Matière et énergie 4.5

La physique nucléaire et la radioactivité

Le saviez-vous ?

Noël 1938, en Suède. Une femme marche dans la neige avec son neveu et comprend, en quelques heures, ce qui va changer le cours du siècle.

Photographie ancienne en noir et blanc d'une femme et d'un homme debout dans un laboratoire.
Lise Meitner et Otto Hahn dans leur laboratoire de l’institut Kaiser-Wilhelm de chimie, à Berlin, en 1913. Auteur inconnu, Domaine public, source

Noël 1938, en Suède. Une femme marche dans la neige avec son neveu et comprend, en quelques heures, ce qui va changer le cours du siècle.

Elle s’appelle Lise Meitner. Le prix Nobel qui récompensera cette découverte fondamentale sera attribué sept ans plus tard — sans qu’elle y figure. C’est l’histoire d’une révolution scientifique, et de l’injustice institutionnelle qui l’a suivie.

D’abord, de quoi s’agit-il ?

Le cœur d’un atome, son noyau, est composé de particules fortement liées entre elles. Chez la plupart des éléments, ce noyau est stable : il ne subit aucune transformation au fil du temps.

Chez d’autres, l’édifice est instable. Un noyau instable finit par se transformer spontanément, à un moment impossible à prévoir, en éjectant une particule ou une onde électromagnétique. C’est ce phénomène que l’on nomme radioactivité. L’uranium en est l’un des exemples les plus connus.

En 1934, à Berlin, une question occupe les laboratoires : que se passe-t-il lorsqu’on bombarde un noyau d’uranium avec un neutron ?1

Le travail d’une équipe

À partir du milieu des années 1930, trois chercheurs travaillent ensemble, chacun avec un apport distinct :

  • Lise Meitner, physicienne ;
  • Otto Hahn, chimiste chevronné ;
  • Fritz Strassmann, chimiste et assistant de laboratoire.

Pendant plusieurs années, ils bombardent l’uranium de neutrons, persuadés de produire des éléments artificiels plus lourds que l’uranium (les transuraniens). Ils font fausse route, mais la communauté scientifique mondiale partage alors cette erreur.

La fracture politique et l’exil

En juillet 1938, la situation politique fait basculer la collaboration.2

Autrichienne d’origine juive, Lise Meitner est directement menacée par les lois raciales du régime nazi à la suite de l’Anschluss. Sa conversion au protestantisme trente ans plus tôt ne lui offre aucune protection. Avec l’aide critique du physicien néerlandais Dirk Coster, elle fuit clandestinement l’Allemagne pour se réfugier en Suède.3

À noter : Fritz Strassmann paiera lui aussi son opposition ferme au régime nazi : écarté des postes universitaires, il travaillera durant des années à demi-salaire, voire sans aucune rémunération.4

La découverte par correspondance

L’explication clé s’élabore en l’espace de six semaines cruciales :

  • 13 novembre 1938 — Hahn et Meitner se rencontrent secrètement à Copenhague. Elle lui suggère des protocoles d’expérimentation complémentaires rigoureux.
  • Décembre 1938 — À Berlin, Hahn et Strassmann exécutent ces tests et détectent la présence de baryum, un élément environ deux fois plus léger que l’uranium. Le résultat est incompréhensible : la physique de l’époque n’envisage pas qu’un noyau puisse se briser en deux.
  • 19 décembre 1938 — Hahn écrit en urgence à Meitner pour lui demander de trouver une explication théorique, aussi extravagante soit-elle.
  • Noël 1938 (Kungälv, Suède) — Meitner et son neveu, le physicien Otto Frisch, partent marcher dans la neige pour en discuter : lui à skis, elle à pied. Ils s’assoient sur un tronc d’arbre pour calculer.5

Meitner propose de voir le noyau comme une goutte de liquide. Frisch, qui se représente mieux les choses, trace ce qui se passerait : la goutte frappée par un neutron s’allonge, se pince au milieu, puis se sépare en deux. Les deux morceaux, chargés électriquement, se repoussent violemment.6

  • Le calcul d’énergie — Reste une question, posée par Frisch : d’où viendrait cette énergie ? Meitner calcule de mémoire que les deux noyaux-enfants seraient, ensemble, plus légers que le noyau de départ d’environ un cinquième de la masse d’un proton. Cette masse manquante, portée dans la formule d’Einstein reliant masse et énergie, donne environ 200 millions d’électronvolts.7

Les deux calculs — celui de la répulsion électrique et celui de la masse manquante — aboutissent au même nombre. Tout concorde.

  • Janvier 1939 — Frisch confirme l’expérience en laboratoire à Copenhague. Il adopte le terme fission, après avoir appris que les biologistes appelaient ainsi la division d’une cellule en deux.8

Dans leur article, Meitner et Frisch écrivent que le noyau d’uranium n’a qu’une faible stabilité de forme, et qu’il peut, après avoir capturé un neutron, se diviser en deux noyaux de taille à peu près égale — la proportion exacte dépendant de détails de structure, et peut-être en partie du hasard.9

Deux publications, un traitement inégal

  1. 6 janvier 1939 : Hahn et Strassmann publient les résultats chimiques dans la revue Naturwissenschaften. Le nom de Meitner est omis.
  2. 11 février 1939 : Meitner et Frisch publient l’interprétation physique fondamentale dans la revue Nature.
  3. Novembre 1945 : Le prix Nobel de chimie 1944 (attribué en retard) est annoncé pour Otto Hahn seul. Les statuts de la Fondation Nobel permettaient pourtant d’attribuer le prix conjointement aux trois chercheurs.10

Trois faits documentés

  • 49 nominations : Lise Meitner a été proposée 49 fois pour le prix Nobel (30 fois en physique et 19 fois en chimie) sans jamais le recevoir.
  • Ce qu’elle en a dit elle-même : sa position est plus nuancée que celle de ses défenseurs, et mérite d’être citée. « Hahn méritait pleinement le prix Nobel de chimie — il n’y a vraiment aucun doute là-dessus. Mais je crois que Frisch et moi avons apporté quelque chose de non négligeable à l’élucidation de la fission de l’uranium : comment elle s’amorce, et qu’elle libère tant d’énergie. Cela était très éloigné de Hahn. »11

Elle ne réclame pas le prix de Hahn. Elle réclame le sien. La chimie avait trouvé le baryum ; la physique avait expliqué pourquoi. Deux prix existaient, un seul a été donné.

  • Reconnaissance tardive : En 1966, la Commission de l’énergie atomique des États-Unis attribue conjointement le prestigieux prix Enrico Fermi à Hahn, Meitner et Strassmann — une distinction partagée, cette fois, entre la chimie et la physique. Le prix Nobel de 1944, lui, est resté attribué à Hahn seul.12

Les suites de la découverte : de la théorie à l’histoire

L’histoire ne s’arrête pas à cette injustice académique : la découverte de Kungälv a déclenché, à une vitesse inédite, une chaîne d’événements d’ampleur mondiale.

