Corps humain 8.6

Le cerveau, la mémoire et la pensée

Le saviez-vous ?

Trois affirmations très répandues sur le cerveau sont fausses, et corrigées depuis longtemps.

Dessin anatomique en noir et blanc d'un cerveau humain, avec ses plis.
Dessin du cerveau humain (Henry Vandyke Carter, avant 1858). Henry Vandyke Carter, Domaine public, source

Trois affirmations très répandues sur le cerveau sont fausses, et corrigées depuis longtemps.

Elles circulent pourtant. Ce qui suit expose ce que la science dit réellement de chacune d’elles — et pourquoi comprendre leur origine vaut mieux que d’en rire.

Trois idées reçues passées au crible

1. « On n’utilise que dix pour cent de son cerveau »

C’est probablement l’affirmation fausse la plus répandue sur le corps humain.

Comment on sait qu’elle est fausse

  • Par l’imagerie : On observe de l’activité dans l’ensemble des régions cérébrales au fil d’une journée ordinaire. Il n’existe aucune zone silencieuse ou inutilisée.
  • Par le coût métabolique : Le cerveau consomme environ 20 % de l’énergie du corps au repos pour seulement 2 % de sa masse. Aucun organisme ne dépenserait un cinquième de ses ressources pour un organe efficace à 10 %. Et pendant l’enfance, ce même cerveau réclame bien davantage : jusqu’aux deux tiers de l’énergie que le corps dépense au repos.
  • Par la clinique : Une lésion, même petite, peut avoir des conséquences importantes sur le comportement. Si 90 % du cerveau était inutile, la majorité des traumatismes passeraient inaperçus.1

Ce qu’il y avait de vrai à l’origine

À aucun instant la totalité des neurones ne décharge simultanément. Une décharge excessive et synchronisée de vastes ensembles de neurones caractérise d’ailleurs une crise d’épilepsie. Le cerveau fonctionne par activation sélective de réseaux ciblés. Ce fait est exact, mais il ne signifie pas qu’une partie du cerveau reste inutilisée.2

Ce qui est vraiment remarquable

Le cerveau n’a pas de réserve inactive : il se réorganise. Ses connexions synaptiques se créent, se renforcent ou s’éliminent en fonction de l’apprentissage et de l’expérience (neuroplasticité).

2. « Il y a des profils "cerveau gauche" et "cerveau droit" »

Cette idée oppose un hémisphère gauche logique et analytique à un hémisphère droit créatif et intuitif.

Comment on sait qu’elle est fausse

Une étude a mesuré cela sur mille onze personnes de sept à vingt-neuf ans, en mesurant la latéralisation des connexions entre plus de sept mille régions du cerveau au repos.3

Le résultat mérite d’être connu précisément parce qu’il ne dit pas que la latéralisation n’existe pas. Au contraire, l’étude identifie neuf pôles à gauche et onze à droite, bien réels.4

Ce qu’elle établit est plus fin : ces pôles ne se cumulent pas. Une personne dont un réseau est fortement latéralisé à gauche n’a pas, pour autant, tous ses autres réseaux latéralisés du même côté.5

La conclusion des auteurs est nette : la latéralisation est une propriété locale des réseaux cérébraux, et non une propriété globale. Leurs données ne montrent aucun profil individuel de personne « cerveau gauche » ou « cerveau droit ».6

Deux résultats accessoires méritent d’être signalés : aucune différence entre les sexes, et une légère augmentation de la latéralisation avec l’âge.7

Ce qu’il y avait de vrai à l’origine

La latéralisation fonctionnelle existe bel et bien : certaines fonctions, comme le traitement du langage, sont prédominantes dans un hémisphère.

Le mythe ne vient donc pas de nulle part. Il vient d’une généralisation — passer d’une fonction particulière logée d’un côté à une personne entière qui serait « d’un côté ».

3. « Chacun a son style d’apprentissage : visuel, auditif, kinesthésique »

Ce modèle (VAK) affirme qu’un élève apprend mieux si l’information lui est présentée selon son mode sensoriel préféré.

Comment on sait qu’elle est fausse

Les études contrôlées en psychologie cognitive et en sciences de l’éducation n’ont pas mis en évidence d’amélioration des résultats lorsque le mode d’enseignement est aligné sur le « style » déclaré de l’apprenant. C’est l’un des neuromythes les plus répandus, y compris chez les enseignants.8

Ce qu’il y avait de vrai à l’origine

Les individus ont des préférences déclarées et des aptitudes variées. Cependant, l’apprentissage optimal dépend de la nature du contenu (un schéma pour la géométrie, un son pour la prononciation) et du niveau d’engagement cognitif, plutôt que d’un profil sensoriel figé.

