été créé en 1967 avec pour mission d’organiser et de coordonner les recherches sur les médicaments antipaludiques dans sept provinces et villes du pays.
Tu, Youyou, « Artemisinin—A Gift from Traditional Chinese Medicine to the World », conférence Nobel, 7 décembre 2015, dans The Nobel Prizes 2015, Fondation Nobel, p. 283-313
The Nobel Assembly at Karolinska Institutet has today decided to award the 2015 Nobel Prize in Physiology or Medicine with one half jointly to William C. Campbell and Satoshi Ōmura […] and the other half to Tu Youyou for her discoveries concerning a novel therapy against Malaria
L’Assemblée Nobel de l’Institut Karolinska a décidé ce jour d’attribuer le prix Nobel de physiologie ou médecine 2015 pour moitié conjointement à William C. Campbell et Satoshi Ōmura […] et pour l’autre moitié à Tu Youyou pour ses découvertes concernant une nouvelle thérapie contre le paludisme
Comité Nobel de physiologie ou médecine, communiqué du 5 octobre 2015
Note 3
The turning point came when an Artemisia annua L. extract showed a promising degree of inhibition against parasite growth. However, this observation was not reproducible in subsequent experiments and appeared to be contradictory to what was recorded in the literature.
Le tournant est venu lorsqu’un extrait d’Artemisia annua L. a montré un degré prometteur d’inhibition de la croissance du parasite. Cependant, cette observation n’a pas pu être reproduite lors des expériences suivantes et semblait contredire ce que rapportait la littérature.
Tu, Youyou, « The Discovery of Artemisinin (Qinghaosu) and Gifts from Chinese Medicine », Nature Medicine, vol. 17, n° 10, 2011, p. 1217-1220
Note 4
Seeking an explanation, we carried out an intensive review of the literature. The only reference relevant to use of qinghao […] for alleviating malaria symptoms appeared in Ge Hong's A Handbook of Prescriptions for Emergencies
Pour trouver une explication, nous avons mené une revue approfondie de la littérature. La seule mention de l’usage du qinghao […] pour atténuer les symptômes du paludisme figurait dans le Manuel des prescriptions pour les urgences de Ge Hong
Tu, Youyou, « The Discovery of Artemisinin (Qinghaosu) and Gifts from Chinese Medicine », Nature Medicine, vol. 17, n° 10, 2011, p. 1217-1220
Note 5
A handful of qinghao immersed with 2 liters of water, wring out the juice and drink it all
Une poignée de qinghao plongée dans deux litres d’eau, en exprimer le jus et le boire entièrement
Tu, Youyou, « The Discovery of Artemisinin (Qinghaosu) and Gifts from Chinese Medicine », Nature Medicine, vol. 17, n° 10, 2011, p. 1217-1220
Note 6
This sentence gave me the idea that the heating involved in the conventional extraction step we had used might have destroyed the active components, and that extraction at a lower temperature might be necessary to preserve antimalarial activity.
Cette phrase m’a donné l’idée que le chauffage de l’étape d’extraction classique que nous utilisions avait peut-être détruit les composants actifs, et qu’une extraction à plus basse température était peut-être nécessaire pour préserver l’activité antipaludique.
Tu, Youyou, « The Discovery of Artemisinin (Qinghaosu) and Gifts from Chinese Medicine », Nature Medicine, vol. 17, n° 10, 2011, p. 1217-1220
Note 7
Indeed, we obtained much better activity after switching to a lower-temperature procedure.
De fait, nous avons obtenu une activité bien meilleure après être passés à une méthode à plus basse température.
Tu, Youyou, « The Discovery of Artemisinin (Qinghaosu) and Gifts from Chinese Medicine », Nature Medicine, vol. 17, n° 10, 2011, p. 1217-1220
Note 8
a non-toxic, neutral extract that was 100% effective against parasitemia in mice infected with Plasmodium berghei and in monkeys
un extrait neutre, non toxique, efficace à 100 % contre la parasitémie chez des souris infectées par Plasmodium berghei et chez des singes
Tu, Youyou, « The Discovery of Artemisinin (Qinghaosu) and Gifts from Chinese Medicine », Nature Medicine, vol. 17, n° 10, 2011, p. 1217-1220
Note 9
Human polymorphisms which meet some or all of the expectations of the malaria hypothesis are found in elevated frequencies usually only in populations which have been exposed to malaria for at least several hundred years. Thus, the indigenous populations of northern Europe (with the exception of part of The Netherlands), northern parts of Asia, Australia, and all but the westernmost islands of the Pacific Ocean, and the Americas, from which malaria either has always been absent or has been present for less than this time, are all without these polymorphisms in significant frequencies.