  1. La réaction en chaîne — En se brisant, un noyau d’uranium libère d’autres neutrons qui peuvent à leur tour scinder d’autres noyaux voisins.
  2. Le premier réacteur (1942) — En décembre 1942, à Chicago, l’équipe d’Enrico Fermi réalise la première réaction en chaîne contrôlée (Chicago Pile-1).
  3. L’usage militaire (1945) — En août 1945, moins de sept ans après la promenade dans la neige, deux bombes atomiques détruisent Hiroshima et Nagasaki.
  4. L’énergie civile (1951-1954) — La première électricité d’origine nucléaire est produite en 1951 (réacteur EBR-I, USA), et la première centrale à fournir du courant à un réseau électrique est mise en service en 1954 à Obninsk (URSS).13

Remarque méthodologique sur les mesures de radioactivité

Pour traiter de l’impact de la radioactivité, la précision des unités est essentielle afin d’éviter toute confusion :

  • Le becquerel (Bq) : Mesure l’activité brute, c’est-à-dire le nombre de désintégrations nucléaires par seconde.
  • Le sievert (Sv) : Évalue l’impact biologique des rayonnements sur le corps humain.

Prudence avec les chiffres : Le sievert représente une estimation de risque moyen calculée pour une population. Il ne prédit pas un résultat individuel absolu. Tout chiffre sur la radioactivité publié sans son unité et son contexte d’évaluation est scientifiquement inutilisable.14

En mémoire

Sur la tombe de Lise Meitner, à Bramley (Angleterre), son neveu Otto Frisch a composé cette épitaphe :15

« Lise Meitner : a physicist who never lost her humanity. »
(Une physicienne qui n’a jamais perdu son humanité).

Note 1

Upon returning to Berlin she was made head of a physics section at the KWI, where she did research in nuclear physics. […] In 1934 Enrico Fermi bombarded uranium with neutrons, producing what he thought were the first elements heavier than uranium. […] Following Fermi’s work, Meitner and Hahn, along with chemist Fritz Strassmann, also began bombarding uranium and other elements with neutrons and identifying the series of decay products.

À son retour à Berlin, elle fut nommée à la tête d’une section de physique du KWI, où elle mena des recherches en physique nucléaire. […] En 1934, Enrico Fermi bombarda de l’uranium avec des neutrons, produisant ce qu’il croyait être les premiers éléments plus lourds que l’uranium. […] À la suite des travaux de Fermi, Meitner et Hahn, avec le chimiste Fritz Strassmann, se mirent eux aussi à bombarder de neutrons l’uranium et d’autres éléments et à identifier la série des produits de désintégration.

Chodos, Alan, « December 1938: Discovery of Nuclear Fission », APS News, « This Month in Physics History », 3 décembre 2007

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Note 2

Meitner, who had Jewish ancestry, worked at the KWI until July 1938, when she was forced to flee from the Nazis.

Meitner, qui avait des ascendances juives, travailla au KWI jusqu’en juillet 1938, date à laquelle elle fut contrainte de fuir les nazis.

Chodos, Alan, « December 1938: Discovery of Nuclear Fission », APS News, « This Month in Physics History », 3 décembre 2007

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Note 3

Her influential work in the early 20th century made her a target of the Nazis […] Lise's parents were assimilated Viennese Jews, who did not practice Judaism. […] However, she held her paid position at the Kaiser Wilhelm Institute for Chemistry until the Third Reich's invasion of Austria in 1938 (the Anschluss) brought Austrians under German law. […] Dirk Coster, a Dutch physicist, secretly accompanied Meitner through the stressful train journey across Nazi borders into the Netherlands.

Ses travaux influents du début du XXᵉ siècle firent d’elle une cible des nazis […] Les parents de Lise étaient des Juifs viennois assimilés, qui ne pratiquaient pas le judaïsme. […] Elle conserva cependant son poste rémunéré à l’Institut Kaiser-Wilhelm de chimie jusqu’à ce que l’invasion de l’Autriche par le Troisième Reich en 1938 (l’Anschluss) place les Autrichiens sous la loi allemande. […] Dirk Coster, physicien néerlandais, accompagna secrètement Meitner pendant l’éprouvant voyage en train à travers les frontières nazies jusqu’aux Pays-Bas.

Rife, Patricia, « Lise Meitner », Shalvi/Hyman Encyclopedia of Jewish Women, Jewish Women’s Archive, 27 février 2009

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Note 4

‘Strassman is not someone who is going out throwing bombs or distributing leaflets, but he resigns his position in the German Chemical Society, which is massive,’ Chapman explains. ‘There is a level beyond PhD [in Germany] where you take your habilitation [degree], and he is not eligible any more to do that, and so he is throwing away essentially his career on a principled stance.’ Because Strassmann eschewed professional scientific organisations affiliated with the Nazi party, sustaining his employment as a scientist was difficult.

« Strassmann n’est pas quelqu’un qui va lancer des bombes ou distribuer des tracts, mais il démissionne de la Société allemande de chimie, ce qui est énorme », explique Chapman. « Il existe en Allemagne un niveau au-delà du doctorat, l’habilitation, et il n’y a plus droit ; il sacrifie donc en somme sa carrière à une position de principe. » Parce que Strassmann se tenait à l’écart des organisations scientifiques professionnelles affiliées au parti nazi, il lui était difficile de conserver un emploi de scientifique.

Trager, Rebecca, « Fritz Strassmann: the principled chemist who discovered nuclear fission », Chemistry World, Royal Society of Chemistry

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Note 5

it was impossible to separate those bodies from barium […] so that Hahn and Strassmann were forced to conclude that isotopes of barium (Z = 56) are formed as a consequence of the bombardment of uranium (Z = 92) with neutrons.

il était impossible de séparer ces corps du baryum […] de sorte que Hahn et Strassmann ont été contraints de conclure que des isotopes du baryum (Z = 56) se forment à la suite du bombardement de l’uranium (Z = 92) par des neutrons.

Meitner, Lise et Frisch, Otto R., « Disintegration of Uranium by Neutrons: A New Type of Nuclear Reaction », Nature, vol. 143, 11 février 1939, p. 239-240

On December 24, she received a troubled letter from Hahn recounting a strange "bursting" he described as occurring to uranium, forming barium. Hahn begged his trusted colleague to interpret this process: "What would physics say about such bursting?"

Le 24 décembre, elle reçut de Hahn une lettre inquiète relatant un étrange « éclatement » qui, selon lui, se produisait dans l’uranium et formait du baryum. Hahn supplia sa collègue de confiance d’interpréter ce processus : « Que dirait la physique d’un tel éclatement ? »

Rife, Patricia, « Lise Meitner », Shalvi/Hyman Encyclopedia of Jewish Women, Jewish Women’s Archive, 27 février 2009

Over the Christmas holiday, Meitner had a visit from her nephew, Otto Frisch, a physicist who worked in Copenhagen at Niels Bohr's institute. […] They went for a walk in the snow to talk about the matter, Frisch on skis, Meitner keeping up on foot.

Pendant les vacances de Noël, Meitner reçut la visite de son neveu, Otto Frisch, physicien qui travaillait à Copenhague, à l’institut de Niels Bohr. […] Ils partirent marcher dans la neige pour parler de la question, Frisch à skis, Meitner suivant à pied.

Chodos, Alan, « December 1938: Discovery of Nuclear Fission », APS News, « This Month in Physics History », 3 décembre 2007

At that point we both sat down on a tree trunk … and started to calculate on scraps of paper.

À ce moment-là, nous nous sommes assis tous deux sur un tronc d’arbre… et nous avons commencé à calculer sur des bouts de papier.

Bernstein, Jeremy, « The Discovery of Nuclear Fission », Inference, vol. 5, n° 1, décembre 2019

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Note 6

Meitner suggested they view the nucleus like a liquid drop, following a model that had been proposed earlier by the Russian physicist George Gamow and then further promoted by Bohr.

