
L’idée que les glaciations suivent les variations de l’orbite de la Terre a été écartée pendant des décennies : on ne savait pas la tester.
Deux fois, dans ce domaine, une idée juste a dû attendre son instrument.
La première est la dérive des continents, rejetée pendant quarante ans faute de pouvoir observer le fond des océans. La seconde concerne l’origine même des grands cycles glaciaires.
Une explication mise de côté
Dans la première moitié du XXᵉ siècle, le mathématicien et astrophysicien Milutin Milankovitch propose une explication novatrice aux grandes glaciations : elles seraient pilotées par les variations lentes de l’orbite et de l’axe de la Terre.1
La Terre ne tourne pas toujours de manière identique. Son orbite s’étire et se circularise (excentricité), l’inclinaison de son axe varie (obliquité), et cet axe oscille comme une toupie (précession) — le tout sur des cycles de 20 000 à 100 000 ans. Ces variations astronomiques modifient la quantité de lumière solaire reçue aux hautes latitudes.
L’hypothèse est écartée pendant plusieurs décennies. Non parce qu’elle paraissait absurde, mais parce qu’on ne savait pas la tester : il aurait fallu un enregistrement continu du climat sur plusieurs centaines de milliers d’années.
Ce qui a changé
Dans les années 1970, les chercheurs ont enfin accédé à cet enregistrement : les carottes de sédiments marins, prélevées au fond des océans. Ces empilements de boues profondes enregistrent, couche après couche et sur des millions d’années, les variations de la température et du volume des glaces.2
Une explication annonçait des rythmes chiffrés. On est allé voir dans les sédiments. Ils y étaient.
Ce qu’on y a trouvé exactement
L’article de 1976 ne dit pas « on retrouve les cycles ». Il donne trois pics, et leur part dans les variations du climat :3
- un pic vers 23 000 ans, qui explique environ 10 % des variations ;
- un pic à 42 000 ans — environ 25 % ;
- un pic à 100 000 ans — environ 50 %.4
Un détail emporte la conviction : le pic de 42 000 ans a exactement la période de l’inclinaison de l’axe terrestre, et garde avec elle un décalage constant. Ce n’est pas seulement le bon rythme : c’est le bon rythme, toujours en phase.5
Cette démarche possède la même rigueur que les cases vides du tableau périodique de Mendeleïev : un nombre annoncé par la théorie, puis vérifié sur le terrain. C’est ce que ce site appelle une prédiction risquée — si les fréquences astronomiques n’avaient pas été retrouvées dans les sédiments, l’hypothèse s’effondrait.
La réserve que les auteurs posent eux-mêmes
Ils ne concluent pas que tout est expliqué. Ils écrivent que le cycle de 100 000 ans demande sans doute une hypothèse de plus : le climat n’y répondrait pas simplement en proportion de ce que lui envoie l’orbite.6
L’anomalie est visible dans les chiffres ci-dessus : le cycle de 100 000 ans est celui qui domine — et c’est aussi le plus difficile à expliquer. Selon les auteurs, il faut sans doute supposer que le climat ne réagit pas de façon simple et proportionnelle. Un demi-siècle plus tard, cet écart n’est toujours pas entièrement résolu.
Une théorie confirmée n’est pas une théorie achevée.
Ce que mesurent les glaciers, et comment
Un glacier n’est pas une masse immobile : il accumule de la neige en altitude et perd de la matière par fonte plus bas. On mesure le bilan de cette masse, exprimé en mètres d’équivalent en eau.7
- Le rythme actuel se compte en centaines de milliards de tonnes perdues chaque année — de l’ordre de quatre cents. Pour situer, c’était moins de cent milliards par an dans les années 1976-1995, et environ deux cent trente entre 1996 et 2015.
- Chaque année récente bat ou frôle les records précédents. Au milieu des années 2020, les dix-neuf régions glaciaires du monde perdaient toutes de la masse, plusieurs années de suite — une situation sans précédent dans les relevés.
- Sur les quelque cent soixante glaciers suivis sur le terrain, la quasi-totalité perd de la masse chaque année. Les rares gains se comptent sur les doigts d’une main.8
Cette page donne des ordres de grandeur plutôt que le bilan de la dernière année écoulée, et c’est délibéré : ce bilan change tous les douze mois, alors que le rythme et le sens, eux, ne bougent pas.
Quelle est la pire année ? Cela dépend de l’unité et de la date de consultation. En tonnes, c’est 2023. En mètres d’équivalent en eau, les sources se contredisent — certaines donnent 2023, d’autres 2024 — parce que le WGMS recalcule ses séries à mesure que de nouvelles mesures entrent dans la base. Ce n’est pas un défaut : c’est ce que fait un jeu de données vivant. Mais cela veut dire qu’un chiffre de classement doit toujours être daté de sa consultation.9
Un chiffre qui donne le vertige
Depuis 1975, la perte cumulée des glaciers de montagne dépasse 9 000 milliards de tonnes de glace.10
Mais le fait le plus marquant réside dans l’accélération du rythme : 41 % de cette perte totale enregistrée depuis 1976 s’est produite au cours de la seule décennie 2015-2024.
Presque la moitié de la fonte d’un demi-siècle s’est concentrée sur dix ans.
Comment on évite de se tromper
Cette méthode explique pourquoi ces chiffres sont robustes.
Les glaciers ne sont pas répartis également sur le globe : certaines régions en comptent des dizaines de milliers, d’autres très peu. Si l’on faisait une simple moyenne de tous les glaciers mesurés, les zones sur-équipées en stations de mesure écraseraient la moyenne mondiale.