Les polymorphismes humains qui répondent à tout ou partie des attentes de l’hypothèse du paludisme ne se trouvent en fréquences élevées, en général, que dans des populations exposées au paludisme depuis au moins plusieurs siècles. Ainsi, les populations autochtones du nord de l’Europe (à l’exception d’une partie des Pays-Bas), du nord de l’Asie, de l’Australie, de toutes les îles du Pacifique sauf les plus occidentales, et des Amériques, d’où le paludisme a toujours été absent ou n’est présent que depuis moins longtemps, ne présentent pas ces polymorphismes en fréquences significatives.
Carter, Richard et Mendis, Kamini N., « Evolutionary and Historical Aspects of the Burden of Malaria », Clinical Microbiology Reviews, vol. 15, 2002, p. 564-594
The Indians have the bark in abundance, and use it in all kinds of xamaras, whether with or without blood. The Spaniards, weary of this disease, on the advice of the Indians, have used this bark and have healed many of them with it. […] Haggis, Calancha, and Bado indicate that the natives used Cinchona bark as a remedy for fevers (3,11,12). […] In terms of who discovered Cinchona’s value as an antimalarial, 2 basic assumptions exist: the natives discovered both its febrifuge and antimalarial properties consciously, and Jesuits discovered its antimalarial value after learning of its febrifuge use by the natives.
Les Indiens ont l’écorce en abondance et l’emploient dans toutes sortes de xamaras [flux de ventre], avec ou sans sang. Les Espagnols, las de ce mal, sur le conseil des Indiens, ont usé de cette écorce et en ont guéri beaucoup. […] Haggis, Calancha et Bado indiquent que les indigènes employaient l’écorce de quinquina comme remède contre les fièvres (3,11,12). […] Quant à savoir qui a découvert la valeur antipaludique du quinquina, deux hypothèses de base existent : les indigènes ont découvert sciemment ses propriétés à la fois fébrifuges et antipaludiques, ou les jésuites ont découvert sa valeur antipaludique après avoir appris des indigènes son usage fébrifuge.
Rojas-Jaimes, Jesús, Rodríguez-Gómez, Stephanie et Lombardi, Guido P., « Discovery of Cinchona as Antimalarial, Viceroyalty of Peru, Circa 1630 », Emerging Infectious Diseases, vol. 32, n° 7, 2026, p. 1141-1149
Note 10
C. calisaya is one of 23 species of trees in the genus Cinchona described to date, which produce varying amounts of alkaloids. The four major Cinchona alkaloids (quinine, quinidine, cinchonine, and cinchonidine) […] Quinine content does not only vary among species (Nair, 2010), but also among populations from different sites, complicating the identification of the most productive Cinchona barks (Townley, 1922; Holland, 1932).
C. calisaya est l’une des 23 espèces d’arbres du genre Cinchona décrites à ce jour, qui produisent des quantités variables d’alcaloïdes. Les quatre principaux alcaloïdes du Cinchona (quinine, quinidine, cinchonine et cinchonidine) […] La teneur en quinine ne varie pas seulement d’une espèce à l’autre (Nair, 2010), mais aussi d’une population à l’autre selon les sites, ce qui complique l’identification des écorces de Cinchona les plus productives (Townley, 1922 ; Holland, 1932).
Maldonado, Carla et al., « Phylogeny Predicts the Quantity of Antimalarial Alkaloids within the Iconic Yellow Cinchona Bark (Rubiaceae: Cinchona calisaya) », Frontiers in Plant Science, vol. 8, 2017, art. 391
Note 11
Once a stand of trees was located, a bark collector had to be able to identify which of the trees had the best bark for harvesting, based on various factors including the age of the tree and its local environment. […] Unsurprisingly, the expeditions relied heavily on Andean knowledge of cinchona. […] Without the benefit of the knowledge of these local experts, scientific travellers from Europe would have been at a loss to gather, understand and classify specimens.
Une fois un peuplement d’arbres repéré, le cueilleur d’écorce devait savoir reconnaître lesquels avaient la meilleure écorce à récolter, d’après divers facteurs dont l’âge de l’arbre et son environnement local. […] Sans surprise, les expéditions s’appuyèrent largement sur le savoir andin relatif au quinquina. […] Sans le secours du savoir de ces experts locaux, les voyageurs scientifiques venus d’Europe auraient été bien en peine de récolter, de comprendre et de classer les spécimens.
Crawford, Matthew James, « Cinchona », dans Thurner, Mark et Pimentel, Juan (dir.), New World Objects of Knowledge: A Cabinet of Curiosities, University of London Press, 2021, chap. 16
Note 12
Quinine was isolated in 1820 by two French pharmacists, Pierre Joseph Pelletier and Joseph Caventou, after which quinine replaced the bark as the standard treatment for malaria (20, 27). […] Unlike other scientists, they made their process freely available, that is, they did not patent it (29).
