
Ce que nous mangeons vient d’au moins onze endroits du monde, où des communautés ont domestiqué des plantes de manière totalement indépendante.
Les aliments aujourd’hui perçus comme les plus « typiques » d’une cuisine régionale viennent très souvent d’un autre continent, avec une arrivée parfois bien plus récente qu’on ne l’imagine.
Ce qu’est une plante domestiquée
Aucune des plantes que nous mangeons n’existe à l’état sauvage sous cette forme. Le maïs, le blé, la banane, le chou sont des produits fabriqués — pas en laboratoire, mais par des milliers de générations de paysans qui, chaque année, ont gardé pour semer les graines des plantes qui leur convenaient le mieux.
C’est cela, la domestication : une sélection répétée, poursuivie assez longtemps pour transformer l’espèce. Elle porte toujours sur les mêmes caractères, parce que ce sont ceux qui gênent une récolte.
- Les graines ne doivent plus tomber toutes seules. Une céréale sauvage disperse ses grains dès qu’ils sont mûrs — c’est sa façon de se reproduire. Une céréale domestiquée les garde sur l’épi jusqu’à ce qu’on vienne les prendre. Ce seul caractère la rend incapable de survivre sans nous.
On sait aujourd’hui à quoi il tient. Chez l’engrain, l’une des premières céréales domestiquées, le passage de l’épi cassant à l’épi solide s’explique par le changement d’un seul acide aminé dans une seule protéine. Chez le riz, un autre gène joue le même rôle. Une mutation minuscule, repérée puis conservée par des paysans qui n’en savaient rien, a suffi à faire basculer une plante sauvage du côté des plantes cultivées.1
- Les graines doivent germer toutes en même temps. Une plante sauvage étale ses germinations sur plusieurs années, par précaution. Un champ demande le contraire.
- La partie qu’on mange doit grossir. L’épi, le fruit, la racine, le tubercule — selon ce qu’on cherche.
- L’amertume et les toxines doivent diminuer. Presque toutes les plantes sauvages se défendent chimiquement ; les cultiver, c’est aussi les désarmer.2
Le chou illustre le procédé mieux qu’aucune autre. Le chou pommé, le chou-fleur, le brocoli, le chou de Bruxelles, le chou-rave et le chou frisé sont tous la même espèce, Brassica oleracea. Une même plante sauvage, sélectionnée tantôt pour ses bourgeons, tantôt pour ses fleurs, tantôt pour sa tige. Ce ne sont pas des cousins, mais des variantes.3
À l’échelle mondiale, l’essentiel de ce que mange l’humanité repose sur un très petit nombre d’espèces. Les céréales, surtout le riz, le blé et le maïs, fournissent à elles seules plus de la moitié des calories consommées sur la planète. Le reste se répartit entre quelques dizaines d’autres plantes, alors que l’on connaît des milliers d’espèces comestibles.4
Onze foyers, au moins
La domestication des plantes n’a pas eu lieu une fois, en un endroit unique, pour ensuite se diffuser à travers la planète.
Elle s’est produite au moins onze fois, sur plusieurs continents, sans aucun contact entre ces foyers initiaux. Des populations séparées par des océans ont eu la même idée, chacune avec les plantes qu’elle avait sous la main.5
Les ossements révèlent un fait inattendu : en Europe centrale, par exemple, les squelettes des premiers agriculteurs sont plus petits et plus légers que ceux des chasseurs-cueilleurs qui les précèdent.6
L’agriculture n’est donc pas le grand progrès que l’on décrit souvent. Elle n’est pas non plus l’erreur tragique qu’on lit parfois. C’est un chemin compliqué, pris sous la contrainte du climat et du nombre de bouches à nourrir.7
Ce qui voyage
Deux exemples suffisent à mesurer la vitesse de ces voyages :
- Le piment quitte les Amériques après 1492. Il ne gagne l’intérieur de la Chine qu’à partir de la fin du XVIIᵉ siècle (au Hunan vers 1684, au Sichuan vers 1749). Une tradition culinaire perçue comme millénaire est en réalité vieille de moins de trois siècles.
- La tomate, arrivée en Europe au XVIᵉ siècle, y est restée pendant plus d’un siècle surtout une curiosité — cultivée pour l’étude et pour l’ornement, jugée nocive par certains, mangée par quelques rares amateurs, avant d’arriver dans les assiettes.8
Ce qu’on prend pour un patrimoine immémorial est presque toujours récent.
Le dossier du siège de Léningrad
Cet épisode montre jusqu’où certains sont allés pour garder des graines.
Durant le siège de Léningrad (1941-1944), plus de vingt scientifiques et spécialistes de l’Institut de la culture végétale — la plus importante collection de semences du monde à l’époque, rassemblée par Nikolaï Vavilov — sont morts de faim en protégeant les réserves de graines comestibles. Vavilov lui-même, arrêté en 1940, est mort de faim en prison en janvier 1943.9
La ville mourait de faim, et ils avaient sous la main du riz, des pommes de terre et du blé. Ils n’y ont pas touché. Ces graines ont sauvé des lignées uniques, qui ont servi à reconstituer les cultures après la guerre et qui sont encore dans les banques de semences d’aujourd’hui.
Le chiffre de 75 % : anatomie d’un mythe statistique
On lit couramment que 75 % de la diversité des plantes cultivées aurait été perdue au cours du XXᵉ siècle. Ce chiffre est fréquemment cité pour alerter sur l’érosion génétique.
Un chiffre sans citation d’origine
Une analyse critique publiée par une quinzaine de chercheurs a remonté le fil de cette citation. Ils lui consacrent un encadré entier, dont le titre dit déjà tout : « Les origines mystérieuses du récit des 75 % ».10
Leur constat tient en une formule : l’estimation est attribuée à une grande organisation internationale, « invariablement sans citation d’origine ».11
Elle circule depuis les années 1990. Le nombre semble provenir d’efforts pour rassembler des observations et des anecdotes éparses, dans le cadre de travaux internationaux sur les ressources génétiques.12
Et la phrase existe bel et bien. On la lit, sans référence, dans un atlas publié en 1995 par cette organisation : « Depuis 1900, environ 75 % de la diversité génétique des plantes cultivées a été perdue. » Une affirmation nette, sans source, dans un document officiel.13
Les auteurs de l’analyse le disent sans détour : comment on est passé de constats locaux à une estimation mondiale reste un mystère.14
Ce qu’on trouve quand on cherche vraiment
C’est là le résultat le plus intéressant, parce qu’il n’est ni « c’est vrai » ni « c’est faux ».