La méthode scientifique procède différemment : on calcule d’abord une valeur moyenne par région — dix-neuf régions au total —, puis on combine ces données. Chaque région pèse ainsi en fonction de sa surface glaciaire réelle, et non du nombre de capteurs installés.11
C’est une précaution contre le biais d’échantillonnage, tout aussi cruciale que la mesure elle-même.
Un écart apparent enfin résolu
Deux sources officielles peuvent présenter des valeurs différentes pour la perte cumulée des glaciers : plus de 27 mètres pour l’une, plus de 25 mètres pour l’autre.12
Il ne s’agit pas d’une contradiction, mais de trois réglages méthodologiques qu’il faut expliciter :
- L’année de départ. Les séries ne débutent pas à la même date (1950, 1960 ou 1976). Plus on remonte loin dans le XXᵉ siècle, plus le cumul est élevé.
- L’échantillon étudié. Le réseau de référence ne compte qu’une soixantaine de glaciers suivis sur le très long terme. À l’inverse, les analyses spatiales récentes observent par satellite la quasi-totalité des glaciers du globe.
- L’unité de mesure. « Trente mètres de glace » et « vingt-sept mètres d’équivalent en eau » désignent la même quantité. La glace étant moins dense que l’eau (environ 0,9), trente mètres de glace fondue donnent exactement vingt-sept mètres d’eau.13
Ce qui en découle
Aucun de ces chiffres n’est faux, mais aucun ne se comprend isolément.
Une mesure de bilan glaciaire doit toujours être énoncée avec son année de référence, son échantillon et son unité. Ces paramètres scientifiques sont indispensables pour comparer des données rigoureuses.
Ce qui creuse les vallées
L’érosion agit sans rien de spectaculaire dans l’immédiat. C’est le ruissellement de l’eau, le gel qui frotte et fend la roche, le vent et l’avancée lente des glaces.
Les quatre outils, et la trace qu’ils laissent
Chaque agent d’érosion travaille à sa façon, et chacun laisse une forme reconnaissable. Un géologue lit un paysage comme on lit une écriture : la forme dit l’outil.
- L’eau courante. Une rivière creuse là où elle coule et emporte les débris vers l’aval. Elle produit des vallées en V, étroites au fond, parce qu’elle attaque une ligne. En s’approchant de la mer elle ralentit, ne peut plus rien porter, et dépose : c’est ainsi que se forment les deltas et les plaines alluviales.
- La glace. Un glacier ne se contente pas de couler, il rabote. Il agit sur toute sa largeur et arrache jusqu’aux parois, produisant des vallées en U, larges et au fond plat. Le plus souvent, il ne creuse pas une vallée neuve : il s’installe dans celle qu’une rivière avait déjà taillée en V, et l’élargit. Les deux outils travaillent donc l’un après l’autre, au même endroit, et la forme finale dit lequel est passé en dernier. Il pousse devant lui et abandonne sur les côtés des amas de débris non triés, les moraines — des tas de cailloux de toutes tailles mélangés, qui trahissent le passage d’une glace même des dizaines de milliers d’années plus tard.
- Le gel. L’eau qui s’infiltre dans une fissure gèle, augmente de volume et fend la roche. Répété chaque nuit d’hiver, ce mécanisme suffit à démanteler une falaise et à couvrir son pied d’éboulis.
- Le vent. Il ne transporte que du sable et de la poussière, mais il les projette sans arrêt sur les roches. Il façonne les dunes, polit les surfaces, et creuse les blocs par la base — là où le sable frappe le plus.14
Ces formes servent à lire le passé. Une vallée en U dans une région où il n’y a plus de glacier signifie qu’il y en a eu un. C’est ainsi que l’on a cartographié l’extension des glaces d’il y a vingt mille ans, bien avant de disposer d’aucune mesure directe — et c’est ce qui a rendu possible le débat que raconte cette page.
Au cœur des Alpes, l’érosion atteint environ 0,1 à 1 millimètre par an. Ce rythme est des dizaines à des centaines de fois plus lent que la pousse des ongles humains (environ 1 centimètre tous les trois mois) ; mais, répétée sur des millions d’années, cette usure suffit à sculpter des vallées de plusieurs milliers de mètres de profondeur.15
Règle d’écriture : l’échelle du temps géologique
Ce domaine manipule des durées qui dépassent l’intuition. Il convient de ne jamais employer les qualificatifs « rapide », « brutal » ou « lent » sans en préciser le référentiel.
Un événement qualifié de « rapide » en géologie peut s’étendre sur 10 000 ans. Inversement, une transformation étalée sur un siècle constitue un choc d’une violence extrême à l’échelle des roches.
Note 1
A century ago, Serbian scientist Milutin Milankovitch hypothesized the long-term, collective effects of changes in Earth's position relative to the Sun are a strong driver of Earth's long-term climate, and are responsible for triggering the beginning and end of glaciation periods (Ice Ages). […] The shape of Earth's orbit, known as eccentricity; The angle Earth's axis is tilted with respect to Earth's orbital plane, known as obliquity; and The direction Earth's axis of rotation is pointed, known as precession.