La quinine a été isolée en 1820 par deux pharmaciens français, Pierre Joseph Pelletier et Joseph Caventou, après quoi elle a remplacé l’écorce comme traitement de référence du paludisme (20, 27). […] Contrairement à d’autres scientifiques, ils ont rendu leur procédé librement accessible, c’est-à-dire qu’ils ne l’ont pas breveté (29).
Jovanović, Aleksandar et Krajnović, Dušanka, « The Developmental Path of Quinine: What Can We Learn from History? », Acta Medica Medianae, vol. 62, n° 2, 2023, p. 61-70
Note 13
Le Protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation relatif à la Convention sur la diversité biologique a été adopté à la dixième réunion de la Conférence des Parties, le 29 octobre 2010, à Nagoya, au Japon, après six ans de négociations. […] Le présent Protocole entre en vigueur pour un État ou une organisation régionale d’intégration économique qui le ratifie, l’accepte, l’approuve ou y adhère après le dépôt du cinquantième instrument […]
Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, Protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation, Montréal, 2011
Note 14
in the area of cancer […] 62, or 33.5%, […] bringing the figure to 64.9%.
dans le domaine du cancer […] 62, soit 33,5 %, […] ce qui porte le chiffre à 64,9 %.
Newman, David J. et Cragg, Gordon M., « Natural Products as Sources of New Drugs over the Nearly Four Decades from 01/1981 to 09/2019 », Journal of Natural Products, vol. 83, 2020, p. 770-803
Note 15
As in the 2012 and 2016 reviews, we have continued to utilize our secondary subdivision of a "natural product mimic", or "NM", to join the original primary divisions […] For example, in the area of cancer, over the time frame from 1946 to 1980, of the 75 small molecules, 40, or 53.3%, are N or ND. In the 1981 to date time frame the equivalent figures for the N* compounds of the 185 small molecules are 62, or 33.5%, though to these can be added the 58 S* and S*/NMs, bringing the figure to 64.9%.
Comme dans les revues de 2012 et 2016, nous avons continué d’utiliser notre subdivision secondaire « mimétique de produit naturel », ou « NM », en plus des divisions primaires d’origine […] Par exemple, dans le domaine du cancer, sur la période de 1946 à 1980, sur les 75 petites molécules, 40, soit 53,3 %, sont N ou ND. Pour la période de 1981 à aujourd’hui, les chiffres équivalents pour les composés N* parmi les 185 petites molécules sont de 62, soit 33,5 %, mais on peut y ajouter les 58 S* et S*/NM, ce qui porte le chiffre à 64,9 %.
Newman, David J. et Cragg, Gordon M., « Natural Products as Sources of New Drugs over the Nearly Four Decades from 01/1981 to 09/2019 », Journal of Natural Products, vol. 83, 2020, p. 770-803
Notes et sources
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Passage L’écorce de saule était employée […] contre la douleur et la fièvre. […] Le pavot, lui, produit un latex, l’opium, dont on isole la morphine vers 1804
Säure im Opium ; An Account of the Success of the Bark of the Willow in the Cure of Agues
Source Sertürner, Friedrich, « Säure im Opium », Journal der Pharmacie, 1805-1806, domaine public (l’isolement de la morphine) ; et Stone, Edward, « An Account of the Success of the Bark of the Willow in the Cure of Agues », Philosophical Transactions of the Royal Society, vol. 53, 1763, p. 195-200, mémoires d’origine (Stone pour l’écorce de saule, Sertürner pour la morphine).
Domaine public ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
Passage Au XIXᵉ siècle, on en extrait la salicine ; les chimistes en tirent l’acide salicylique, puis une forme modifiée, mise au point pour tenter de moins irriter l’estomac : l’aspirine.
first refined willow bark into yellow crystals and named it Salicin […] produced a stronger compound from the crystals isolated from willow bark, which he named salicylic acid […] decided to develop a form of salicylate that did not cause gastric irritation
Traduction de la rédaction fut le premier à raffiner l’écorce de saule en cristaux jaunes, qu’il nomma salicine […] produisit, à partir des cristaux isolés de l’écorce de saule, un composé plus puissant qu’il nomma acide salicylique […] décida de mettre au point une forme de salicylate qui ne provoque pas d’irritation de l’estomac
Source Desborough, M. J. R. et Keeling, D. M., « The Aspirin Story – from Willow to Wonder Drug », British Journal of Haematology, vol. 177, 2017, p. 674-683, corps de l’article (Buchner, 1828 ; Piria, 1838 ; Eichengrün et Hoffmann, 1897).