Les auteurs ont passé en revue les données disponibles sur quatre terrains différents : les variétés paysannes dans les champs, les variétés modernes en agriculture, les parents sauvages des plantes cultivées dans la nature, et les collections conservées en banques de semences.15
Résultat : on observe partout des pertes marquées — mais aussi des situations stables, et même des augmentations de diversité.16
L’ampleur dépend de l’espèce, de l’échelle à laquelle on regarde, de la région — et de la méthode d’analyse choisie.17
Ce dernier point mérite attention. Il ne dit pas seulement que la réponse varie selon l’endroit. Il dit qu’elle varie aussi selon la façon de mesurer. Deux équipes honnêtes, sur le même terrain, peuvent conclure différemment.
Un chiffre unique pour le monde entier ne pouvait donc pas exister. Ce n’est pas qu’on ne l’a pas encore trouvé : c’est que la question, posée ainsi, n’a pas de réponse unique.
Ce que montrent les données factuelles
- Aucune espèce cultivée majeure n’a disparu à l’échelle mondiale sur les cinquante dernières années de données agricoles.
- Le paradoxe des régimes alimentaires : au niveau national, la variété des aliments disponibles a globalement augmenté pour les individus ; mais à l’échelle globale, la diversité entre les pays s’est réduite, menant à une homogénéisation des bols alimentaires à l’échelle de la planète.18
Distinction essentielle entre deux données distinctes
Il convient de ne pas confondre deux affirmations souvent fusionnées dans le débat public :
- « 75 % de la diversité génétique perdue » — affirmation statistique scientifiquement contestée quant à son exactitude et sa méthodologie.
- « 12 plantes et 5 espèces animales fournissent 75 % de la nourriture mondiale » — fait documenté relatif à la concentration de la production agricole contemporaine (notamment sur le blé, le riz et le maïs).19
Note 1
Re-sequencing of the Btr1 and Btr2 in a collection of 53 lines showed that a single non-synonymous amino acid substitution (alanine to threonine) at position 119 at btr1, is responsible for the non-brittle rachis trait in domesticated einkorn.
Le reséquençage de Btr1 et Btr2 dans une collection de 53 lignées a montré qu’une seule substitution d’acide aminé non synonyme (alanine en thréonine) en position 119 de btr1 est responsable du caractère d’épi non cassant chez l’engrain domestiqué.
Pourkheirandish, Mohammad et al., « On the Origin of the Non-brittle Rachis Trait of Domesticated Einkorn Wheat », Frontiers in Plant Science, vol. 8, 2031, 2018
Note 2
In plants, the syndrome is defined by a wide variety of traits that, depending on the species, may include: a reduced ability to disperse seeds without human intervention, reduction in physical and chemical defenses, reduction in unproductive side-shoots, reduction in seed dormancy, bigger seeds, more predictable and synchronous germination, and in some seed-propagated species, bigger and more inflorescences.
Chez les plantes, le syndrome se définit par une grande variété de caractères qui, selon les espèces, peuvent comprendre : une capacité réduite à disperser les graines sans intervention humaine, une réduction des défenses physiques et chimiques, une réduction des pousses latérales improductives, une réduction de la dormance des graines, des graines plus grosses, une germination plus prévisible et synchrone et, chez certaines espèces multipliées par graines, des inflorescences plus grandes et plus nombreuses.
Larson, Greger et al., « Current Perspectives and the Future of Domestication Studies », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, 2014, p. 6139-6146
Note 3
Did you know that kale, collards, kohlrabi, cabbage, Brussels sprouts, broccoli and cauliflower are all considered one species? It's true. Scientists refer to them by a single scientific name: Brassica oleracea (B. oleracea).
Saviez-vous que le chou frisé, le chou cavalier, le chou-rave, le chou pommé, le chou de Bruxelles, le brocoli et le chou-fleur sont tous considérés comme une seule espèce ? C’est vrai. Les scientifiques les désignent par un seul nom scientifique : Brassica oleracea (B. oleracea).
University of Florida, IFAS Extension, « Cole Crop Confusion », Gardening Solutions
Note 4
Around the world, rice, wheat, and maize, and to a lesser extent, sorghum and millets, are important staples critical to daily survival of billions of people. More than 50% of world daily caloric intake is derived directly from cereal grain consumption.
Partout dans le monde, le riz, le blé et le maïs, et dans une moindre mesure le sorgho et les millets, sont des aliments de base essentiels à la survie quotidienne de milliards de personnes. Plus de 50 % de l’apport calorique quotidien mondial provient directement de la consommation de grains de céréales.
Awika, Joseph M., « Major Cereal Grains Production and Use around the World », dans Advances in Cereal Science, American Chemical Society, 2011
Note 5
At least 11 regions of the Old and New World were involved as independent centers of origin, encompassing geographically isolated regions on most continents, but several more have been suggested (Fig. 1) (3, 7, 11, 15, 16).
Au moins 11 régions de l’Ancien et du Nouveau Monde ont été des foyers d’origine indépendants, dans des régions géographiquement isolées sur la plupart des continents, mais plusieurs autres ont été proposées (fig. 1).
Larson, Greger et al., « Current Perspectives and the Future of Domestication Studies », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, 2014, p. 6139-6146
Note 6
Results document significantly reduced mean stature, body mass, and crural index in Neolithic agriculturalists relative both to Late Mesolithic hunter-gatherer-fishers and to later farming populations. […] Overall, results suggest that the transition to agriculture in Central/Southeast Europe was challenging for early farming populations, but was followed by gradual amelioration across thousands of years, particularly among Central European women.