Il y a un siècle, le scientifique serbe Milutin Milankovitch a émis l’hypothèse que les effets collectifs, à long terme, des changements de position de la Terre par rapport au Soleil sont un moteur puissant du climat de la Terre à long terme, et qu’ils déclenchent le début et la fin des périodes glaciaires. […] La forme de l’orbite terrestre, appelée excentricité ; l’angle d’inclinaison de l’axe de la Terre par rapport au plan de son orbite, appelé obliquité ; et la direction vers laquelle pointe l’axe de rotation de la Terre, appelée précession.
NASA Science Editorial Team, « Milankovitch (Orbital) Cycles and Their Role in Earth’s Climate », NASA Science, 27 février 2020, mis à jour le 22 octobre 2024
Note 2
Three indices of global climate have been monitored in the record of the past 450,000 years in Southern Hemisphere ocean-floor sediments.
Trois indicateurs du climat global ont été suivis dans l’archive des 450 000 dernières années que constituent les sédiments du fond de l’océan de l’hémisphère Sud.
Hays, James D., Imbrie, John et Shackleton, Nicholas J., « Variations in the Earth’s Orbit: Pacemaker of the Ice Ages », Science, vol. 194, n° 4270, 1976, p. 1121-1132, accès payant
Note 3
Over the frequency range 10(-4) to 10(-5) cycle per year, climatic variance of these records is concentrated in three discrete spectral peaks at periods of 23,000, 42,000, and approximately 100,000 years. These peaks correspond to the dominant periods of the earth's solar orbit, and contain respectively about 10, 25, and 50 percent of the climatic variance. […] an explanation of the correlation between climate and eccentricity probably requires an assumption of nonlinearity.
Sur la gamme de fréquences de 10⁻⁴ à 10⁻⁵ cycle par an, la variance climatique de ces enregistrements est concentrée dans trois pics spectraux distincts, aux périodes de 23 000, 42 000 et environ 100 000 ans. Ces pics correspondent aux périodes dominantes de l’orbite terrestre et contiennent respectivement environ 10, 25 et 50 % de la variance climatique. […] expliquer la corrélation entre le climat et l’excentricité exige probablement de supposer une réponse non linéaire.
Hays, James D., Imbrie, John et Shackleton, Nicholas J., « Variations in the Earth’s Orbit: Pacemaker of the Ice Ages », Science, vol. 194, n° 4270, 1976, p. 1121-1132, accès payant
Note 4
climatic variance of these records is concentrated in three discrete spectral peaks at periods of 23,000, 42,000, and approximately 100,000 years. These peaks correspond to the dominant periods of the earth's solar orbit, and contain respectively about 10, 25, and 50 percent of the climatic variance.
la variance climatique de ces enregistrements est concentrée dans trois pics spectraux distincts, aux périodes de 23 000, 42 000 et environ 100 000 ans. Ces pics correspondent aux périodes dominantes de l’orbite terrestre autour du Soleil, et contiennent respectivement environ 10, 25 et 50 % de la variance climatique.
Hays, James D., Imbrie, John et Shackleton, Nicholas J., « Variations in the Earth’s Orbit: Pacemaker of the Ice Ages », Science, vol. 194, n° 4270, 1976, p. 1121-1132, accès payant
Note 5
The 42,000-year climatic component has the same period as variations in the obliquity of the earth's axis and retains a constant phase relationship with it.
La composante climatique de 42 000 ans a la même période que les variations de l’obliquité de l’axe terrestre, et garde avec elles une relation de phase constante.
Hays, James D., Imbrie, John et Shackleton, Nicholas J., « Variations in the Earth’s Orbit: Pacemaker of the Ice Ages », Science, vol. 194, n° 4270, 1976, p. 1121-1132, accès payant
Note 6
The dominant, 100,000-year climatic component has an average period close to, and is in phase with, orbital eccentricity. Unlike the correlations between climate and the higher-frequency orbital variations (which can be explained on the assumption that the climate system responds linearly to orbital forcing), an explanation of the correlation between climate and eccentricity probably requires an assumption of nonlinearity.
La composante climatique dominante, de 100 000 ans, a une période moyenne proche de celle de l’excentricité de l’orbite, et elle est en phase avec elle. Contrairement aux corrélations entre le climat et les variations orbitales de plus haute fréquence (qui peuvent s’expliquer en supposant que le système climatique répond linéairement au forçage orbital), une explication de la corrélation entre le climat et l’excentricité exige probablement une hypothèse de non-linéarité.
Hays, James D., Imbrie, John et Shackleton, Nicholas J., « Variations in the Earth’s Orbit: Pacemaker of the Ice Ages », Science, vol. 194, n° 4270, 1976, p. 1121-1132, accès payant
Note 7
Mass balance measurements provide information on the gain or loss in glacier mass. […] This corresponds to the (annual) average thickness change of the glacier in water column per square meter with positive and negative values indicating a mass gain and loss, respectively.
Les mesures de bilan de masse renseignent sur le gain ou la perte de masse d’un glacier. […] Cela correspond à la variation d’épaisseur moyenne (annuelle) du glacier en colonne d’eau par mètre carré, les valeurs positives et négatives indiquant respectivement un gain et une perte de masse.
World Glacier Monitoring Service, Global Glacier Change Bulletin, Zurich, éditions annuelles
Note 8
Au cours de l’année hydrologique 2024, et pour la troisième année consécutive, les 19 régions glaciaires ont enregistré une perte de masse nette.
Organisation météorologique mondiale, State of Global Climate et communiqués de la Journée mondiale des glaciers
Note 9
The mass balance statistics (Table 1) are calculated based on all reported values and on available data from about 60 reference glaciers with continued observation series of more than 30 years. […] All so far reported mass balance values, given in Table 2, are tentative.
