
Avoir du mal à s’endormir tôt et du mal à se lever, à l’adolescence, n’est pas de la paresse.
C’est mesuré, c’est daté, et cela ne relève pas de l’opinion. Cette page explique comment on le sait.
Ce qui se produit
À l’approche de l’adolescence, l’horloge interne du corps se décale.1
L’endormissement et le réveil se déplacent naturellement vers plus tard. Ce n’est pas que l’adolescent décide de se coucher tard : c’est que le signal biologique qui déclenche le sommeil arrive plus tard qu’avant.
Comment on sait que c’est biologique
On pourrait tout expliquer autrement : les adolescents se couchent tard parce qu’ils ont des devoirs, des écrans, des amis, et qu’ils aiment veiller. Ce serait une explication purement comportementale, et elle paraît plausible.
Les chercheurs ont donc construit des situations où les deux explications ne prédisent pas la même chose.
- Premier test : On met des adolescents à horaires réguliers, avec assez de temps pour dormir. Si le décalage venait uniquement des habitudes, il devrait disparaître. Il persiste.
- Deuxième test : On les observe en laboratoire, dans des conditions contrôlées où l’influence sociale est limitée. Même chose : si c’était social, cela devrait s’effacer. Le décalage se maintient.
- Troisième test : En 1993, une équipe interroge plus de quatre cents élèves d’une même classe d’âge sur leur préférence matin ou soir, et cherche à quoi elle est liée. Les chercheurs ont mis en regard le développement pubertaire, mais aussi deux facteurs sociaux : le type d’établissement — donc le fait de côtoyer ou non des élèves plus âgés — et le rang dans la fratrie.2
Résultat : une corrélation avec le développement pubertaire. Aucun lien avec les deux facteurs sociaux.3
Trois façons de chercher à donner tort à l’explication biologique. Aucune n’y parvient.
C’est ainsi qu’une affirmation devient solide : pas parce qu’elle est répétée, mais parce que ceux qui la défendent ont construit eux-mêmes les épreuves capables de la démentir.
Ce que cette étude ne dit pas
Puisque cette page prétend enseigner à lire un résultat, elle se doit de lire celui-ci jusqu’au bout.
Le lien est net chez les filles. Chez les garçons, la même tendance apparaît — mais elle n’atteint pas le seuil de signification.4
Cela ne veut pas dire qu’elle est absente : cela veut dire que, dans cet échantillon-là, on ne peut pas l’affirmer.
La prudence des auteurs dans leur propre conclusion mérite aussi d’être relevée. Ils n’écrivent pas « nous avons démontré ». Ils écrivent que ces données soutiennent l’implication d’un facteur biologique.5
C’est pour cela que les deux autres tests comptent. Un résultat partiel plus un autre résultat partiel qui l’appuie par un chemin différent : voilà comment une conclusion se construit. Rarement d’un coup, presque jamais par une seule étude.
La part que l’on contrôle, et celle que l’on ne contrôle pas
Il faut se garder d’en tirer la conclusion inverse. Le décalage est en partie entretenu par ce qui repousse le coucher : les devoirs, les écrans, la vie sociale. Ce n’est donc ni tout biologique, ni tout comportemental. C’est les deux.6
- Se dire « c’est biologique, je n’y peux rien » donne un alibi, et c’est faux : une partie dépend de ce que l’on fait le soir.
- S’entendre dire « c’est du laisser-aller » donne une culpabilité, et c’est faux aussi : une partie ne dépend pas de soi et ne disparaîtra pas à force de volonté.
Il y a une part que l’on ne contrôle pas et une part que l’on contrôle. C’est en distinguant l’une de l’autre que l’on peut agir. Et si les difficultés de sommeil sont fortes ou durables, mieux vaut en parler à un professionnel de santé.
Un débat public, et ce qu’il faut en dire
Ce constat a conduit, dans plusieurs pays, à discuter l’heure de début des cours.
Ce site ne prend pas parti :
- Ce qui est : L’horloge interne se décale-t-elle à l’adolescence ? Cette question se tranche par la mesure, et elle est tranchée.
- Ce qu’il faut faire : Faut-il commencer les cours plus tard ? Cette question n’a pas de réponse scientifique unique. Elle met en jeu les transports, le travail des parents, les activités du soir, l’organisation des établissements et le budget.
Une mesure scientifique ne dit jamais ce qu’il faut faire. Elle dit ce qui se passe. Ce qu’on en fait ensuite est une décision politique et sociale, et les décisions se discutent.