Les résultats montrent une taille moyenne, une masse corporelle et un indice crural nettement plus faibles chez les agriculteurs néolithiques, par rapport aux chasseurs-cueilleurs-pêcheurs du Mésolithique récent comme aux populations agricoles plus tardives. […] Dans l’ensemble, les résultats suggèrent que le passage à l’agriculture en Europe centrale et du Sud-Est a été difficile pour les premières populations agricoles, mais qu’il a été suivi d’une amélioration progressive sur des milliers d’années, en particulier chez les femmes d’Europe centrale.
Macintosh, Alison A., Pinhasi, Ron et Stock, Jay T., « Early Life Conditions and Physiological Stress following the Transition to Farming in Central/Southeast Europe », PLOS ONE, vol. 11, e0148468, 2016
Note 7
In particular, recent discoveries suggest that the adoption of agriculture, supposedly our most decisive step toward a better life, was in many ways a catastrophe from which we have never recovered. […] Archaeologists studying the rise of farming have reconstructed a crucial stage at which we made the worst mistake in human history.
En particulier, des découvertes récentes donnent à penser que l’adoption de l’agriculture, censée être notre pas le plus décisif vers une vie meilleure, a été à bien des égards une catastrophe dont nous ne nous sommes jamais remis. […] Les archéologues qui étudient l’essor de l’agriculture ont reconstitué une étape cruciale au cours de laquelle nous avons commis la pire erreur de l’histoire humaine.
Diamond, Jared, « The Worst Mistake in the History of the Human Race », Discover, mai 1987
Note 8
The first mention of "haijiao" is in Dayi xianzhi 大邑縣志 (comp. 1749), quoted in Yuren, Chuancai, note 86.
La première mention du « haijiao » se trouve dans le Dayi xianzhi 大邑縣志 (compilé en 1749), cité dans Yuren, Chuancai, note 86.
Wang, Hongjie, « Hot Peppers, Sichuan Cuisine and the Revolutions in Modern China », World History Connected, vol. 12, n° 3, 2015
But the first consistent references to chili peppers in local Chinese gazettes start in China’s eastern coastal regions and move gradually inland toward the West—reaching Hunan in 1684 and Sichuan in 1749—data points that support the argument that the chili pepper arrived by sea, possibly via Portuguese traders who had founded a colony near the southern Chinese coast on the island of Macao.
Mais les premières mentions régulières du piment dans les monographies locales chinoises apparaissent dans les régions côtières de l’est et progressent peu à peu vers l’intérieur, à l’ouest — atteignant le Hunan en 1684 et le Sichuan en 1749 —, autant d’indices à l’appui de l’idée que le piment est arrivé par la mer, peut-être par l’intermédiaire des marchands portugais qui avaient fondé une colonie près de la côte méridionale de la Chine, sur l’île de Macao.
Leonard, Andrew, « Why Revolutionaries Love Spicy Food », Nautilus, 6 avril 2016
The first examples of the tomato which arrived in the ‘old world’ on the ships of the Spanish Conquistadores […] Olivier De Serres (1539-1619) botanist at the French Court cites the tomato in his Treaty on Agriculture as an amusing curiosity to be used as an ornamental plant. […] Antonio Latini (1642-1696) from the Italian Marches cites the tomato for the first time in his Scalco alla moderna edited in Naples in 1694 where he describes its use in a recipe for stewed vegetables.
Les premiers exemplaires de la tomate, arrivés dans l’« ancien monde » sur les navires des conquistadors espagnols […] Olivier de Serres (1539-1619), botaniste à la cour de France, cite la tomate dans son Traité d’agriculture comme une curiosité amusante, à employer comme plante d’ornement. […] Antonio Latini (1642-1696), originaire des Marches, cite pour la première fois la tomate dans son Scalco alla moderna, publié à Naples en 1694, où il en décrit l’usage dans une recette de légumes en ragoût.
Musei del Cibo della provincia di Parma, Museo del Pomodoro, « Tomato Timeline », page web
If I should eat of this fruit, cut in slices in a pan with butter and oil, it would be injurious and harmful to me
van Andel, Tinde, Vos, Rutger A., Michels, Ewout et Stefanaki, Anastasia, « Sixteenth-century tomatoes in Europe: who saw them, what they looked like, and where they came from », PeerJ, vol. 10, e12790, 2022
Another species [of eggplant, Solanum melongena L.] has been brought to Italy in our time, […] which is eaten in the same manner [as the eggplant: fried in oil with salt and pepper, like mushrooms]
Une autre espèce [d’aubergine, Solanum melongena L.] a été apportée en Italie de notre temps, […] qui se mange de la même manière [que l’aubergine : frite dans l’huile avec du sel et du poivre, comme les champignons]
van Andel, Tinde, Vos, Rutger A., Michels, Ewout et Stefanaki, Anastasia, « Sixteenth-century tomatoes in Europe: who saw them, what they looked like, and where they came from », PeerJ, vol. 10, e12790, 2022
Note 9
Hundreds of thousands of people died from hunger, including VIR’s employees, who kept seeds and tubers in the collections safe and intact. Only their heroic efforts saved the Institute’s collection from destruction and loss of viability. Such heroism cost the lives of more than 20 scientists and specialists, but as irreparable as that cost might be, VIR managed to survive the most dangerous period in its existence.
Des centaines de milliers de personnes moururent de faim, dont des employés du VIR, qui gardaient sains et intacts les graines et les tubercules des collections. Seuls leurs efforts héroïques sauvèrent la collection de l’Institut de la destruction et de la perte de sa faculté germinative. Cet héroïsme coûta la vie à plus de vingt scientifiques et spécialistes, mais, si irréparable que fût ce prix, le VIR survécut à la période la plus dangereuse de son existence.
Loskutov, Igor G., Ukhatova, Yulia V. et Khlestkina, Elena K., « VIR: from a small Bureau in the Russian Empire to the present-day National Center for Plant Genetic Resources », Genetic Resources, n° S2, 2024 (publié en 2025), p. 58-69
Vavilov died of starvation in prison in 1943 […] Mug shot of Vavilov after arrest in 1940. […] He died in prison on 26 Jan. 1943, of cardiovascular failure and dystrophy at the age of 55—undernourished and sick as a result of solitary confinement (Fig. 9).