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Passage le Projet 523, un programme de recherche chinois lancé en 1967
A national office for malaria control, known as the 523 Office (for purposes of confidentiality, the project was named for May 23, the date when it was initiated; the Office was terminated in March 1980) was established in 1967 with a mission of organizing and coordinating antimalarial drug research activities in seven provinces and cities across the country.
Traduction de la rédaction Un bureau national de lutte contre le paludisme, appelé Bureau 523 (par souci de confidentialité, le projet a été nommé d’après le 23 mai, date de son lancement ; le Bureau a été dissous en mars 1980), a été créé en 1967 avec pour mission d’organiser et de coordonner les recherches sur les médicaments antipaludiques dans sept provinces et villes du pays.
Source Tu, Youyou, « Artemisinin—A Gift from Traditional Chinese Medicine to the World », conférence Nobel, 7 décembre 2015, dans The Nobel Prizes 2015, Fondation Nobel, p. 283-313, p. 289.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
Passage prix Nobel de physiologie ou médecine, en 2015
The Nobel Assembly at Karolinska Institutet has today decided to award the 2015 Nobel Prize in Physiology or Medicine with one half jointly to William C. Campbell and Satoshi Ōmura […] and the other half to Tu Youyou for her discoveries concerning a novel therapy against Malaria
Traduction de la rédaction L’Assemblée Nobel de l’Institut Karolinska a décidé ce jour d’attribuer le prix Nobel de physiologie ou médecine 2015 pour moitié conjointement à William C. Campbell et Satoshi Ōmura […] et pour l’autre moitié à Tu Youyou pour ses découvertes concernant une nouvelle thérapie contre le paludisme
Source Comité Nobel de physiologie ou médecine, communiqué du 5 octobre 2015, communiqué de presse, 1re phrase (daté 2015-10-05).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage Un extrait d’armoise annuelle (Artemisia annua) avait montré une inhibition prometteuse du parasite. Puis le résultat ne s’est pas reproduit. Il contredisait même ce que disait la littérature.
The turning point came when an Artemisia annua L. extract showed a promising degree of inhibition against parasite growth. However, this observation was not reproducible in subsequent experiments and appeared to be contradictory to what was recorded in the literature.
Traduction de la rédaction Le tournant est venu lorsqu’un extrait d’Artemisia annua L. a montré un degré prometteur d’inhibition de la croissance du parasite. Cependant, cette observation n’a pas pu être reproduite lors des expériences suivantes et semblait contredire ce que rapportait la littérature.
Source Tu, Youyou, « The Discovery of Artemisinin (Qinghaosu) and Gifts from Chinese Medicine », Nature Medicine, vol. 17, n° 10, 2011, p. 1217-1220, corps de l’article.
Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage l’équipe entreprend une revue exhaustive de la littérature ancienne. Elle y trouve une seule mention de cette plante contre les symptômes du paludisme, chez Ge Hong
Seeking an explanation, we carried out an intensive review of the literature. The only reference relevant to use of qinghao […] for alleviating malaria symptoms appeared in Ge Hong's A Handbook of Prescriptions for Emergencies
Traduction de la rédaction Pour trouver une explication, nous avons mené une revue approfondie de la littérature. La seule mention de l’usage du qinghao […] pour atténuer les symptômes du paludisme figurait dans le Manuel des prescriptions pour les urgences de Ge Hong
Source Tu, Youyou, « The Discovery of Artemisinin (Qinghaosu) and Gifts from Chinese Medicine », Nature Medicine, vol. 17, n° 10, 2011, p. 1217-1220, corps de l’article.
Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage Une poignée de qinghao trempée dans deux litres d’eau, en exprimer le jus et le boire entièrement.
A handful of qinghao immersed with 2 liters of water, wring out the juice and drink it all
Traduction de la rédaction Une poignée de qinghao plongée dans deux litres d’eau, en exprimer le jus et le boire entièrement
Source Tu, Youyou, « The Discovery of Artemisinin (Qinghaosu) and Gifts from Chinese Medicine », Nature Medicine, vol. 17, n° 10, 2011, p. 1217-1220, citation de Ge Hong dans l’article.
Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage la chaleur employée dans leur propre méthode d’extraction détruisait peut-être la substance active
This sentence gave me the idea that the heating involved in the conventional extraction step we had used might have destroyed the active components, and that extraction at a lower temperature might be necessary to preserve antimalarial activity.
Traduction de la rédaction Cette phrase m’a donné l’idée que le chauffage de l’étape d’extraction classique que nous utilisions avait peut-être détruit les composants actifs, et qu’une extraction à plus basse température était peut-être nécessaire pour préserver l’activité antipaludique.