Sur la fonction du sommeil et ses garde-fous
Pourquoi dormons-nous ? La question est encore étudiée. En 2013, une étude menée sur des souris a conclu que le sommeil accélère le nettoyage du cerveau ; en 2024, une autre, elle aussi menée sur des souris, a mesuré l’inverse. Le débat porte sur ce mécanisme : que le sommeil soit important n’est pas contesté. Il faut aussi distinguer les faits mesurés des interprétations : le sommeil n’est pas une formule magique à optimiser absolument à coup de gadgets.7
- Les écrans : ils font partie de ce qui repousse le coucher, comme les devoirs et la vie sociale.8
Sur la croissance
Cette page ne donne aucune courbe, aucun chiffre, aucun âge de référence, aucune fourchette. Aucune description de ce qui serait « en avance » ou « en retard ».
Les rythmes de croissance varient énormément d’une personne à l’autre. Ce n’est pas l’exception, c’est la règle.
Deux personnes du même âge peuvent être à des étapes de développement très différentes, tout en allant toutes deux parfaitement bien. Une moyenne n’est pas un objectif à atteindre : c’est un calcul statistique sur une population. Personne n’est une moyenne.
Quand on se pose des questions sur son propre corps, la bonne démarche est d’en parler à un professionnel de santé qui peut examiner et écouter.
Ce que nous devons au lecteur
C’est la dernière page de cette encyclopédie, et nous voulons conclure sur nos engagements :
- Ne pas faire peur. La peur ne fait pas réfléchir.
- Ne pas mentir. Ni en noircissant le tableau, ni en rassurant sans preuve.
- Ne pas confier de mission. Le lecteur n’est pas responsable de réparer ce que d’autres ont fait.
- Ne jamais demander d’être cru sur parole.
Chaque page indique d’où viennent ses informations, chaque chiffre porte sa date, et chaque doute est explicité. Le lecteur n’a pas besoin de nous faire confiance : il a besoin de pouvoir vérifier.
Note 1
Moreover, both home-based and laboratory studies of adolescents show that delayed circadian phase correlates with secondary-sex development [7, 10, 11].
En outre, les études menées à domicile comme en laboratoire chez des adolescents montrent que le retard de phase circadienne est corrélé au développement des caractères sexuels secondaires [7, 10, 11].
Hagenauer, M. H., Perryman, J. I., Lee, T. M. et Carskadon, M. A., « Adolescent Changes in the Homeostatic and Circadian Regulation of Sleep », Developmental Neuroscience, vol. 31, n° 4, 2009, p. 276-284
Note 2
Adolescents continue to show a delayed circadian (or internal clock) phase as indicated by daily endocrine rhythms […] even after several weeks of regulated schedules that allow for sufficient sleep
Les adolescents continuent de montrer une phase circadienne (de l’horloge interne) retardée, comme l’indiquent les rythmes hormonaux quotidiens […] même après plusieurs semaines d’horaires réglés qui laissent assez de temps pour dormir
Hagenauer, M. H., Perryman, J. I., Lee, T. M. et Carskadon, M. A., « Adolescent Changes in the Homeostatic and Circadian Regulation of Sleep », Developmental Neuroscience, vol. 31, n° 4, 2009, p. 276-284
This delay is maintained under controlled laboratory conditions in which there is limited possibility for social influence
Ce retard se maintient dans des conditions de laboratoire contrôlées où l’influence sociale n’a guère de prise
Hagenauer, M. H., Perryman, J. I., Lee, T. M. et Carskadon, M. A., « Adolescent Changes in the Homeostatic and Circadian Regulation of Sleep », Developmental Neuroscience, vol. 31, n° 4, 2009, p. 276-284
183 sixth-grade boys and 275 sixth-grade girls completed questionnaires for morningness/eveningness (M/E) and pubertal status
183 garçons et 275 filles de sixième année ont rempli des questionnaires sur leur préférence du matin ou du soir (M/E) et sur leur stade pubertaire
Carskadon, Mary A., Vieira, Cecilia et Acebo, Christine, « Association between Puberty and Delayed Phase Preference », Sleep, vol. 16, n° 3, 1993, p. 258-262
School environment and birth order were also evaluated.
Le milieu scolaire et le rang dans la fratrie ont aussi été évalués.
