baiser

Nom commun, Verbe — 9 sens

baiser

Nom communMasculin

\bɛ.ze\ · [bɛ.ze]

Étymologie Du latin bāsĭāre qui désignait initialement le baiser donné à des personnes respectées, par exemple au père. Le mot s’est rapidement substitué à suāvĭum (« baiser d’amour ») et à oscŭlum (« petite bouche = arrondissement de la bouche »). Le sens sexuel de baiser est attesté dès le XIIᵉ siècle.

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Contact de la bouche sur le visage, sur les lèvres, sur quelque partie du corps d’un individu, par amitié, par amour, par désir, par civilité ou par respect.

  • Il y avait en outre une dent d’Abeilard et une dent d’Héloïse, deux blanches incisives, qui, du temps où elles étaient recouvertes par leurs lèvres frémissantes, s’étaient peut-être rencontrées dans un baiser.Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes
  • Poète, prends ton luth et me donne un baiser.Alfred de Musset, La Nuit de mai
4 autres exemples
  • […] Julie se baissa, lui présenta son front, et y reçut le baiser du soir, ce baiser machinal, sans amour, espèce de grimace qui lui parut alors odieuse.Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832
  • Un baiser ? Un baiser ? Un baiser ? Un baiser ? Pas sur la bouche Un baiser ? Un baiser ? Un baiser ? Un baiser ? Ça m’effarouche, Pas sur la bouche, Ça l’effarouche La bouche c’est fait pour causer, Pas pour baiserYves Mirande, Albert Villemetz, Ta bouche, opérette, 1920
  • Elle ne me demanda ni une parole, ni un baiser. Elle vit que je laissais une distance entre nos bouches.Pierre Louÿs, Trois filles de leur mère, René Bonnel, Paris, 1926, chapitre IX
  • Vois le baiser qui cherche à rejoindre l’amour Et l’amour s’enivrer de nos larmes sauvages.Louise de Vilmorin, « Souvenir et Plaisir », Poèmes, recueil « Le Sable du sablier » (1945), Gallimard, coll. « Poésie », Paris, 1970, page 53
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Geste de simulation d’un baiser où l’on porte sa main aux lèvres, à l’adresse d’une ou plusieurs personnes.

  • Les girls saluaient en ployant les genoux, ainsi que des petites filles qui font la révérence et en envoyant des baisers.Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938
3

Pâtisserie, Belgique Sorte de meringue double, spécialité de la ville belge de Malmedy, en Wallonie.

  • Les Belges préparent aussi, pour le plus grand bonheur des gourmands, une variété infinie de pâtisseries, dont nombre n'existent qu'en région : le baiser de Malmedy, le mokken à Gand...« Gastronomie », dans GEOguide Belgique 2017, Éditions Gallimard Loisirs
Dérivés
26 termesbaiser à la russe, baiser au vent, baiser colibri, baiser colombin, baiser de Judas, baiser de la mort, baiser de paix, baiser esquimau, baiser fardé, baiser florentin, baiser Lamourette, baiser mouillé, baiser napolitain, baiser papillon, baiser soufflé, baiser volant, baiser volé, benzer, maladie du baiser, manger de baisers, Rouge Raiser, rouge Baiser, rouge baiser, rouge-baiser, seiche baisers, voler un baiser
Hyponymes
pof, smack, suçon, baisemain

baiser

VerbeIntransitif, Transitif

\be.ze\

Étymologie Du latin bāsĭāre qui désignait initialement le baiser donné à des personnes respectées, par exemple au père. Le mot s’est rapidement substitué à suāvĭum (« baiser d’amour ») et à oscŭlum (« petite bouche = arrondissement de la bouche »). Le sens sexuel de baiser est attesté dès le XIIᵉ siècle.

Depuis le milieu du XXᵉ siècle, le sens « avoir des relations sexuelles » l’emporte sur l’autre ; pour éviter cette ambigüité l’usage privilégie « embrasser » pour « donner un baiser ».

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Transitif Appliquer sa bouche sur le visage, sur les lèvres, sur une partie du corps d’une personne, par amitié, par amour, par civilité, par respect; et par extension, faire le même acte à un objet ou à un animal. — Note d’usage : À cause de la prééminence du sens obscène, ce verbe n’est pratiquement plus utilisé actuellement dans cette acception, sauf dans quelques emplois très spécialisés tels que baiser la main d’une dame ou baiser l’anneau d’un évêque.

  • (Sens vieilli) Maîtresse, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi, Haleine contre haleine, échauffe-moi la vie, Mille et mille baisers donne-moi je te prie, Amour veut tout sans nombre, amour n’a point de loi. Baise et rebaise-moi ; belle bouche pourquoi Te gardes-tu là-bas, quand tu seras blêmie, À baiser (de Pluton ou la femme ou l’amie), N’ayant plus ni couleur, ni rien semblable à toi ? En vivant presse-moi de tes lèvres de roses, Bégaie, en me baisant, à lèvres demi-closes Mille mots tronçonnés, mourant entre mes bras.Pierre de Ronsard, « Maîtresse, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi », Sonnets pour Hélène, 1578
  • (Sens vieilli) Viens çà, chère, que je te baise, Que je t’embrasse long et fort, Mon cœur près de ton cœur bat d’aise Et d’amour pour jusqu’à la mortPaul Verlaine, « Compagne savoureuse et bonne », Chansons pour elle, 1891
4 autres exemples
  • Mais, aussitôt après, il tendit sa main à l’ermite. Ce dernier, quelque peu humilié, plia le genou et la baisa.Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820
  • Et quand je m’approchai du fauteuil de grand’mère pour lui baiser la main, elle se détourna et cacha sa main sous son mantelet.Léon Tolstoï, Souvenirs, 1851-1857, traduction de Ardève Barine, édition 1922
  • Les deux hommes se baisèrent sur les joues, vigoureusement.Émile Zola, Le Docteur Pascal, G. Charpentier, 1893, chapitre XII
  • — C’est vrai, ça ? tu m’aimes, tu n’aimes que moi ?… Eh bien ! prends-moi donc, baise-moi, que je te sente, que tu sois à moi, à moi toujours, jamais à l’autre !Émile Zola, Les Trois Villes : Paris, 1897
2

