
Pendant des décennies, des astronomes sérieux ont rapporté avoir vu des lignes sur Mars — et certains y ont vu des canaux creusés par une civilisation.
Il n’y en avait aucun.
Cette histoire est instructive, parce qu’elle ne concerne pas des gens crédules, mais des gens compétents, dotés de bons instruments, qui se sont trompés ensemble.
Ce que Schiaparelli a écrit
En 1877, l’astronome italien Giovanni Schiaparelli observe Mars et en dresse une carte détaillée. Le travail est remarquable.1
Il y voit de longues lignes sombres, et il les appelle canali — un mot italien qui veut dire chenaux, sillons, rigoles. Le terme n’implique rien d’artificiel.2
Ce qui est arrivé au mot
En passant en anglais, canali est traduit par canals.
Or en anglais, un canal est un ouvrage creusé par des hommes — au contraire d’un channel, qui peut être naturel. Un accident de terrain est ainsi devenu un chantier.3
Le moment s’y prêtait : on venait de percer le canal de Suez, et c’était la grande prouesse d’ingénierie dont le monde entier parlait. Le mot « canaux » évoquait aussitôt cette prouesse.4
Un astronome américain fortuné, Percival Lowell, fait alors construire un observatoire pour les étudier. Il conclut qu’il s’agit de canaux d’irrigation creusés par une civilisation en train de mourir de soif, qui amènerait l’eau des calottes polaires jusqu’à ses déserts. Il publie plusieurs livres, dont l’un s’intitule Mars et ses canaux.5
L’idée occupe les esprits pendant des décennies.
Une version courante trop simple
On lit souvent que « une seule mauvaise traduction a tout changé ».
La formule est trop belle, et les historiens des sciences présentent les choses autrement.
Les canaux de Mars sont le produit de deux causes qui se sont additionnées.
La première est l’instrument. Les télescopes de l’époque montraient Mars comme un petit disque tremblant, couvert de taches faibles et floues. L’œil humain, devant des points mal distincts, a une fâcheuse tendance : il relie. Il fabrique des lignes là où il n’y a que des taches.
La seconde est le mot. Une fois ces lignes baptisées « canaux », il devient impossible de les voir autrement.
Quant à la réfutation, quand elle est venue, elle n’est pas venue d’un raisonnement : elle est venue d’un meilleur instrument. Quand les premières sondes ont survolé Mars, dans les années 1960, elles ont renvoyé des gros plans. Il n’y avait pas de canaux. Il y avait des cratères.6
La formule juste n’est donc pas « le mot a créé l’illusion », mais : le mot a rendu l’illusion racontable. Il lui a donné un nom, une explication, et une histoire.
Le plus inquiétant
Après Schiaparelli, d’autres astronomes se sont mis à les voir, dans de bons observatoires. Non pas des amateurs, mais des observateurs sérieux. Certains ont même rapporté de nouveaux canaux, apparus là où il n’y en avait pas auparavant.
Ces astronomes n’étaient pas des menteurs. Ils regardaient une image floue en sachant ce qu’ils devaient y trouver — et ils l’ont trouvé.
L’attente change ce qu’on voit. Ce n’est pas un défaut de caractère : c’est une propriété de la perception humaine, et elle touche tout le monde.
Cent vingt ans plus tard
Cette histoire gagne à être rapprochée d’une autre, racontée dans notre page sur les trous noirs.
Une équipe internationale observe un trou noir avec des radiotélescopes répartis sur la planète, puis s’apprête à en reconstruire la première image. Ces chercheurs ont exactement le problème de Lowell : la théorie leur dit qu’ils devraient voir un anneau. Le risque de le fabriquer sans le vouloir est énorme.
Ils se répartissent donc en quatre équipes qui travaillent sans savoir ce que font les autres, avec des méthodes différentes. Puis ils comparent.
Reste à comprendre ce qui sépare les deux situations.
L’intelligence n’y est pour rien : Lowell et ses contemporains n’étaient pas bêtes. La qualité des instruments n’explique pas tout non plus.