Carskadon, Mary A., Vieira, Cecilia et Acebo, Christine, « Association between Puberty and Delayed Phase Preference », Sleep, vol. 16, n° 3, 1993, p. 258-262
Note 3
No relationship between M/E and psychosocial factors was found.
Aucun lien n’a été trouvé entre la préférence M/E et les facteurs psychosociaux.
Carskadon, Mary A., Vieira, Cecilia et Acebo, Christine, « Association between Puberty and Delayed Phase Preference », Sleep, vol. 16, n° 3, 1993, p. 258-262
Note 4
A significant relationship of pubertal status to M/E was found in girls, with a similar though nonsignificant trend in boys.
Un lien significatif entre le stade pubertaire et la préférence M/E a été trouvé chez les filles, avec une tendance semblable, mais non significative, chez les garçons.
Carskadon, Mary A., Vieira, Cecilia et Acebo, Christine, « Association between Puberty and Delayed Phase Preference », Sleep, vol. 16, n° 3, 1993, p. 258-262
Note 5
These data support involvement of a biological factor in the adolescent phase preference delay
Ces données soutiennent l’implication d’un facteur biologique dans le retard de la préférence de phase à l’adolescence
Carskadon, Mary A., Vieira, Cecilia et Acebo, Christine, « Association between Puberty and Delayed Phase Preference », Sleep, vol. 16, n° 3, 1993, p. 258-262
Note 6
Such psychosocial factors as self-selected bedtimes, response to academic pressure, and the availability and use of technology and social networking in the evening also push for a delay in the timing of sleep.
Des facteurs psychosociaux tels que l’heure du coucher choisie par l’adolescent lui-même, la réponse à la pression scolaire, ainsi que la disponibilité et l’usage, le soir, de la technologie et des réseaux sociaux poussent eux aussi à retarder l’heure du sommeil.
Carskadon, Mary A., « Sleep in Adolescents: The Perfect Storm », Pediatric Clinics of North America, vol. 58, n° 3, 2011, p. 637-647
Note 7
Using real-time assessments of tetramethylammonium diffusion and two-photon imaging in live mice, we show that natural sleep or anesthesia are associated with a 60% increase in the interstitial space, resulting in a striking increase in convective exchange of cerebrospinal fluid with interstitial fluid. In turn, convective fluxes of interstitial fluid increased the rate of β-amyloid clearance during sleep. Thus, the restorative function of sleep may be a consequence of the enhanced removal of potentially neurotoxic waste products that accumulate in the awake central nervous system.
Grâce à des mesures en temps réel de la diffusion du tétraméthylammonium et à l’imagerie biphotonique chez des souris vivantes, nous montrons que le sommeil naturel ou l’anesthésie s’accompagnent d’une augmentation de 60 % de l’espace interstitiel, d’où une hausse frappante des échanges convectifs entre le liquide cérébrospinal et le liquide interstitiel. À leur tour, les flux convectifs de liquide interstitiel ont accru la vitesse d’élimination de la β-amyloïde pendant le sommeil. Ainsi, la fonction réparatrice du sommeil pourrait être une conséquence de l’élimination accrue de déchets potentiellement neurotoxiques qui s’accumulent dans le système nerveux central à l’état de veille.
Xie, Lulu et al., « Sleep Drives Metabolite Clearance from the Adult Brain », Science, vol. 342, 2013, p. 373-377
Here, we measure clearance and movement of fluorescent molecules in the brains of male mice and show that movement is, in fact, independent of sleep and wake or anesthesia. Moreover, we show that brain clearance is markedly reduced, not increased, during sleep and anesthesia.
Ici, nous mesurons l’élimination et le déplacement de molécules fluorescentes dans le cerveau de souris mâles et montrons que le déplacement est en fait indépendant du sommeil, de la veille ou de l’anesthésie. De plus, nous montrons que l’élimination cérébrale est nettement réduite, et non accrue, pendant le sommeil et l’anesthésie.
Miao, Andawei, Luo, Tianyuan, Hsieh, Bryan et al., « Brain clearance is reduced during sleep and anesthesia », Nature Neuroscience, vol. 27, 2024, p. 1046-1050
The brain’s ability to rid itself of toxins may actually be reduced during sleep, contrary to the leading scientific theory.
La capacité du cerveau à se débarrasser des toxines pourrait en réalité être réduite pendant le sommeil, contrairement à la principale théorie scientifique.