Se souvenir, c’est reconstruire

Une quatrième idée mérite d’être défaite, parce qu’elle porte sur l’outil même avec lequel on lit cette page. Un souvenir n’est pas un enregistrement vidéo qu’on rejouerait à l’identique. Se souvenir est un processus de reconstruction : à chaque rappel, le cerveau réassemble des éléments, et il peut y intégrer des informations postérieures à l’événement — ce que d’autres ont raconté, ce qu’on attendait, ce qu’on a déduit depuis.9

Une conséquence importante : un témoignage sincère peut être factuellement inexact sans la moindre intention de tromper. C’est un mécanisme voisin — l’attente qui façonne ce qu’on croit voir — qui a conduit des astronomes compétents à cartographier des canaux sur Mars (1.14), et c’est contre ce type de biais que quatre équipes ont travaillé isolément avant de comparer leurs images du trou noir M87* (1.10).

Cela ne veut pas dire que la mémoire est défaillante : elle reste efficace au quotidien. Elle fonctionne simplement par reconstruction, et non par relecture.10

Ce que ce domaine implique

En neurosciences, la diffusion de résultats préliminaires devance souvent la rigueur des conclusions. Pour évaluer une information sur le cerveau :

  1. Distinguer mesure et interprétation : La mesure indique l’activité (ex. un flux sanguin local) ; l’interprétation cherche à lui donner un sens psychologique.
  2. Contextualiser l’imagerie : Une carte d’activation cérébrale n’est pas une prise de vue directe de la pensée, mais une modélisation statistique issue de traitements complexes.
  3. Dater les travaux : La compréhension des réseaux cérébraux évolue rapidement avec les outils d’observation.

Note 1

In the average adult human, the brain represents about 2% of the body weight. Remarkably, despite its relatively small size, the brain accounts for about 20% of the oxygen and, hence, calories consumed by the body (1). This high rate of metabolism is remarkably constant despite widely varying mental and motoric activity (2).

Chez l’adulte moyen, le cerveau représente environ 2 % du poids du corps. Fait remarquable, malgré sa taille relativement réduite, le cerveau consomme environ 20 % de l’oxygène, et donc des calories, consommés par l’organisme (1). Ce métabolisme élevé est remarquablement constant, quelle que soit l’activité mentale ou motrice (2).

Raichle, Marcus E. et Gusnard, Debra A., « Appraising the Brain’s Energy Budget », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 99, n° 16, 2002, p. 10237-10239

but rather in childhood (66.3% and 65.0% of RMR and 43.3% and 43.8% of DER)

mais plutôt pendant l’enfance (66,3 % et 65,0 % de la dépense énergétique au repos, et 43,3 % et 43,8 % de la dépense énergétique quotidienne)

Kuzawa, Christopher W. et al., « Metabolic Costs and Evolutionary Implications of Human Brain Development », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, n° 36, 2014, p. 13010-13015

We now know that destruction of even small areas of the human brain can have devastating effects on behavior.

Nous savons aujourd’hui que la destruction de zones même petites du cerveau humain peut avoir des effets dévastateurs sur le comportement.

Chudler, Eric H., « Do We Use Only 10% of Our Brains? », Neuroscience For Kids, University of Washington

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Note 2

the brain never activates all its 86 billion brain cells at the same time […] The uncontrolled mass activation of brain cells is called a seizure […]

le cerveau n’active jamais ses 86 milliards de cellules en même temps […] L’activation massive et incontrôlée des cellules cérébrales s’appelle une crise […]

Karabanov, Anke Ninija, « Myth: We only use 10 percent of our brain », ScienceNordic, 26 mai 2021

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Note 3

Data were analyzed from publicly available resting state scans for 1011 individuals between the ages of 7 and 29. For each subject, functional lateralization was measured for each pair of 7266 regions covering the gray matter

Les données analysées proviennent d’examens au repos accessibles au public, portant sur 1 011 personnes âgées de 7 à 29 ans. Pour chaque sujet, la latéralisation fonctionnelle a été mesurée pour chaque paire de 7 266 régions couvrant la substance grise

Nielsen, Jared A., Zielinski, Brandon A., Ferguson, Michael A., Lainhart, Janet E. et Anderson, Jeffrey S., « An Evaluation of the Left-Brain vs. Right-Brain Hypothesis with Resting State Functional Connectivity Magnetic Resonance Imaging », PLOS ONE, vol. 8, n° 8, e71275, 2013

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Note 4

Nine left- and 11 right-lateralized hubs were identified as peaks in the degree map from the graph of significantly lateralized connections.