Les statistiques de bilan de masse (tableau 1) sont calculées à partir de toutes les valeurs communiquées et des données disponibles pour environ 60 glaciers de référence ayant des séries d’observation continues de plus de 30 ans. […] Toutes les valeurs de bilan de masse communiquées jusqu’ici, données dans le tableau 2, sont provisoires.
World Glacier Monitoring Service, « Latest Glacier Mass Balance Data », page web, Zurich, consultée le 25 octobre 2026
Note 10
En se fondant sur une compilation d’observations mondiales, le WGMS a estimé que les glaciers (à l’exception des calottes glaciaires continentales du Groenland et de l’Antarctique) ont perdu au total plus de 9 000 milliards de tonnes depuis le début des relevés, en 1975.
Organisation météorologique mondiale, State of Global Climate et communiqués de la Journée mondiale des glaciers
Note 11
We estimated regional mass changes for the 19 first-order regions of the Randolph Glacier Inventory (RGI) (Fig. 1). […] Global mass changes ΔMglobal were calculated as the sum of all regional mass changes.
Nous avons estimé les variations de masse régionales pour les 19 régions de premier ordre de l’inventaire des glaciers Randolph (RGI) (fig. 1). […] Les variations de masse globales ΔMglobal ont été calculées comme la somme de toutes les variations de masse régionales.
Zemp, Michael et al., « Global Glacier Mass Changes and Their Contributions to Sea-Level Rise from 1961 to 2016 », Nature, vol. 568, 2019, p. 382-386
Note 12
Through 2024, these glaciers have lost more than 27 meters of water equivalent
Jusqu’en 2024, ces glaciers ont perdu plus de 27 mètres d’équivalent en eau
NOAA Climate.gov, « Graph-Dashboard: Glacier Mass Balance (Yearly) »
Note 13
The mass balance statistics (Table 1) are calculated based on all reported values and on available data from about 60 reference glaciers with continued observation series of more than 30 years.
Les statistiques de bilan de masse (tableau 1) sont calculées à partir de toutes les valeurs communiquées et des données disponibles pour environ 60 glaciers de référence dotés de séries d’observation continues de plus de 30 ans.
World Glacier Monitoring Service, « Latest Glacier Mass Balance Data », page web, Zurich, consultée le 25 octobre 2026
Using largely untapped satellite archives, we chart surface elevation changes at a high spatiotemporal resolution over all of Earth’s glaciers.
En utilisant des archives satellitaires largement inexploitées, nous cartographions les changements d’altitude de surface, à haute résolution dans l’espace et dans le temps, sur l’ensemble des glaciers de la Terre.
Hugonnet, R. et al., « Accelerated Global Glacier Mass Loss in the Early Twenty-First Century », Nature, vol. 592, n° 7856, 2021, p. 726-731
Note 14
They also have steep gradients and steep and narrow V-shaped valleys—in some cases steep enough to be called canyons. […] Glaciers are effective agents of erosion, especially in situations where the ice is not frozen to its base and can therefore slide over the bedrock or other sediment. In fact the ice itself is not particularly effective at erosion because it is relatively soft (Mohs hardness 1.5 at 0°C); instead, it is the rock fragments embedded in the ice and pushed down onto the underlying surfaces that do most of the erosion. […] In general, glaciers are much wider than rivers of similar length, and since they tend to erode more at their bases than their sides, they produce wide valleys with relatively flat bottoms and steep sides—known as U-shaped valleys (Figure 16.3.2). […] Supraglacial (on top of the ice) and englacial (within the ice) sediments that slide off the melting front of a stationary glacier can form a ridge of unsorted sediments called an terminal moraine. […] These sediments form lateral moraines (Figure 16.0.1) and, where two glaciers meet, medial moraines. […] A common feature in areas of effective frost wedging is a talus slope—a fan-shaped deposit of fragments removed by frost wedging from the steep rocky slopes above (Figure 5.1.4).
Ils ont aussi des pentes fortes et des vallées en V raides et étroites — parfois assez raides pour qu’on les appelle des canyons. […] Les glaciers sont des agents d’érosion efficaces, surtout lorsque la glace n’est pas soudée à son lit par le gel et peut donc glisser sur la roche en place ou sur d’autres sédiments. En fait, la glace elle-même érode assez mal, car elle est relativement tendre (dureté de Mohs de 1,5 à 0 °C) ; ce sont plutôt les fragments de roche pris dans la glace et pressés contre les surfaces sous-jacentes qui font l’essentiel de l’érosion. […] En général, les glaciers sont beaucoup plus larges que des rivières de même longueur et, comme ils tendent à éroder davantage leur base que leurs flancs, ils produisent des vallées larges, au fond relativement plat et aux flancs raides — les vallées en U (figure 16.3.2). […] Les sédiments supraglaciaires (sur la glace) et englaciaires (dans la glace) qui glissent du front en fusion d’un glacier stationnaire peuvent former une crête de sédiments non triés, appelée moraine terminale. […] Ces sédiments forment des moraines latérales (figure 16.0.1) et, là où deux glaciers se rejoignent, des moraines médianes. […] Un trait courant des régions où la gélifraction est efficace est le talus d’éboulis — un dépôt en éventail de fragments arrachés par le gel aux pentes rocheuses raides situées au-dessus (figure 5.1.4).
