absolutisme
Nom communMasculin\ab.sɔ.ly.tism\ · [lapsɔlytism]
Étymologie Composé de absolu, -t- et -isme. Le mot apparaît à l'extrême fin du XVIIIᵉ siècle ou au début du siècle suivant, pour stigmatiser l'Ancien Régime. On dit souvent que Chateaubriand serait le premier à l'avoir utilisé en 1797 dans l’Essai sur les révolutions. En réalité, c'est en 1826, dans la préface de la réédition de cet ouvrage chez l'éditeur Ladvocat, qu'il l'emploie, en mettant de l'italique – ce qui suggère qu'il a conscience de recourir à un néologisme. Le terme est employé auparavant, par exemple le 14 juillet 1822 dans Le Constitutionnel.
Politique Au sens propre Régime politique fondé sur le pouvoir absolu du dirigeant, hors de toute limite institutionnelle.
- A l'absolutisme prétendu divin, qui, nécessairement interprété par les hommes, n’a jamais produit que l’oppression mortelle, l'écrasement de l’esprit, le massacre des corps - […] - opposons l’heureuse liberté de la diversité humaine, avec ce que nous pouvons concevoir et faire de justice faillible dans des conflits d'égoïsme universel.Georges Clemenceau; Article du 14 juin 1899, paru dans Justice militaire en 1901
- Mais il était poète aussi et la poésie, à cette époque d'absolutisme et de barbarie, était chose dangereuse lorsqu'on avait l'esprit aussi caustique que Thierrat ; […].Gustave Fraipont; Les Vosges, 1923
2 autres exemples
- Bismark jugea tout autrement. La République devait causer, à son avis, la décadence définitive des Gaules alors que le quasi-absolutisme germanique maintiendrait la prééminence allemande. Les événements de 1914 ont tranché le différend.Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942, p.27
- Nationalisme et Socialisme en tant que nouveaux credo du pouvoir, furent expérimentés et se révélèrent insuffisants, car tous deux, comme le réformisme avant eux, sombrèrent sur l'écueil de l’absolutisme.Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992, p.73
Par extension Manière d’être intransigeant dans sa pensée ou sa façon d’agir.
- C’est le contact avec l’absolutisme de Bradley qui va permettre ce changement de perspective.Francois Houang, De L’humanisme à l’absolutisme, Vrin, 1964, page 66
Philosophie Par extension Métaphysique de l’absolu.
- L’absolutisme philosophique de Platon est en lui-même une révolution.Jean-Cassien Billier, Aglaé Maryioli, Histoire de la philosophie du droit, Armand Colin, 2001
Religion Par extension Intolérance issue de la règle divine.
- Ils avaient à défendre la plus belle des causes, celle de la liberté de conscience contre l’absolutisme religieux, mais ils la trahirent […]Charles Chenevière, Farel, Froment, Viret, réformateurs religieux au XVIe siècle, Ch. Gruaz, 1835, page 264
Par extension, Sciences humaines Forme inconditionnelle de comportement social.
- Enrégimentés sous un chef suprême […] les templiers de la doctrine […] se distinguent […] sans aucun catéchisme écrit, ni verbal, par une certaine allure sacerdotale de l’esprit et de la physionomie, par un certain absolutisme conventionnel dans leurs théories, du reste très souples et très élastiques […]Évariste Bavoux, Philosophie politique ou de l'Ordre moral dans les sociétés, Delloye, 1840
- Antonymes
- humanisme, libéralisme, relativisme
- Dérivés
- absolutiste
- Hyponymes
- autocratie, despotisme, dictature, tyrannie