Neuf pôles latéralisés à gauche et 11 à droite ont été identifiés comme des pics dans la carte des degrés tirée du graphe des connexions significativement latéralisées.

Nielsen, Jared A., Zielinski, Brandon A., Ferguson, Michael A., Lainhart, Janet E. et Anderson, Jeffrey S., « An Evaluation of the Left-Brain vs. Right-Brain Hypothesis with Resting State Functional Connectivity Magnetic Resonance Imaging », PLOS ONE, vol. 8, n° 8, e71275, 2013

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Note 5

Connections involving only left- or only right-lateralized hubs showed positive correlation across subjects, but only for connections sharing a node.

Les connexions ne faisant intervenir que des pôles latéralisés à gauche, ou que des pôles latéralisés à droite, étaient corrélées positivement d’un sujet à l’autre, mais seulement pour les connexions partageant un même nœud.

Nielsen, Jared A., Zielinski, Brandon A., Ferguson, Michael A., Lainhart, Janet E. et Anderson, Jeffrey S., « An Evaluation of the Left-Brain vs. Right-Brain Hypothesis with Resting State Functional Connectivity Magnetic Resonance Imaging », PLOS ONE, vol. 8, n° 8, e71275, 2013

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Note 6

Lateralization of brain connections appears to be a local rather than global property of brain networks

La latéralisation des connexions cérébrales semble être une propriété locale, plutôt que globale, des réseaux du cerveau

Nielsen, Jared A., Zielinski, Brandon A., Ferguson, Michael A., Lainhart, Janet E. et Anderson, Jeffrey S., « An Evaluation of the Left-Brain vs. Right-Brain Hypothesis with Resting State Functional Connectivity Magnetic Resonance Imaging », PLOS ONE, vol. 8, n° 8, e71275, 2013

our data are not consistent with a whole-brain phenotype of greater "left-brained" or greater "right-brained" network strength across individuals

nos données ne concordent pas avec l’existence, d’un individu à l’autre, d’un profil de cerveau entier où les réseaux « cerveau gauche » ou « cerveau droit » seraient plus forts

Nielsen, Jared A., Zielinski, Brandon A., Ferguson, Michael A., Lainhart, Janet E. et Anderson, Jeffrey S., « An Evaluation of the Left-Brain vs. Right-Brain Hypothesis with Resting State Functional Connectivity Magnetic Resonance Imaging », PLOS ONE, vol. 8, n° 8, e71275, 2013

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Note 7

Small increases in lateralization with age were seen, but no differences in gender were observed.

On a observé de légères augmentations de la latéralisation avec l’âge, mais aucune différence entre les sexes.

Nielsen, Jared A., Zielinski, Brandon A., Ferguson, Michael A., Lainhart, Janet E. et Anderson, Jeffrey S., « An Evaluation of the Left-Brain vs. Right-Brain Hypothesis with Resting State Functional Connectivity Magnetic Resonance Imaging », PLOS ONE, vol. 8, n° 8, e71275, 2013

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Note 8

Although the literature on learning styles is enormous, very few studies have even used an experimental methodology capable of testing the validity of learning styles applied to education. Moreover, of those that did use an appropriate method, several found results that flatly contradict the popular meshing hypothesis.

Bien que la littérature sur les styles d’apprentissage soit immense, très peu d’études ont seulement employé une méthodologie expérimentale capable d’éprouver la validité des styles d’apprentissage appliqués à l’éducation. De plus, parmi celles qui ont employé une méthode appropriée, plusieurs ont obtenu des résultats qui contredisent nettement l’hypothèse populaire de l’appariement.

Pashler, Harold, McDaniel, Mark, Rohrer, Doug et Bjork, Robert, « Learning Styles: Concepts and Evidence », Psychological Science in the Public Interest, vol. 9, n° 3, 2008, p. 105-119

The two most commonly endorsed neuromyths across all groups were related to learning styles and dyslexia.