Meitner proposa de voir le noyau comme une goutte de liquide, suivant un modèle proposé auparavant par le physicien russe George Gamow, puis défendu par Bohr.

Chodos, Alan, « December 1938: Discovery of Nuclear Fission », APS News, « This Month in Physics History », 3 décembre 2007

Frisch, who was better at visualizing things, drew diagrams showing how after being hit with a neutron, the uranium nucleus might, like a water drop, become elongated, then start to pinch in the middle, and finally split into two drops.

Frisch, qui avait plus de facilité à se représenter les choses, dessina des schémas montrant comment, frappé par un neutron, le noyau d’uranium pourrait, comme une goutte d’eau, s’allonger, puis commencer à se pincer au milieu, et enfin se séparer en deux gouttes.

Chodos, Alan, « December 1938: Discovery of Nuclear Fission », APS News, « This Month in Physics History », 3 décembre 2007

These two nuclei will repel each other and should gain a total kinetic energy of c. 200 Mev., as calculated from nuclear radius and charge.

Ces deux noyaux se repousseront et devraient acquérir une énergie cinétique totale d’environ 200 MeV, d’après le calcul fondé sur le rayon et la charge du noyau.

Meitner, Lise et Frisch, Otto R., « Disintegration of Uranium by Neutrons: A New Type of Nuclear Reaction », Nature, vol. 143, 11 février 1939, p. 239-240

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Note 7

Fortunately Lise Meitner remembered the empirical formula […] lighter than the original uranium nucleus by about one-fifth the mass of a proton

Heureusement, Lise Meitner se souvenait de la formule empirique […] plus légers que le noyau d’uranium de départ d’environ un cinquième de la masse d’un proton

Bernstein, Jeremy, « The Discovery of Nuclear Fission », Inference, vol. 5, n° 1, décembre 2019

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Note 8

Using his own lab in Copenhagen, Frisch conducted several experiments with a simple ionization chamber and confirmed Hahn and Strassmann's results.

Dans son propre laboratoire de Copenhague, Frisch a mené plusieurs expériences avec une simple chambre d’ionisation et a confirmé les résultats de Hahn et Strassmann.

Atomic Heritage Foundation, « Nuclear Fission », National Museum of Nuclear Science & History, 4 juin 2014

Frisch named the new nuclear process "fission" after learning that the term "binary fission" was used by biologists to describe cell division.

Frisch nomma le nouveau processus nucléaire « fission » après avoir appris que les biologistes employaient le terme « fission binaire » pour désigner la division cellulaire.

Chodos, Alan, « December 1938: Discovery of Nuclear Fission », APS News, « This Month in Physics History », 3 décembre 2007

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Note 9

It seems therefore possible that the uranium nucleus has only small stability of form, and may, after neutron capture, divide itself into two nuclei of roughly equal size (the precise ratio of sizes depending on finer structural features and perhaps partly on chance).

Il semble donc possible que le noyau d’uranium n’ait qu’une faible stabilité de forme et puisse, après la capture d’un neutron, se diviser en deux noyaux de taille à peu près égale (le rapport exact des tailles dépendant de détails de structure plus fins, et peut-être en partie du hasard).

Meitner, Lise et Frisch, Otto R., « Disintegration of Uranium by Neutrons: A New Type of Nuclear Reaction », Nature, vol. 143, 11 février 1939, p. 239-240

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Note 10

The barium finding was published under the names of Hahn and Strassmann only—not, as Pearson's article implies, because Meitner failed to provide an explanation but because it would have been politically impossible for Hahn and Strassmann to include her, a Jew in exile, as a coauthor.

La découverte du baryum a été publiée sous les seuls noms de Hahn et Strassmann — non pas, comme le laisse entendre l’article de Pearson, parce que Meitner n’aurait pas fourni d’explication, mais parce qu’il aurait été politiquement impossible pour Hahn et Strassmann de l’inclure, elle, une Juive en exil, comme coautrice.

Sime, Ruth Lewin, « Lise Meitner and the discovery of fission », lettre, Physics Today, vol. 68, n° 10, octobre 2015, p. 10

In November 1945, three months after the end of World War II, a narrow majority of the members of the Royal Swedish Academy of Sciences decided to award the 1944 Nobel Prize in Chemistry to Otto Hahn for the discovery of nuclear fission.

En novembre 1945, trois mois après la fin de la Seconde Guerre mondiale, une courte majorité des membres de l’Académie royale des sciences de Suède décida d’attribuer le prix Nobel de chimie 1944 à Otto Hahn pour la découverte de la fission nucléaire.

Crawford, Elisabeth, Sime, Ruth Lewin et Walker, Mark, « A Nobel Tale of Postwar Injustice », Physics Today, vol. 50, n° 9, 1997, p. 26-32

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Note 11

Lise Meitner […] Nominee in 49 nominations:

Lise Meitner […] Nommée dans 49 nominations :

Fondation Nobel, Nomination Archive, entrée « Lise Meitner »

Surely Hahn fully deserved the Nobel Prize for chemistry. There is really no doubt about it. But I believe that Frisch and I contributed something not insignificant to the clarification of the process of uranium fission—how it originates and that it produces so much energy, and that was something very remote from Hahn.

Hahn méritait assurément pleinement le prix Nobel de chimie. Il n’y a vraiment aucun doute là-dessus. Mais je crois que Frisch et moi avons apporté quelque chose de non négligeable à l’élucidation du processus de fission de l’uranium — comment elle s’amorce, et qu’elle produit tant d’énergie —, et cela était très éloigné de Hahn.

Sime, Ruth Lewin, Lise Meitner: A Life in Physics, University of California Press, 1996

Nominee in 49 nominations:

Nommée dans 49 nominations :

Fondation Nobel, base de données des nominations au prix Nobel

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Note 12

The Enrico Fermi award for 1966 was presented by the Atomic Energy Commission to Lise Meitner, Otto Hahn and Fritz Strassmann.

Le prix Enrico Fermi pour 1966 a été remis par la Commission de l’énergie atomique à Lise Meitner, Otto Hahn et Fritz Strassmann.

« AEC’s Fermi award », Physics Today, vol. 19, n° 11, novembre 1966, p. 95

The award was and still remains controversial, primarily because Hahn's Berlin colleagues, the chemist Fritz Strassmann and the physicist Lise Meitner, were not included.

Ce prix fut et reste controversé, principalement parce que les collègues berlinois de Hahn, le chimiste Fritz Strassmann et la physicienne Lise Meitner, n’y furent pas associés.

Crawford, Elisabeth, Sime, Ruth Lewin et Walker, Mark, « A Nobel Tale of Postwar Injustice », Physics Today, vol. 50, n° 9, 1997, p. 26-32

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Note 13

An abandoned rackets court underneath Stagg Field in the middle of the University of Chicago campus was chosen as the test site for the experiment. […] On December 2, 1942, Fermi and the other scientists watched from a balcony while the last scientist on the floor, George Weil, methodically pulled out the cadmium rods as instructed by Fermi. The cadmium rods absorbed neutrons and acted as a brake on the nuclear reaction. […] Sure enough, the pile went critical, creating the world’s first self-sustaining chain reaction.