Source Tu, Youyou, « The Discovery of Artemisinin (Qinghaosu) and Gifts from Chinese Medicine », Nature Medicine, vol. 17, n° 10, 2011, p. 1217-1220, corps de l’article.
Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage Ils recommencent à basse température. L’activité devient bien meilleure.
Indeed, we obtained much better activity after switching to a lower-temperature procedure.
Traduction de la rédaction De fait, nous avons obtenu une activité bien meilleure après être passés à une méthode à plus basse température.
Source Tu, Youyou, « The Discovery of Artemisinin (Qinghaosu) and Gifts from Chinese Medicine », Nature Medicine, vol. 17, n° 10, 2011, p. 1217-1220, corps de l’article.
Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage un extrait efficace à 100 % contre le parasite, chez la souris comme chez le singe
a non-toxic, neutral extract that was 100% effective against parasitemia in mice infected with Plasmodium berghei and in monkeys
Traduction de la rédaction un extrait neutre, non toxique, efficace à 100 % contre la parasitémie chez des souris infectées par Plasmodium berghei et chez des singes
Source Tu, Youyou, « The Discovery of Artemisinin (Qinghaosu) and Gifts from Chinese Medicine », Nature Medicine, vol. 17, n° 10, 2011, p. 1217-1220, corps de l’article.
Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage Les populations autochtones des Amériques ne portent pas, en fréquences significatives, les adaptations génétiques au paludisme : la maladie y a toujours été absente, ou n’y est présente que depuis moins de plusieurs siècles.
Human polymorphisms which meet some or all of the expectations of the malaria hypothesis are found in elevated frequencies usually only in populations which have been exposed to malaria for at least several hundred years. Thus, the indigenous populations of northern Europe (with the exception of part of The Netherlands), northern parts of Asia, Australia, and all but the westernmost islands of the Pacific Ocean, and the Americas, from which malaria either has always been absent or has been present for less than this time, are all without these polymorphisms in significant frequencies.
Traduction de la rédaction Les polymorphismes humains qui répondent à tout ou partie des attentes de l’hypothèse du paludisme ne se trouvent en fréquences élevées, en général, que dans des populations exposées au paludisme depuis au moins plusieurs siècles. Ainsi, les populations autochtones du nord de l’Europe (à l’exception d’une partie des Pays-Bas), du nord de l’Asie, de l’Australie, de toutes les îles du Pacifique sauf les plus occidentales, et des Amériques, d’où le paludisme a toujours été absent ou n’est présent que depuis moins longtemps, ne présentent pas ces polymorphismes en fréquences significatives.
Source Carter, Richard et Mendis, Kamini N., « Evolutionary and Historical Aspects of the Burden of Malaria », Clinical Microbiology Reviews, vol. 15, 2002, p. 564-594, § « How long does it take malaria to select for human polymorphisms? », 1er paragraphe.
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Passage Les premiers récits espagnols documentent un usage de l’écorce contre des fièvres et des troubles divers ; son lien précis avec le paludisme reste discuté par les historiens.
The Indians have the bark in abundance, and use it in all kinds of xamaras, whether with or without blood. The Spaniards, weary of this disease, on the advice of the Indians, have used this bark and have healed many of them with it. […] Haggis, Calancha, and Bado indicate that the natives used Cinchona bark as a remedy for fevers (3,11,12). […] In terms of who discovered Cinchona’s value as an antimalarial, 2 basic assumptions exist: the natives discovered both its febrifuge and antimalarial properties consciously, and Jesuits discovered its antimalarial value after learning of its febrifuge use by the natives.
Traduction de la rédaction Les Indiens ont l’écorce en abondance et l’emploient dans toutes sortes de xamaras [flux de ventre], avec ou sans sang. Les Espagnols, las de ce mal, sur le conseil des Indiens, ont usé de cette écorce et en ont guéri beaucoup. […] Haggis, Calancha et Bado indiquent que les indigènes employaient l’écorce de quinquina comme remède contre les fièvres (3,11,12). […] Quant à savoir qui a découvert la valeur antipaludique du quinquina, deux hypothèses de base existent : les indigènes ont découvert sciemment ses propriétés à la fois fébrifuges et antipaludiques, ou les jésuites ont découvert sa valeur antipaludique après avoir appris des indigènes son usage fébrifuge.
Source Rojas-Jaimes, Jesús, Rodríguez-Gómez, Stephanie et Lombardi, Guido P., « Discovery of Cinchona as Antimalarial, Viceroyalty of Peru, Circa 1630 », Emerging Infectious Diseases, vol. 32, n° 7, 2026, p. 1141-1149, section « Discovery of Cinchona’s Value as an Antimalarial », 4ᵉ paragraphe (citation de Monardes) ; section « Discussion », 2ᵉ paragraphe ; section « Discovery of Cinchona’s Value as an Antimalarial », 1ᵉʳ paragraphe.