Dans tous les groupes, les deux neuromythes les plus souvent admis concernaient les styles d’apprentissage et la dyslexie.

Macdonald, Kelly, Germine, Laura, Anderson, Alida, Christodoulou, Joanna et McGrath, Lauren M., « Dispelling the Myth: Training in Education or Neuroscience Decreases but Does Not Eliminate Beliefs in Neuromyths », Frontiers in Psychology, vol. 8, 2017

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Note 9

The formulation of new memories is sometimes called construction, and the process of bringing up old memories is called reconstruction. Yet as we retrieve our memories, we also tend to alter and modify them. A memory pulled from long-term storage into short-term memory is flexible. New events can be added and we can change what we think we remember about past events, resulting in inaccuracies and distortions.

La formation de nouveaux souvenirs est parfois appelée construction, et le processus par lequel on fait revenir d’anciens souvenirs, reconstruction. Or, à mesure que nous récupérons nos souvenirs, nous avons aussi tendance à les altérer et à les modifier. Un souvenir tiré de la mémoire à long terme vers la mémoire à court terme est malléable. De nouveaux événements peuvent y être ajoutés, et nous pouvons changer ce que nous croyons nous rappeler d’événements passés, ce qui entraîne inexactitudes et distorsions.

Spielman, Rose M., Jenkins, William J. et Lovett, Marilyn D., Psychology 2e, OpenStax, 2020, section 8.3 « Problems with Memory »

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Note 10

Human memory is not a literal reproduction of the past, but instead relies on constructive processes that are sometimes prone to error and distortion.

La mémoire humaine n’est pas une reproduction littérale du passé : elle repose au contraire sur des processus constructifs, parfois sujets à l’erreur et à la distorsion.

Schacter, Daniel L., « Constructive Memory: Past and Future », Dialogues in Clinical Neuroscience, vol. 14, n° 1, 2012, p. 7-18

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Notes et sources

  1. ↑

    Passage Le cerveau consomme environ 20 % de l’énergie du corps au repos pour seulement 2 % de sa masse.

    In the average adult human, the brain represents about 2% of the body weight. Remarkably, despite its relatively small size, the brain accounts for about 20% of the oxygen and, hence, calories consumed by the body (1). This high rate of metabolism is remarkably constant despite widely varying mental and motoric activity (2).

    Traduction de la rédaction Chez l’adulte moyen, le cerveau représente environ 2 % du poids du corps. Fait remarquable, malgré sa taille relativement réduite, le cerveau consomme environ 20 % de l’oxygène, et donc des calories, consommés par l’organisme (1). Ce métabolisme élevé est remarquablement constant, quelle que soit l’activité mentale ou motrice (2).

    Source Raichle, Marcus E. et Gusnard, Debra A., « Appraising the Brain’s Energy Budget », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 99, n° 16, 2002, p. 10237-10239, p. 10237, 1er paragraphe de l’article (3 premières phrases).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage Et pendant l’enfance, ce même cerveau réclame bien davantage : jusqu’aux deux tiers de l’énergie que le corps dépense au repos.

    but rather in childhood (66.3% and 65.0% of RMR and 43.3% and 43.8% of DER)

    Traduction de la rédaction mais plutôt pendant l’enfance (66,3 % et 65,0 % de la dépense énergétique au repos, et 43,3 % et 43,8 % de la dépense énergétique quotidienne)

    Source Kuzawa, Christopher W. et al., « Metabolic Costs and Evolutionary Implications of Human Brain Development », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, n° 36, 2014, p. 13010-13015, résumé (pic de la consommation de glucose du cerveau, en part de la dépense au repos, RMR).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

    Passage Une lésion, même petite, peut avoir des conséquences importantes sur le comportement.

    We now know that destruction of even small areas of the human brain can have devastating effects on behavior.

    Traduction de la rédaction Nous savons aujourd’hui que la destruction de zones même petites du cerveau humain peut avoir des effets dévastateurs sur le comportement.

    Source Chudler, Eric H., « Do We Use Only 10% of Our Brains? », Neuroscience For Kids, University of Washington, rubrique « Where Did the 10% Myth Begin? », paragraphe évoquant les expériences de Karl Lashley.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  2. ↑

    Passage À aucun instant la totalité des neurones ne décharge simultanément […] caractérise d’ailleurs une crise d’épilepsie.

    the brain never activates all its 86 billion brain cells at the same time […] The uncontrolled mass activation of brain cells is called a seizure […]

    Traduction de la rédaction le cerveau n’active jamais ses 86 milliards de cellules en même temps […] L’activation massive et incontrôlée des cellules cérébrales s’appelle une crise […]

    Source Karabanov, Anke Ninija, « Myth: We only use 10 percent of our brain », ScienceNordic, 26 mai 2021, intertitre « No secret store of untapped brain power ».