Un terrain de racquets abandonné sous le stade Stagg Field, au milieu du campus de l’université de Chicago, fut choisi pour l’expérience. […] Le 2 décembre 1942, Fermi et les autres scientifiques observaient depuis un balcon le dernier scientifique resté en bas, George Weil, retirer méthodiquement les barres de cadmium selon les instructions de Fermi. Les barres de cadmium absorbaient les neutrons et servaient de frein à la réaction nucléaire. […] Comme prévu, la pile devint critique, réalisant la première réaction en chaîne auto-entretenue au monde.

Atomic Heritage Foundation, « Chicago Pile-1 », National Museum of Nuclear Science & History, 1er décembre 2016

The next break in the weather over Japan was due to appear just three days after the attack on Hiroshima, to be followed by at least five more days of prohibitive weather. […] At 3:47 a.m. on August 9, 1945, a B-29 named Bock's Car lifted off from Tinian […]. […] The yield of the explosion was later estimated at 21 kilotons, 40 percent greater than that of the Hiroshima bomb. […] Although the destruction at Nagasaki has generally received less worldwide attention than that at Hiroshima, it was extensive nonetheless.

La prochaine éclaircie au-dessus du Japon était attendue trois jours seulement après l’attaque de Hiroshima, et devait être suivie d’au moins cinq autres jours de temps défavorable. […] Le 9 août 1945 à 3 h 47, un B-29 nommé Bock’s Car décolla de Tinian […]. […] La puissance de l’explosion fut plus tard estimée à 21 kilotonnes, 40 % de plus que celle de la bombe de Hiroshima. […] Bien que les destructions de Nagasaki aient en général moins retenu l’attention du monde que celles de Hiroshima, elles furent néanmoins considérables.

U.S. Department of Energy, « The Atomic Bombing of Nagasaki, August 9, 1945 », The Manhattan Project: An Interactive History, Office of Scientific and Technical Information (OSTI)

Experimental Breeder Reactor 1 (EBR-I) produces the world's first usable amount of electricity from nuclear energy, lighting four electric light bulbs.

L’Experimental Breeder Reactor 1 (EBR-I) produit la première quantité d’électricité utilisable d’origine nucléaire au monde, allumant quatre ampoules.

Argonne National Laboratory, « Argonne’s Major Nuclear Energy Milestones »

Fifty years ago, at 5:30 pm, 26 June 1954, in the town of Obninsk, near Moscow in the former USSR, the first nuclear power plant was connected to an electricity grid to provide power to residences and businesses.

Il y a cinquante ans, à 17 h 30 le 26 juin 1954, dans la ville d’Obninsk, près de Moscou, dans l’ex-URSS, la première centrale nucléaire était reliée à un réseau électrique pour alimenter logements et entreprises.

Agence internationale de l’énergie atomique, « From Obninsk Beyond: Nuclear Power Conference Looks to Future », 2004

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Note 14

Effective dose will then be calculated using revised age- and sex-averaged tissue weighting factors, based on updated risk data and intended to apply as rounded values to a population of both sexes and all ages. Effective dose is calculated for a Reference Person and not for an individual. […] Activity, A The expectation value of the number of nuclear transformations occurring in a given quantity of material per unit time. The SI unit of activity is per second (s−1) and its special name is becquerel (Bq). […] Sievert (Sv) The special name for the SI unit of equivalent dose, effective dose, and operational dose quantities.

La dose efficace sera alors calculée à l’aide de facteurs de pondération tissulaire révisés, moyennés sur l’âge et le sexe, fondés sur des données de risque mises à jour et destinés à s’appliquer, en valeurs arrondies, à une population des deux sexes et de tous âges. La dose efficace est calculée pour une Personne de référence et non pour un individu. […] Activité, A : l’espérance du nombre de transformations nucléaires se produisant dans une quantité donnée de matière par unité de temps. L’unité SI de l’activité est la seconde à la puissance moins un (s−1) et son nom spécial est le becquerel (Bq). […] Sievert (Sv) : le nom spécial de l’unité SI de la dose équivalente, de la dose efficace et des grandeurs opérationnelles de dose.

Commission internationale de protection radiologique, The 2007 Recommendations of the International Commission on Radiological Protection, publication 103, Annals of the ICRP, vol. 37, n° 2-4, 2007

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Note 15

When Adolf Hitler rose to power in 1933, most Jewish scientists fled Germany, including Meitner’s own nephew, Otto Frisch. […] She died on October 27, 1968 at 89, and was buried near her younger brother, Walter, in Bramley, Hampshire. Her epitaph, composed by Frisch, simply reads: “Lise Meitner: a physicist who never lost her humanity.”

Quand Adolf Hitler arriva au pouvoir en 1933, la plupart des scientifiques juifs quittèrent l’Allemagne, dont le propre neveu de Meitner, Otto Frisch. […] Elle mourut le 27 octobre 1968, à 89 ans, et fut enterrée près de son jeune frère, Walter, à Bramley, dans le Hampshire. Son épitaphe, composée par Frisch, dit simplement : « Lise Meitner : une physicienne qui n’a jamais perdu son humanité. »

Lucibella, Michael, « February 1939: Meitner/Frisch Paper on Nuclear Fission », APS News, « This Month in Physics History », 1er février 2015

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Notes et sources

  1. ↑

    Passage En 1934, à Berlin, une question occupe les laboratoires

    Upon returning to Berlin she was made head of a physics section at the KWI, where she did research in nuclear physics. […] In 1934 Enrico Fermi bombarded uranium with neutrons, producing what he thought were the first elements heavier than uranium. […] Following Fermi’s work, Meitner and Hahn, along with chemist Fritz Strassmann, also began bombarding uranium and other elements with neutrons and identifying the series of decay products.

    Traduction de la rédaction À son retour à Berlin, elle fut nommée à la tête d’une section de physique du KWI, où elle mena des recherches en physique nucléaire. […] En 1934, Enrico Fermi bombarda de l’uranium avec des neutrons, produisant ce qu’il croyait être les premiers éléments plus lourds que l’uranium. […] À la suite des travaux de Fermi, Meitner et Hahn, avec le chimiste Fritz Strassmann, se mirent eux aussi à bombarder de neutrons l’uranium et d’autres éléments et à identifier la série des produits de désintégration.

    Source Chodos, Alan, « December 1938: Discovery of Nuclear Fission », APS News, « This Month in Physics History », 3 décembre 2007, article en ligne, paragraphes sur la carrière de Meitner à Berlin et sur les expériences de 1934.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  2. ↑

    Passage En juillet 1938, la situation politique fait basculer la collaboration

    Meitner, who had Jewish ancestry, worked at the KWI until July 1938, when she was forced to flee from the Nazis.

    Traduction de la rédaction Meitner, qui avait des ascendances juives, travailla au KWI jusqu’en juillet 1938, date à laquelle elle fut contrainte de fuir les nazis.

    Source Chodos, Alan, « December 1938: Discovery of Nuclear Fission », APS News, « This Month in Physics History », 3 décembre 2007, 5e paragraphe.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  3. ↑

    Passage Autrichienne d’origine juive, Lise Meitner est directement menacée […] Avec l’aide critique du physicien néerlandais Dirk Coster, elle fuit clandestinement l’Allemagne

    Her influential work in the early 20th century made her a target of the Nazis […] Lise's parents were assimilated Viennese Jews, who did not practice Judaism. […] However, she held her paid position at the Kaiser Wilhelm Institute for Chemistry until the Third Reich's invasion of Austria in 1938 (the Anschluss) brought Austrians under German law. […] Dirk Coster, a Dutch physicist, secretly accompanied Meitner through the stressful train journey across Nazi borders into the Netherlands.