La différence, c’est qu’un siècle plus tard, on savait que le problème existait, et l’on a construit exprès un dispositif capable de donner tort.
C’est peut-être l’enseignement le plus important que ce site puisse offrir sur les sciences. Une bonne méthode ne consiste pas à être très malin. Elle consiste à s’organiser à l’avance pour que ses propres erreurs deviennent visibles.
L’équation qui était un ordre du jour
Une formule célèbre est censée calculer le nombre de civilisations qui pourraient exister dans notre galaxie. Il s’agit de l’équation de Drake.
Elle n’a pas été faite pour calculer quoi que ce soit.
Son auteur en a lui-même raconté la genèse :
« En préparant la réunion, je me suis aperçu quelques jours à l’avance qu’il nous fallait un ordre du jour. J’ai donc écrit toutes les choses qu’il fallait savoir pour prédire à quel point il serait difficile de détecter une vie extraterrestre. En les regardant, il est devenu assez évident que si on les multipliait toutes, on obtenait un nombre. »7
La dernière phrase est décisive. Le nombre est arrivé après : c’est un sous-produit.
La formule la plus célèbre de la recherche d’une vie ailleurs est un plan de réunion.
Ce que la formule fait vraiment
Ses sept facteurs ne sont pas des nombres. Ce sont sept questions, chacune un obstacle qu’il faudrait franchir : combien d’étoiles naissent, combien ont des planètes, sur combien la vie apparaît, et ainsi de suite. Chaque terme était un point à discuter.
Jill Tarter, qui a dirigé pendant des décennies la recherche de signaux au SETI Institute, en donne la meilleure description : « C’est une excellente façon d’organiser notre ignorance. »8
Et l’un des sept est devenu une mesure
C’est le plus beau de l’histoire.
Quand l’équation a été écrite, on ne connaissait aucune exoplanète — aucune planète en dehors du système solaire. La proportion d’étoiles qui en possèdent était une pure conjecture.
La première planète tournant autour d’une étoile semblable au Soleil a été détectée en 1995, par Michel Mayor et Didier Queloz, de l’université de Genève. Ils ont reçu pour cela le prix Nobel de physique. Depuis, on en a trouvé des milliers, et les relevés indiquent qu’il y a au moins une planète par étoile en moyenne dans notre galaxie.9
Un terme sur sept est passé de la devinette à la mesure. C’est exactement ce que l’équation était faite pour produire : non pas une réponse, mais une liste de choses à aller chercher. Elle a fonctionné.
Pourquoi s’en méfier malgré tout
L’objection la plus solide tient en trois arguments faciles à retenir. Si une seule des sept valeurs est mal estimée, le résultat ne vaut rien. Si un facteur a été oublié, il ne vaut rien non plus. Si l’on en a ajouté un qui ne comptait pas, pas davantage.
La leçon à retenir vaut bien au-delà de l’astronomie :
Multiplier sept nombres inconnus ne donne pas un nombre connu. Cela donne un nombre qui a l’air d’un résultat.
C’est un piège redoutable, parce qu’il ressemble à un calcul — et que l’écriture mathématique lui prête une autorité qu’il n’a pas.
Le signal de 1977
Le lundi 15 août 1977, le radiotélescope de l’université d’État de l’Ohio, surnommé Big Ear, enregistre un signal radio étroit et intense. Personne ne s’en aperçoit ce soir-là.10
Le lendemain matin, l’astronome bénévole Jerry Ehman dépouille les relevés de la veille. L’appareil écrit, ligne après ligne, l’intensité captée dans cinquante canaux, sous forme de chiffres et de lettres. Ce matin-là, au milieu des 1 et des 2 habituels, il tombe sur une suite très remarquable : 6EQUJ5, dont le U note un signal trente fois plus fort qu’un 1.11
À côté, il écrit un mot à l’encre rouge : « Wow! »12
Le signal le plus célèbre de toute cette recherche porte le nom d’une exclamation griffonnée dans une marge.