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  3. ↑

    Passage mille onze personnes de sept à vingt-neuf ans, en mesurant la latéralisation des connexions entre plus de sept mille régions du cerveau au repos

    Data were analyzed from publicly available resting state scans for 1011 individuals between the ages of 7 and 29. For each subject, functional lateralization was measured for each pair of 7266 regions covering the gray matter

    Traduction de la rédaction Les données analysées proviennent d’examens au repos accessibles au public, portant sur 1 011 personnes âgées de 7 à 29 ans. Pour chaque sujet, la latéralisation fonctionnelle a été mesurée pour chaque paire de 7 266 régions couvrant la substance grise

    Source Nielsen, Jared A., Zielinski, Brandon A., Ferguson, Michael A., Lainhart, Janet E. et Anderson, Jeffrey S., « An Evaluation of the Left-Brain vs. Right-Brain Hypothesis with Resting State Functional Connectivity Magnetic Resonance Imaging », PLOS ONE, vol. 8, n° 8, e71275, 2013, résumé.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  4. ↑

    Passage l’étude identifie neuf pôles à gauche et onze à droite, bien réels

    Nine left- and 11 right-lateralized hubs were identified as peaks in the degree map from the graph of significantly lateralized connections.

    Traduction de la rédaction Neuf pôles latéralisés à gauche et 11 à droite ont été identifiés comme des pics dans la carte des degrés tirée du graphe des connexions significativement latéralisées.

    Source Nielsen, Jared A., Zielinski, Brandon A., Ferguson, Michael A., Lainhart, Janet E. et Anderson, Jeffrey S., « An Evaluation of the Left-Brain vs. Right-Brain Hypothesis with Resting State Functional Connectivity Magnetic Resonance Imaging », PLOS ONE, vol. 8, n° 8, e71275, 2013, résumé.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  5. ↑

    Passage ces pôles ne se cumulent pas. Une personne dont un réseau est fortement latéralisé à gauche n’a pas, pour autant, tous ses autres réseaux latéralisés du même côté.

    Connections involving only left- or only right-lateralized hubs showed positive correlation across subjects, but only for connections sharing a node.

    Traduction de la rédaction Les connexions ne faisant intervenir que des pôles latéralisés à gauche, ou que des pôles latéralisés à droite, étaient corrélées positivement d’un sujet à l’autre, mais seulement pour les connexions partageant un même nœud.

    Source Nielsen, Jared A., Zielinski, Brandon A., Ferguson, Michael A., Lainhart, Janet E. et Anderson, Jeffrey S., « An Evaluation of the Left-Brain vs. Right-Brain Hypothesis with Resting State Functional Connectivity Magnetic Resonance Imaging », PLOS ONE, vol. 8, n° 8, e71275, 2013, résumé.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  6. ↑

    Passage la latéralisation est une propriété locale des réseaux cérébraux, et non une propriété globale

    Lateralization of brain connections appears to be a local rather than global property of brain networks

    Traduction de la rédaction La latéralisation des connexions cérébrales semble être une propriété locale, plutôt que globale, des réseaux du cerveau

    Source Nielsen, Jared A., Zielinski, Brandon A., Ferguson, Michael A., Lainhart, Janet E. et Anderson, Jeffrey S., « An Evaluation of the Left-Brain vs. Right-Brain Hypothesis with Resting State Functional Connectivity Magnetic Resonance Imaging », PLOS ONE, vol. 8, n° 8, e71275, 2013, résumé.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

    Passage Leurs données ne montrent aucun profil individuel de personne « cerveau gauche » ou « cerveau droit ».

    our data are not consistent with a whole-brain phenotype of greater "left-brained" or greater "right-brained" network strength across individuals

    Traduction de la rédaction nos données ne concordent pas avec l’existence, d’un individu à l’autre, d’un profil de cerveau entier où les réseaux « cerveau gauche » ou « cerveau droit » seraient plus forts

    Source Nielsen, Jared A., Zielinski, Brandon A., Ferguson, Michael A., Lainhart, Janet E. et Anderson, Jeffrey S., « An Evaluation of the Left-Brain vs. Right-Brain Hypothesis with Resting State Functional Connectivity Magnetic Resonance Imaging », PLOS ONE, vol. 8, n° 8, e71275, 2013, résumé.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  7. ↑

    Passage aucune différence entre les sexes, et une légère augmentation de la latéralisation avec l’âge

    Small increases in lateralization with age were seen, but no differences in gender were observed.