    Traduction de la rédaction Ses travaux influents du début du XXᵉ siècle firent d’elle une cible des nazis […] Les parents de Lise étaient des Juifs viennois assimilés, qui ne pratiquaient pas le judaïsme. […] Elle conserva cependant son poste rémunéré à l’Institut Kaiser-Wilhelm de chimie jusqu’à ce que l’invasion de l’Autriche par le Troisième Reich en 1938 (l’Anschluss) place les Autrichiens sous la loi allemande. […] Dirk Coster, physicien néerlandais, accompagna secrètement Meitner pendant l’éprouvant voyage en train à travers les frontières nazies jusqu’aux Pays-Bas.

    Source Rife, Patricia, « Lise Meitner », Shalvi/Hyman Encyclopedia of Jewish Women, Jewish Women’s Archive, 27 février 2009, article en ligne : encadré « In Brief », paragraphe sur la famille (1ʳᵉ phrase citée), paragraphe sur les années 1930 et l’Anschluss, paragraphe sur la fuite de juillet 1938.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  4. ↑

    Passage Fritz Strassmann paiera lui aussi son opposition ferme au régime nazi

    ‘Strassman is not someone who is going out throwing bombs or distributing leaflets, but he resigns his position in the German Chemical Society, which is massive,’ Chapman explains. ‘There is a level beyond PhD [in Germany] where you take your habilitation [degree], and he is not eligible any more to do that, and so he is throwing away essentially his career on a principled stance.’ Because Strassmann eschewed professional scientific organisations affiliated with the Nazi party, sustaining his employment as a scientist was difficult.

    Traduction de la rédaction « Strassmann n’est pas quelqu’un qui va lancer des bombes ou distribuer des tracts, mais il démissionne de la Société allemande de chimie, ce qui est énorme », explique Chapman. « Il existe en Allemagne un niveau au-delà du doctorat, l’habilitation, et il n’y a plus droit ; il sacrifie donc en somme sa carrière à une position de principe. » Parce que Strassmann se tenait à l’écart des organisations scientifiques professionnelles affiliées au parti nazi, il lui était difficile de conserver un emploi de scientifique.

    Source Trager, Rebecca, « Fritz Strassmann: the principled chemist who discovered nuclear fission », Chemistry World, Royal Society of Chemistry, deux paragraphes consécutifs : propos de l’historien Kit Chapman, puis paragraphe « Because Strassmann eschewed… ».

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  5. ↑

    Passage À Berlin, Hahn et Strassmann exécutent ces tests et détectent la présence de baryum

    it was impossible to separate those bodies from barium […] so that Hahn and Strassmann were forced to conclude that isotopes of barium (Z = 56) are formed as a consequence of the bombardment of uranium (Z = 92) with neutrons.

    Traduction de la rédaction il était impossible de séparer ces corps du baryum […] de sorte que Hahn et Strassmann ont été contraints de conclure que des isotopes du baryum (Z = 56) se forment à la suite du bombardement de l’uranium (Z = 92) par des neutrons.

    Source Meitner, Lise et Frisch, Otto R., « Disintegration of Uranium by Neutrons: A New Type of Nuclear Reaction », Nature, vol. 143, 11 février 1939, p. 239-240, troisième paragraphe de l’article.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

    Passage Hahn écrit en urgence à Meitner pour lui demander de trouver une explication théorique

    On December 24, she received a troubled letter from Hahn recounting a strange "bursting" he described as occurring to uranium, forming barium. Hahn begged his trusted colleague to interpret this process: "What would physics say about such bursting?"

    Traduction de la rédaction Le 24 décembre, elle reçut de Hahn une lettre inquiète relatant un étrange « éclatement » qui, selon lui, se produisait dans l’uranium et formait du baryum. Hahn supplia sa collègue de confiance d’interpréter ce processus : « Que dirait la physique d’un tel éclatement ? »

    Source Rife, Patricia, « Lise Meitner », Shalvi/Hyman Encyclopedia of Jewish Women, Jewish Women’s Archive, 27 février 2009, article en ligne, paragraphe sur décembre 1938.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage Meitner et son neveu […] partent marcher dans la neige pour en discuter : lui à skis, elle à pied.

    Over the Christmas holiday, Meitner had a visit from her nephew, Otto Frisch, a physicist who worked in Copenhagen at Niels Bohr's institute. […] They went for a walk in the snow to talk about the matter, Frisch on skis, Meitner keeping up on foot.

    Traduction de la rédaction Pendant les vacances de Noël, Meitner reçut la visite de son neveu, Otto Frisch, physicien qui travaillait à Copenhague, à l’institut de Niels Bohr. […] Ils partirent marcher dans la neige pour parler de la question, Frisch à skis, Meitner suivant à pied.

    Source Chodos, Alan, « December 1938: Discovery of Nuclear Fission », APS News, « This Month in Physics History », 3 décembre 2007, 7e paragraphe.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage Ils s’assoient sur un tronc d’arbre pour calculer.

    At that point we both sat down on a tree trunk … and started to calculate on scraps of paper.

    Traduction de la rédaction À ce moment-là, nous nous sommes assis tous deux sur un tronc d’arbre… et nous avons commencé à calculer sur des bouts de papier.

    Source Bernstein, Jeremy, « The Discovery of Nuclear Fission », Inference, vol. 5, n° 1, décembre 2019, récit de Frisch (What Little I Remember, p. 116), cité par l’article.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  6. ↑

    Passage Meitner propose de voir le noyau comme une goutte de liquide.

    Meitner suggested they view the nucleus like a liquid drop, following a model that had been proposed earlier by the Russian physicist George Gamow and then further promoted by Bohr.

    Traduction de la rédaction Meitner proposa de voir le noyau comme une goutte de liquide, suivant un modèle proposé auparavant par le physicien russe George Gamow, puis défendu par Bohr.

    Source Chodos, Alan, « December 1938: Discovery of Nuclear Fission », APS News, « This Month in Physics History », 3 décembre 2007, 7e paragraphe.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage Frisch, qui se représente mieux les choses, trace ce qui se passerait : la goutte frappée par un neutron s’allonge, se pince au milieu, puis se sépare en deux.

    Frisch, who was better at visualizing things, drew diagrams showing how after being hit with a neutron, the uranium nucleus might, like a water drop, become elongated, then start to pinch in the middle, and finally split into two drops.

    Traduction de la rédaction Frisch, qui avait plus de facilité à se représenter les choses, dessina des schémas montrant comment, frappé par un neutron, le noyau d’uranium pourrait, comme une goutte d’eau, s’allonger, puis commencer à se pincer au milieu, et enfin se séparer en deux gouttes.

    Source Chodos, Alan, « December 1938: Discovery of Nuclear Fission », APS News, « This Month in Physics History », 3 décembre 2007, 7e paragraphe.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage Les deux morceaux, chargés électriquement, se repoussent violemment.

    These two nuclei will repel each other and should gain a total kinetic energy of c. 200 Mev., as calculated from nuclear radius and charge.

    Traduction de la rédaction Ces deux noyaux se repousseront et devraient acquérir une énergie cinétique totale d’environ 200 MeV, d’après le calcul fondé sur le rayon et la charge du noyau.