Euphémisme, Intransitif, Vulgaire Mettre vit au con, piner, tringler, troncher. Tirer un coup de trique.

  • Car si baiser est bien, gabahoter est mieux !Joris Karl Huysmans, « Sonnet saignant », in Le Nouveau Parnasse Satyrique du dix-neuvième siècle, 1881
  • Quand je baise, la peur que j'ai d'être enceinte me coupe toute envie de jouir. Je n'aime pas baiser.Pierre Louÿs, Trois filles de leur mère, René Bonnel, Paris, 1926, chapitre IV
4 autres exemples
  • Colbert disait un jour à Monsieur de Louvois : « Que n’ai-je baisé plus quand baiser je pouvois ? »Tristan Bernard, in Pour tout l’or des mots, par Claude Gagnière, Paris, 1996, Éditions Robert Laffont, collection « Bouquins »
  • Pour baiser à mort, les back-rooms c'était le paradis. On y passait de la techno ou du vieux krautrock, […]. Fabio pouvait baiser des heures.Thomas Gunzig, Kuru, Éditions Au Diable Vauvert, 2005, chapitre 4
  • C’est très bien qu’ils se soucient de leur coupe de cheveux, de leurs pompes et de leurs fringues et qu’ils veuillent tous, à quinze ans, passez-moi l’expression, baiser à tire-larigot, c’est logique, non ?Leonardo Padura, Vents de carême, Métailié, Paris, 2006
  • Et si ma femme me fait pas confiance elle devient casse-burnes, et si elle devient casse-burnes, je m'éloigne, et si je m'éloigne trop, je finis par aller baiser ailleurs.Juliette Bouchet, Le Double des corps, Robert Laffont, 2015
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Sexualité Transitif Posséder, prendre sexuellement.

  • Aristocrates, vous voilà dans le bahut, Je baiserons vos femmes et vous serez cocus, Aristocrates, je vous vois tous cornus.Anonyme, Le Tombeau des aristocrates, 1791
  • Personne n’y avait rien compris à cet abandon et surtout pas la fille elle-même, parce qu'il avait pris pourtant bien du plaisir à la baiser.Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, Denoël et Steele, Paris, 1932
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Par extension Avoir en son pouvoir, dominer, tromper, berner, piéger, posséder quelqu’un. Note d’usage : Cette acception transporte tous les sens dérivés du verbe sodomiser : avoir quelqu’un en son pouvoir, le dominer, l’avoir, le posséder, et aussi vaincre, l’emporter, tromper, piéger, voler, etc.

  • L’enfoiré croyait m’avoir, mais je l’ai bien baisé.
  • Si la révolution qui abat tout d’un coup est hors de portée, le goutte-à-goutte des fermetures, lui, est bien réel, continu, et il peut être le support d’un début d’alternative anti-capitaliste qui, pour ainsi dire, cheminerait en creusant le capitalisme de l’intérieur. Si on veut, on pourrait appeler ça aussi : baiser le capital dans son sommeil. Note : Dans cet exemple, tous les mots principaux renvoient à la sodomie : enfoiré est une variante affaiblie d’enculé ; avoir et baiser sont des variantes de sodomiser.Frédéric Lordon, in Lionel Maurel, Survivre dans les ruines (numériques) du capitalisme, 6 novembre 2018 → lire en ligne
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Casser, détériorer, abîmer.

  • En forçant sur l’écrou, j’ai baisé le filetage.
6

Argot Boire.

  • baiser la fillette.
  • baiser une bière.
Synonymes
42 termesembrasser, bécoter, becqueter, biser, bisouter, faire mimi, faire un bécot, une bise, un bisou, un mimi, un poutou, rouler une galoche, un palot, un patin, une pelle, sucer la pomme, la pêche, le museau, connaître, couchailler, coucher, faire la bête à deux dos, faire n’golo n’golo, fauter, forniquer, foutre, grivoiser, niquer, s’envoyer en l’air, tirer un coup, tirer son coup, tirer sa crampe, fourrer, taper dans la motte, avoir, baiser la gueule, chourrer, chouraver, l’emporter, enculer, enfoncer, faire un petit dans le dos, sodomiser, trahir, vaincre, voler, foirer
Dérivés
baisable, baise, baiseur, baise-en-ville, baiser cloacal, baiser comme un lapin, baiser la fillette, baiser les mains à, baiser le cul de la vieille, baiser le cul du Diable quand il est frette, baiser le derrière de la vieille, baiser les pouces en croix, baiser Fanny, baisodrome, baisoter, baisotter, baisottement, faire baiser les verges, je-ne-baise-plus, machine à baiser, rouge Baiser, se faire baiser

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