    Traduction de la rédaction On a observé de légères augmentations de la latéralisation avec l’âge, mais aucune différence entre les sexes.

    Source Nielsen, Jared A., Zielinski, Brandon A., Ferguson, Michael A., Lainhart, Janet E. et Anderson, Jeffrey S., « An Evaluation of the Left-Brain vs. Right-Brain Hypothesis with Resting State Functional Connectivity Magnetic Resonance Imaging », PLOS ONE, vol. 8, n° 8, e71275, 2013, résumé.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  8. ↑

    Passage Les études contrôlées […] n’ont pas mis en évidence d’amélioration des résultats lorsque le mode d’enseignement est aligné sur le « style » déclaré de l’apprenant.

    Although the literature on learning styles is enormous, very few studies have even used an experimental methodology capable of testing the validity of learning styles applied to education. Moreover, of those that did use an appropriate method, several found results that flatly contradict the popular meshing hypothesis.

    Traduction de la rédaction Bien que la littérature sur les styles d’apprentissage soit immense, très peu d’études ont seulement employé une méthodologie expérimentale capable d’éprouver la validité des styles d’apprentissage appliqués à l’éducation. De plus, parmi celles qui ont employé une méthode appropriée, plusieurs ont obtenu des résultats qui contredisent nettement l’hypothèse populaire de l’appariement.

    Source Pashler, Harold, McDaniel, Mark, Rohrer, Doug et Bjork, Robert, « Learning Styles: Concepts and Evidence », Psychological Science in the Public Interest, vol. 9, n° 3, 2008, p. 105-119, résumé.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage C’est l’un des neuromythes les plus répandus, y compris chez les enseignants.

    The two most commonly endorsed neuromyths across all groups were related to learning styles and dyslexia.

    Traduction de la rédaction Dans tous les groupes, les deux neuromythes les plus souvent admis concernaient les styles d’apprentissage et la dyslexie.

    Source Macdonald, Kelly, Germine, Laura, Anderson, Alida, Christodoulou, Joanna et McGrath, Lauren M., « Dispelling the Myth: Training in Education or Neuroscience Decreases but Does Not Eliminate Beliefs in Neuromyths », Frontiers in Psychology, vol. 8, 2017, résumé (groupes comparés : enseignants, grand public, personnes formées aux neurosciences).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  9. ↑

    Passage à chaque rappel, le cerveau réassemble des éléments, et il peut y intégrer des informations postérieures à l’événement

    The formulation of new memories is sometimes called construction, and the process of bringing up old memories is called reconstruction. Yet as we retrieve our memories, we also tend to alter and modify them. A memory pulled from long-term storage into short-term memory is flexible. New events can be added and we can change what we think we remember about past events, resulting in inaccuracies and distortions.

    Traduction de la rédaction La formation de nouveaux souvenirs est parfois appelée construction, et le processus par lequel on fait revenir d’anciens souvenirs, reconstruction. Or, à mesure que nous récupérons nos souvenirs, nous avons aussi tendance à les altérer et à les modifier. Un souvenir tiré de la mémoire à long terme vers la mémoire à court terme est malléable. De nouveaux événements peuvent y être ajoutés, et nous pouvons changer ce que nous croyons nous rappeler d’événements passés, ce qui entraîne inexactitudes et distorsions.

    Source Spielman, Rose M., Jenkins, William J. et Lovett, Marilyn D., Psychology 2e, OpenStax, 2020, section 8.3 « Problems with Memory », section 8.3, sous-titre « Memory Construction and Reconstruction », 1er paragraphe.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  10. ↑

    Passage Elle fonctionne simplement par reconstruction, et non par relecture.

    Human memory is not a literal reproduction of the past, but instead relies on constructive processes that are sometimes prone to error and distortion.

    Traduction de la rédaction La mémoire humaine n’est pas une reproduction littérale du passé : elle repose au contraire sur des processus constructifs, parfois sujets à l’erreur et à la distorsion.