    Source Meitner, Lise et Frisch, Otto R., « Disintegration of Uranium by Neutrons: A New Type of Nuclear Reaction », Nature, vol. 143, 11 février 1939, p. 239-240, corps de l’article.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  7. ↑

    Passage Meitner calcule de mémoire que les deux noyaux-enfants seraient, ensemble, plus légers que le noyau de départ d’environ un cinquième de la masse d’un proton

    Fortunately Lise Meitner remembered the empirical formula […] lighter than the original uranium nucleus by about one-fifth the mass of a proton

    Traduction de la rédaction Heureusement, Lise Meitner se souvenait de la formule empirique […] plus légers que le noyau d’uranium de départ d’environ un cinquième de la masse d’un proton

    Source Bernstein, Jeremy, « The Discovery of Nuclear Fission », Inference, vol. 5, n° 1, décembre 2019, récit de Frisch (What Little I Remember, p. 116), cité par l’article.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  8. ↑

    Passage Frisch confirme l’expérience en laboratoire à Copenhague.

    Using his own lab in Copenhagen, Frisch conducted several experiments with a simple ionization chamber and confirmed Hahn and Strassmann's results.

    Traduction de la rédaction Dans son propre laboratoire de Copenhague, Frisch a mené plusieurs expériences avec une simple chambre d’ionisation et a confirmé les résultats de Hahn et Strassmann.

    Source Atomic Heritage Foundation, « Nuclear Fission », National Museum of Nuclear Science & History, 4 juin 2014, corps de la page.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

    Passage Il adopte le terme fission, après avoir appris que les biologistes appelaient ainsi la division d’une cellule en deux.

    Frisch named the new nuclear process "fission" after learning that the term "binary fission" was used by biologists to describe cell division.

    Traduction de la rédaction Frisch nomma le nouveau processus nucléaire « fission » après avoir appris que les biologistes employaient le terme « fission binaire » pour désigner la division cellulaire.

    Source Chodos, Alan, « December 1938: Discovery of Nuclear Fission », APS News, « This Month in Physics History », 3 décembre 2007, 10e paragraphe.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

  9. ↑

    Passage le noyau d’uranium n’a qu’une faible stabilité de forme, et qu’il peut, après avoir capturé un neutron, se diviser en deux noyaux de taille à peu près égale — la proportion exacte dépendant de détails de structure, et peut-être en partie du hasard

    It seems therefore possible that the uranium nucleus has only small stability of form, and may, after neutron capture, divide itself into two nuclei of roughly equal size (the precise ratio of sizes depending on finer structural features and perhaps partly on chance).

    Traduction de la rédaction Il semble donc possible que le noyau d’uranium n’ait qu’une faible stabilité de forme et puisse, après la capture d’un neutron, se diviser en deux noyaux de taille à peu près égale (le rapport exact des tailles dépendant de détails de structure plus fins, et peut-être en partie du hasard).

    Source Meitner, Lise et Frisch, Otto R., « Disintegration of Uranium by Neutrons: A New Type of Nuclear Reaction », Nature, vol. 143, 11 février 1939, p. 239-240, corps de l’article.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  10. ↑

    Passage Hahn et Strassmann publient les résultats chimiques […] Le nom de Meitner est omis.

    The barium finding was published under the names of Hahn and Strassmann only—not, as Pearson's article implies, because Meitner failed to provide an explanation but because it would have been politically impossible for Hahn and Strassmann to include her, a Jew in exile, as a coauthor.

    Traduction de la rédaction La découverte du baryum a été publiée sous les seuls noms de Hahn et Strassmann — non pas, comme le laisse entendre l’article de Pearson, parce que Meitner n’aurait pas fourni d’explication, mais parce qu’il aurait été politiquement impossible pour Hahn et Strassmann de l’inclure, elle, une Juive en exil, comme coautrice.

    Source Sime, Ruth Lewin, « Lise Meitner and the discovery of fission », lettre, Physics Today, vol. 68, n° 10, octobre 2015, p. 10, lettre de R. L. Sime (Readers’ Forum), 3e paragraphe.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

    Passage Le prix Nobel de chimie 1944 (attribué en retard) est annoncé pour Otto Hahn seul.

    In November 1945, three months after the end of World War II, a narrow majority of the members of the Royal Swedish Academy of Sciences decided to award the 1944 Nobel Prize in Chemistry to Otto Hahn for the discovery of nuclear fission.

    Traduction de la rédaction En novembre 1945, trois mois après la fin de la Seconde Guerre mondiale, une courte majorité des membres de l’Académie royale des sciences de Suède décida d’attribuer le prix Nobel de chimie 1944 à Otto Hahn pour la découverte de la fission nucléaire.

    Source Crawford, Elisabeth, Sime, Ruth Lewin et Walker, Mark, « A Nobel Tale of Postwar Injustice », Physics Today, vol. 50, n° 9, 1997, p. 26-32, résumé.

    Accès payant · vérifié le 25 octobre 2026

  11. ↑

    Passage Lise Meitner a été proposée 49 fois pour le prix Nobel […] sans jamais le recevoir.

    Lise Meitner […] Nominee in 49 nominations:

    Traduction de la rédaction Lise Meitner […] Nommée dans 49 nominations :

    Source Fondation Nobel, Nomination Archive, entrée « Lise Meitner », fiche « Lise Meitner » de la Nomination Archive (en-tête de la liste des nominations : physique 1937-1967, chimie 1924-1948).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

    Passage Hahn méritait pleinement le prix Nobel de chimie — il n’y a vraiment aucun doute là-dessus. Mais je crois que Frisch et moi avons apporté quelque chose de non négligeable à l’élucidation de la fission de l’uranium.

    Surely Hahn fully deserved the Nobel Prize for chemistry. There is really no doubt about it. But I believe that Frisch and I contributed something not insignificant to the clarification of the process of uranium fission—how it originates and that it produces so much energy, and that was something very remote from Hahn.

    Traduction de la rédaction Hahn méritait assurément pleinement le prix Nobel de chimie. Il n’y a vraiment aucun doute là-dessus. Mais je crois que Frisch et moi avons apporté quelque chose de non négligeable à l’élucidation du processus de fission de l’uranium — comment elle s’amorce, et qu’elle produit tant d’énergie —, et cela était très éloigné de Hahn.

    Source Sime, Ruth Lewin, Lise Meitner: A Life in Physics, University of California Press, 1996, cité par Ruth Lewin Sime, p. 325-329.

    En bibliothèque · vérifié le 9 septembre 2026

    Passage Lise Meitner a été proposée 49 fois pour le prix Nobel (30 fois en physique et 19 fois en chimie)

    Nominee in 49 nominations:

    Traduction de la rédaction Nommée dans 49 nominations :

    Source Fondation Nobel, base de données des nominations au prix Nobel, fiche de la nominée Lise Meitner (show_people.php?id=6097) : liste des 49 nominations, dont 30 en physique et 19 en chimie.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 24 octobre 2026

  12. ↑

    Passage En 1966, la Commission de l’énergie atomique des États-Unis attribue conjointement le prestigieux prix Enrico Fermi à Hahn, Meitner et Strassmann

    The Enrico Fermi award for 1966 was presented by the Atomic Energy Commission to Lise Meitner, Otto Hahn and Fritz Strassmann.

    Traduction de la rédaction Le prix Enrico Fermi pour 1966 a été remis par la Commission de l’énergie atomique à Lise Meitner, Otto Hahn et Fritz Strassmann.

    Source « AEC’s Fermi award », Physics Today, vol. 19, n° 11, novembre 1966, p. 95, rubrique « Societies and Awards », entrée « AEC’s Fermi award », p. 95.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

    Passage Le prix Nobel de 1944, lui, est resté attribué à Hahn seul.