Imperial College London, actualité du 13 mai 2024 sur l’étude « Brain clearance is reduced during sleep and anesthesia »
it cannot be disputed that sleep is important
on ne peut contester que le sommeil soit important
Imperial College London, actualité du 13 mai 2024 sur l’étude « Brain clearance is reduced during sleep and anesthesia »
Note 8
Such psychosocial factors as self-selected bedtimes, response to academic pressure, and the availability and use of technology and social networking in the evening also push for a delay in the timing of sleep.
Des facteurs psychosociaux tels que l’heure du coucher choisie par l’adolescent lui-même, la réponse à la pression scolaire, ainsi que la disponibilité et l’usage, le soir, de la technologie et des réseaux sociaux poussent eux aussi à retarder l’heure du sommeil.
Carskadon, Mary A., « Sleep in Adolescents: The Perfect Storm », Pediatric Clinics of North America, vol. 58, n° 3, 2011, p. 637-647
Notes et sources
- ↑
Passage À l’approche de l’adolescence, l’horloge interne du corps se décale.
Moreover, both home-based and laboratory studies of adolescents show that delayed circadian phase correlates with secondary-sex development [7, 10, 11].
Traduction de la rédaction En outre, les études menées à domicile comme en laboratoire chez des adolescents montrent que le retard de phase circadienne est corrélé au développement des caractères sexuels secondaires [7, 10, 11].
Source Hagenauer, M. H., Perryman, J. I., Lee, T. M. et Carskadon, M. A., « Adolescent Changes in the Homeostatic and Circadian Regulation of Sleep », Developmental Neuroscience, vol. 31, n° 4, 2009, p. 276-284, section « Overview of Adolescent Sleep Patterns in Humans », 3e paragraphe.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
- ↑
Passage On met des adolescents à horaires réguliers, avec assez de temps pour dormir […] Il persiste.
Adolescents continue to show a delayed circadian (or internal clock) phase as indicated by daily endocrine rhythms […] even after several weeks of regulated schedules that allow for sufficient sleep
Traduction de la rédaction Les adolescents continuent de montrer une phase circadienne (de l’horloge interne) retardée, comme l’indiquent les rythmes hormonaux quotidiens […] même après plusieurs semaines d’horaires réglés qui laissent assez de temps pour dormir
Source Hagenauer, M. H., Perryman, J. I., Lee, T. M. et Carskadon, M. A., « Adolescent Changes in the Homeostatic and Circadian Regulation of Sleep », Developmental Neuroscience, vol. 31, n° 4, 2009, p. 276-284, section « Overview of Adolescent Sleep Patterns in Humans ».
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 26 octobre 2026
Passage On les observe en laboratoire, dans des conditions contrôlées où l’influence sociale est limitée […] Le décalage se maintient.
This delay is maintained under controlled laboratory conditions in which there is limited possibility for social influence
Traduction de la rédaction Ce retard se maintient dans des conditions de laboratoire contrôlées où l’influence sociale n’a guère de prise
Source Hagenauer, M. H., Perryman, J. I., Lee, T. M. et Carskadon, M. A., « Adolescent Changes in the Homeostatic and Circadian Regulation of Sleep », Developmental Neuroscience, vol. 31, n° 4, 2009, p. 276-284, section « Overview of Adolescent Sleep Patterns in Humans ».
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 26 octobre 2026
Passage En 1993, une équipe interroge plus de quatre cents élèves d’une même classe d’âge sur leur préférence matin ou soir
183 sixth-grade boys and 275 sixth-grade girls completed questionnaires for morningness/eveningness (M/E) and pubertal status
Traduction de la rédaction 183 garçons et 275 filles de sixième année ont rempli des questionnaires sur leur préférence du matin ou du soir (M/E) et sur leur stade pubertaire
Source Carskadon, Mary A., Vieira, Cecilia et Acebo, Christine, « Association between Puberty and Delayed Phase Preference », Sleep, vol. 16, n° 3, 1993, p. 258-262, résumé.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
Passage le type d’établissement — donc le fait de côtoyer ou non des élèves plus âgés — et le rang dans la fratrie
School environment and birth order were also evaluated.
Traduction de la rédaction Le milieu scolaire et le rang dans la fratrie ont aussi été évalués.
Source Carskadon, Mary A., Vieira, Cecilia et Acebo, Christine, « Association between Puberty and Delayed Phase Preference », Sleep, vol. 16, n° 3, 1993, p. 258-262, résumé.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
- ↑
Passage Aucun lien avec les deux facteurs sociaux.
No relationship between M/E and psychosocial factors was found.