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Passage Il existe plus de vingt espèces du genre Cinchona, dont les concentrations en principes actifs (quinine et cinchonine) varient d’une espèce à l’autre, et même d’une population à l’autre.
C. calisaya is one of 23 species of trees in the genus Cinchona described to date, which produce varying amounts of alkaloids. The four major Cinchona alkaloids (quinine, quinidine, cinchonine, and cinchonidine) […] Quinine content does not only vary among species (Nair, 2010), but also among populations from different sites, complicating the identification of the most productive Cinchona barks (Townley, 1922; Holland, 1932).
Traduction de la rédaction C. calisaya est l’une des 23 espèces d’arbres du genre Cinchona décrites à ce jour, qui produisent des quantités variables d’alcaloïdes. Les quatre principaux alcaloïdes du Cinchona (quinine, quinidine, cinchonine et cinchonidine) […] La teneur en quinine ne varie pas seulement d’une espèce à l’autre (Nair, 2010), mais aussi d’une population à l’autre selon les sites, ce qui complique l’identification des écorces de Cinchona les plus productives (Townley, 1922 ; Holland, 1932).
Source Maldonado, Carla et al., « Phylogeny Predicts the Quantity of Antimalarial Alkaloids within the Iconic Yellow Cinchona Bark (Rubiaceae: Cinchona calisaya) », Frontiers in Plant Science, vol. 8, 2017, art. 391, introduction, 2ᵉ et 4ᵉ paragraphes.
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Passage Dans cette lecture, l’apport du savoir andin réside d’abord dans la classification et l’identification des espèces efficaces.
Once a stand of trees was located, a bark collector had to be able to identify which of the trees had the best bark for harvesting, based on various factors including the age of the tree and its local environment. […] Unsurprisingly, the expeditions relied heavily on Andean knowledge of cinchona. […] Without the benefit of the knowledge of these local experts, scientific travellers from Europe would have been at a loss to gather, understand and classify specimens.
Traduction de la rédaction Une fois un peuplement d’arbres repéré, le cueilleur d’écorce devait savoir reconnaître lesquels avaient la meilleure écorce à récolter, d’après divers facteurs dont l’âge de l’arbre et son environnement local. […] Sans surprise, les expéditions s’appuyèrent largement sur le savoir andin relatif au quinquina. […] Sans le secours du savoir de ces experts locaux, les voyageurs scientifiques venus d’Europe auraient été bien en peine de récolter, de comprendre et de classer les spécimens.
Source Crawford, Matthew James, « Cinchona », dans Thurner, Mark et Pimentel, Juan (dir.), New World Objects of Knowledge: A Cabinet of Curiosities, University of London Press, 2021, chap. 16, chap. 16, « Cinchona », 4ᵉ paragraphe (7ᵉ phrase) et 7ᵉ paragraphe (2ᵉ et dernière phrases).
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Passage En 1820, les pharmaciens français Pierre-Joseph Pelletier et Joseph Bienaimé Caventou isolent la quinine pure […] Ils font le choix de ne pas breveter leur procédé
Quinine was isolated in 1820 by two French pharmacists, Pierre Joseph Pelletier and Joseph Caventou, after which quinine replaced the bark as the standard treatment for malaria (20, 27). […] Unlike other scientists, they made their process freely available, that is, they did not patent it (29).
Traduction de la rédaction La quinine a été isolée en 1820 par deux pharmaciens français, Pierre Joseph Pelletier et Joseph Caventou, après quoi elle a remplacé l’écorce comme traitement de référence du paludisme (20, 27). […] Contrairement à d’autres scientifiques, ils ont rendu leur procédé librement accessible, c’est-à-dire qu’ils ne l’ont pas breveté (29).
Source Jovanović, Aleksandar et Krajnović, Dušanka, « The Developmental Path of Quinine: What Can We Learn from History? », Acta Medica Medianae, vol. 62, n° 2, 2023, p. 61-70, p. 63, paragraphe commençant par « As a medicine that saved many lives ».
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Passage Ce cadre est aujourd’hui encadré, pour les États qui l’ont ratifié, par le Protocole de Nagoya (2010)
Le Protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation relatif à la Convention sur la diversité biologique a été adopté à la dixième réunion de la Conférence des Parties, le 29 octobre 2010, à Nagoya, au Japon, après six ans de négociations. […] Le présent Protocole entre en vigueur pour un État ou une organisation régionale d’intégration économique qui le ratifie, l’accepte, l’approuve ou y adhère après le dépôt du cinquantième instrument […]
Source Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, Protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation, Montréal, 2011, introduction, p. 1, 1re phrase ; article 33 (« Entrée en vigueur »), § 2, p. 23.