    The award was and still remains controversial, primarily because Hahn's Berlin colleagues, the chemist Fritz Strassmann and the physicist Lise Meitner, were not included.

    Traduction de la rédaction Ce prix fut et reste controversé, principalement parce que les collègues berlinois de Hahn, le chimiste Fritz Strassmann et la physicienne Lise Meitner, n’y furent pas associés.

    Source Crawford, Elisabeth, Sime, Ruth Lewin et Walker, Mark, « A Nobel Tale of Postwar Injustice », Physics Today, vol. 50, n° 9, 1997, p. 26-32, résumé.

    Accès payant · vérifié le 25 octobre 2026

  13. ↑

    Passage En décembre 1942, à Chicago, l’équipe d’Enrico Fermi réalise la première réaction en chaîne contrôlée.

    An abandoned rackets court underneath Stagg Field in the middle of the University of Chicago campus was chosen as the test site for the experiment. […] On December 2, 1942, Fermi and the other scientists watched from a balcony while the last scientist on the floor, George Weil, methodically pulled out the cadmium rods as instructed by Fermi. The cadmium rods absorbed neutrons and acted as a brake on the nuclear reaction. […] Sure enough, the pile went critical, creating the world’s first self-sustaining chain reaction.

    Traduction de la rédaction Un terrain de racquets abandonné sous le stade Stagg Field, au milieu du campus de l’université de Chicago, fut choisi pour l’expérience. […] Le 2 décembre 1942, Fermi et les autres scientifiques observaient depuis un balcon le dernier scientifique resté en bas, George Weil, retirer méthodiquement les barres de cadmium selon les instructions de Fermi. Les barres de cadmium absorbaient les neutrons et servaient de frein à la réaction nucléaire. […] Comme prévu, la pile devint critique, réalisant la première réaction en chaîne auto-entretenue au monde.

    Source Atomic Heritage Foundation, « Chicago Pile-1 », National Museum of Nuclear Science & History, 1er décembre 2016, sections « Construction » et « Going Critical ».

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage En août 1945 […] deux bombes atomiques détruisent Hiroshima et Nagasaki.

    The next break in the weather over Japan was due to appear just three days after the attack on Hiroshima, to be followed by at least five more days of prohibitive weather. […] At 3:47 a.m. on August 9, 1945, a B-29 named Bock's Car lifted off from Tinian […]. […] The yield of the explosion was later estimated at 21 kilotons, 40 percent greater than that of the Hiroshima bomb. […] Although the destruction at Nagasaki has generally received less worldwide attention than that at Hiroshima, it was extensive nonetheless.

    Traduction de la rédaction La prochaine éclaircie au-dessus du Japon était attendue trois jours seulement après l’attaque de Hiroshima, et devait être suivie d’au moins cinq autres jours de temps défavorable. […] Le 9 août 1945 à 3 h 47, un B-29 nommé Bock’s Car décolla de Tinian […]. […] La puissance de l’explosion fut plus tard estimée à 21 kilotonnes, 40 % de plus que celle de la bombe de Hiroshima. […] Bien que les destructions de Nagasaki aient en général moins retenu l’attention du monde que celles de Hiroshima, elles furent néanmoins considérables.

    Source U.S. Department of Energy, « The Atomic Bombing of Nagasaki, August 9, 1945 », The Manhattan Project: An Interactive History, Office of Scientific and Technical Information (OSTI), page « The Atomic Bombing of Nagasaki, August 9, 1945 » : paragraphe sur la météo, début du récit de la mission, paragraphe du bombardement (puissance de l’explosion), paragraphe sur les destructions.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 27 octobre 2026

    Passage La première électricité d’origine nucléaire est produite en 1951

    Experimental Breeder Reactor 1 (EBR-I) produces the world's first usable amount of electricity from nuclear energy, lighting four electric light bulbs.

    Traduction de la rédaction L’Experimental Breeder Reactor 1 (EBR-I) produit la première quantité d’électricité utilisable d’origine nucléaire au monde, allumant quatre ampoules.

    Source Argonne National Laboratory, « Argonne’s Major Nuclear Energy Milestones », entrée du 20 décembre 1951.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

    Passage la première centrale à fournir du courant à un réseau électrique est mise en service en 1954

    Fifty years ago, at 5:30 pm, 26 June 1954, in the town of Obninsk, near Moscow in the former USSR, the first nuclear power plant was connected to an electricity grid to provide power to residences and businesses.

    Traduction de la rédaction Il y a cinquante ans, à 17 h 30 le 26 juin 1954, dans la ville d’Obninsk, près de Moscou, dans l’ex-URSS, la première centrale nucléaire était reliée à un réseau électrique pour alimenter logements et entreprises.

    Source Agence internationale de l’énergie atomique, « From Obninsk Beyond: Nuclear Power Conference Looks to Future », 2004, premier paragraphe.

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  14. ↑

    Passage Le becquerel (Bq) : Mesure l’activité brute […] Le sievert (Sv) : Évalue l’impact biologique […] une estimation de risque moyen calculée pour une population

    Effective dose will then be calculated using revised age- and sex-averaged tissue weighting factors, based on updated risk data and intended to apply as rounded values to a population of both sexes and all ages. Effective dose is calculated for a Reference Person and not for an individual. […] Activity, A The expectation value of the number of nuclear transformations occurring in a given quantity of material per unit time. The SI unit of activity is per second (s−1) and its special name is becquerel (Bq). […] Sievert (Sv) The special name for the SI unit of equivalent dose, effective dose, and operational dose quantities.

    Traduction de la rédaction La dose efficace sera alors calculée à l’aide de facteurs de pondération tissulaire révisés, moyennés sur l’âge et le sexe, fondés sur des données de risque mises à jour et destinés à s’appliquer, en valeurs arrondies, à une population des deux sexes et de tous âges. La dose efficace est calculée pour une Personne de référence et non pour un individu. […] Activité, A : l’espérance du nombre de transformations nucléaires se produisant dans une quantité donnée de matière par unité de temps. L’unité SI de l’activité est la seconde à la puissance moins un (s−1) et son nom spécial est le becquerel (Bq). […] Sievert (Sv) : le nom spécial de l’unité SI de la dose équivalente, de la dose efficace et des grandeurs opérationnelles de dose.

    Source Commission internationale de protection radiologique, The 2007 Recommendations of the International Commission on Radiological Protection, publication 103, Annals of the ICRP, vol. 37, n° 2-4, 2007, résumé, § (i) ; glossaire, « Activity » et « Sievert (Sv) ».

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 9 septembre 2026

  15. ↑

    Passage Sur la tombe de Lise Meitner, à Bramley (Angleterre), son neveu Otto Frisch a composé cette épitaphe : […] « Lise Meitner : a physicist who never lost her humanity. »

    When Adolf Hitler rose to power in 1933, most Jewish scientists fled Germany, including Meitner’s own nephew, Otto Frisch. […] She died on October 27, 1968 at 89, and was buried near her younger brother, Walter, in Bramley, Hampshire. Her epitaph, composed by Frisch, simply reads: “Lise Meitner: a physicist who never lost her humanity.”