Traduction de la rédaction Aucun lien n’a été trouvé entre la préférence M/E et les facteurs psychosociaux.
Source Carskadon, Mary A., Vieira, Cecilia et Acebo, Christine, « Association between Puberty and Delayed Phase Preference », Sleep, vol. 16, n° 3, 1993, p. 258-262, résumé.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
- ↑
Passage Le lien est net chez les filles. Chez les garçons, la même tendance apparaît — mais elle n’atteint pas le seuil de signification.
A significant relationship of pubertal status to M/E was found in girls, with a similar though nonsignificant trend in boys.
Traduction de la rédaction Un lien significatif entre le stade pubertaire et la préférence M/E a été trouvé chez les filles, avec une tendance semblable, mais non significative, chez les garçons.
Source Carskadon, Mary A., Vieira, Cecilia et Acebo, Christine, « Association between Puberty and Delayed Phase Preference », Sleep, vol. 16, n° 3, 1993, p. 258-262, résumé.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
- ↑
Passage Ils écrivent que ces données soutiennent l’implication d’un facteur biologique.
These data support involvement of a biological factor in the adolescent phase preference delay
Traduction de la rédaction Ces données soutiennent l’implication d’un facteur biologique dans le retard de la préférence de phase à l’adolescence
Source Carskadon, Mary A., Vieira, Cecilia et Acebo, Christine, « Association between Puberty and Delayed Phase Preference », Sleep, vol. 16, n° 3, 1993, p. 258-262, résumé.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
- ↑
Passage Le décalage est en partie entretenu par ce qui repousse le coucher : les devoirs, les écrans, la vie sociale.
Such psychosocial factors as self-selected bedtimes, response to academic pressure, and the availability and use of technology and social networking in the evening also push for a delay in the timing of sleep.
Traduction de la rédaction Des facteurs psychosociaux tels que l’heure du coucher choisie par l’adolescent lui-même, la réponse à la pression scolaire, ainsi que la disponibilité et l’usage, le soir, de la technologie et des réseaux sociaux poussent eux aussi à retarder l’heure du sommeil.
Source Carskadon, Mary A., « Sleep in Adolescents: The Perfect Storm », Pediatric Clinics of North America, vol. 58, n° 3, 2011, p. 637-647, légende de la figure 1 (manuscrit d’auteur, PMC3130594).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
- ↑
Passage En 2013, une étude menée sur des souris a conclu que le sommeil accélère le nettoyage du cerveau
Using real-time assessments of tetramethylammonium diffusion and two-photon imaging in live mice, we show that natural sleep or anesthesia are associated with a 60% increase in the interstitial space, resulting in a striking increase in convective exchange of cerebrospinal fluid with interstitial fluid. In turn, convective fluxes of interstitial fluid increased the rate of β-amyloid clearance during sleep. Thus, the restorative function of sleep may be a consequence of the enhanced removal of potentially neurotoxic waste products that accumulate in the awake central nervous system.
Traduction de la rédaction Grâce à des mesures en temps réel de la diffusion du tétraméthylammonium et à l’imagerie biphotonique chez des souris vivantes, nous montrons que le sommeil naturel ou l’anesthésie s’accompagnent d’une augmentation de 60 % de l’espace interstitiel, d’où une hausse frappante des échanges convectifs entre le liquide cérébrospinal et le liquide interstitiel. À leur tour, les flux convectifs de liquide interstitiel ont accru la vitesse d’élimination de la β-amyloïde pendant le sommeil. Ainsi, la fonction réparatrice du sommeil pourrait être une conséquence de l’élimination accrue de déchets potentiellement neurotoxiques qui s’accumulent dans le système nerveux central à l’état de veille.
Source Xie, Lulu et al., « Sleep Drives Metabolite Clearance from the Adult Brain », Science, vol. 342, 2013, p. 373-377, résumé, 3ᵉ à 5ᵉ phrases.
Accès payant ; texte intégral en accès libre dans PubMed Central ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
Passage en 2024, une autre, elle aussi menée sur des souris, a mesuré l’inverse.
Here, we measure clearance and movement of fluorescent molecules in the brains of male mice and show that movement is, in fact, independent of sleep and wake or anesthesia. Moreover, we show that brain clearance is markedly reduced, not increased, during sleep and anesthesia.