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Passage Pour les anticancéreux à petites molécules homologués de 1981 à 2019, ils comptent 33,5 % de substances naturelles (pas seulement végétales) ou de dérivés directs, et 64,9 % si l’on ajoute les molécules de synthèse bâties sur un modèle naturel.
in the area of cancer […] 62, or 33.5%, […] bringing the figure to 64.9%.
Traduction de la rédaction dans le domaine du cancer […] 62, soit 33,5 %, […] ce qui porte le chiffre à 64,9 %.
Source Newman, David J. et Cragg, Gordon M., « Natural Products as Sources of New Drugs over the Nearly Four Decades from 01/1981 to 09/2019 », Journal of Natural Products, vol. 83, 2020, p. 770-803, résumé (catégories N et ND, puis S* et S*/NM).
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Passage selon qu’on compte les seules molécules d’origine naturelle et leurs dérivés directs, ou aussi les molécules simplement inspirées d’un modèle naturel, la proportion passe d’un tiers environ à près des deux tiers
As in the 2012 and 2016 reviews, we have continued to utilize our secondary subdivision of a "natural product mimic", or "NM", to join the original primary divisions […] For example, in the area of cancer, over the time frame from 1946 to 1980, of the 75 small molecules, 40, or 53.3%, are N or ND. In the 1981 to date time frame the equivalent figures for the N* compounds of the 185 small molecules are 62, or 33.5%, though to these can be added the 58 S* and S*/NMs, bringing the figure to 64.9%.
Traduction de la rédaction Comme dans les revues de 2012 et 2016, nous avons continué d’utiliser notre subdivision secondaire « mimétique de produit naturel », ou « NM », en plus des divisions primaires d’origine […] Par exemple, dans le domaine du cancer, sur la période de 1946 à 1980, sur les 75 petites molécules, 40, soit 53,3 %, sont N ou ND. Pour la période de 1981 à aujourd’hui, les chiffres équivalents pour les composés N* parmi les 185 petites molécules sont de 62, soit 33,5 %, mais on peut y ajouter les 58 S* et S*/NM, ce qui porte le chiffre à 64,9 %.
Source Newman, David J. et Cragg, Gordon M., « Natural Products as Sources of New Drugs over the Nearly Four Decades from 01/1981 to 09/2019 », Journal of Natural Products, vol. 83, 2020, p. 770-803, résumé.
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Pour l’ensemble de la fiche
Passage la préparation de l’armoise sans ébullition
[…] I further pondered the sentence 青蒿一握, 以水二升渍, 绞取汁, 尽服之 (A handful of Qinghao immersed in two liters of water, wring out the juice and drink it all) […] This unique way of using Qinghao suddenly gave me the idea that heating might need to be avoided during extraction, in order to preserve the herb's activity.
Traduction de la rédaction […] je me suis encore penchée sur la phrase 青蒿一握, 以水二升渍, 绞取汁, 尽服之 (une poignée de qinghao trempée dans deux litres d’eau, en exprimer le jus et le boire entièrement) […] Cette façon singulière d’employer le qinghao m’a soudain donné l’idée qu’il fallait peut-être éviter de chauffer pendant l’extraction, afin de préserver l’activité de la plante.
Source Tu, Youyou, « Artemisinin—A Gift from Traditional Chinese Medicine to the World », conférence Nobel, 7 décembre 2015, dans The Nobel Prizes 2015, Fondation Nobel, p. 283-313, p. 302 (citation de Ge Hong) et p. 304.
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Références bibliographiques
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- Andersson, Lennart, « A Revision of the Genus Cinchona (Rubiaceae-Cinchoneae) », Memoirs of the New York Botanical Garden, vol. 80, 1998, en bibliothèque (les espèces du genre et leurs teneurs).
- Carter, Richard et Mendis, Kamini N., « Evolutionary and Historical Aspects of the Burden of Malaria », Clinical Microbiology Reviews, vol. 15, 2002, p. 564-594, en accès libre (l’absence, chez les populations autochtones des Amériques, des adaptations génétiques au paludisme). https://doi.org/10.1128/CMR.15.4.564-594.2002
- Comité Nobel de physiologie ou médecine, communiqué du 5 octobre 2015, en accès libre (le prix attribué pour moitié à Tu Youyou). https://www.nobelprize.org/prizes/medicine/2015/press-release/
- Crawford, Matthew James, « Cinchona », dans Thurner, Mark et Pimentel, Juan (dir.), New World Objects of Knowledge: A Cabinet of Curiosities, University of London Press, 2021, chap. 16, en accès libre (le savoir des experts andins, sans lequel les Européens n’auraient su ni récolter ni classer les spécimens de quinquina). https://read.uolpress.co.uk/read/new-world-objects-of-knowledge/section/955a6d49-53ab-41e5-8633-5193a5bfc10a
- Crawford, Matthew James, The Andean Wonder Drug: Cinchona Bark and Imperial Science in the Spanish Atlantic, 1630-1800, University of Pittsburgh Press, 2016, en bibliothèque (les usages andins, l’identification des espèces efficaces, la mise en doute du récit du savoir « dérobé »).