Vavilov mourut de faim en prison en 1943 […] Photographie d’identité judiciaire de Vavilov après son arrestation en 1940. […] Il mourut en prison le 26 janvier 1943, d’insuffisance cardiovasculaire et de dystrophie, à l’âge de 55 ans, sous-alimenté et malade à la suite de son isolement cellulaire (fig. 9).
Janick, Jules, « Nikolai Ivanovich Vavilov: Plant Geographer, Geneticist, Martyr of Science », HortScience, vol. 50, n° 6, 2015, p. 772-776
Note 10
Box 1 Just how much crop diversity has disappeared worldwide? The mysterious origins of the 75% narrative
Encadré 1 : quelle part de la diversité des plantes cultivées a vraiment disparu dans le monde ? Les mystérieuses origines du récit des 75 %
Khoury, Colin K., Brush, Stephen, Costich, Denise E. et al., « Crop Genetic Erosion: Understanding and Responding to Loss of Crop Diversity », New Phytologist, vol. 233, 2022, p. 84-118
Note 11
The estimate is attributed to the FAO, invariably without original citation.
L’estimation est attribuée à la FAO, invariablement sans citation d’origine.
Khoury, Colin K., Brush, Stephen, Costich, Denise E. et al., « Crop Genetic Erosion: Understanding and Responding to Loss of Crop Diversity », New Phytologist, vol. 233, 2022, p. 84-118
Note 12
Among the most common genetic erosion narratives, often repeated since the 1990s, is that three-quarters of crop diversity disappeared in the 20th century.
Parmi les récits d’érosion génétique les plus répandus, souvent répétés depuis les années 1990, figure l’idée que les trois quarts de la diversité des plantes cultivées ont disparu au XXᵉ siècle.
Khoury, Colin K., Brush, Stephen, Costich, Denise E. et al., « Crop Genetic Erosion: Understanding and Responding to Loss of Crop Diversity », New Phytologist, vol. 233, 2022, p. 84-118
Note 13
Since 1900, however, about 75 percent of the genetic diversity of agricultural crops has been lost.
Depuis 1900, cependant, environ 75 % de la diversité génétique des plantes cultivées a été perdue.
Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, « Biological Diversity », dans Loftas, Tony (dir.), Dimensions of Need: An Atlas of Food and Agriculture, Rome, FAO, 1995
Note 14
the questions of which other lines of evidence potentially contributed, which stakeholders were involved and how the jump from specific findings to a global estimation was made remain a mystery
les questions de savoir quelles autres sources de données ont pu contribuer, quels acteurs étaient impliqués et comment on est passé de résultats particuliers à une estimation mondiale restent un mystère
Khoury, Colin K., Brush, Stephen, Costich, Denise E. et al., « Crop Genetic Erosion: Understanding and Responding to Loss of Crop Diversity », New Phytologist, vol. 233, 2022, p. 84-118
Note 15
changes in the diversity of traditional crop landraces on farms, modern crop cultivars in agriculture, crop wild relatives in their natural habitats and crop genetic resources held in conservation repositories
les changements dans la diversité des variétés traditionnelles cultivées dans les fermes, des variétés modernes en agriculture, des espèces sauvages apparentées aux plantes cultivées dans leurs habitats naturels, et des ressources génétiques conservées dans les banques de conservation
Khoury, Colin K., Brush, Stephen, Costich, Denise E. et al., « Crop Genetic Erosion: Understanding and Responding to Loss of Crop Diversity », New Phytologist, vol. 233, 2022, p. 84-118
Note 16
This evidence indicates that marked losses, but also maintenance and increases in diversity, have occurred in all these contexts
Ces données indiquent que des pertes marquées, mais aussi un maintien et des augmentations de la diversité, se sont produits dans tous ces contextes
Khoury, Colin K., Brush, Stephen, Costich, Denise E. et al., « Crop Genetic Erosion: Understanding and Responding to Loss of Crop Diversity », New Phytologist, vol. 233, 2022, p. 84-118
Note 17
the extent depending on species, taxonomic and geographic scale, and region, as well as analytical approach
l’ampleur dépendant de l’espèce, de l’échelle taxinomique et géographique, de la région, ainsi que de la méthode d’analyse
Khoury, Colin K., Brush, Stephen, Costich, Denise E. et al., « Crop Genetic Erosion: Understanding and Responding to Loss of Crop Diversity », New Phytologist, vol. 233, 2022, p. 84-118
Note 18
At the same time the number of measured crop commodities contributing to national food supplies increased, the relative contribution of these commodities within these supplies became more even, and the dominance of the most significant commodities decreased. As a consequence, national food supplies worldwide became more similar in composition, […]
Dans le même temps, le nombre de cultures recensées contribuant aux approvisionnements alimentaires nationaux a augmenté, leur part relative est devenue plus égale, et la domination des cultures principales a diminué. En conséquence, les approvisionnements alimentaires nationaux du monde entier sont devenus plus semblables par leur composition […]
Khoury, Colin K. et al., « Increasing Homogeneity in Global Food Supplies and the Implications for Food Security », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, 2014, p. 4001-4006
Note 19
Today, 75 percent of the world's food is generated from only 12 plants and five animal species.
Aujourd’hui, 75 % de la nourriture mondiale provient de seulement 12 plantes et cinq espèces animales.
Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, « What Is Agrobiodiversity? », Rome
Notes et sources
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Passage Chez l’engrain […] le passage de l’épi cassant à l’épi solide s’explique par le changement d’un seul acide aminé dans une seule protéine.
Re-sequencing of the Btr1 and Btr2 in a collection of 53 lines showed that a single non-synonymous amino acid substitution (alanine to threonine) at position 119 at btr1, is responsible for the non-brittle rachis trait in domesticated einkorn.
Traduction de la rédaction Le reséquençage de Btr1 et Btr2 dans une collection de 53 lignées a montré qu’une seule substitution d’acide aminé non synonyme (alanine en thréonine) en position 119 de btr1 est responsable du caractère d’épi non cassant chez l’engrain domestiqué.
Source Pourkheirandish, Mohammad et al., « On the Origin of the Non-brittle Rachis Trait of Domesticated Einkorn Wheat », Frontiers in Plant Science, vol. 8, 2031, 2018, résumé (abstract).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
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Passage Les graines ne doivent plus tomber toutes seules […] Les graines doivent germer toutes en même temps […] L’amertume et les toxines doivent diminuer.