Traduction de la rédaction Ici, nous mesurons l’élimination et le déplacement de molécules fluorescentes dans le cerveau de souris mâles et montrons que le déplacement est en fait indépendant du sommeil, de la veille ou de l’anesthésie. De plus, nous montrons que l’élimination cérébrale est nettement réduite, et non accrue, pendant le sommeil et l’anesthésie.
Source Miao, Andawei, Luo, Tianyuan, Hsieh, Bryan et al., « Brain clearance is reduced during sleep and anesthesia », Nature Neuroscience, vol. 27, 2024, p. 1046-1050, résumé, 3ᵉ et 4ᵉ phrases.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
Passage Pourquoi dormons-nous ? La question est encore étudiée.
The brain’s ability to rid itself of toxins may actually be reduced during sleep, contrary to the leading scientific theory.
Traduction de la rédaction La capacité du cerveau à se débarrasser des toxines pourrait en réalité être réduite pendant le sommeil, contrairement à la principale théorie scientifique.
Source Imperial College London, actualité du 13 mai 2024 sur l’étude « Brain clearance is reduced during sleep and anesthesia », début de l’article.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
Passage que le sommeil soit important n’est pas contesté.
it cannot be disputed that sleep is important
Traduction de la rédaction on ne peut contester que le sommeil soit important
Source Imperial College London, actualité du 13 mai 2024 sur l’étude « Brain clearance is reduced during sleep and anesthesia », corps de l’article.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 26 octobre 2026
- ↑
Passage Les écrans : ils font partie de ce qui repousse le coucher, comme les devoirs et la vie sociale
Such psychosocial factors as self-selected bedtimes, response to academic pressure, and the availability and use of technology and social networking in the evening also push for a delay in the timing of sleep.
Traduction de la rédaction Des facteurs psychosociaux tels que l’heure du coucher choisie par l’adolescent lui-même, la réponse à la pression scolaire, ainsi que la disponibilité et l’usage, le soir, de la technologie et des réseaux sociaux poussent eux aussi à retarder l’heure du sommeil.
Source Carskadon, Mary A., « Sleep in Adolescents: The Perfect Storm », Pediatric Clinics of North America, vol. 58, n° 3, 2011, p. 637-647, légende de la figure 1 (manuscrit d’auteur, PMC3130594).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
Références bibliographiques
6
- Carskadon, Mary A., Vieira, Cecilia et Acebo, Christine, « Association between Puberty and Delayed Phase Preference », Sleep, vol. 16, n° 3, 1993, p. 258-262, en accès libre (183 garçons et 275 filles d’une même classe d’âge ; le lien avec le développement pubertaire, significatif chez les filles et seulement tendanciel chez les garçons ; l’absence de lien avec le type d’établissement et le rang dans la fratrie ; la formule prudente des auteurs). https://schoolstarttime.org/wp-content/uploads/2011/04/carskadon-et-al-association-between-puberty-and-delayed-phase-preference.pdf
- Carskadon, Mary A., « Sleep in Adolescents: The Perfect Storm », Pediatric Clinics of North America, vol. 58, n° 3, 2011, p. 637-647, en accès libre (le décalage de phase à l’adolescence et la combinaison de causes biologiques et comportementales).
- Hagenauer, M. H., Perryman, J. I., Lee, T. M. et Carskadon, M. A., « Adolescent Changes in the Homeostatic and Circadian Regulation of Sleep », Developmental Neuroscience, vol. 31, n° 4, 2009, p. 276-284, en accès libre (le décalage maintenu sous horaires réglés et en laboratoire). https://doi.org/10.1159/000216538
- Imperial College London, actualité du 13 mai 2024 sur l’étude « Brain clearance is reduced during sleep and anesthesia », en accès libre (le résultat de 2024, contraire à la théorie dominante). https://www.imperial.ac.uk/news/253273/scientists-find-sleep-clear-brain-toxins/
- Miao, Andawei, Luo, Tianyuan, Hsieh, Bryan et al., « Brain clearance is reduced during sleep and anesthesia », Nature Neuroscience, vol. 27, 2024, p. 1046-1050, en accès libre (une élimination des déchets du cerveau réduite pendant le sommeil, chez la souris). https://doi.org/10.1038/s41593-024-01638-y
- Xie, Lulu et al., « Sleep Drives Metabolite Clearance from the Adult Brain », Science, vol. 342, 2013, p. 373-377, accès payant (l’hypothèse d’un nettoyage du cerveau accéléré pendant le sommeil, 2013).
Une erreur, un doute ? Écrivez-nous.