Earle, Steven, Physical Geology, 2e éd., BCcampus, 2019, sections 5.1 « Mechanical Weathering », 13.4 « Stream Types », 16.3 « Glacial Erosion » et 16.4 « Glacial Deposition »
Note 15
the data show a consistent pattern that is characterized by an increase in denudation rates from <0.02 mm/yr in the foreland to >0.1 mm/yr in the Alpine core. […] Denudation rates of catchments in the Central Alps increase from ca. 0.25 mm/yr in the Molasse Basin to more than 1 mm/yr in the core of the belt (1.28 mm/yr, Lonza River, Lötschental, Fig. 2C).
les données montrent une tendance cohérente, marquée par une hausse des taux de dénudation de moins de 0,02 mm/an dans l’avant-pays à plus de 0,1 mm/an au cœur des Alpes. […] Les taux de dénudation des bassins versants des Alpes centrales passent d’environ 0,25 mm/an dans le bassin molassique à plus de 1 mm/an au cœur de la chaîne (1,28 mm/an pour la Lonza, dans le Lötschental, fig. 2C).
Champagnac, Jean-Daniel et al., « Erosion-Driven Uplift of the Modern Central Alps », Tectonophysics, vol. 474, 2009, p. 236-249
Notes et sources
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Passage elles seraient pilotées par les variations lentes de l’orbite et de l’axe de la Terre
A century ago, Serbian scientist Milutin Milankovitch hypothesized the long-term, collective effects of changes in Earth's position relative to the Sun are a strong driver of Earth's long-term climate, and are responsible for triggering the beginning and end of glaciation periods (Ice Ages). […] The shape of Earth's orbit, known as eccentricity; The angle Earth's axis is tilted with respect to Earth's orbital plane, known as obliquity; and The direction Earth's axis of rotation is pointed, known as precession.
Traduction de la rédaction Il y a un siècle, le scientifique serbe Milutin Milankovitch a émis l’hypothèse que les effets collectifs, à long terme, des changements de position de la Terre par rapport au Soleil sont un moteur puissant du climat de la Terre à long terme, et qu’ils déclenchent le début et la fin des périodes glaciaires. […] La forme de l’orbite terrestre, appelée excentricité ; l’angle d’inclinaison de l’axe de la Terre par rapport au plan de son orbite, appelé obliquité ; et la direction vers laquelle pointe l’axe de rotation de la Terre, appelée précession.
Source NASA Science Editorial Team, « Milankovitch (Orbital) Cycles and Their Role in Earth’s Climate », NASA Science, 27 février 2020, mis à jour le 22 octobre 2024, introduction, puis liste « The Milankovitch cycles include: ».
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage les carottes de sédiments marins, prélevées au fond des océans
Three indices of global climate have been monitored in the record of the past 450,000 years in Southern Hemisphere ocean-floor sediments.
Traduction de la rédaction Trois indicateurs du climat global ont été suivis dans l’archive des 450 000 dernières années que constituent les sédiments du fond de l’océan de l’hémisphère Sud.
Source Hays, James D., Imbrie, John et Shackleton, Nicholas J., « Variations in the Earth’s Orbit: Pacemaker of the Ice Ages », Science, vol. 194, n° 4270, 1976, p. 1121-1132, accès payant, résumé, point 1.
Accès payant ouvrir la source · vérifié le 25 octobre 2026
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Passage L’article de 1976 ne dit pas « on retrouve les cycles ». Il donne trois pics
Over the frequency range 10(-4) to 10(-5) cycle per year, climatic variance of these records is concentrated in three discrete spectral peaks at periods of 23,000, 42,000, and approximately 100,000 years. These peaks correspond to the dominant periods of the earth's solar orbit, and contain respectively about 10, 25, and 50 percent of the climatic variance. […] an explanation of the correlation between climate and eccentricity probably requires an assumption of nonlinearity.
Traduction de la rédaction Sur la gamme de fréquences de 10⁻⁴ à 10⁻⁵ cycle par an, la variance climatique de ces enregistrements est concentrée dans trois pics spectraux distincts, aux périodes de 23 000, 42 000 et environ 100 000 ans. Ces pics correspondent aux périodes dominantes de l’orbite terrestre et contiennent respectivement environ 10, 25 et 50 % de la variance climatique. […] expliquer la corrélation entre le climat et l’excentricité exige probablement de supposer une réponse non linéaire.
Source Hays, James D., Imbrie, John et Shackleton, Nicholas J., « Variations in the Earth’s Orbit: Pacemaker of the Ice Ages », Science, vol. 194, n° 4270, 1976, p. 1121-1132, accès payant, résumé, points 2 et 5.
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Passage un pic vers 23 000 ans, qui explique environ 10 % des variations ; un pic à 42 000 ans — environ 25 % ; un pic à 100 000 ans — environ 50 %
climatic variance of these records is concentrated in three discrete spectral peaks at periods of 23,000, 42,000, and approximately 100,000 years. These peaks correspond to the dominant periods of the earth's solar orbit, and contain respectively about 10, 25, and 50 percent of the climatic variance.
Traduction de la rédaction la variance climatique de ces enregistrements est concentrée dans trois pics spectraux distincts, aux périodes de 23 000, 42 000 et environ 100 000 ans. Ces pics correspondent aux périodes dominantes de l’orbite terrestre autour du Soleil, et contiennent respectivement environ 10, 25 et 50 % de la variance climatique.
Source Hays, James D., Imbrie, John et Shackleton, Nicholas J., « Variations in the Earth’s Orbit: Pacemaker of the Ice Ages », Science, vol. 194, n° 4270, 1976, p. 1121-1132, accès payant, « Summary », point 2, p. 1131.
Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage le pic de 42 000 ans a exactement la période de l’inclinaison de l’axe terrestre, et garde avec elle un décalage constant
The 42,000-year climatic component has the same period as variations in the obliquity of the earth's axis and retains a constant phase relationship with it.
Traduction de la rédaction La composante climatique de 42 000 ans a la même période que les variations de l’obliquité de l’axe terrestre, et garde avec elles une relation de phase constante.
Source Hays, James D., Imbrie, John et Shackleton, Nicholas J., « Variations in the Earth’s Orbit: Pacemaker of the Ice Ages », Science, vol. 194, n° 4270, 1976, p. 1121-1132, accès payant, résumé.
Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage Ils écrivent que le cycle de 100 000 ans demande sans doute une hypothèse de plus : le climat n’y répondrait pas simplement en proportion de ce que lui envoie l’orbite.
The dominant, 100,000-year climatic component has an average period close to, and is in phase with, orbital eccentricity. Unlike the correlations between climate and the higher-frequency orbital variations (which can be explained on the assumption that the climate system responds linearly to orbital forcing), an explanation of the correlation between climate and eccentricity probably requires an assumption of nonlinearity.
Traduction de la rédaction La composante climatique dominante, de 100 000 ans, a une période moyenne proche de celle de l’excentricité de l’orbite, et elle est en phase avec elle. Contrairement aux corrélations entre le climat et les variations orbitales de plus haute fréquence (qui peuvent s’expliquer en supposant que le système climatique répond linéairement au forçage orbital), une explication de la corrélation entre le climat et l’excentricité exige probablement une hypothèse de non-linéarité.
Source Hays, James D., Imbrie, John et Shackleton, Nicholas J., « Variations in the Earth’s Orbit: Pacemaker of the Ice Ages », Science, vol. 194, n° 4270, 1976, p. 1121-1132, accès payant, « Summary », point 5, p. 1131.
Accès payant ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage On mesure le bilan de cette masse, exprimé en mètres d’équivalent en eau.
Mass balance measurements provide information on the gain or loss in glacier mass. […] This corresponds to the (annual) average thickness change of the glacier in water column per square meter with positive and negative values indicating a mass gain and loss, respectively.
Traduction de la rédaction Les mesures de bilan de masse renseignent sur le gain ou la perte de masse d’un glacier. […] Cela correspond à la variation d’épaisseur moyenne (annuelle) du glacier en colonne d’eau par mètre carré, les valeurs positives et négatives indiquant respectivement un gain et une perte de masse.
Source World Glacier Monitoring Service, Global Glacier Change Bulletin, Zurich, éditions annuelles, page « Glacier mass balance » (https://wgms.ch/glacier_mass_balance/), section de définition.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
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Passage les dix-neuf régions glaciaires du monde perdaient toutes de la masse, plusieurs années de suite
Au cours de l’année hydrologique 2024, et pour la troisième année consécutive, les 19 régions glaciaires ont enregistré une perte de masse nette.
Source Organisation météorologique mondiale, State of Global Climate et communiqués de la Journée mondiale des glaciers, communiqué de l’OMM du 21 mars 2025 (première Journée mondiale des glaciers), « La fonte des glaciers déclenchera une avalanche d’effets en cascade ».
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
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Passage le WGMS recalcule ses séries à mesure que de nouvelles mesures entrent dans la base
The mass balance statistics (Table 1) are calculated based on all reported values and on available data from about 60 reference glaciers with continued observation series of more than 30 years. […] All so far reported mass balance values, given in Table 2, are tentative.
Traduction de la rédaction Les statistiques de bilan de masse (tableau 1) sont calculées à partir de toutes les valeurs communiquées et des données disponibles pour environ 60 glaciers de référence ayant des séries d’observation continues de plus de 30 ans. […] Toutes les valeurs de bilan de masse communiquées jusqu’ici, données dans le tableau 2, sont provisoires.
Source World Glacier Monitoring Service, « Latest Glacier Mass Balance Data », page web, Zurich, consultée le 25 octobre 2026, page « Latest glacier mass balance data », section 1 « Summary of the balance years 2021/22, 2022/23 and 2023/24 ».
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 25 octobre 2026
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Passage Depuis 1975, la perte cumulée des glaciers de montagne dépasse 9 000 milliards de tonnes de glace.
En se fondant sur une compilation d’observations mondiales, le WGMS a estimé que les glaciers (à l’exception des calottes glaciaires continentales du Groenland et de l’Antarctique) ont perdu au total plus de 9 000 milliards de tonnes depuis le début des relevés, en 1975.
Source Organisation météorologique mondiale, State of Global Climate et communiqués de la Journée mondiale des glaciers, communiqué de l’OMM du 21 mars 2025, section « La préservation des glaciers est une nécessité environnementale et économique », troisième paragraphe.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026
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Passage on calcule d’abord une valeur moyenne par région — dix-neuf régions au total —, puis on combine ces données
We estimated regional mass changes for the 19 first-order regions of the Randolph Glacier Inventory (RGI) (Fig. 1). […] Global mass changes ΔMglobal were calculated as the sum of all regional mass changes.
Traduction de la rédaction Nous avons estimé les variations de masse régionales pour les 19 régions de premier ordre de l’inventaire des glaciers Randolph (RGI) (fig. 1). […] Les variations de masse globales ΔMglobal ont été calculées comme la somme de toutes les variations de masse régionales.