In plants, the syndrome is defined by a wide variety of traits that, depending on the species, may include: a reduced ability to disperse seeds without human intervention, reduction in physical and chemical defenses, reduction in unproductive side-shoots, reduction in seed dormancy, bigger seeds, more predictable and synchronous germination, and in some seed-propagated species, bigger and more inflorescences.
Traduction de la rédaction Chez les plantes, le syndrome se définit par une grande variété de caractères qui, selon les espèces, peuvent comprendre : une capacité réduite à disperser les graines sans intervention humaine, une réduction des défenses physiques et chimiques, une réduction des pousses latérales improductives, une réduction de la dormance des graines, des graines plus grosses, une germination plus prévisible et synchrone et, chez certaines espèces multipliées par graines, des inflorescences plus grandes et plus nombreuses.
Source Larson, Greger et al., « Current Perspectives and the Future of Domestication Studies », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, 2014, p. 6139-6146, section « Early Domestication Stages ».
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage Le chou pommé, le chou-fleur, le brocoli, le chou de Bruxelles, le chou-rave et le chou frisé sont tous la même espèce
Did you know that kale, collards, kohlrabi, cabbage, Brussels sprouts, broccoli and cauliflower are all considered one species? It's true. Scientists refer to them by a single scientific name: Brassica oleracea (B. oleracea).
Traduction de la rédaction Saviez-vous que le chou frisé, le chou cavalier, le chou-rave, le chou pommé, le chou de Bruxelles, le brocoli et le chou-fleur sont tous considérés comme une seule espèce ? C’est vrai. Les scientifiques les désignent par un seul nom scientifique : Brassica oleracea (B. oleracea).
Source University of Florida, IFAS Extension, « Cole Crop Confusion », Gardening Solutions, début de la page, 1ᵉʳ paragraphe.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage Les céréales, surtout le riz, le blé et le maïs, fournissent à elles seules plus de la moitié des calories consommées sur la planète
Around the world, rice, wheat, and maize, and to a lesser extent, sorghum and millets, are important staples critical to daily survival of billions of people. More than 50% of world daily caloric intake is derived directly from cereal grain consumption.
Traduction de la rédaction Partout dans le monde, le riz, le blé et le maïs, et dans une moindre mesure le sorgho et les millets, sont des aliments de base essentiels à la survie quotidienne de milliards de personnes. Plus de 50 % de l’apport calorique quotidien mondial provient directement de la consommation de grains de céréales.
Source Awika, Joseph M., « Major Cereal Grains Production and Use around the World », dans Advances in Cereal Science, American Chemical Society, 2011, résumé.
Accès payant · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage Elle s’est produite au moins onze fois, sur plusieurs continents, sans aucun contact entre ces foyers initiaux.
At least 11 regions of the Old and New World were involved as independent centers of origin, encompassing geographically isolated regions on most continents, but several more have been suggested (Fig. 1) (3, 7, 11, 15, 16).
Traduction de la rédaction Au moins 11 régions de l’Ancien et du Nouveau Monde ont été des foyers d’origine indépendants, dans des régions géographiquement isolées sur la plupart des continents, mais plusieurs autres ont été proposées (fig. 1).
Source Larson, Greger et al., « Current Perspectives and the Future of Domestication Studies », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, 2014, p. 6139-6146, section « Spatial and Temporal Patterns of Domestication ».
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
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Passage en Europe centrale, par exemple, les squelettes des premiers agriculteurs sont plus petits et plus légers que ceux des chasseurs-cueilleurs qui les précèdent
Results document significantly reduced mean stature, body mass, and crural index in Neolithic agriculturalists relative both to Late Mesolithic hunter-gatherer-fishers and to later farming populations. […] Overall, results suggest that the transition to agriculture in Central/Southeast Europe was challenging for early farming populations, but was followed by gradual amelioration across thousands of years, particularly among Central European women.
Traduction de la rédaction Les résultats montrent une taille moyenne, une masse corporelle et un indice crural nettement plus faibles chez les agriculteurs néolithiques, par rapport aux chasseurs-cueilleurs-pêcheurs du Mésolithique récent comme aux populations agricoles plus tardives. […] Dans l’ensemble, les résultats suggèrent que le passage à l’agriculture en Europe centrale et du Sud-Est a été difficile pour les premières populations agricoles, mais qu’il a été suivi d’une amélioration progressive sur des milliers d’années, en particulier chez les femmes d’Europe centrale.
Source Macintosh, Alison A., Pinhasi, Ron et Stock, Jay T., « Early Life Conditions and Physiological Stress following the Transition to Farming in Central/Southeast Europe », PLOS ONE, vol. 11, e0148468, 2016, résumé (abstract).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
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Passage Elle n’est pas non plus l’erreur tragique qu’on lit parfois.
In particular, recent discoveries suggest that the adoption of agriculture, supposedly our most decisive step toward a better life, was in many ways a catastrophe from which we have never recovered. […] Archaeologists studying the rise of farming have reconstructed a crucial stage at which we made the worst mistake in human history.
Traduction de la rédaction En particulier, des découvertes récentes donnent à penser que l’adoption de l’agriculture, censée être notre pas le plus décisif vers une vie meilleure, a été à bien des égards une catastrophe dont nous ne nous sommes jamais remis. […] Les archéologues qui étudient l’essor de l’agriculture ont reconstitué une étape cruciale au cours de laquelle nous avons commis la pire erreur de l’histoire humaine.
Source Diamond, Jared, « The Worst Mistake in the History of the Human Race », Discover, mai 1987, 1er paragraphe de l’article, puis fin de l’article, paragraphe commençant par « At this point it’s instructive to recall » (p. 64-66 dans Discover).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage au Sichuan vers 1749
The first mention of "haijiao" is in Dayi xianzhi 大邑縣志 (comp. 1749), quoted in Yuren, Chuancai, note 86.
Traduction de la rédaction La première mention du « haijiao » se trouve dans le Dayi xianzhi 大邑縣志 (compilé en 1749), cité dans Yuren, Chuancai, note 86.