Deux points presque toujours passés sous silence
Premier point. Le signal a duré un peu plus d’une minute — et c’est très exactement le temps que met un point fixe du ciel à traverser le faisceau de ce télescope, emporté par la rotation de la Terre.13
Il aurait donc pu durer plus longtemps. Peut-être beaucoup plus. On ne le saura jamais, parce que ce qui a été mesuré là, c’est la limite de l’instrument autant que le phénomène.
Cela dit, cette coïncidence est aussi ce qui rend le signal intéressant : il est monté puis redescendu exactement comme le ferait une source fixe dans le ciel, et non comme un brouillage venu du sol.14
Second point. Il ne s’est jamais reproduit. De nombreux observatoires ont pointé cette zone. Rien.15
Des explications, proposées et discutées
Plusieurs hypothèses naturelles ont été avancées au fil des décennies — des comètes passant à cet endroit, un nuage d’hydrogène dont l’émission aurait été brutalement amplifiée. Chacune a été examinée, discutée, et contestée par d’autres chercheurs.
Un détail mérite d’être relevé au passage : certaines de ces explications font intervenir des objets découverts bien après 1977. Il est impossible d’expliquer un phénomène par quelque chose qu’on ne connaît pas encore. Ce qui est inexpliqué à une époque n’est parfois que ce dont le vocabulaire n’existe pas.
L’état de la question
L’institut SETI, qui n’a aucune raison de minimiser l’affaire, l’écrit sans détour : la question reste ouverte. Source naturelle, brouillage humain, ou autre chose : le mystère demeure.16
Le directeur de l’observatoire à l’époque défend d’ailleurs encore l’intérêt du signal : la façon dont il a suivi la forme du faisceau indiquait qu’il venait d’au moins aussi loin que la Lune, ce qui rend un brouillage terrestre très improbable. « Les tentatives de le réobserver avec d’autres télescopes ont échoué, alors ce restera sans doute un mystère perpétuel. »17
Note 1
Throughout the weeks surrounding the 1877 opposition the Italian astronomer Giovanni Virginio Schiaparelli (1835-1910) scrutinised Mars visually at the Brera Observatory in Milan where he was director. […] His maps of Mars were the best yet and we still use the names he gave to the various dark features, including Syrtis Major.
Pendant les semaines qui ont entouré l’opposition de 1877, l’astronome italien Giovanni Virginio Schiaparelli (1835-1910) a scruté Mars à l’œil à l’observatoire de Brera, à Milan, dont il était le directeur. […] Ses cartes de Mars étaient les meilleures jamais faites, et nous employons encore les noms qu’il a donnés aux diverses formations sombres, dont Syrtis Major.
Jones, Barrie W., « Mars Before the Space Age », International Journal of Astrobiology, vol. 7, n° 2, 2008, p. 143-155, prépublication
Note 2
canali
chenaux (en italien)
Lane, K. Maria D., Geographies of Mars: Seeing and Knowing the Red Planet, University of Chicago Press, 2011
Note 3
canals
canaux (creusés de main d’homme, en anglais)
Lane, K. Maria D., Geographies of Mars: Seeing and Knowing the Red Planet, University of Chicago Press, 2011
Note 4
Suez Canal
canal de Suez
Lane, K. Maria D., Geographies of Mars: Seeing and Knowing the Red Planet, University of Chicago Press, 2011
Note 5
That the canals and oases are of artificial origin is thus suggested by their very look; […] Lines of communication for water purposes, between the polar caps, on the one hand, and the centres of population, on the other, would be the artificial markings we should expect to perceive.
Que les canaux et les oasis soient d’origine artificielle, leur aspect même le suggère […]. Des voies de communication destinées à l’eau, reliant d’une part les calottes polaires et d’autre part les centres de population, seraient les marques artificielles que nous devrions nous attendre à percevoir.