    Source Schacter, Daniel L., « Constructive Memory: Past and Future », Dialogues in Clinical Neuroscience, vol. 14, n° 1, 2012, p. 7-18, résumé, 1ʳᵉ phrase.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

Références bibliographiques

12
  • Beyerstein, Barry L., « Whence Cometh the Myth That We Only Use 10 % of Our Brains? », dans Della Sala, Sergio (dir.), Mind Myths: Exploring Popular Assumptions about the Mind and Brain, Wiley, 1999, p. 3-24, en bibliothèque (l’origine incertaine du mythe des 10 % et les arguments qui le réfutent).
  • Chudler, Eric H., « Do We Use Only 10% of Our Brains? », Neuroscience For Kids, University of Washington, en accès libre (les effets graves, sur le comportement, de lésions même petites du cerveau). https://faculty.washington.edu/chudler/tenper.html
  • Karabanov, Anke Ninija, « Myth: We only use 10 percent of our brain », ScienceNordic, 26 mai 2021, en accès libre (le cerveau n’active jamais toutes ses cellules à la fois ; l’activation massive et incontrôlée, propre à la crise). https://sciencenordic.com/article/id/1856351
  • Kuzawa, Christopher W. et al., « Metabolic Costs and Evolutionary Implications of Human Brain Development », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 111, n° 36, 2014, p. 13010-13015, en accès libre (le pic de la consommation du cerveau pendant l’enfance, environ les deux tiers de la dépense énergétique au repos). https://doi.org/10.1073/pnas.1323099111
  • Loftus, Elizabeth F. et Palmer, John C., « Reconstruction of Automobile Destruction: An Example of the Interaction between Language and Memory », Journal of Verbal Learning and Verbal Behavior, vol. 13, 1974, p. 585-589, accès payant (l’expérience fondatrice sur la reconstruction des souvenirs).
  • Macdonald, Kelly, Germine, Laura, Anderson, Alida, Christodoulou, Joanna et McGrath, Lauren M., « Dispelling the Myth: Training in Education or Neuroscience Decreases but Does Not Eliminate Beliefs in Neuromyths », Frontiers in Psychology, vol. 8, 2017, en accès libre (les styles d’apprentissage parmi les neuromythes les plus partagés, chez les enseignants comme dans le grand public). https://doi.org/10.3389/fpsyg.2017.01314
  • Nielsen, Jared A., Zielinski, Brandon A., Ferguson, Michael A., Lainhart, Janet E. et Anderson, Jeffrey S., « An Evaluation of the Left-Brain vs. Right-Brain Hypothesis with Resting State Functional Connectivity Magnetic Resonance Imaging », PLOS ONE, vol. 8, n° 8, e71275, 2013, en accès libre (1 011 personnes et 7 266 régions ; neuf pôles latéralisés à gauche et onze à droite ; la latéralisation comme propriété locale et non globale ; l’absence de profil individuel ; l’absence de différence entre les sexes et la légère hausse avec l’âge). https://doi.org/10.1371/journal.pone.0071275
  • Pashler, Harold, McDaniel, Mark, Rohrer, Doug et Bjork, Robert, « Learning Styles: Concepts and Evidence », Psychological Science in the Public Interest, vol. 9, n° 3, 2008, p. 105-119, en accès libre (l’absence d’effet mesuré de l’alignement sur le style déclaré).
  • Raichle, Marcus E. et Gusnard, Debra A., « Appraising the Brain’s Energy Budget », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 99, n° 16, 2002, p. 10237-10239, en accès libre (environ 20 % de l’énergie pour 2 % de la masse).
  • Schacter, Daniel L., « Constructive Memory: Past and Future », Dialogues in Clinical Neuroscience, vol. 14, n° 1, 2012, p. 7-18, en accès libre (la mémoire, non pas reproduction littérale du passé mais processus constructif sujet à l’erreur). https://doi.org/10.31887/DCNS.2012.14.1/dschacter
  • Schacter, Daniel L., The Seven Sins of Memory: How the Mind Forgets and Remembers, Houghton Mifflin, 2001, en bibliothèque (la mémoire comme reconstruction et ses défaillances typiques).
  • Spielman, Rose M., Jenkins, William J. et Lovett, Marilyn D., Psychology 2e, OpenStax, 2020, section 8.3 « Problems with Memory », en accès libre. https://openstax.org/books/psychology-2e/pages/8-3-problems-with-memory

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