Source Wang, Hongjie, « Hot Peppers, Sichuan Cuisine and the Revolutions in Modern China », World History Connected, vol. 12, n° 3, 2015, note 7.
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Passage Il ne gagne l’intérieur de la Chine qu’à partir de la fin du XVIIᵉ siècle (au Hunan vers 1684 […])
But the first consistent references to chili peppers in local Chinese gazettes start in China’s eastern coastal regions and move gradually inland toward the West—reaching Hunan in 1684 and Sichuan in 1749—data points that support the argument that the chili pepper arrived by sea, possibly via Portuguese traders who had founded a colony near the southern Chinese coast on the island of Macao.
Traduction de la rédaction Mais les premières mentions régulières du piment dans les monographies locales chinoises apparaissent dans les régions côtières de l’est et progressent peu à peu vers l’intérieur, à l’ouest — atteignant le Hunan en 1684 et le Sichuan en 1749 —, autant d’indices à l’appui de l’idée que le piment est arrivé par la mer, peut-être par l’intermédiaire des marchands portugais qui avaient fondé une colonie près de la côte méridionale de la Chine, sur l’île de Macao.
Source Leonard, Andrew, « Why Revolutionaries Love Spicy Food », Nautilus, 6 avril 2016, corps de l’article, 15ᵉ paragraphe (à partir de « In 1932 »).
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Passage La tomate […] y est restée pendant plus d’un siècle surtout une curiosité — cultivée pour l’étude et pour l’ornement
The first examples of the tomato which arrived in the ‘old world’ on the ships of the Spanish Conquistadores […] Olivier De Serres (1539-1619) botanist at the French Court cites the tomato in his Treaty on Agriculture as an amusing curiosity to be used as an ornamental plant. […] Antonio Latini (1642-1696) from the Italian Marches cites the tomato for the first time in his Scalco alla moderna edited in Naples in 1694 where he describes its use in a recipe for stewed vegetables.
Traduction de la rédaction Les premiers exemplaires de la tomate, arrivés dans l’« ancien monde » sur les navires des conquistadors espagnols […] Olivier de Serres (1539-1619), botaniste à la cour de France, cite la tomate dans son Traité d’agriculture comme une curiosité amusante, à employer comme plante d’ornement. […] Antonio Latini (1642-1696), originaire des Marches, cite pour la première fois la tomate dans son Scalco alla moderna, publié à Naples en 1694, où il en décrit l’usage dans une recette de légumes en ragoût.
Source Musei del Cibo della provincia di Parma, Museo del Pomodoro, « Tomato Timeline », page web, frise chronologique, entrées « XVI century » et « XVII century » (De Serres, Latini).
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Passage jugée nocive par certains
If I should eat of this fruit, cut in slices in a pan with butter and oil, it would be injurious and harmful to me
Source van Andel, Tinde, Vos, Rutger A., Michels, Ewout et Stefanaki, Anastasia, « Sixteenth-century tomatoes in Europe: who saw them, what they looked like, and where they came from », PeerJ, vol. 10, e12790, 2022, tableau 1 (« Sixteenth-century descriptions, specimens and illustrations of the tomato… »), ligne Michiel, colonne « Names » (traduction de McCue, 1952).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 28 octobre 2026
Passage mangée par quelques rares amateurs
Another species [of eggplant, Solanum melongena L.] has been brought to Italy in our time, […] which is eaten in the same manner [as the eggplant: fried in oil with salt and pepper, like mushrooms]
Traduction de la rédaction Une autre espèce [d’aubergine, Solanum melongena L.] a été apportée en Italie de notre temps, […] qui se mange de la même manière [que l’aubergine : frite dans l’huile avec du sel et du poivre, comme les champignons]
Source van Andel, Tinde, Vos, Rutger A., Michels, Ewout et Stefanaki, Anastasia, « Sixteenth-century tomatoes in Europe: who saw them, what they looked like, and where they came from », PeerJ, vol. 10, e12790, 2022, section « The first mention of a tomato (1544) » (traduction anglaise du texte de Matthioli, 1544).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 28 octobre 2026
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Passage plus de vingt scientifiques et spécialistes de l’Institut de la culture végétale […] sont morts de faim en protégeant les réserves de graines comestibles
Hundreds of thousands of people died from hunger, including VIR’s employees, who kept seeds and tubers in the collections safe and intact. Only their heroic efforts saved the Institute’s collection from destruction and loss of viability. Such heroism cost the lives of more than 20 scientists and specialists, but as irreparable as that cost might be, VIR managed to survive the most dangerous period in its existence.
Traduction de la rédaction Des centaines de milliers de personnes moururent de faim, dont des employés du VIR, qui gardaient sains et intacts les graines et les tubercules des collections. Seuls leurs efforts héroïques sauvèrent la collection de l’Institut de la destruction et de la perte de sa faculté germinative. Cet héroïsme coûta la vie à plus de vingt scientifiques et spécialistes, mais, si irréparable que fût ce prix, le VIR survécut à la période la plus dangereuse de son existence.
Source Loskutov, Igor G., Ukhatova, Yulia V. et Khlestkina, Elena K., « VIR: from a small Bureau in the Russian Empire to the present-day National Center for Plant Genetic Resources », Genetic Resources, n° S2, 2024 (publié en 2025), p. 58-69, section « Introduction and historical events », passage sur le siège de Léningrad.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
Passage Vavilov lui-même, arrêté en 1940, est mort de faim en prison en janvier 1943.
Vavilov died of starvation in prison in 1943 […] Mug shot of Vavilov after arrest in 1940. […] He died in prison on 26 Jan. 1943, of cardiovascular failure and dystrophy at the age of 55—undernourished and sick as a result of solitary confinement (Fig. 9).
Traduction de la rédaction Vavilov mourut de faim en prison en 1943 […] Photographie d’identité judiciaire de Vavilov après son arrestation en 1940. […] Il mourut en prison le 26 janvier 1943, d’insuffisance cardiovasculaire et de dystrophie, à l’âge de 55 ans, sous-alimenté et malade à la suite de son isolement cellulaire (fig. 9).