Lowell, Percival, Mars and Its Canals, Macmillan, 1906
Note 6
Its grainy black-and-white views of a barren, heavily cratered planet quashed ideas of possible intelligent life […] The images clearly showed Mars to be an ancient Moon-like body with widespread cratering, thus incontrovertibly quashing any expectations of lost civilizations on the planet.
Ses vues granuleuses en noir et blanc d’une planète aride, criblée de cratères, ont mis fin aux idées d’une vie intelligente possible […] Les images montraient clairement que Mars est un corps ancien semblable à la Lune, couvert de cratères, mettant fin sans discussion possible à toute attente de civilisations perdues sur la planète.
NASA, « Mariner 4 », fiche de mission, en accès libre
Note 7
As I planned the meeting, I realized a few day[s] ahead of time we needed an agenda. And so I wrote down all the things you needed to know to predict how hard it's going to be to detect extraterrestrial life. And looking at them it became pretty evident that if you multiplied all these together, you got a number, N, which is the number of detectable civilizations in our galaxy.
En préparant la réunion, je me suis aperçu quelques jours à l’avance qu’il nous fallait un ordre du jour. J’ai donc écrit toutes les choses qu’il fallait savoir pour prédire à quel point il serait difficile de détecter une vie extraterrestre. En les regardant, il est devenu assez évident que si on les multipliait toutes, on obtenait un nombre, N, qui est le nombre de civilisations détectables dans notre galaxie.
Drake, Frank, « The Drake Equation Revisited: Part I », remarques d’ouverture à un forum de la NASA, Astrobiology Magazine, 30 septembre 2003
Note 8
Instead, it’s a wonderful way to organize our ignorance.
Au lieu de cela, c’est une merveilleuse façon d’organiser notre ignorance.
Levitt, Steven D., « Why Bother Searching for Aliens? » (entretien avec Jill Tarter), People I (Mostly) Admire, épisode 81, Freakonomics, 24 juin 2022, transcription en accès libre
Note 9
In October 1995, Michel Mayor and Didier Queloz announced the first discovery of a planet outside our solar system, an exoplanet, orbiting a solar-type star in our home galaxy, the Milky Way.
En octobre 1995, Michel Mayor et Didier Queloz ont annoncé la première découverte d’une planète extérieure à notre système solaire, une exoplanète, en orbite autour d’une étoile de type solaire dans notre galaxie, la Voie lactée.
Académie royale des sciences de Suède, communiqué de presse du prix Nobel de physique 2019, 8 octobre 2019
Note 10
A strong, narrow-band radio signal […] detected on Monday, August 15, 1977 by the Ohio State Radio Observatory […] A signal, a strong signal, was detected – although no one would notice until the following morning.
Un signal radio fort, à bande étroite […] détecté le lundi 15 août 1977 par l’Observatoire radio de l’université d’État de l’Ohio […] Un signal, un signal fort, fut détecté, même si personne ne le remarqua avant le lendemain matin.
SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101
Note 11
That's when astronomer volunteer Jerry Ehman sat down to peruse the previous day's observations.
C’est alors que l’astronome bénévole Jerry Ehman s’installa pour examiner les observations de la veille.
SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101
a simple, line printer representation of the data in which each line displayed the radio energy for 50 different frequency channels […] binned into one of 31 steps, 0-9 and A-U
une simple représentation des données sur imprimante ligne, où chaque ligne indiquait l’énergie radio de 50 canaux de fréquence différents […] rangée dans l’un de 31 paliers, de 0 à 9 puis de A à U
SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101
with a U representing a signal 30 times as strong as a 1 […] The printout characters were 6EQUJ5
un U représentant un signal 30 fois plus fort qu’un 1 […] Les caractères imprimés étaient 6EQUJ5
SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101
Note 12
Unlike previous mornings, Ehman spotted a very conspicuous signal that lasted just over a minute – one that was so impressive he wrote WOW! on the printout next to it in red ink.
Contrairement aux matins précédents, Ehman repéra un signal très visible, qui avait duré un peu plus d’une minute — si impressionnant qu’il écrivit WOW! sur le listing, à côté, à l’encre rouge.
SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101
Note 13
Ehman spotted a very conspicuous signal that lasted just over a minute
Ehman repéra un signal très visible, qui dura un peu plus d’une minute
SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101
Note 14
The signal rose and fell as one would expect from a cosmic source fixed on the sky – moving into and out of the telescope beam as the Earth rotated.
Le signal monta puis retomba comme on l’attendrait d’une source cosmique fixe dans le ciel, entrant dans le faisceau du télescope puis en sortant à mesure que la Terre tournait.
SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101
Note 15
despite numerous follow-ups, it has never been seen again
malgré de nombreuses tentatives, on ne l’a jamais revu
SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101
Note 16
Still unsolved — natural source, human interference, or something else? The mystery remains.
Toujours pas élucidé : source naturelle, interférence humaine, ou autre chose ? Le mystère demeure.
SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101
Note 17
The fact that the [signal] followed the telescope's beam shape indicated it was at least as far away as the moon, and made it very unlikely to be any interfering signal
Le fait que [le signal] ait suivi la forme du faisceau du télescope indiquait qu’il venait d’au moins aussi loin que la Lune, et rendait très improbable une interférence
SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101
Efforts to re-observe it afterwards with other telescopes have been unsuccessful, so this will likely remain a perpetual mystery.
Les tentatives pour l’observer de nouveau avec d’autres télescopes ont échoué : il restera sans doute un mystère pour toujours.
SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101
Notes et sources
- ↑
Passage En 1877, l’astronome italien Giovanni Schiaparelli observe Mars et en dresse une carte détaillée
Throughout the weeks surrounding the 1877 opposition the Italian astronomer Giovanni Virginio Schiaparelli (1835-1910) scrutinised Mars visually at the Brera Observatory in Milan where he was director. […] His maps of Mars were the best yet and we still use the names he gave to the various dark features, including Syrtis Major.
Traduction de la rédaction Pendant les semaines qui ont entouré l’opposition de 1877, l’astronome italien Giovanni Virginio Schiaparelli (1835-1910) a scruté Mars à l’œil à l’observatoire de Brera, à Milan, dont il était le directeur. […] Ses cartes de Mars étaient les meilleures jamais faites, et nous employons encore les noms qu’il a donnés aux diverses formations sombres, dont Syrtis Major.
Source Jones, Barrie W., « Mars Before the Space Age », International Journal of Astrobiology, vol. 7, n° 2, 2008, p. 143-155, prépublication, section « The 1877 opposition and its legacy », 1er et 2e paragraphes.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
- ↑
Passage il les appelle canali — un mot italien qui veut dire chenaux, sillons, rigoles
canali
Traduction de la rédaction chenaux (en italien)
Source Lane, K. Maria D., Geographies of Mars: Seeing and Knowing the Red Planet, University of Chicago Press, 2011, chapitre sur la traduction de Schiaparelli.
En bibliothèque · vérifié le 9 septembre 2026
- ↑
Passage En passant en anglais, canali est traduit par canals. Or en anglais, un canal est un ouvrage creusé par des hommes
canals
Traduction de la rédaction canaux (creusés de main d’homme, en anglais)
Source Lane, K. Maria D., Geographies of Mars: Seeing and Knowing the Red Planet, University of Chicago Press, 2011, chapitre sur la traduction et ses effets.
En bibliothèque · vérifié le 9 septembre 2026
- ↑
Passage on venait de percer le canal de Suez, et c’était la grande prouesse d’ingénierie dont le monde entier parlait
Suez Canal
Traduction de la rédaction canal de Suez
Source Lane, K. Maria D., Geographies of Mars: Seeing and Knowing the Red Planet, University of Chicago Press, 2011, chapitre sur le contexte de l’ingénierie du XIXᵉ siècle.
En bibliothèque · vérifié le 9 septembre 2026
- ↑
Passage Il conclut qu’il s’agit de canaux d’irrigation creusés par une civilisation en train de mourir de soif, qui amènerait l’eau des calottes polaires jusqu’à ses déserts. Il publie plusieurs livres, dont l’un s’intitule Mars et ses canaux.