    Traduction de la rédaction Quand Adolf Hitler arriva au pouvoir en 1933, la plupart des scientifiques juifs quittèrent l’Allemagne, dont le propre neveu de Meitner, Otto Frisch. […] Elle mourut le 27 octobre 1968, à 89 ans, et fut enterrée près de son jeune frère, Walter, à Bramley, dans le Hampshire. Son épitaphe, composée par Frisch, dit simplement : « Lise Meitner : une physicienne qui n’a jamais perdu son humanité. »

    Source Lucibella, Michael, « February 1939: Meitner/Frisch Paper on Nuclear Fission », APS News, « This Month in Physics History », 1er février 2015, 3e paragraphe (le neveu) ; avant-dernier paragraphe (la tombe et l’épitaphe).

    Accès libre ouvrir la source · vérifié le 25 octobre 2026

Références bibliographiques

22
  • « AEC’s Fermi award », Physics Today, vol. 19, n° 11, novembre 1966, p. 95, en accès libre (le prix Enrico Fermi 1966 remis par la Commission de l’énergie atomique conjointement à Meitner, Hahn et Strassmann). https://aip.brightspotcdn.com/PTO.v19.i11.95_1.online.pdf
  • Agence internationale de l’énergie atomique, « From Obninsk Beyond: Nuclear Power Conference Looks to Future », 2004, en accès libre (Obninsk, première centrale reliée à un réseau électrique, le 26 juin 1954). https://www.iaea.org/node/5713
  • Argonne National Laboratory, « Argonne’s Major Nuclear Energy Milestones », en accès libre (EBR-I, première électricité d’origine nucléaire utilisable, le 20 décembre 1951). https://www.anl.gov/nse/argonnes-major-nuclear-energy-milestones
  • Atomic Heritage Foundation, « Chicago Pile-1 », National Museum of Nuclear Science & History, 1er décembre 2016, en accès libre (la première réaction en chaîne auto-entretenue, le 2 décembre 1942, sous Stagg Field à l’université de Chicago, menée par Fermi et son équipe, barres de cadmium servant de frein). https://ahf.nuclearmuseum.org/ahf/history/chicago-pile-1/
  • Atomic Heritage Foundation, « Nuclear Fission », National Museum of Nuclear Science & History, 4 juin 2014, en accès libre (la confirmation expérimentale de Frisch, dans son laboratoire de Copenhague, avec une chambre d’ionisation). https://ahf.nuclearmuseum.org/ahf/history/nuclear-fission
  • Bernstein, Jeremy, « The Discovery of Nuclear Fission », Inference, vol. 5, n° 1, décembre 2019, en accès libre (le récit de Frisch cité d’après What Little I Remember, p. 115-116 : le tronc d’arbre, la masse manquante d’environ un cinquième de proton). https://inference-review.com/article/the-discovery-of-nuclear-fission
  • Chodos, Alan, « December 1938: Discovery of Nuclear Fission », APS News, « This Month in Physics History », 3 décembre 2007, en accès libre (la promenade dans la neige, Frisch à skis et Meitner à pied ; le modèle de la goutte liquide et les schémas de Frisch ; le mot « fission » emprunté aux biologistes ; la fuite de Meitner en juillet 1938). https://www.aps.org/apsnews/2007/12/december-1938-discovery-nuclear-fission
  • Commission internationale de protection radiologique, The 2007 Recommendations of the International Commission on Radiological Protection, publication 103, Annals of the ICRP, vol. 37, n° 2-4, 2007, en accès libre pour le résumé et le glossaire (le becquerel, le sievert et la notion de risque moyen). https://www.icrp.org/publication.asp?id=ICRP%20Publication%20103
  • Crawford, Elisabeth, Sime, Ruth Lewin et Walker, Mark, « A Nobel Tale of Postwar Injustice », Physics Today, vol. 50, n° 9, 1997, p. 26-32, accès payant (les archives du comité Nobel ouvertes après cinquante ans).
  • Fondation Nobel, base de données des nominations au prix Nobel, en accès libre (les 49 nominations de Lise Meitner : 30 en physique, 19 en chimie). https://www.nobelprize.org/nomination/archive/
  • Fondation Nobel, Nomination Archive, entrée « Lise Meitner », en accès libre (le décompte des nominations). https://www.nobelprize.org/nomination/archive/
  • Frisch, Otto R., What Little I Remember, Cambridge University Press, 1979, en bibliothèque (le récit de la promenade de Kungälv, les skis, le tronc d’arbre, et l’origine du mot « fission »).
  • Frisch, Otto R., « Physical Evidence for the Division of Heavy Nuclei under Neutron Bombardment », Nature, vol. 143, 18 février 1939, p. 276, accès payant.
  • Hahn, Otto et Strassmann, Fritz, « Über den Nachweis und das Verhalten der bei der Bestrahlung des Urans mittels Neutronen entstehenden Erdalkalimetalle », Die Naturwissenschaften, vol. 27, 6 janvier 1939, p. 11-15, accès payant.
  • Lucibella, Michael, « February 1939: Meitner/Frisch Paper on Nuclear Fission », APS News, « This Month in Physics History », 1er février 2015, en accès libre (Otto Frisch, neveu de Lise Meitner ; sa tombe à Bramley et l’épitaphe composée par Frisch). https://www.aps.org/apsnews/2015/02/1939-meitner-frisch-nuclear-fission
  • Meitner, Lise et Frisch, Otto R., « Disintegration of Uranium by Neutrons: A New Type of Nuclear Reaction », Nature, vol. 143, 11 février 1939, p. 239-240, en accès libre (la détection du baryum par Hahn et Strassmann ; le modèle de la goutte liquide ; la division en deux noyaux de taille à peu près égale, dépendant en partie du hasard ; les 200 MeV calculés à partir du rayon et de la charge du noyau, et à partir de la masse manquante). https://www.atomicarchive.com/resources/documents/beginnings/nature_meitner.html
  • Rhodes, Richard, The Making of the Atomic Bomb, Simon & Schuster, 1986, en bibliothèque (la réaction en chaîne, Chicago, Hiroshima et Nagasaki).
  • Rife, Patricia, « Lise Meitner », Shalvi/Hyman Encyclopedia of Jewish Women, Jewish Women’s Archive, 27 février 2009, en accès libre. https://jwa.org/encyclopedia/article/meitner-lise
  • Sime, Ruth Lewin, « Lise Meitner and the discovery of fission », lettre, Physics Today, vol. 68, n° 10, octobre 2015, p. 10, en accès libre (la découverte du baryum publiée sous les seuls noms de Hahn et Strassmann, Meitner, juive en exil, ne pouvant politiquement y figurer). https://aip.brightspotcdn.com/PTO.v68.i10.10_1.online.pdf
  • Sime, Ruth Lewin, Lise Meitner: A Life in Physics, University of California Press, 1996, en bibliothèque (l’ouvrage de référence : la chronologie, la correspondance, l’exil, l’analyse de l’exclusion).
  • Trager, Rebecca, « Fritz Strassmann: the principled chemist who discovered nuclear fission », Chemistry World, Royal Society of Chemistry, en accès libre (le refus des organisations affiliées au parti nazi et la carrière sacrifiée). https://www.chemistryworld.com/features/fritz-strassmann-the-principled-chemist-who-discovered-nuclear-fission/4023103.article
  • U.S. Department of Energy, « The Atomic Bombing of Nagasaki, August 9, 1945 », The Manhattan Project: An Interactive History, Office of Scientific and Technical Information (OSTI), en accès libre. https://www.osti.gov/opennet/manhattan-project-history/Events/1945/nagasaki.htm

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