Source Janick, Jules, « Nikolai Ivanovich Vavilov: Plant Geographer, Geneticist, Martyr of Science », HortScience, vol. 50, n° 6, 2015, p. 772-776, résumé, p. 772 ; légende de la fig. 8 et texte, p. 775.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage les origines mystérieuses du récit des 75 %
Box 1 Just how much crop diversity has disappeared worldwide? The mysterious origins of the 75% narrative
Traduction de la rédaction Encadré 1 : quelle part de la diversité des plantes cultivées a vraiment disparu dans le monde ? Les mystérieuses origines du récit des 75 %
Source Khoury, Colin K., Brush, Stephen, Costich, Denise E. et al., « Crop Genetic Erosion: Understanding and Responding to Loss of Crop Diversity », New Phytologist, vol. 233, 2022, p. 84-118, encadré 1.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage l’estimation est attribuée à une grande organisation internationale, « invariablement sans citation d’origine »
The estimate is attributed to the FAO, invariably without original citation.
Traduction de la rédaction L’estimation est attribuée à la FAO, invariablement sans citation d’origine.
Source Khoury, Colin K., Brush, Stephen, Costich, Denise E. et al., « Crop Genetic Erosion: Understanding and Responding to Loss of Crop Diversity », New Phytologist, vol. 233, 2022, p. 84-118, encadré 1.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage Elle circule depuis les années 1990.
Among the most common genetic erosion narratives, often repeated since the 1990s, is that three-quarters of crop diversity disappeared in the 20th century.
Traduction de la rédaction Parmi les récits d’érosion génétique les plus répandus, souvent répétés depuis les années 1990, figure l’idée que les trois quarts de la diversité des plantes cultivées ont disparu au XXᵉ siècle.
Source Khoury, Colin K., Brush, Stephen, Costich, Denise E. et al., « Crop Genetic Erosion: Understanding and Responding to Loss of Crop Diversity », New Phytologist, vol. 233, 2022, p. 84-118, encadré 1.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage Depuis 1900, environ 75 % de la diversité génétique des plantes cultivées a été perdue.
Since 1900, however, about 75 percent of the genetic diversity of agricultural crops has been lost.
Traduction de la rédaction Depuis 1900, cependant, environ 75 % de la diversité génétique des plantes cultivées a été perdue.
Source Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, « Biological Diversity », dans Loftas, Tony (dir.), Dimensions of Need: An Atlas of Food and Agriculture, Rome, FAO, 1995, chapitre « Biological diversity ».
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage comment on est passé de constats locaux à une estimation mondiale reste un mystère
the questions of which other lines of evidence potentially contributed, which stakeholders were involved and how the jump from specific findings to a global estimation was made remain a mystery
Traduction de la rédaction les questions de savoir quelles autres sources de données ont pu contribuer, quels acteurs étaient impliqués et comment on est passé de résultats particuliers à une estimation mondiale restent un mystère
Source Khoury, Colin K., Brush, Stephen, Costich, Denise E. et al., « Crop Genetic Erosion: Understanding and Responding to Loss of Crop Diversity », New Phytologist, vol. 233, 2022, p. 84-118, encadré 1.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage les variétés paysannes dans les champs, les variétés modernes en agriculture, les parents sauvages des plantes cultivées dans la nature, et les collections conservées en banques de semences
changes in the diversity of traditional crop landraces on farms, modern crop cultivars in agriculture, crop wild relatives in their natural habitats and crop genetic resources held in conservation repositories
Traduction de la rédaction les changements dans la diversité des variétés traditionnelles cultivées dans les fermes, des variétés modernes en agriculture, des espèces sauvages apparentées aux plantes cultivées dans leurs habitats naturels, et des ressources génétiques conservées dans les banques de conservation
Source Khoury, Colin K., Brush, Stephen, Costich, Denise E. et al., « Crop Genetic Erosion: Understanding and Responding to Loss of Crop Diversity », New Phytologist, vol. 233, 2022, p. 84-118, résumé.
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Passage on observe partout des pertes marquées — mais aussi des situations stables, et même des augmentations de diversité
This evidence indicates that marked losses, but also maintenance and increases in diversity, have occurred in all these contexts
Traduction de la rédaction Ces données indiquent que des pertes marquées, mais aussi un maintien et des augmentations de la diversité, se sont produits dans tous ces contextes
Source Khoury, Colin K., Brush, Stephen, Costich, Denise E. et al., « Crop Genetic Erosion: Understanding and Responding to Loss of Crop Diversity », New Phytologist, vol. 233, 2022, p. 84-118, résumé.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage L’ampleur dépend de l’espèce, de l’échelle à laquelle on regarde, de la région — et de la méthode d’analyse choisie.
the extent depending on species, taxonomic and geographic scale, and region, as well as analytical approach
Traduction de la rédaction l’ampleur dépendant de l’espèce, de l’échelle taxinomique et géographique, de la région, ainsi que de la méthode d’analyse
Source Khoury, Colin K., Brush, Stephen, Costich, Denise E. et al., « Crop Genetic Erosion: Understanding and Responding to Loss of Crop Diversity », New Phytologist, vol. 233, 2022, p. 84-118, résumé.
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Passage au niveau national, la variété des aliments disponibles a globalement augmenté […] mais à l’échelle globale, la diversité entre les pays s’est réduite
At the same time the number of measured crop commodities contributing to national food supplies increased, the relative contribution of these commodities within these supplies became more even, and the dominance of the most significant commodities decreased. As a consequence, national food supplies worldwide became more similar in composition, […]
Traduction de la rédaction Dans le même temps, le nombre de cultures recensées contribuant aux approvisionnements alimentaires nationaux a augmenté, leur part relative est devenue plus égale, et la domination des cultures principales a diminué. En conséquence, les approvisionnements alimentaires nationaux du monde entier sont devenus plus semblables par leur composition […]
Source Khoury, Colin K. et al., « Increasing Homogeneity in Global Food Supplies and the Implications for Food Security », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, 2014, p. 4001-4006, résumé (abstract).
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Passage 12 plantes et 5 espèces animales fournissent 75 % de la nourriture mondiale
Today, 75 percent of the world's food is generated from only 12 plants and five animal species.