- Desborough, M. J. R. et Keeling, D. M., « The Aspirin Story – from Willow to Wonder Drug », British Journal of Haematology, vol. 177, 2017, p. 674-683, en bibliothèque (la salicine tirée de l’écorce de saule, l’acide salicylique, puis l’acétylation recherchée pour réduire l’irritation de l’estomac). https://doi.org/10.1111/bjh.14520
- Ge Hong, Zhouhou beiji fang [Manuel des prescriptions pour les traitements d’urgence], vers 340, domaine public (la préparation de l’armoise sans ébullition).
- Jovanović, Aleksandar et Krajnović, Dušanka, « The Developmental Path of Quinine: What Can We Learn from History? », Acta Medica Medianae, vol. 62, n° 2, 2023, p. 61-70, en accès libre (l’isolement de la quinine par Pelletier et Caventou en 1820 ; leur procédé laissé libre, sans brevet). https://doi.org/10.5633/amm.2023.0208
- Maldonado, Carla et al., « Phylogeny Predicts the Quantity of Antimalarial Alkaloids within the Iconic Yellow Cinchona Bark (Rubiaceae: Cinchona calisaya) », Frontiers in Plant Science, vol. 8, 2017, art. 391, en accès libre (23 espèces de Cinchona décrites ; teneurs en alcaloïdes variables selon l’espèce et la population). https://doi.org/10.3389/fpls.2017.00391
- Miller, Louis H. et Su, Xinzhuan, « Artemisinin: Discovery from the Chinese Herbal Garden », Cell, vol. 146, 2011, p. 855-858, en accès libre (l’histoire du Projet 523).
- Newman, David J. et Cragg, Gordon M., « Natural Products as Sources of New Drugs over the Nearly Four Decades from 01/1981 to 09/2019 », Journal of Natural Products, vol. 83, 2020, p. 770-803, en accès libre (la part réelle des médicaments issus ou dérivés de substances naturelles, et ce que chaque catégorie recouvre).
- Pelletier, Pierre-Joseph et Caventou, Joseph Bienaimé, « Recherches chimiques sur les quinquinas », Annales de chimie et de physique, t. 15, 1820, p. 289-318 et 337-365, domaine public (l’isolement de la quinine, publié sans brevet).
- Rojas-Jaimes, Jesús, Rodríguez-Gómez, Stephanie et Lombardi, Guido P., « Discovery of Cinchona as Antimalarial, Viceroyalty of Peru, Circa 1630 », Emerging Infectious Diseases, vol. 32, n° 7, 2026, p. 1141-1149, en accès libre (les premiers témoignages, de Monardes à Calancha et Bado, sur l’écorce employée contre les flux de ventre et les fièvres ; les deux hypothèses sur la découverte de sa valeur antipaludique). https://doi.org/10.3201/eid3207.260042
- Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, Protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation, Montréal, 2011, en accès libre (adopté en 2010, entré en vigueur en 2014).
- Sertürner, Friedrich, « Säure im Opium », Journal der Pharmacie, 1805-1806, domaine public (l’isolement de la morphine) ; et Stone, Edward, « An Account of the Success of the Bark of the Willow in the Cure of Agues », Philosophical Transactions of the Royal Society, vol. 53, 1763, p. 195-200, domaine public (l’écorce de saule).
- Tu, Youyou, « Artemisinin—A Gift from Traditional Chinese Medicine to the World », conférence Nobel, 7 décembre 2015, dans The Nobel Prizes 2015, Fondation Nobel, p. 283-313, en accès libre (la recette de Ge Hong, l’armoise trempée et non bouillie, et l’idée d’une extraction sans chauffage ; le Bureau 523 créé en 1967). https://www.nobelprize.org/uploads/2018/06/tu-lecture.pdf
- Tu, Youyou, « The Discovery of Artemisinin (Qinghaosu) and Gifts from Chinese Medicine », Nature Medicine, vol. 17, n° 10, 2011, p. 1217-1220, accès payant (le résultat non reproductible à l’origine de l’enquête ; la revue de la littérature ancienne ; la phrase de Ge Hong ; l’hypothèse sur la chaleur destructrice ; la bien meilleure activité à basse température ; l’extrait efficace à 100 % chez la souris et le singe). https://doi.org/10.1038/nm.2471
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