That the canals and oases are of artificial origin is thus suggested by their very look; […] Lines of communication for water purposes, between the polar caps, on the one hand, and the centres of population, on the other, would be the artificial markings we should expect to perceive.
Traduction de la rédaction Que les canaux et les oasis soient d’origine artificielle, leur aspect même le suggère […]. Des voies de communication destinées à l’eau, reliant d’une part les calottes polaires et d’autre part les centres de population, seraient les marques artificielles que nous devrions nous attendre à percevoir.
Source Lowell, Percival, Mars and Its Canals, Macmillan, 1906, p. 424-425 (partie IV, « Explanation »).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
- ↑
Passage Quand les premières sondes ont survolé Mars, dans les années 1960, elles ont renvoyé des gros plans. Il n’y avait pas de canaux. Il y avait des cratères.
Its grainy black-and-white views of a barren, heavily cratered planet quashed ideas of possible intelligent life […] The images clearly showed Mars to be an ancient Moon-like body with widespread cratering, thus incontrovertibly quashing any expectations of lost civilizations on the planet.
Traduction de la rédaction Ses vues granuleuses en noir et blanc d’une planète aride, criblée de cratères, ont mis fin aux idées d’une vie intelligente possible […] Les images montraient clairement que Mars est un corps ancien semblable à la Lune, couvert de cratères, mettant fin sans discussion possible à toute attente de civilisations perdues sur la planète.
Source NASA, « Mariner 4 », fiche de mission, en accès libre, fiche de mission, paragraphe d’introduction et section sur les résultats (lancement le 28 novembre 1964, survol le 14 juillet 1965).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
- ↑
Passage En préparant la réunion, je me suis aperçu quelques jours à l’avance qu’il nous fallait un ordre du jour. J’ai donc écrit toutes les choses qu’il fallait savoir pour prédire à quel point il serait difficile de détecter une vie extraterrestre. En les regardant, il est devenu assez évident que si on les multipliait toutes, on obtenait un nombre.
As I planned the meeting, I realized a few day[s] ahead of time we needed an agenda. And so I wrote down all the things you needed to know to predict how hard it's going to be to detect extraterrestrial life. And looking at them it became pretty evident that if you multiplied all these together, you got a number, N, which is the number of detectable civilizations in our galaxy.
Traduction de la rédaction En préparant la réunion, je me suis aperçu quelques jours à l’avance qu’il nous fallait un ordre du jour. J’ai donc écrit toutes les choses qu’il fallait savoir pour prédire à quel point il serait difficile de détecter une vie extraterrestre. En les regardant, il est devenu assez évident que si on les multipliait toutes, on obtenait un nombre, N, qui est le nombre de civilisations détectables dans notre galaxie.
Source Drake, Frank, « The Drake Equation Revisited: Part I », remarques d’ouverture à un forum de la NASA, Astrobiology Magazine, 30 septembre 2003, remarques d’ouverture de Frank Drake.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
- ↑
Passage C’est une excellente façon d’organiser notre ignorance.
Instead, it’s a wonderful way to organize our ignorance.
Traduction de la rédaction Au lieu de cela, c’est une merveilleuse façon d’organiser notre ignorance.
Source Levitt, Steven D., « Why Bother Searching for Aliens? » (entretien avec Jill Tarter), People I (Mostly) Admire, épisode 81, Freakonomics, 24 juin 2022, transcription en accès libre, transcription de l’épisode, réponse de Jill Tarter sur l’équation de Drake (juste avant : « And I actually hate the fact that it’s called an equation, because in fact there are so many uncertainties, »).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
- ↑
Passage La première planète tournant autour d’une étoile semblable au Soleil a été détectée en 1995, par Michel Mayor et Didier Queloz, de l’université de Genève.
In October 1995, Michel Mayor and Didier Queloz announced the first discovery of a planet outside our solar system, an exoplanet, orbiting a solar-type star in our home galaxy, the Milky Way.