Traduction de la rédaction Aujourd’hui, 75 % de la nourriture mondiale provient de seulement 12 plantes et cinq espèces animales.
Source Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, « What Is Agrobiodiversity? », Rome, encadré 5 « 100 years of agricultural change: some trends and figures related to agrobiodiversity ».
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Références bibliographiques
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- Awika, Joseph M., « Major Cereal Grains Production and Use around the World », dans Advances in Cereal Science, American Chemical Society, 2011, accès payant (la part des céréales dans l’apport calorique mondial).
- Diamond, Jared, « The Worst Mistake in the History of the Human Race », Discover, mai 1987, en accès libre (la thèse discutée ici).
- Dott, Brian R., The Chile Pepper in China: A Cultural Biography, Columbia University Press, 2020, en bibliothèque (Hunan vers 1684, Sichuan vers 1749 ; voir l’entrée 2.10).
- Gentilcore, David, Pomodoro! A History of the Tomato in Italy, Columbia University Press, 2010, en bibliothèque (la tomate, longtemps une curiosité regardée avec méfiance).
- Harlan, Jack R., Crops and Man, American Society of Agronomy, 1992, en bibliothèque (les caractères de la domestication).
- Janick, Jules, « Nikolai Ivanovich Vavilov: Plant Geographer, Geneticist, Martyr of Science », HortScience, vol. 50, n° 6, 2015, p. 772-776, en accès libre (l’arrestation de Vavilov en 1940 ; sa mort de faim en prison le 26 janvier 1943). https://www.hort.purdue.edu/NEWCROP/pdfs/772.full.pdf
- Khoury, Colin K. et al., « Increasing Homogeneity in Global Food Supplies and the Implications for Food Security », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, 2014, p. 4001-4006, en accès libre (la diversité qui augmente dans chaque pays et diminue entre les pays).
- Khoury, Colin K., Brush, Stephen, Costich, Denise E. et al., « Crop Genetic Erosion: Understanding and Responding to Loss of Crop Diversity », New Phytologist, vol. 233, 2022, p. 84-118, en accès libre (l’encadré sur les origines du récit des 75 % ; l’attribution « invariablement sans citation d’origine » ; la circulation depuis les années 1990 ; les quatre terrains passés en revue ; des pertes marquées mais aussi des maintiens et des augmentations, selon l’espèce, l’échelle, la région et la méthode d’analyse). https://doi.org/10.1111/nph.17733
- Larson, Greger et al., « Current Perspectives and the Future of Domestication Studies », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, 2014, p. 6139-6146, en accès libre (au moins onze foyers indépendants ; voir les entrées 2.9 et 3.2).
- Leonard, Andrew, « Why Revolutionaries Love Spicy Food », Nautilus, 6 avril 2016, en accès libre (les premières mentions régulières du piment dans les monographies locales, des côtes vers l’intérieur : Hunan en 1684, Sichuan en 1749). https://nautil.us/why-revolutionaries-love-spicy-food-235885
- Loskutov, Igor G., Ukhatova, Yulia V. et Khlestkina, Elena K., « VIR: from a small Bureau in the Russian Empire to the present-day National Center for Plant Genetic Resources », Genetic Resources, n° S2, 2024 (publié en 2025), p. 58-69, en accès libre (le siège de Léningrad : plus de vingt scientifiques et spécialistes de l’institut morts de faim en gardant intactes les graines et les tubercules). https://doi.org/10.46265/genresj.EVEF5522
- Loskutov, Igor G., Vavilov and His Institute: A History of the World Collection of Plant Genetic Resources in Russia, IPGRI, Rome, 1999, en accès libre.
- Macintosh, Alison A., Pinhasi, Ron et Stock, Jay T., « Early Life Conditions and Physiological Stress following the Transition to Farming in Central/Southeast Europe », PLOS ONE, vol. 11, e0148468, 2016, en accès libre (les squelettes des premiers agriculteurs ; voir l’entrée 2.9).
- Musei del Cibo della provincia di Parma, Museo del Pomodoro, « Tomato Timeline », page web, en accès libre. https://pomodoro.museidelcibo.it/en/timeline/
- Nabhan, Gary Paul, Where Our Food Comes From: Retracing Nikolay Vavilov’s Quest to End Famine, Island Press, 2009, en bibliothèque (Vavilov, l’institut, le siège de Léningrad).
- Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, « Biological Diversity », dans Loftas, Tony (dir.), Dimensions of Need: An Atlas of Food and Agriculture, Rome, FAO, 1995, en accès libre (la phrase des 75 % telle qu’elle circule, énoncée sans référence). https://www.fao.org/4/U8480E/U8480E0K.HTM
- Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, « What Is Agrobiodiversity? », Rome, en accès libre (75 % de la nourriture mondiale issue de 12 plantes et de 5 espèces animales). https://www.fao.org/4/y5609e/y5609e02.htm
- Pourkheirandish, Mohammad et al., « On the Origin of the Non-brittle Rachis Trait of Domesticated Einkorn Wheat », Frontiers in Plant Science, vol. 8, 2031, 2018, en accès libre (la substitution d’un seul acide aminé à l’origine de l’épi non cassant de l’engrain domestiqué). https://doi.org/10.3389/fpls.2017.02031
- University of Florida, IFAS Extension, « Cole Crop Confusion », Gardening Solutions, en accès libre (chou frisé, chou-rave, chou pommé, chou de Bruxelles, brocoli et chou-fleur : une seule espèce, Brassica oleracea). https://gardeningsolutions.ifas.ufl.edu/plants/edibles/vegetables/cole-crop-confusion/
- van Andel, Tinde, Vos, Rutger A., Michels, Ewout et Stefanaki, Anastasia, « Sixteenth-century tomatoes in Europe: who saw them, what they looked like, and where they came from », PeerJ, vol. 10, e12790, 2022, en accès libre (la première mention de la tomate en Europe par Matthioli en 1544, qui la dit mangée frite comme l’aubergine). https://doi.org/10.7717/peerj.12790
- Wang, Hongjie, « Hot Peppers, Sichuan Cuisine and the Revolutions in Modern China », World History Connected, vol. 12, n° 3, 2015, en accès libre. https://doi.org/10.13021/whc.v12i3.4424
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