Source Zemp, Michael et al., « Global Glacier Mass Changes and Their Contributions to Sea-Level Rise from 1961 to 2016 », Nature, vol. 568, 2019, p. 382-386, p. 2 (texte principal) ; puis Methods, « Calculation of regional mass changes and contributions to sea-level », p. 13 (pagination du manuscrit accepté).
Accès payant · vérifié le 25 octobre 2026
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Passage Deux sources officielles peuvent présenter des valeurs différentes pour la perte cumulée des glaciers : plus de 27 mètres pour l’une
Through 2024, these glaciers have lost more than 27 meters of water equivalent
Traduction de la rédaction Jusqu’en 2024, ces glaciers ont perdu plus de 27 mètres d’équivalent en eau
Source NOAA Climate.gov, « Graph-Dashboard: Glacier Mass Balance (Yearly) », corps de la page (paragraphe d’introduction sous le titre).
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026
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Passage Le réseau de référence ne compte qu’une soixantaine de glaciers suivis sur le très long terme.
The mass balance statistics (Table 1) are calculated based on all reported values and on available data from about 60 reference glaciers with continued observation series of more than 30 years.
Traduction de la rédaction Les statistiques de bilan de masse (tableau 1) sont calculées à partir de toutes les valeurs communiquées et des données disponibles pour environ 60 glaciers de référence dotés de séries d’observation continues de plus de 30 ans.
Source World Glacier Monitoring Service, « Latest Glacier Mass Balance Data », page web, Zurich, consultée le 25 octobre 2026, page « Latest glacier mass balance data », section 1 « Summary of the balance years 2021/22, 2022/23 and 2023/24 ».
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 25 octobre 2026
Passage À l’inverse, les analyses spatiales récentes observent par satellite la quasi-totalité des glaciers du globe.
Using largely untapped satellite archives, we chart surface elevation changes at a high spatiotemporal resolution over all of Earth’s glaciers.
Traduction de la rédaction En utilisant des archives satellitaires largement inexploitées, nous cartographions les changements d’altitude de surface, à haute résolution dans l’espace et dans le temps, sur l’ensemble des glaciers de la Terre.
Source Hugonnet, R. et al., « Accelerated Global Glacier Mass Loss in the Early Twenty-First Century », Nature, vol. 592, n° 7856, 2021, p. 726-731, résumé (abstract).
Accès payant ouvrir la source · vérifié le 25 octobre 2026
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Passage Elle produit des vallées en V […] Un glacier ne se contente pas de couler, il rabote […] vallées en U […] les moraines […] son pied d’éboulis
They also have steep gradients and steep and narrow V-shaped valleys—in some cases steep enough to be called canyons. […] Glaciers are effective agents of erosion, especially in situations where the ice is not frozen to its base and can therefore slide over the bedrock or other sediment. In fact the ice itself is not particularly effective at erosion because it is relatively soft (Mohs hardness 1.5 at 0°C); instead, it is the rock fragments embedded in the ice and pushed down onto the underlying surfaces that do most of the erosion. […] In general, glaciers are much wider than rivers of similar length, and since they tend to erode more at their bases than their sides, they produce wide valleys with relatively flat bottoms and steep sides—known as U-shaped valleys (Figure 16.3.2). […] Supraglacial (on top of the ice) and englacial (within the ice) sediments that slide off the melting front of a stationary glacier can form a ridge of unsorted sediments called an terminal moraine. […] These sediments form lateral moraines (Figure 16.0.1) and, where two glaciers meet, medial moraines. […] A common feature in areas of effective frost wedging is a talus slope—a fan-shaped deposit of fragments removed by frost wedging from the steep rocky slopes above (Figure 5.1.4).
Traduction de la rédaction Ils ont aussi des pentes fortes et des vallées en V raides et étroites — parfois assez raides pour qu’on les appelle des canyons. […] Les glaciers sont des agents d’érosion efficaces, surtout lorsque la glace n’est pas soudée à son lit par le gel et peut donc glisser sur la roche en place ou sur d’autres sédiments. En fait, la glace elle-même érode assez mal, car elle est relativement tendre (dureté de Mohs de 1,5 à 0 °C) ; ce sont plutôt les fragments de roche pris dans la glace et pressés contre les surfaces sous-jacentes qui font l’essentiel de l’érosion. […] En général, les glaciers sont beaucoup plus larges que des rivières de même longueur et, comme ils tendent à éroder davantage leur base que leurs flancs, ils produisent des vallées larges, au fond relativement plat et aux flancs raides — les vallées en U (figure 16.3.2). […] Les sédiments supraglaciaires (sur la glace) et englaciaires (dans la glace) qui glissent du front en fusion d’un glacier stationnaire peuvent former une crête de sédiments non triés, appelée moraine terminale. […] Ces sédiments forment des moraines latérales (figure 16.0.1) et, là où deux glaciers se rejoignent, des moraines médianes. […] Un trait courant des régions où la gélifraction est efficace est le talus d’éboulis — un dépôt en éventail de fragments arrachés par le gel aux pentes rocheuses raides situées au-dessus (figure 5.1.4).
Source Earle, Steven, Physical Geology, 2e éd., BCcampus, 2019, sections 5.1 « Mechanical Weathering », 13.4 « Stream Types », 16.3 « Glacial Erosion » et 16.4 « Glacial Deposition », section 13.4 « Stream Types », 2ᵉ paragraphe ; section 16.3 « Glacial Erosion », 1er et 3ᵉ paragraphes ; section 16.4 « Glacial Deposition », 4ᵉ et 6ᵉ paragraphes ; section 5.1 « Mechanical Weathering », 6ᵉ paragraphe.
Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026
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Passage Au cœur des Alpes, l’érosion atteint environ 0,1 à 1 millimètre par an
the data show a consistent pattern that is characterized by an increase in denudation rates from <0.02 mm/yr in the foreland to >0.1 mm/yr in the Alpine core. […] Denudation rates of catchments in the Central Alps increase from ca. 0.25 mm/yr in the Molasse Basin to more than 1 mm/yr in the core of the belt (1.28 mm/yr, Lonza River, Lötschental, Fig. 2C).
Traduction de la rédaction les données montrent une tendance cohérente, marquée par une hausse des taux de dénudation de moins de 0,02 mm/an dans l’avant-pays à plus de 0,1 mm/an au cœur des Alpes. […] Les taux de dénudation des bassins versants des Alpes centrales passent d’environ 0,25 mm/an dans le bassin molassique à plus de 1 mm/an au cœur de la chaîne (1,28 mm/an pour la Lonza, dans le Lötschental, fig. 2C).
Source Champagnac, Jean-Daniel et al., « Erosion-Driven Uplift of the Modern Central Alps », Tectonophysics, vol. 474, 2009, p. 236-249, section 3.3.1 « Suspended loads » et section 3.3.2 « Denudation rates from cosmogenic 10Be ».
Accès payant · vérifié le 25 octobre 2026
Références bibliographiques
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- Bierman, Paul R. et Montgomery, David R., Key Concepts in Geomorphology, Macmillan Learning, 2020, en bibliothèque (les agents d’érosion et les formes qu’ils produisent : vallées en V et en U, moraines, éboulis, dunes).
- Champagnac, Jean-Daniel et al., « Erosion-Driven Uplift of the Modern Central Alps », Tectonophysics, vol. 474, 2009, p. 236-249, accès payant (les taux d’érosion alpins de l’ordre de 0,1 à 1 mm/an).
- Earle, Steven, Physical Geology, 2e éd., BCcampus, 2019, sections 5.1 « Mechanical Weathering », 13.4 « Stream Types », 16.3 « Glacial Erosion » et 16.4 « Glacial Deposition », en accès libre (les vallées en V des torrents, l’érosion glaciaire par les fragments pris dans la glace, les vallées en U, les moraines de sédiments non triés, les talus d’éboulis nés du gel). https://opentextbc.ca/physicalgeology2ed/chapter/16-3-glacial-erosion/
- Hays, James D., Imbrie, John et Shackleton, Nicholas J., « Variations in the Earth’s Orbit: Pacemaker of the Ice Ages », Science, vol. 194, n° 4270, 1976, p. 1121-1132, accès payant (les trois pics à 100 000, 42 000 et 23 000 ans et leurs parts respectives d’environ 50, 25 et 10 % ; la relation de phase constante entre le pic de 42 000 ans et l’obliquité ; la réserve des auteurs sur le cycle de 100 000 ans, qui suppose une réponse non linéaire du climat). https://doi.org/10.1126/science.194.4270.1121
- Hugonnet, R. et al., « Accelerated Global Glacier Mass Loss in the Early Twenty-First Century », Nature, vol. 592, n° 7856, 2021, p. 726-731, accès payant (les changements d’altitude de tous les glaciers de la Terre suivis grâce aux archives satellitaires). https://doi.org/10.1038/s41586-021-03436-z
- Milanković, Milutin, Kanon der Erdbestrahlung und seine Anwendung auf das Eiszeitenproblem, Académie royale serbe, Belgrade, 1941, en bibliothèque (la théorie astronomique des glaciations).
- NASA Science Editorial Team, « Milankovitch (Orbital) Cycles and Their Role in Earth’s Climate », NASA Science, 27 février 2020, mis à jour le 22 octobre 2024, en accès libre (la théorie astronomique des glaciations de Milankovitch : orbite et axe de la Terre). https://science.nasa.gov/science-research/earth-science/milankovitch-orbital-cycles-and-their-role-in-earths-climate/
- NOAA Climate.gov, « Graph-Dashboard: Glacier Mass Balance (Yearly) », en accès libre (le cumul du réseau de référence et la distinction avec les mesures satellitaires). https://www.climate.gov/graph-dashboard-glacier-mass-balance-yearly
- Organisation météorologique mondiale, State of Global Climate et communiqués de la Journée mondiale des glaciers, en accès libre (les pertes annuelles récentes, les dix-neuf régions en déficit, le cumul depuis 1975).
- World Glacier Monitoring Service, Global Glacier Change Bulletin, Zurich, éditions annuelles, en accès libre (les glaciers de référence, la méthode de moyenne pondérée par région, le recalcul des séries). https://wgms.ch/
- World Glacier Monitoring Service, « Latest Glacier Mass Balance Data », page web, Zurich, consultée le 25 octobre 2026, en accès libre (une soixantaine de glaciers de référence suivis depuis plus de 30 ans ; plus de 25 mètres d’équivalent en eau perdus en moyenne depuis 1980). https://wgms.ch/latest-glacier-mass-balance-data/
- Zemp, Michael et al., « Global Glacier Mass Changes and Their Contributions to Sea-Level Rise from 1961 to 2016 », Nature, vol. 568, 2019, p. 382-386, accès payant (la pondération régionale contre le biais d’échantillonnage).
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