Traduction de la rédaction En octobre 1995, Michel Mayor et Didier Queloz ont annoncé la première découverte d’une planète extérieure à notre système solaire, une exoplanète, en orbite autour d’une étoile de type solaire dans notre galaxie, la Voie lactée.
Source Académie royale des sciences de Suède, communiqué de presse du prix Nobel de physique 2019, 8 octobre 2019, communiqué de presse (affiliations des lauréats en fin de communiqué : « University of Geneva, Switzerland »).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
- ↑
Passage Le lundi 15 août 1977, le radiotélescope de l’université d’État de l’Ohio, surnommé Big Ear, enregistre un signal radio étroit et intense. Personne ne s’en aperçoit ce soir-là.
A strong, narrow-band radio signal […] detected on Monday, August 15, 1977 by the Ohio State Radio Observatory […] A signal, a strong signal, was detected – although no one would notice until the following morning.
Traduction de la rédaction Un signal radio fort, à bande étroite […] détecté le lundi 15 août 1977 par l’Observatoire radio de l’université d’État de l’Ohio […] Un signal, un signal fort, fut détecté, même si personne ne le remarqua avant le lendemain matin.
Source SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101, chapeau et corps de la page.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
- ↑
Passage Le lendemain matin, l’astronome bénévole Jerry Ehman dépouille les relevés de la veille.
That's when astronomer volunteer Jerry Ehman sat down to peruse the previous day's observations.
Traduction de la rédaction C’est alors que l’astronome bénévole Jerry Ehman s’installa pour examiner les observations de la veille.
Source SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101, corps de la page.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
Passage L’appareil écrit, ligne après ligne, l’intensité captée dans cinquante canaux, sous forme de chiffres et de lettres.
a simple, line printer representation of the data in which each line displayed the radio energy for 50 different frequency channels […] binned into one of 31 steps, 0-9 and A-U
Traduction de la rédaction une simple représentation des données sur imprimante ligne, où chaque ligne indiquait l’énergie radio de 50 canaux de fréquence différents […] rangée dans l’un de 31 paliers, de 0 à 9 puis de A à U
Source SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101, corps de la page.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
Passage une suite très remarquable : 6EQUJ5, dont le U note un signal trente fois plus fort qu’un 1
with a U representing a signal 30 times as strong as a 1 […] The printout characters were 6EQUJ5
Traduction de la rédaction un U représentant un signal 30 fois plus fort qu’un 1 […] Les caractères imprimés étaient 6EQUJ5
Source SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101, corps de la page.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
- ↑
Passage À côté, il écrit un mot à l’encre rouge : « Wow! »
Unlike previous mornings, Ehman spotted a very conspicuous signal that lasted just over a minute – one that was so impressive he wrote WOW! on the printout next to it in red ink.
Traduction de la rédaction Contrairement aux matins précédents, Ehman repéra un signal très visible, qui avait duré un peu plus d’une minute — si impressionnant qu’il écrivit WOW! sur le listing, à côté, à l’encre rouge.
Source SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101, corps de la page, paragraphe sur la découverte.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
- ↑
Passage Le signal a duré un peu plus d’une minute
Ehman spotted a very conspicuous signal that lasted just over a minute
Traduction de la rédaction Ehman repéra un signal très visible, qui dura un peu plus d’une minute
Source SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101, corps de la page.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
- ↑
Passage il est monté puis redescendu exactement comme le ferait une source fixe dans le ciel
The signal rose and fell as one would expect from a cosmic source fixed on the sky – moving into and out of the telescope beam as the Earth rotated.
Traduction de la rédaction Le signal monta puis retomba comme on l’attendrait d’une source cosmique fixe dans le ciel, entrant dans le faisceau du télescope puis en sortant à mesure que la Terre tournait.
Source SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101, corps de la page.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
- ↑
Passage Il ne s’est jamais reproduit. De nombreux observatoires ont pointé cette zone. Rien.
despite numerous follow-ups, it has never been seen again
Traduction de la rédaction malgré de nombreuses tentatives, on ne l’a jamais revu
Source SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101, chapeau de la page.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
- ↑
Passage la question reste ouverte. Source naturelle, brouillage humain, ou autre chose : le mystère demeure.
Still unsolved — natural source, human interference, or something else? The mystery remains.
Traduction de la rédaction Toujours pas élucidé : source naturelle, interférence humaine, ou autre chose ? Le mystère demeure.
Source SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101, chapeau de la page.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
- ↑
Passage la façon dont il a suivi la forme du faisceau indiquait qu’il venait d’au moins aussi loin que la Lune, ce qui rend un brouillage terrestre très improbable
The fact that the [signal] followed the telescope's beam shape indicated it was at least as far away as the moon, and made it very unlikely to be any interfering signal
Traduction de la rédaction Le fait que [le signal] ait suivi la forme du faisceau du télescope indiquait qu’il venait d’au moins aussi loin que la Lune, et rendait très improbable une interférence
Source SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101, citation de Robert Dixon.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
Passage Les tentatives de le réobserver avec d’autres télescopes ont échoué, alors ce restera sans doute un mystère perpétuel.
Efforts to re-observe it afterwards with other telescopes have been unsuccessful, so this will likely remain a perpetual mystery.
Traduction de la rédaction Les tentatives pour l’observer de nouveau avec d’autres télescopes ont échoué : il restera sans doute un mystère pour toujours.
Source SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101, citation de Robert Dixon.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
Références bibliographiques
8
- Académie royale des sciences de Suède, communiqué de presse du prix Nobel de physique 2019, 8 octobre 2019, en accès libre (la première planète découverte autour d’une étoile semblable au Soleil, annoncée en octobre 1995 par Michel Mayor et Didier Queloz, de l’université de Genève). https://www.nobelprize.org/prizes/physics/2019/press-release/
- Drake, Frank, « The Drake Equation Revisited: Part I », remarques d’ouverture à un forum de la NASA, Astrobiology Magazine, 30 septembre 2003, accès libre (la citation sur l’ordre du jour et le nombre obtenu par surcroît). https://spacedaily.com/the-drake-equation-revisited-part-i/
- Jones, Barrie W., « Mars Before the Space Age », International Journal of Astrobiology, vol. 7, n° 2, 2008, p. 143-155, prépublication en accès libre (les observations de Schiaparelli à Milan lors de l’opposition de 1877 et ses cartes de Mars, les meilleures de l’époque). https://arxiv.org/abs/0811.2700
- Lane, K. Maria D., Geographies of Mars: Seeing and Knowing the Red Planet, University of Chicago Press, 2011, en bibliothèque (le mot canali traduit en canals, et le contexte du canal de Suez).
- Levitt, Steven D., « Why Bother Searching for Aliens? » (entretien avec Jill Tarter), People I (Mostly) Admire, épisode 81, Freakonomics, 24 juin 2022, transcription en accès libre (la formule de Jill Tarter sur l’équation de Drake : « une excellente façon d’organiser notre ignorance »). https://freakonomics.com/podcast/why-bother-searching-for-aliens/
- Lowell, Percival, Mars and Its Canals, Macmillan, 1906, en accès libre (la thèse des canaux d’irrigation d’une civilisation assoiffée). https://archive.org/details/marsitscanals00lowe
- NASA, « Mariner 4 », fiche de mission, en accès libre (les premiers gros plans de Mars, en 1965 : une planète criblée de cratères, qui met fin aux espoirs de civilisations perdues). https://science.nasa.gov/mission/mariner-4/
- SETI Institute, « The Wow! Signal », page SETI 101, en accès libre (la date, le dépouillement du lendemain, les cinquante canaux et le code 6EQUJ5, le U, trente fois plus fort qu’un 1, la montée et la descente conformes à une source fixe du ciel, la question toujours ouverte, les propos de Robert Dixon). https://www.seti.org/research/seti-101/the-wow-signal/
Une erreur, un doute ? Écrivez-nous.